Je sens déjà que le débat vous passionne, au vu du nombre impressionnant de réactions. C'est mou, c'est tout mou, ça! Alors, que les lecteurs qui iront jusqu'au bout de ce post soient salués, je promets de l'imbuvable... Vous jugerez de vous-mêmes.
En pleine recherche, pour écrire ce dossier sur les basketteuses et le sport, j'ai découvert le travail de Claire Carrier, psychiatre et ancienne de l'INSEP. J'ai lu l'un de ses ouvrages et elle m'est apparue comme la personne idoine pour répondre à toutes les interrogations sur les effets du sport sur le corps féminin.
Je l'ai donc sollicitée pour une interview. Autant l'avouer, cela n'a pas été simple de la convaincre. Elle avait déjà été échaudée par un journaliste, auparavant, à qui elle avait accordé beaucoup de temps, et qui avait lapidé ses propos. Je lui ai expliqué que cela serait différent, blablabla... Et un jour, j'ai fini par obtenir cet entretien qui me semblait si fondamental.
L'interview, si elle s'est avérée passionnante, m'a laissé un goût amer. Tout semblait couler comme de l'eau de roche, tant cette spécialiste sait vulgariser l'information. En retranscrivant ses propos, j'ai néanmoins dû élaguer, un peu, car tout cela était fourni, informatif, exaltant, mais l'intégralité aurait pris une bonne vingtaine de pages. C'est donc une interview largement raccourcie que j'ai présentée à mon boss.
Clairement mal à l'aise avec le sujet majeur - l'homosexualité supposée des sportives -, le boss en question a botté en touche. Pas assez vulgarisé à son goût, trop compliqué pour nos lecteurs qui, c'est bien connu, ne pouvaient mettre en route plus de deux neurones simultanément. Ce qui me semblait l'élément-phare du dossier a donc purement et simplement été supprimé...
Lorsque j'ai quitté le magazine, j'ai fait le tri dans mes dossiers, mais j'ai conservé cette interview. Et puisque je suis ici chez moi, eh bien, je la diffuse. Je trouve qu'elle donne un bon éclairage de l'homosexualité dans le sport. Même si, je le concède, elle demande un peu de concentration. Soit.
J'espère juste que Claire Carrier m'a pardonnée, depuis...
Allez, merci aux courageux qui iront au bout.
Claire Carrier
"Ne pas les cataloguer comme homosexuelles"
Psychiatre, auteur de "Le sportif, sa vie, sa mort" (Edition Bayard), Claire Carrier dresse un portrait très noir du haut niveau sportif au féminin. Elle nous en explique les dangers et la façon de s'en prémunir.
Comment expliquer la présence de l'homosexualité au sein de certains sports féminins ?
" D'abord, pour moi, l'homosexualité, ce n'est pas un comportement, c'est une position psychique. C'est être attiré par le même sexe que soi-même. Or, l'attraction, ce n'est pas un comportement ! Le passage à l'acte est autre chose que l'homosexualité, c'est une identité sociale par un comportement. Il y a des gens qui ont des pratiques hétérosexuelles et qui sont très homosexuels. L'adolescence est caractérisée par une période où, garçon comme fille, il y a une perplexité par rapport au développement sexué du corps et lors du premier stade de l'adolescence, on est dans une période de refus de la sexuation physiologique. Dans ce refus intervient une période homosexuelle normale. On préfère être attiré par les personnes du même sexe, on est rassuré. La plupart des filles qui se tournent vers le haut niveau traversent cette période-là alors qu'elles sont dans un contexte où elles sont entourées de filles qui sont non seulement perplexes par rapport à leur corps qui devient femme, mais qui est détourné de son projet féminin par le sport. Et en plus, elles sont grandes. Jusqu'où vont-elles continuer à grandir, quand cette histoire va donc s'arrêter, qu'est-ce que je vais faire et pouvoir faire une fois que j'aurais ma longueur de jambes et de bras définitive ? Mieux vaut retrouver les autres qui sont comme moi, pensent-elles.
Et d'un point de vue physiologique ?
