Nous étions en grande discussion, aujourd'hui, avec loulou et je lui parlais de l'importance d'être aimé, dans son enfance.
"Oui, mais moi, je suis plus en enfance", qu'il me sort, du haut de ses 6 ans.
Interloquée, je lui demande quelques explications. Non, parce que naïvement, je croyais qu'à cet âge-là, on était en plein dedans - et là, je ne vous parle même pas du complexe d'Oedipe, un autre "détail" du moment.
Sans compter que, moi-même, je n'ai parfois pas l'impression d'en être tout à fait sortie, de l'enfance.
Il marque un temps d'arrêt et esquisse un sourire canaille. "Ben non, j'suis dans mon adultence."
Qu'il répond, fièrement.
dimanche 7 février 2010
samedi 6 février 2010
La vie des autres
Dans ma vie d'avant, entre les interviews "chicken or pasta" (des trucs bidons où on demande aux basketteurs de se dévoiler, au travers du fameux questionnaire de Proust) et les sempiternelles questions du genre "alors, ce match", il y a un exercice que j'adorais. Le "moi je", où une personnalité se racontait, telle qu'elle était et pas seulement en expliquant pourquoi elle préférait Halle Berry à Angelina Jolie.
L'idée, c'était d'être un simple relais entre la personne, son histoire et les lecteurs. Écouter, retranscrire, sans chercher à faire des effets de style. Rester fidèle au récit.
J'adorais ça. Nous essayions, dans la mesure du possible, de nous tourner vers des personnes au profil atypique, ou qui avaient connu un bouleversement dans leur vie. Histoire d'avoir un peu de relief, de donner à découvrir une autre facette que le sportif (ou la sportive) que les gens avaient l'habitude de côtoyer.
Il y a eu quelques chocs. Je me souviens notamment d'un joueur, Fred N'Kembe (je peux le citer, son histoire est connue dans le milieu du basket), me racontant comment il avait évité le viol en prison. Le titre me revient encore en mémoire. "J'étais comme une bête". Emprisonné après avoir menacé d'une arme (de défense, pas une vraie comme chez les cow-boys) un automobiliste, le jeune homme a vécu un cauchemar. Interpellé de façon brutale, il s'est retrouvé derrière les barreaux, y passant trois mois - si mes souvenirs sont bons. Encore traumatisé au moment où je suis venue chez lui recueillir ses propos, il s'est lâché, sans chercher à jouer les héros. Je savais ce que je devais faire: l'écouter. Simplement ça.
Je me souviens aussi de Samuel Nadeau, autre basketteur atypique, qui aura connu une carrière tumultueuse, retenu prisonnier dans une maison aux Etats-Unis, privé de passeport, et qui n'aura jamais pu exprimer son potentiel ensuite. Trop cassé. Dans son appartement à Vichy, il avait lui aussi décidé de se livrer, sans fards, et j'avais ressenti, de la même façon, ces frissons envahir mon corps soudain congelé.
A vrai dire, leur histoire était si forte que je me suis interrogée sur une possible mythomanie. Mon rédac' chef m'avait même conseillé de conserver l'enregistrement. Le doute restait prégnant pour N'Kembe. J'ai fini par supprimer les passages trop douteux, parce que je n'avais aucune possibilité de vérifier ses dires. Or, travaillant pour un journal, avec cette volonté de diffuser de l'information, il était hors de question de véhiculer des affabulations. Néanmoins, la confiance était là. Le récit paru était fidèle à ce qu'il avait pu raconter.
Il y a eu d'autres histoires, graves ou plus légères, avec à chaque fois ce bonheur immense, celui d'arriver chez la personne, dans son environnement, de s'installer et d'écouter. Le tête-à-tête avait quelque chose de déroutant, à chaque fois, car l'interviewé prenait conscience qu'il ne pouvait pas faire semblant, qu'il allait devoir dire sa vérité - et non la vérité, nuance de taille. J'ai découvert des personnes épatantes, authentiques. Certaines prenaient même la peine de m'appeler ou d'envoyer un texto, après la publication, pour me dire combien elles avaient été touchées.
Même si cela fait plaisir, je n'en tirais aucune gloire. J'avais bien conscience de ce qui les avait réellement touchées : elles avaient posé un regard sur leur propre parcours, tout simplement et cela les bouleversait. Le fait de lâcher ainsi des choses si personnelles tenait de la thérapie.
