samedi 2 mai 2015

Pâte à modeler, grabouillages, etc.

Une semaine déjà que je suis rentrée de Bordeaux et je n'ai pas eu une minute pour vous raconter tout ce qu'on a fait, avec maman. Pourtant, on s'est drôlement amusé! D'abord, on a fait pas mal de pâte à modeler. Et puis des dessins, aussi.
 
Une pensée pour mes premières tartes au citron meringuées...
 
J'ai le tournis, là...
 
 
Du découpage, des tours Eiffel en pâte levée feuilletée. Des cœurs rouges.
 
C'est pas mimi, hum? C'est maman qui les fait! (Copyright Love Loft)
 
 
Et puis du gribouillage. C'était très drôle, j'avais le droit d'en mettre partout.
 
Quoi, y'a du boulot? Bah oui, sinon c'est pas drôle... Et j'ai même pas léché la plaque.
 
 
Après, le niveau a un peu changé, il a fallu écrire une rédaction, sur ce que faisait maman, toussa. En fait, c'était aussi très rigolo.
 
En quelques jours, j'ai emmagasiné une somme d'infos et de conseils aussi instructifs que précieux. Tous ces petits détails qui me désespéraient tellement ont commencé à s'éclaircir dans mon cerveau un rien embrumé. Cette semaine avec maman a boosté ma confiance et donné à mes deux mains gauches un rien d'habilité. Ce truc même dont j'ai tellement besoin pour le jour J.
 
Je suis à un peu plus d'un mois de l'examen, rien n'est gagné et la marge de progression reste énorme. Mais qu'est-ce que je m'amuse! Et histoire de continuer sur cette lancée, je vais m'offrir une escapade dans le monde du... burger pour peaufiner l'apprentissage.
 
Burger? Et si je vous dis que je vais aussi tâter de la pasta fraîche, j'imagine que vous aurez encore plus de mal à me croire.

Non, je n'ai pas bouffé un clown, j'ai pris mes gouttes et je veux toujours passer mon cap pâtissier. C'est juste que... je vous raconte très vite, promis!

vendredi 24 avril 2015

Hé bé, je gnaque!

Traduisez-moi tout ça. Vous avez une heure.

Hé bé! C'est casse berle que de voir ainsi le temps filer!

Bon, je vais pas vous la jouer "je passe une semaine à Bordeaux, je suis Bordelaise" mais le jargon local me rend quand même bien guillerette (il y a le vin, aussi, mais c'est une autre histoire).

Surtout, je trouve assez ironique de revenir sur les lieux de ma première vie pour poursuivre le chemin vers la deuxième.

J'avais 18 ans lorsque suis arrivée à Bordeaux pour deux ans, trop heureuse d'être entrée à l'école de journalisme. Je pensais juste toucher du doigt mon rêve, sans même imaginer que j'allais apprendre tellement plus sur la vie... et sur moi-même.

Avec mes cannes de serin (à l'époque, hein, le temps et ma gourmandise, ces bâtards, ont fait leur triste œuvre depuis), mes grosses joues, mon air innocent et mon taux d'alcool à zéro, je devais ressembler à une jeune vierge effarouchée.

Et oui, j'avais de petites cannes et une grosse tête, vous savez, comme une sucette Lollipop. J'ai jamais su faire dans la mesure.

Bref.

Le jour de mon arrivée, la propriétaire de la chambre que je louais m'a fixée, se demandant si, vraiment, j'étais majeure. Je lui ai expliqué que si je ressemblais à un hamster, c'était juste à cause de mon opération des dents de sagesse, et que ça allait passer.

Elle a eu un air perplexe et, en effet, malgré les fils en moins (en moinS, diraient les Bordelais!), j'ai quand même gardé un sacré moment mes grosses joues et mon air de sainte-nitouche.

Elle n'a pas tari d'éloges sur sa ville et le Bordelais, notamment sur le vignoble. Je me souviens m'être demandé de quoi elle causait, et je l'ai trouvée bien naïve de supposer que je pourrais un jour apprécier cette boisson rouge que l'on sirote dans des ballons.

Après, j'ai savouré des nectars du Médoc dans de jolis verres à pied et je me suis dit que c'est sans doute elle qui avait raison.

Je venais de découvrir la vie.

Le fait que cette étape du passage à la vie d'adulte transite par de l'alcool pourrait sembler limite. Pourtant, j'ai eu de la chance, je ne suis pas devenue Sue Ellen. C'est juste qu'avec mes cannes de serin - à l'époque, oui, on a compris - j'ai connu quelques déboires estudiantins, du genre à avoir des pertes de mémoire délicates et se réveiller ailleurs que dans ses draps de soie (OK, je suis mytho, j'ai jamais eu les moyens de m'offrir autre chose que du coton, ce qui est déjà bien, on est d'accord).

Les nuits blanches, les soirées au Plana, la rue Sainte-Cath', les Quinconces... Tout m'est revenu en pleine face cette semaine. Le bus filait Cours de la Somme et je revoyais cette vie si lointaine où je n'espérais qu'une chose, devenir journaliste (et être heureuse, mais dans mon esprit, ça allait de pair).

Quelle ironie, donc, de revenir à 40 ans passés sur les pavés bordelais et y apprendre, encore et encore, les bases de ma nouvelle marotte, la pâtisserie. Comme si la boucle se bouclait...

A moins qu'elle ait justement envie d'unir les deux passions, pour envisager une voie alternative, entre journalisme et l'univers des toqués?

lundi 20 avril 2015

Papa ET maman

Dans la vie, il est de ces rencontres imprévues qui bousculent parfois légère amertume - vous savez, celle qui s'infiltre dans nos veines.
 
Des rencontres surréalistes qui balaient toute mélancolie. Des rencontres belles et sans calcul qui, simplement, donnent espoir et joie.
 
C'est ainsi que j'ai connu mon... pôpa, il y a maintenant, ouh, six ans. Pas mon papa, le vrai, que je n'ai jamais voulu remplacer, non, celui-là. Jésus.
 
L'an passé, j'ai dû un peu partager mon temps avec môman. J'étais en garde alternée, pour apprendre, tantôt la cuisine, tantôt la pâtisserie.
 
Hier, j'ai pris la route de Bordeaux, pour passer une nouvelle semaine, à jouer les schizophrènes, entre la popotte de Jésus et les douceurs de Patricia. A moins de deux mois de mon examen, l'instant est précieux, parce qu'il me permet de faire la fête, de boire et manger, de répondre à nombre de questions, d'engranger de la confiance et beaucoup d'énergie.
 
Il est de ces rencontres improbables qui te changent une vie. Qui te permettent de toucher un peu de ton rêve, du moment que tu y mettes toi-même tout ton ressort. Et de croiser ces âmes belles et généreuses qui, décidément, donnent un sens à l'existence.
 
Vous me croyez, si je vous dis que je suis heureuse?

jeudi 16 avril 2015

Le coeur au vent

Assis sur le siège passager, il rêvait. Complètement parti dans sa bulle, Loulou songeait à je ne sais quelle stratégie pour jouer à Clash of Clans plus de dix minutes par jour.
 
Ou, qui sait, peut-être réfléchissait-il à sa vie tout court.
 
Soudain, il s'est légèrement soulevé pour humer l'air. La fenêtre était grande ouverte, invitant le soleil à nous réchauffer. Et puis, il a dû enlever sa ceinture, car je l'ai vu soudain passer son torse dehors. Ses cheveux vrillaient au vent et un large sourire a détendu tout son visage.
 
Il était seul au monde et heureux.
 
Nous arrivions à la maison et je roulais lentement, alors je n'ai rien dit, face à cette entorse à la sécurité la plus basique. Trop attendrie par cet éclat de bonheur, par ce sentiment de liberté qui se dégageait, soudain.

Loulou est comme moi, je crois. Epris de liberté jusqu'à braver certains interdits, qui ne portent jamais vraiment à conséquence, finalement. Je crois qu'on se met pas mal de grillages autour de nous, et que l'enserrement quotidien que l'on s'inflige nous rappelle qu'on fait partie d'un tout, d'une société, ce quelque chose que l'on réprouve souvent, qui nous ennuie, mais qui nous donne ce sentiment d'exister, d'être là dans le regard de l'autre.
 
Des grosses joues et déjà l'envie de me faire la malle...
 
 
C'est drôle. Je me sens vivre, en ce moment, alors même que je suis dans ma bulle. Alors que je passe ma vie dans un espace réduit et souvent encombré nommé "cuisine". Ma cuisine.
 
Si, si, c'est rangé.
 