Et c'est justement ainsi que Nicole envisage les choses.
Nicole? Je vous parlais de grand écart, l'autre soir... Après la matinée follement excitante à démarcher les restaurateurs, je suis de fait partie à la campagne, pour démarrer un nouveau projet, totalement étranger aux fourneaux.
Nicole veut raconter sa vie et en faire un livre. Lorsqu'elle m'en a parlé, j'étais plutôt enthousiaste, car j'adore l'idée d'être nègre et j'ai bien l'intention d'entamer des démarches dans ce sens. Pourtant, une partie de moi demeurait sceptique. N'a-t-on pas tous la sensation de vivre des choses extraordinaires, parfois, qui, racontées aux autres, deviennent fades et sans saveur? Nicole avait-elle l'impression d'avoir une vie hors du commun ou cette vie-là l'était-elle vraiment?
Après une séance, je sais qu'elle n'a pas eu une vie ordinaire, de fait. La difficulté, c'est maintenant d'aller au delà du factuel et de s'aventurer dans les méandres de son moi, avec la part d'ombre que celui induit. Elle le voit comme une thérapie? A elle, alors, d'accepter de lâcher des biscuits, pour que le fil de son histoire devienne clair comme de l'eau de roche, dans mon esprit. Je n'aurai pas ensuite à juger. Je serai son scribe, voilà tout. Pour l'instant, on a survolé sa drôle d'existence, tandis que je sentais des verrous sauter et d'autres freins ralentir, dans le même temps, le flux de ses paroles.
Il y a un bon signe, en tout cas. J'ai ressenti le froid envahir mon corps, alors qu'elle parlait. Cette congélation express, si elle n'est guère agréable, me permet d'attendre le prochain rendez-vous avec une certaine curiosité...
L'idée, c'était d'être un simple relais entre la personne, son histoire et les lecteurs. Écouter, retranscrire, sans chercher à faire des effets de style. Rester fidèle au récit.
J'adorais ça. Nous essayions, dans la mesure du possible, de nous tourner vers des personnes au profil atypique, ou qui avaient connu un bouleversement dans leur vie. Histoire d'avoir un peu de relief, de donner à découvrir une autre facette que le sportif (ou la sportive) que les gens avaient l'habitude de côtoyer.
Il y a eu quelques chocs. Je me souviens notamment d'un joueur, Fred N'Kembe (je peux le citer, son histoire est connue dans le milieu du basket), me racontant comment il avait évité le viol en prison. Le titre me revient encore en mémoire. "J'étais comme une bête". Emprisonné après avoir menacé d'une arme (de défense, pas une vraie comme chez les cow-boys) un automobiliste, le jeune homme a vécu un cauchemar. Interpellé de façon brutale, il s'est retrouvé derrière les barreaux, y passant trois mois - si mes souvenirs sont bons. Encore traumatisé au moment où je suis venue chez lui recueillir ses propos, il s'est lâché, sans chercher à jouer les héros. Je savais ce que je devais faire: l'écouter. Simplement ça.
Je me souviens aussi de Samuel Nadeau, autre basketteur atypique, qui aura connu une carrière tumultueuse, retenu prisonnier dans une maison aux Etats-Unis, privé de passeport, et qui n'aura jamais pu exprimer son potentiel ensuite. Trop cassé. Dans son appartement à Vichy, il avait lui aussi décidé de se livrer, sans fards, et j'avais ressenti, de la même façon, ces frissons envahir mon corps soudain congelé.
A vrai dire, leur histoire était si forte que je me suis interrogée sur une possible mythomanie. Mon rédac' chef m'avait même conseillé de conserver l'enregistrement. Le doute restait prégnant pour N'Kembe. J'ai fini par supprimer les passages trop douteux, parce que je n'avais aucune possibilité de vérifier ses dires. Or, travaillant pour un journal, avec cette volonté de diffuser de l'information, il était hors de question de véhiculer des affabulations. Néanmoins, la confiance était là. Le récit paru était fidèle à ce qu'il avait pu raconter.
Il y a eu d'autres histoires, graves ou plus légères, avec à chaque fois ce bonheur immense, celui d'arriver chez la personne, dans son environnement, de s'installer et d'écouter. Le tête-à-tête avait quelque chose de déroutant, à chaque fois, car l'interviewé prenait conscience qu'il ne pouvait pas faire semblant, qu'il allait devoir dire sa vérité - et non la vérité, nuance de taille. J'ai découvert des personnes épatantes, authentiques. Certaines prenaient même la peine de m'appeler ou d'envoyer un texto, après la publication, pour me dire combien elles avaient été touchées.