Je potasse, je prépare une cartouchière, et puis une bavaroise, et puis une pâte levée. J'essaie pour la dix millième fois de sortir des croissants feuilletés et pas briochés, ça ne marche pas. Je recommence. Je me fais mes dialogues intérieurs. Je sens bien que ma sérénité dépend aussi d'un bon feuilletage, d'une écriture au cornet réussie, d'une charlotte régulière. Au moindre défaut - et il y en a tellement - c'est l'éternel recommencement, les doutes... mais pas le découragement.
 
Etrange? Non, pas tant que ça, finalement. Je touche tellement à ce que j'aime faire que multiplier les échecs ne me donne pas envie de renoncer. Pourtant, la raison voudrait que j'arrête là. Je tire trop le diable par la queue depuis quelques mois pour ne pas envisager de retourner à la vraie vie, celle où tu cherches un boulot correctement payé... Et qui va t'emmener direct vers le burn out, soit.
 
Mais le cœur, lui, palpite. Cette sensation de progresser, doucement, de réaliser des choses dont je me sentais incapable, tout ça me donne un sentiment de liberté intense, l'impression que le temps m'appartient et qu'il m'accorde un répit, encore, pour boucler ce que j'ai commencé.
 
Le combat intérieur, c'est de vouloir à la fois faire son petit bonhomme de chemin, tranquillement, pour construire ce que l'on a toujours rêvé d'accomplir, en acceptant de s'exclure un peu du mouvement. De ne pas plonger dans ce drôle de truc qui consiste à aller travailler et, accessoirement, de vivre de son activité.
 
A refuser de rentrer dans une case, on sort forcément du moule. Ce ne serait pas si gênant si j'étais complètement autonome, si je n'avais pas à régler quelques détails matériels qui me poussent à garder un pied dans cette fameuse "vraie vie". Le loyer, la cantine scolaire, toussa toussa.
 
Je sais, il s'agit de ces questionnements et de ces risques auxquels nombre d'entre nous sont soumis, sans doute plus encore une fois le cap des 40 ans passés. Tout n'est pas forcément binaire, et qui dit travailler "normalement" (avec les fameux collègues et les tickets restau) ne signifie pas systématiquement ennui, n'est pas forcément incompatible avec la sacro-sainte liberté. Celle-là, on peut la tuer aussi à force de s'entêter, seul, et s'obliger à soulever des montagnes pour continuer.
 
"On", "on" et "on". Oui, c'est vrai je généralise, je refuse l'évidence, sans doute. On est un con et ce qui compte, c'est ce qu'on ressent, ce que je ressens, alors, dans mon cas (parce que soyons clairs, ce que je ressens, le reste du monde s'en contrebalance et je trouve ça juste normal). Pour tout vous dire, j'ai le sentiment de dessiner une voie, mais que je devrais baliser en pointillés, histoire qu'elle ne soit pas définitive... Histoire, peut-être aussi, de pouvoir rebondir sans m'enfermer dans une impasse.

Vous voyez le genre?

En y songeant un peu, je blablate sur une théorie, sans pouvoir donner de biscuit pour l'alimenter, en fait. Parce que, pour l'instant, j'en suis juste à poser des jalons, sans vraiment déterminer l'objectif final.
 
Enfin, je veux dire, hormis la liberté, évidemment.

jeudi 9 avril 2015

En attendant Michalak (l'histoire d'une boucherie et d'une once de magie)

Pendant que mon pré-pré ado joue au grand sur la toile, moi, vous le savez, je m'improvise écolière. C'est donc dans un mélange de joie et d'effroi que j'ai découvert ma convocation, aujourd'hui.
 
Un CAP? OK, je ne vous vends pas du rêve, mais pour moi, pourtant, c'est une sorte de Graal...
 
Au moment d'ouvrir fébrilement l'enveloppe, j'ai senti comme un truc glacé en moi. Genre, comme si je réalisais qu'en fait, je suis quand même une grande malade d'imaginer que je vais passer et - rêvons ! - obtenir mon cap pâtissier, moi l'apprentie aux mains carrées (je vous jure, ça aide pas, notamment au niveau des finitions).
 
Deux épreuves écrites les 11 et 12 juin. L'épreuve pratique, celle de tous les dangers, le 15 juin. Le truc qui dure sept heures "maximum", précise la convocation, la journée qui te fait perdre 15 000 litres de sueur à la seconde et qui multiplie les accidents cardiaques par mille, pour une stressée de la vie comme moi.
 
Comment ça, j'exagère? Je ne vois même pas de quoi vous parlez.
 