Même si cela fait plaisir, je n'en tirais aucune gloire. J'avais bien conscience de ce qui les avait réellement touchées : elles avaient posé un regard sur leur propre parcours, tout simplement et cela les bouleversait. Le fait de lâcher ainsi des choses si personnelles tenait de la thérapie.
Et c'est justement ainsi que Nicole envisage les choses.
Nicole? Je vous parlais de grand écart, l'autre soir... Après la matinée follement excitante à démarcher les restaurateurs, je suis de fait partie à la campagne, pour démarrer un nouveau projet, totalement étranger aux fourneaux.
Nicole veut raconter sa vie et en faire un livre. Lorsqu'elle m'en a parlé, j'étais plutôt enthousiaste, car j'adore l'idée d'être nègre et j'ai bien l'intention d'entamer des démarches dans ce sens. Pourtant, une partie de moi demeurait sceptique. N'a-t-on pas tous la sensation de vivre des choses extraordinaires, parfois, qui, racontées aux autres, deviennent fades et sans saveur? Nicole avait-elle l'impression d'avoir une vie hors du commun ou cette vie-là l'était-elle vraiment?
Après une séance, je sais qu'elle n'a pas eu une vie ordinaire, de fait. La difficulté, c'est maintenant d'aller au delà du factuel et de s'aventurer dans les méandres de son moi, avec la part d'ombre que celui induit. Elle le voit comme une thérapie? A elle, alors, d'accepter de lâcher des biscuits, pour que le fil de son histoire devienne clair comme de l'eau de roche, dans mon esprit. Je n'aurai pas ensuite à juger. Je serai son scribe, voilà tout. Pour l'instant, on a survolé sa drôle d'existence, tandis que je sentais des verrous sauter et d'autres freins ralentir, dans le même temps, le flux de ses paroles.
Il y a un bon signe, en tout cas. J'ai ressenti le froid envahir mon corps, alors qu'elle parlait. Cette congélation express, si elle n'est guère agréable, me permet d'attendre le prochain rendez-vous avec une certaine curiosité...
vendredi 5 février 2010
Première! (suite)
Oui, je sais, elles sont floues, ces photos, mais voilà ce qui m'a légèrement retardée hier soir... Ma première commande en image, donc. Comme je disais sur Facebook, enjoy...
Cherchez l'intrus!


Cherchez l'intrus!

jeudi 4 février 2010
Première!
"Allô, je te dérange pas?"
"Non, non."
C'est pas comme si j'étais en pleine séance de shopping avec une amie. Au rayon cuisine - une balade à visée professionnelle, il va sans dire.
"Alors, je te confirme ma commande pour des macarons au chocolat, des mini-cannelés et des mini-madeleines."
Soit une centaine de petits gâteaux, à la louche.
"Pas de souci, je t'apporte ça demain matin!"
C'est pas comme si j'étais en pleine séance de shopping avec une amie, donc, à une centaine de kilomètres de chez moi, qui plus est. Loin de mes fourneaux.
C'est pas comme si j'avais un moule à mini-madeleines. Et du beurre dans mon frigo.
Voilà pourquoi ça fait trois heures que j'enchaîne les fournées. Mais que ne ferait-on pas pour sa première commande, hein?
"Non, non."
C'est pas comme si j'étais en pleine séance de shopping avec une amie. Au rayon cuisine - une balade à visée professionnelle, il va sans dire.
"Alors, je te confirme ma commande pour des macarons au chocolat, des mini-cannelés et des mini-madeleines."
Soit une centaine de petits gâteaux, à la louche.
"Pas de souci, je t'apporte ça demain matin!"
C'est pas comme si j'étais en pleine séance de shopping avec une amie, donc, à une centaine de kilomètres de chez moi, qui plus est. Loin de mes fourneaux.
C'est pas comme si j'avais un moule à mini-madeleines. Et du beurre dans mon frigo.
Voilà pourquoi ça fait trois heures que j'enchaîne les fournées. Mais que ne ferait-on pas pour sa première commande, hein?
mercredi 3 février 2010
Bonjour, c'est pour une douceur...
Mine de rien, j'avais un peu le trac et un noeud à l'estomac, ce matin, en enfourchant mon vélo, mais enfin, il était temps de savoir. Et puis avec l'équivalent de quinze milliards de calories sur mon plan de travail, j'avais de quoi me réchauffer pour quelques années et de prendre quinze kilos de gras en 24 heures. Autant aller livrer ça rapidement, avant le carnage.
Avant de partir, un coup d'oeil à la glace, hop hop hop, je relève mes cheveux en queue de cheval histoire de cacher la coupe-j'en-ai-marre-de-vivre - euh, pardon, pour avoir l'air plus dynamique - et en route.
Premier arrêt. C'est un café qui prépare de plus en plus de repas le midi. J'arrive, je me présente, alors comme ça, il paraît que vous cherchez quelqu'un pour préparer des desserts?
Limite trop sûre de moi (penser à diminuer la dose d'arrogance).
"Ah bon, on cherche quelqu'un! Première nouvelle! C'est marrant, c'est moi qui suis en cuisine et je ne suis pas au courant!"
Hum. La boulette.
Je songe déjà à la discussion animée qui va suivre entre ce monsieur et son associé avide de desserts. Je souris de plus belle et tente de calmer l'animal. Il m'explique qu'il manque cruellement de place - et donc de stockage - m'emmène dans sa cuisine -toute petite, il n'a pas tort. Et puis que, de toute façon, avec les desserts industriels qu'il achète à 88 centimes, je ne peux pas rivaliser.
Certes.
Comme le monsieur m'est quand même sympathique et que je n'ai pas envie de rester avec mes fournées dans mon grand panier, je lui sors mes échantillons. Il regarde, réfléchit, me dit: "oui, enfin ça, c'est vrai que ça pourrait être sympa, pour l'après-midi." Avant d'ajouter: "Je suis désolé, hein, j'ai pris ça un peu à froid, il faut que je digère mais pour le reste, pourquoi pas! Je vous appelle."
Deuxième arrêt. Un bar-tabac qui vient d'être repris et qui propose désormais des déjeuners. Derrière le comptoir, un couple affable. Je leur explique le topo. "Oh, vous savez, on démarre, alors on ne peut pas trop sous-traiter." Même opération, je déballe mes papiers alu et là, je m'aperçois que j'ai devant moi un amateur du fondant au chocolat et autres douceurs. La femme, ne connaissant pas les cannelés, en goûte un aussitôt et ils me proposent un café. "Bon, en même temps, laissez-nous vos coordonnées, vous pourriez peut-être nous dépanner, parfois! On vous appelle."
Je veux ensuite repasser au premier restau, pour qui j'ai déjà fait quelques fournées. Sur le chemin, je m'arrête dans un salon de thé, parce que j'avais promis à sa gérante des madeleines. On discute cinq minutes de tout ça, elle goûte un macaron au chocolat et là, à ma grande surprise (c'est la personne avec qui j'avais envisagé une location-gérance. Autant dire que nos relations sont un rien ambiguës), elle me dit: "ça m'intéresse. Mais vite. Tu peux me faire des choses rapidement?"
Et comme le dernier restau sur ma route est également intéressé par quelques douceurs, je me dirige tout droit vers le statut de l'auto-entrepreneur, pour démarrer doucement une nouvelle activité. Il y a tout un tas de détails à régler, en termes d'hygiène et de sécurité notamment, mais j'ai déjà une commande de macarons et de mini-cannelés pour vendredi. D'ailleurs, je vous laisse, je dois aller préparer la pâte.
Je vous raconterai plus tard comment j'ai fait le grand écart, l'après-midi.
Avant de partir, un coup d'oeil à la glace, hop hop hop, je relève mes cheveux en queue de cheval histoire de cacher la coupe-j'en-ai-marre-de-vivre - euh, pardon, pour avoir l'air plus dynamique - et en route.
Premier arrêt. C'est un café qui prépare de plus en plus de repas le midi. J'arrive, je me présente, alors comme ça, il paraît que vous cherchez quelqu'un pour préparer des desserts?
Limite trop sûre de moi (penser à diminuer la dose d'arrogance).
"Ah bon, on cherche quelqu'un! Première nouvelle! C'est marrant, c'est moi qui suis en cuisine et je ne suis pas au courant!"
Hum. La boulette.
Je songe déjà à la discussion animée qui va suivre entre ce monsieur et son associé avide de desserts. Je souris de plus belle et tente de calmer l'animal. Il m'explique qu'il manque cruellement de place - et donc de stockage - m'emmène dans sa cuisine -toute petite, il n'a pas tort. Et puis que, de toute façon, avec les desserts industriels qu'il achète à 88 centimes, je ne peux pas rivaliser.