Le 15 juin, c'est donc... bah oui, j'ai jamais été une crack en maths, mais enfin là, inutile de vous préciser que je sens bien l'imminence de l'échéance. Dans deux mois, je serai complètement sous l'eau, voire sous le sucre, qui sait, invoquant je ne sais quels dieux (quitte à ne pas savoir, autant multiplier les chances en implorant la grâce de toutes les divinités possibles) pour réussir, enfin, tous ces petits trucs qui me manquent.
 
Un peu de finesse, en priorité. Parce que l'opéra, le fraisier, la charlotte, le pécher mignon, le baba au rhum et tous ces grands classiques de la pâtisserie, au final, j'arrive à les sortir mais alors, dans quel état... Hum.
 
Voilà un fraisier que n'aurait pas renié... Shrek, non ?
 
 
On n'est pas chez Michalak, hein, et je vous vois venir, ce n'est pas ce que l'on me demande. Non, mais je n'ai aucune ambition dans la boucherie et c'est pourtant ce que je réussis le mieux, actuellement, quand il s'agit de déco.
 
Sanguinolente à souhait, cette tarte au chocolat & framboises...
Quitte à jouer au boucher, autant y aller à fond, hum?
 
 
Pourtant, à force d'essayer, de réessayer, encore et encore, la magie prend parfois. Un petit tour sur les photos publiées sur ce blog me conforte dans l'idée que, quand même, j'ai progressé (y'avait une sacrée marge, faut dire).
 
En tentant l'avant / après de ma tarte au citron meringuée, j'ai envie de crier au génie du relooking (où tu fais de l'esbrouffe sans même changer tes mains, qui peuvent rester carrées). "Mais tu es magnifïïïïïque, ma chériiiiiiiiiiiiiiiie" (Cristina Cordula, sors de ce corps, obrigada).
 
Où j'empêche Loulou de mettre sa grosse papatte dans la chantilly du baba... (si, si, la gousse de vanille fait office de panneau stop)
 
Et puis, il y a les encouragements amicaux aussi, la tarte qu'on apporte à une soirée et qui incite untel à passer commande, unetelle à envisager la chose. Le téléphone sonne et c'est une bonne connaissance qui voudrait vous faire travailler... Les surprises arrivent, une sorte d'élan qui me pousse et me fait revivre la p'tite madeleine de l'époque, quand je bricolais dans ma cuisine mancelle.
 
A quoi cela va-t-il me mener? A la fortune ? (ah, ah) A l'obésité? Ah oui, plutôt. Non, ni l'un ni l'autre - enfin normalement. Je n'en sais rien, à vrai dire, j'ai mes idées, je place deux, trois pions, mais sans calcul tant j'ai envie de laisser la voie ouverte à l'exploration. Je me sens tenaillée entre l'urgence d'apprendre vite et celle d'apprendre, tout simplement, ce qui suppose plus de temps... alors même que je n'ai plus beaucoup d'unités disponibles.
 
Non, je ne suis pas en phase terminale... juste (bientôt, à mon échelle) en fin de droits. Un gros mot, je ne sais pas, mais une réalité que je ne dois pas occulter, simplement.

lundi 6 avril 2015

Le jour où mon fils a créé sa chaîne youtube

A quel moment nos rejetons deviennent-ils wild?...
 
 
Hier encore, il était sur ma poitrine, cherchant mon sein, un 30 octobre 2003.
 
Il y a peu, je prenais un coup de vieux parce qu'il faisait sa première rentrée. Celle de maternelle. Puis de primaire.
 
Le dernier coup de massue est arrivé en septembre dernier, lorsqu'il a franchi les grilles du collège.
 
Loulou, c'est encore mon bébé, la chair de ma chair, cet enfant que j'appelle toujours "mon canard" même si, quand même, je lui évite la honte ultime en ne l'embrassant qu'une fois dans la voiture, lorsque je passe le récupérer à la sortie des cours.
 
Quand je l'appelle, il a toujours cette voix de bébé, même si les conversations se sont allongées, depuis les premiers coups de fil, le week-end, lorsque nous étions loin l'un de l'autre.
 
Le matin, il joue au gros dur mais discrètement, il vient se lover contre moi dans la cuisine, avant de partir au collège.
 