Certes.
Comme le monsieur m'est quand même sympathique et que je n'ai pas envie de rester avec mes fournées dans mon grand panier, je lui sors mes échantillons. Il regarde, réfléchit, me dit: "oui, enfin ça, c'est vrai que ça pourrait être sympa, pour l'après-midi." Avant d'ajouter: "Je suis désolé, hein, j'ai pris ça un peu à froid, il faut que je digère mais pour le reste, pourquoi pas! Je vous appelle."
Deuxième arrêt. Un bar-tabac qui vient d'être repris et qui propose désormais des déjeuners. Derrière le comptoir, un couple affable. Je leur explique le topo. "Oh, vous savez, on démarre, alors on ne peut pas trop sous-traiter." Même opération, je déballe mes papiers alu et là, je m'aperçois que j'ai devant moi un amateur du fondant au chocolat et autres douceurs. La femme, ne connaissant pas les cannelés, en goûte un aussitôt et ils me proposent un café. "Bon, en même temps, laissez-nous vos coordonnées, vous pourriez peut-être nous dépanner, parfois! On vous appelle."
Je veux ensuite repasser au premier restau, pour qui j'ai déjà fait quelques fournées. Sur le chemin, je m'arrête dans un salon de thé, parce que j'avais promis à sa gérante des madeleines. On discute cinq minutes de tout ça, elle goûte un macaron au chocolat et là, à ma grande surprise (c'est la personne avec qui j'avais envisagé une location-gérance. Autant dire que nos relations sont un rien ambiguës), elle me dit: "ça m'intéresse. Mais vite. Tu peux me faire des choses rapidement?"
Et comme le dernier restau sur ma route est également intéressé par quelques douceurs, je me dirige tout droit vers le statut de l'auto-entrepreneur, pour démarrer doucement une nouvelle activité. Il y a tout un tas de détails à régler, en termes d'hygiène et de sécurité notamment, mais j'ai déjà une commande de macarons et de mini-cannelés pour vendredi. D'ailleurs, je vous laisse, je dois aller préparer la pâte.
Je vous raconterai plus tard comment j'ai fait le grand écart, l'après-midi.
mardi 2 février 2010
A l'attaque
Frigorifiée au retour d'une visite de la Cathédrale (vive les sorties scolaires en plein hiver), je me suis jetée sur 1/la bouilloire, pour me préparer fissa une théière; 2/ des macarons au chocolat que j'avais réalisés hier, suivant à la lettre la délicieuse et simplissime recette de Café Clochette ; 3/ le four, qui continue, à cette heure, de tourner à plein régime.
Car quitte à me réchauffer, autant joindre l'utile à l'agréable. Demain matin, je vais démarcher, comme prévu, des restaurants pour leur proposer mes douceurs et j'avoue que ça m'a bien plu, d'enchaîner les tournées de madeleines -citron et fleur d'oranger - financiers, cannelés et autre fondant au chocolat. Pendant que tout cela dorait, je me suis attelée à ma "plaquette". Bon, c'est du travail d'amateur, mais j'ai fixé mes tarifs, mes coordonnées sont en corps 75 (APPELEZ-MOI, APPELEZ-MOI!!), j'aurai un échantillon sucré à offrir et... ma conscience s'en voit apaisée.
Coïncidence, j'avais pris rendez-vous, voilà une dizaine de jours, avec une personne qui souhaite me raconter sa vie, pour en tirer une biographie. Après la tournée des restaus, je filerai donc dans la campagne sarthoise, recueillir les confidences de cette femme qui m'a évoqué, l'oeil brillant, les tonnes d'histoires qu'elle a vécues.
Ce sera peut-être un coup d'épée dans l'eau. Mais peu importe, je suis dans le mouvement, le cul toujours entre deux chaises, certes, mais avec l'envie de mettre à exécution mes petites idées. De taire cette angoisse qui m'étreint.
Et de trouver une excuse pour ne pas accompagner la classe dans une cathédrale lorsqu'il fait un froid de canard, en bonne mère indigne que je suis.
Car quitte à me réchauffer, autant joindre l'utile à l'agréable. Demain matin, je vais démarcher, comme prévu, des restaurants pour leur proposer mes douceurs et j'avoue que ça m'a bien plu, d'enchaîner les tournées de madeleines -citron et fleur d'oranger - financiers, cannelés et autre fondant au chocolat. Pendant que tout cela dorait, je me suis attelée à ma "plaquette". Bon, c'est du travail d'amateur, mais j'ai fixé mes tarifs, mes coordonnées sont en corps 75 (APPELEZ-MOI, APPELEZ-MOI!!), j'aurai un échantillon sucré à offrir et... ma conscience s'en voit apaisée.
Coïncidence, j'avais pris rendez-vous, voilà une dizaine de jours, avec une personne qui souhaite me raconter sa vie, pour en tirer une biographie. Après la tournée des restaus, je filerai donc dans la campagne sarthoise, recueillir les confidences de cette femme qui m'a évoqué, l'oeil brillant, les tonnes d'histoires qu'elle a vécues.
Ce sera peut-être un coup d'épée dans l'eau. Mais peu importe, je suis dans le mouvement, le cul toujours entre deux chaises, certes, mais avec l'envie de mettre à exécution mes petites idées. De taire cette angoisse qui m'étreint.
Et de trouver une excuse pour ne pas accompagner la classe dans une cathédrale lorsqu'il fait un froid de canard, en bonne mère indigne que je suis.
lundi 1 février 2010
Cosette et le Lexomil
Comme j'étais bien décidée à avancer aujourd'hui, j'ai passé ma journée... pendue au téléphone. Un mal nécessaire, chez moi, mais qui déclenche pas mal de perplexité. Chez moi, toujours, mais aussi chez mes interlocuteurs, qui commencent à se demander si je ne pète pas doucement un câble.
Ça part d'un banal "ça va?" Le genre de question à laquelle je ne parviens pas à répondre. Si j'étais honnête, je dirais "oui, une fois le tube de Lexomil avalé, je me détends."
A la place, je me contente d'un "on fait aller". Lorsque je m'entends dire ça, je suis prise de honte, tant je fais moi-même mon malheur. Allez, Cosette, va te rhabiller, la plus grande victime du monde, c'est moi.
Parfois, même, je me fends d'un enthousiaste "Super, et toi?" comme si j'étais la reine de la pampa. Ça sonne tellement faux que ça déclenche un silence général.
Pour de vrai, alors? Comme d'habitude, je vis des hauts, des bas... Mettons ça sur le compte des doutes qui me gagnent chaque jour un peu plus. Ou des hormones, tiens, pourquoi pas.
Je peux le concéder aujourd'hui, j'ai craint un moment de sombrer dans un drôle d'état, celui qui nous prive d'énergie et d'envies. La dépression, que ça s'appelle, ce truc-là.
En fait, je peux maintenant évoquer le terme de déprime, tout bêtement. Une histoire de deuil, gardant en tête qu'il n'y a pas eu mort d'homme et que les choses ne sont pas immuables. Oh, je sais, ce n'est pas un scoop, vous aviez bien deviné ma léthargie, ces derniers temps, sans que j'aie à mettre de nom là-dessus. J'avais beau relativiser, j'appréhendais de vivre ce moment où je n'aurais plus goût à rien.
Finalement, les soirées à ne plus potasser se sont transformées en moments pour moi. Pour lire autre chose que des bilans comptables, pour sortir, aller au ciné, voir des amis, vivre. Et l'autre soir, en dansant dans la rue (ben quoi?) sur le Womanizer de Lily Allen, j'ai senti que le vent tournait, que je reprenais goût aux p'tits bonheurs quotidiens.
Paradoxalement, c'est ce regain de vitalité qui m'interroge et me culpabilise. Mes proches m'ont laissé du temps pour tourner la page et commencent à me remettre les pieds sur terre. A me bousculer un peu. Sur le fait de perdre le fil, de me laisser un peu trop vivre. Hier soir, une amie m'a fait remarquer que novembre - date de ma fin d'allocations chômage - c'est demain. Je vous dis pas, j'ai beau le savoir, j'ai senti une bouffée d'angoisse et l'envie d'aller taper dans le Lexomil.
Pas d'inquiétude, je ne suis pas intoxiquée, je ne prends pas de cachets pour apaiser mes maux (remarque, je devrais peut-être?!) mais je ne peux nier le vide et l'effroi que je ressens, deux fois par jour: le matin en me levant, le soir en me couchant. Comme un éclair de lucidité. Entre les deux, j'ai pris le parti de résoudre la situation, à mon rythme.