L'après-midi, il revient souvent l'œil brillant, le sourire aux lèvres et aime partager avec moi ses récits potaches. Il grogne au moment des devoirs mais n'attend qu'une chose, finalement, c'est de s'y plier parce que c'est autant de temps passé ensemble, pour lui.
 
Le soir, il adore que je lui parle de l'esprit de la couette, des moutons qui ont mal digéré ou de toutes ces histoires qui n'appartiennent qu'à nous et qui l'aident à s'endormir.
 
La nuit, je passe parfois le voir alors qu'il dort d'un profond sommeil et j'observe avec émerveillement cette bouille ronde et encore si innocente respirer doucement, sans imaginer le milliard de questions que je me pose à son sujet.
 
Oui, Loulou a onze passés mais il reste encore un enfant, à mes yeux. Même les soupirs, les haussements d'épaule, les mouvements d'humeur qui, ça et là, émaillent parfois ses gestes et mouvements, ne peuvent atténuer la tendresse que je ressens pour lui et ce sentiment qu'il a encore terriblement besoin de sa môman.
 
D'où le choc, aujourd'hui.
 
Tout fier et totalement excité au bout du fil, il m'annonce qu'il a fait "un truc énorme" chez son papa. Me voilà déjà à l'imaginer allant chercher un brevet quelconque de Géo Trouvetou, en m'interrogeant néanmoins sur ce truc si génial qui réveille l'enthousiasme parfois endormi de mon Loulou (l'air blasé, il maîtrise pas mal depuis quelques temps).
 
C'est comme ça que j'ai appris que mon fils, la chair de ma chair, cet être si jeune et innocent... avait créé sa chaîne sur YouTube.
 
Oui, oui.
 
Pas de journal intime ni de quelconques réflexions forcément philosophiques, Loulou consacre ses premiers pas sur le net à l'un de ses jeux favoris, clash of clans.
 
Autant vous dire que c'est du high level...
 
Bon, par curiosité, et histoire de pouvoir échanger avec lui sur la question, je me suis farci les dix minutes de cette première vidéo.
 
Où j'apprends que mon fils...
 
... qui ne veut pas conjuguer le verbe "avoir" en anglais quand on fait ses devoirs, a un accent de la mort qui tue quand il s'agit de parler de son clan, Golden Force
 
... aime l'or
 
... ne se mouche pas vraiment quand il est chez son père (n'y voyez aucun règlement de compte, je constate juste)
 
... emploie des termes marketing et ricane lorsqu'il parle de "placement de produit"
 
... fait son chef de base, prévenant les courageux postulants qui souhaiteraient le rejoindre d'une effrayante injonction : "ne faites pas n'importe quoi, sinon je vous rétrograde".
 
Il a créé "son" truc sur le oueb, qu'il entend bien développer, tout simplement.
 
Cela devait arriver un jour, j'imagine, et il y aura dix mille autres situations où je sentirais que mon fils m'échappe un peu plus. A vrai dire, je trouve ça plutôt mignon, malgré tout. Et le fait que mon Loulou ait envie de créer son propre univers me donne plutôt le sourire.
 
Même s'il s'agit de parler tout seul devant son écran, avec le nez bouché sur clash of clans...
 
Après tout, je raconte bien ma vie ici, pourquoi devrait-il se censurer, lui, hein? :)
 
 

mardi 24 mars 2015

L'histoire des facturettes et de l'immersion supposée

Ce mois-ci, j'ai fait un peu de shopping. J'étais là :
 
Il faut se baisser pour dégoter les rares exemplaires... Pas de quoi arranger mon balai, tiens.
 
 
L'occasion de constater que les CAP sont vraiment les parents pauvres en matière de livres scolaires. Du bouquin pour passer ton brevet, ça, il n'en manque pas, des annales de seconde, première etc., il y en a à la pelle mais quand il s'agit de passer ton CAP, en gros, tu as le choix de commander, parce qu'en rayon, niente, nada, ça n'existe pas.
 
Ainsi me suis-je résolue à réserver deux monuments de la littérature capesque:
 
De la grande littérature, incontestablement.
 
L'occasion de bien rigoler, parfois. Le niveau est... basique, disons, et les auteurs se sont bien amusés lorsqu'il s'est agi de rédiger les QCM. Du genre:
 
- "Que doit faire l'employeur en cas d'accident du travail?"
Proposition n°2 :
- "Licencier le salarié avant la fin de son arrêt de travail"
 
Oui, c'est une proposition, un rien cynique, mais au moins, ça me permet de restée éveillée.
 
Vous l'aurez compris, je potasse les épreuves écrites, qui vont concerner la santé, la prévention, les règles d'hygiène élémentaires (non, on ne met pas ses doigts dans le nez avant de pétrir sa pâte), histoire d'avancer dans mon programme, de ne pas trop squatter la cuisine non plus.
 
Rien n'est plus beau que l'échec, on est d'accord, il permet d'avancer et c'est en comprenant nos erreurs qu'on triomphe de notre médiocrité. En même temps, c'est un peu lassant, à mon niveau; si je pouvais réussir au moins quelques essais, je serais moins inquiète quant à l'échéance de l'examen.
 
Parfois, comme touchée par la grâce, je réussis néanmoins quelques éléments mais en général, c'est le tout qui chancelle.
 
Premier royal, premier miroir de ma vie et pour une fois, une légère auto-satisfaction, vite balayée par les boulettes multiples...
 
 
Les murs (et Clark) se souviennent encore de ma dernière tentative de déco au cornet, sur ma charlotte. Y'a pas que le chocolat à tempérer, je crois...
 
Alors, lasse de cet isolement un rien vain, j'ai sauté sur l'occasion lorsqu'on m'a proposé un stage dans un restaurant récent, à Nantes, où je pourrais m'entraîner en pâtisserie.
 
Toujours confiante, je suis donc passée ce matin chez Popol, histoire de régler les détails administratifs. Une seule personne devant moi, ça sentait bon. Bon, après, ça s'est un peu délité, au niveau du rythme.
 
Déjà, mon interlocutrice m'a assuré que le numéro d'allocataire que je lui indiquais était faux, pour répéter strictement le même dès qu'elle a tapé mon nom sur son ordi. Bref.
 
Ensuite, elle a regardé son fichier, "blablablacuisinetoussa", ah d'accord. Elle a relevé la tête, de façon un peu dédaigneuse, avait-elle imaginé que j'étais ingénieur ou, que sais-je, journaliste (je sais, j'ai des idées de grandeur, parfois) ? En tout cas, elle n'a pas caché sa déception.
 
Elle m'a dit de m'asseoir, qu'on allait me recevoir. J'ai dit au soupir que je sentais venir de rester à sa maison, ça ferait mauvais genre, mais que je comprenais très bien qu'il ait eu envie de s'exprimer.
 
Je me suis donc assise. Au début, je suis allée checker mes mails, et puis Facebook. Au bout d'un moment, j'avais fait le tour de la question. Que faire pour tromper l'ennui? Heureusement, j'avais pris mon portefeuille avec moi et j'ai ainsi pu... faire le tri de toutes mes facturettes de carte bleue, recensé les billets qui auraient pu être cachés dedans (bilan négatif, hélas), et salué ma réticence habituelle à ranger tout ça.
 
Au moins, les facturettes m'ont bien occupée (j'ai une vie passionnante, décidément).
 
Pendant ce temps, les gens grommelaient autour de moi, las qu'on leur réponde sept fois la même phrase (j'ai compté), convaincus de leur bon droit sans, en revanche, convaincre leur propre soupir de la mettre en sourdine.

C'est vrai que ça fait mauvais genre.
 
Une autre personne voulait retravailler à 80%, visait bien les aides complémentaires mais ne voyait pas l'intérêt de s'inscrire à Pôle Emploi. Je ne sais pas à quel moment je l'ai perdue mais je crois que l'ordre dans lequel je remettais mes facturettes m'a pas mal sollicitée.
 
Finalement, à l'issue d'un espace-temps que je ne saurais préciser, j'ai été reçue par une conseillère. Qui m'a appris que l'EMT, ce fameux dispositif qui permet de faire un stage de deux semaines maxi chez un employeur pour se tester, n'existait plus, remplacé par le PMSMP.
 
A vos souhaits.
 
PMSMP pour Période de Mise en Situation En Milieu Professionnel. Ah d'accord.
 
La nuance, selon Pôle Emploi: c'est une prestation d'évaluation, pas un stage. Une façon, quand même, de chasser le travail déguisé.
 
En gros, tu ne peux même plus convaincre les employeurs potentiels de te prendre en stage gratos, moyennant quoi ils étaient un peu indemnisés. Pour qu'ils te laissent une chance, va falloir leur faire pitié, maintenant.
 
Ou alors envie, je ne sais plus.
 
(A suivre...)