Donc, lentement.
J'ai causé, vous disais-je donc aujourd'hui, et je me suis contrainte à finir des coûts de revient, pour aller démarcher deux restaurants en quête de livraisons de gâteaux. Entre les deux, j'ai cuisiné deux, trois petites choses, histoire de présenter un échantillon de mon travail. Et j'ai beau penser que jongler entre la cuisine et l'écriture m'installe dans une position instable, je n'arrive pas à trancher, ressentant autant de plaisir à m'adonner à l'une ou l'autre activité.
Faire les deux? Ce sera, de toute façon, toujours plus productif que de rester là, les bras ballants, à réfléchir de façon stérile à l'avenir.
Le coup de la chômeuse volontaire, je dois l'admettre, ça commence à devenir un rien obsolète.
Ça part d'un banal "ça va?" Le genre de question à laquelle je ne parviens pas à répondre. Si j'étais honnête, je dirais "oui, une fois le tube de Lexomil avalé, je me détends."
A la place, je me contente d'un "on fait aller". Lorsque je m'entends dire ça, je suis prise de honte, tant je fais moi-même mon malheur. Allez, Cosette, va te rhabiller, la plus grande victime du monde, c'est moi.
Parfois, même, je me fends d'un enthousiaste "Super, et toi?" comme si j'étais la reine de la pampa. Ça sonne tellement faux que ça déclenche un silence général.
Pour de vrai, alors? Comme d'habitude, je vis des hauts, des bas... Mettons ça sur le compte des doutes qui me gagnent chaque jour un peu plus. Ou des hormones, tiens, pourquoi pas.
Je peux le concéder aujourd'hui, j'ai craint un moment de sombrer dans un drôle d'état, celui qui nous prive d'énergie et d'envies. La dépression, que ça s'appelle, ce truc-là.
En fait, je peux maintenant évoquer le terme de déprime, tout bêtement. Une histoire de deuil, gardant en tête qu'il n'y a pas eu mort d'homme et que les choses ne sont pas immuables. Oh, je sais, ce n'est pas un scoop, vous aviez bien deviné ma léthargie, ces derniers temps, sans que j'aie à mettre de nom là-dessus. J'avais beau relativiser, j'appréhendais de vivre ce moment où je n'aurais plus goût à rien.
Finalement, les soirées à ne plus potasser se sont transformées en moments pour moi. Pour lire autre chose que des bilans comptables, pour sortir, aller au ciné, voir des amis, vivre. Et l'autre soir, en dansant dans la rue (ben quoi?) sur le Womanizer de Lily Allen, j'ai senti que le vent tournait, que je reprenais goût aux p'tits bonheurs quotidiens.
Paradoxalement, c'est ce regain de vitalité qui m'interroge et me culpabilise. Mes proches m'ont laissé du temps pour tourner la page et commencent à me remettre les pieds sur terre. A me bousculer un peu. Sur le fait de perdre le fil, de me laisser un peu trop vivre. Hier soir, une amie m'a fait remarquer que novembre - date de ma fin d'allocations chômage - c'est demain. Je vous dis pas, j'ai beau le savoir, j'ai senti une bouffée d'angoisse et l'envie d'aller taper dans le Lexomil.
Pas d'inquiétude, je ne suis pas intoxiquée, je ne prends pas de cachets pour apaiser mes maux (remarque, je devrais peut-être?!) mais je ne peux nier le vide et l'effroi que je ressens, deux fois par jour: le matin en me levant, le soir en me couchant. Comme un éclair de lucidité. Entre les deux, j'ai pris le parti de résoudre la situation, à mon rythme.
Donc, lentement.
J'ai causé, vous disais-je donc aujourd'hui, et je me suis contrainte à finir des coûts de revient, pour aller démarcher deux restaurants en quête de livraisons de gâteaux. Entre les deux, j'ai cuisiné deux, trois petites choses, histoire de présenter un échantillon de mon travail. Et j'ai beau penser que jongler entre la cuisine et l'écriture m'installe dans une position instable, je n'arrive pas à trancher, ressentant autant de plaisir à m'adonner à l'une ou l'autre activité.
Faire les deux? Ce sera, de toute façon, toujours plus productif que de rester là, les bras ballants, à réfléchir de façon stérile à l'avenir.
Le coup de la chômeuse volontaire, je dois l'admettre, ça commence à devenir un rien obsolète.
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