La pratique sportive intensive développe l'appareil musculaire et l'appareil locomoteur, ce qui est une orientation du corps pré-sexuée, qui n'est pas concernée par la différence de sexe. Un cm3 de muscle examiné sous microscope a exactement la même structure chez l'homme et chez la femme. C'est pour cela que je dis que la pratique sportive est un investissement pré-sexué. En tant que tel, cela concerne aussi bien l'homme que la femme. En outre, le développement musculaire, de la puissance et de la force musculaires, est une qualité qui ressort de la virilité. A partir du moment où on développe le muscle et sa puissance, ce qui est le cas dans toutes les disciplines de combat et de ballon, on met l'accent sur la virilisation du corps. Une fois que le corps est virilisé, c'est un atout pour le sexe masculin, et une énigme pour le sexe féminin. Il faut que les femmes restent femmes dans un corps qui a une qualité virile. C'est ça l'enjeu de la sportive. Certaines disciplines ajoutent à cette virilisation, d'autres paramètres qui la renforcent avec des attributs sexués habituels: le rapport à la pilosité - de manière générale, les hommes sont plus poilus que les femmes - et la taille - en général, les hommes sont plus grands que les femmes. Une femme, par sa discipline sportive, voit valoriser deux attributs sexués masculins comme la grande taille et la force physique. De plus, avec le développement musculaire, le corps est inondé d'hormones mâles - d'où une augmentation de la pilosité: même si elles n'étaient pas poilues avant, elles ont un peu de duvet au-dessus des lèvres, parfois les poils du duvet des joues un peu plus développé, elles n'ont pas de barbe, bien sûr, mais elles doivent passer chez l'esthéticienne plus souvent, elles ont la peau plus grasse, des poils pubiens répartis en losange comme les hommes. Ce sont des petits signes d'imprégnation hormonale virile qui sont des signes physiologiques. L'inondation par les hormones du stress et de l'efficacité sportive viennent étouffer l'hormonologie spontanée sexuée. A partir du moment où physiologiquement, le corps dit que cette transformation physique, c'est à dire virile, commence à inhiber la transformation sexuée hormonale naturelle, c'est là qu'il faut dire à tout le monde: attention! Quand cet accaparement de l'hormonologie sexuée par l'hormonologie sportive va jusqu'à arrêter le cycle des règles chez la femme, là, on va trop loin. Mes chers confrères, comme les entraîneurs, trouvent cela génial, estimant qu'il faut leur donner la pilule pour prolonger cet effet. Mais en fait, cela détourne complètement le rapport à la contraception, elles ne savent plus du tout ce que la contraception veut dire, par rapport à la fertilité et les possibilités d'être fécondée. Elles vivent la pilule comme une sorte de dopage. Et c'est une distorsion de l'appréciation de la féminité. Et c'est là que c'est grave. Et dans cette distorsion de cette connaissance du féminin en soi, les sportives ne sont plus des femmes comme avant et évoluent vers une structure d'homme qui leur fait très peur et qu'elles refusent. Qu'ont-elles comme solution affective ? La seule, c'est de se retrouver avec une femme qui vit la même expérience qu'elle et de fonctionner ensemble à un niveau pré-sexué. Donc, on ne peut pas dire qu'elles sont homosexuelles, ce n'est pas vrai, elles sont pré-sexuées! Les jeux érotico-sexuels qu'elles ont ensemble, ce sont exactement les jeux de touche-pipi que les enfants ont avant de découvrir qu'ils sont un petit garçon ou une petite fille. Au moins y a-t-il quelque chose de leur outil féminin qui fonctionne. Il ne faut surtout pas les cataloguer comme homosexuelles parce que sinon, vous leur fixez une identité et du coup, elles vont vraiment le devenir.
Mais les basketteuses sont-elles concernées par l'aménorrhée et tous ces signes virils ?
Elles n'ont peut-être pas d'aménorrhée mais on ne peut pas le voir puisqu'elles sont toutes sous pilule (créant ainsi des règles artificielles). Et en général, elles prennent Diane, qui permet de régler les sécrétions et de freiner la pilosité. Elles sont sous traitement hormonal substitutif. C'est un médicament, la pilule, et c'est pour cela que c'est un équivalent de dopage.
Mais c'est un bouleversement terrible, de subir ces transformations corporelles et d'être taxée en outre dans le même cas d'homosexualité…
C'est beaucoup plus infantile que cela et ce n'est pas immature non plus. C'est adapté aux exigences de la pratique sportive. Une femme grande a énormément de mal à vivre son côté accueillant du féminin parce qu'elle est un peu encombrée par son corps. Elles sont perdues, isolées et ne peuvent avoir de réassurance affective et maternelle qu'en se lovant dans les bras l'une de l'autre. Elles ont besoin de tendresse, que leur corps soit caressé, et pas bousculé, moqué etc. "T'as vu la grande bringue?" "T'as vu celle-là?" On ne peut pas faire un bisou ou caresser la joue de quelqu'un qui vous dépasse comme on le fait dans la vie courante, avec son enfant par exemple.
Les filles ont-elles alors tendance à se refermer sur elles-mêmes ?
Il y a toujours une période de régression et de déni. Et puis, les gens ne sont pas tendres. C'est très dur à vivre mais toujours moins que de se retrouver avec une grande taille dans la nature où tout est problème.
Avez-vous connu également des cas de désordre alimentaire chez les basketteuses ?
Oui, elles font des excès et elles s'en foutent. Elles ne font pas attention à leur séduction par leur ligne, elles sont attentives à l'efficacité de leur ligne musculaire. Leur corps est un instrument et ce n'est pas forcément un objet de désir. Elles-mêmes ne se désirent pas. Elles n'ont pas le dorloter, à le décorer et le cocooner comme les autres femmes peuvent le faire. Elles ont peur de leur séduction entre femmes. Parce qu'il y a des femmes qui ont vraiment la structure homosexuelle, c'est à dire qu'elles sont attirées par les autres femmes. Et il suffit qu'il y en ait une autre qui soit un peu plus féminine pour qu'elles soient la proie des autres, les Atalantes (des Don Juan au féminin). Les stratégies des femelles homosexuelles, quand elles sont attirées par une autre femelle, sont très dangereuses. L'appartenance à un groupe de femme ne se fait pas comme ça. Plus les exigences de rentabilité, de cohésion, du groupe sont importantes, plus les moments de vie ensemble sont denses, intenses et répétés, plus le risque d'interpénétration homosexuée devient évident.
Comment permettre à ces basketteuses qui arrivent au haut niveau d'être préparées à tous les bouleversements qui les attendent ?
Il faut que leur entourage les reconnaisse femme et qu'elle puisse avoir un petit copain en dehors de la pratique sportive. Il faut aussi que les autres acceptent qu'elle ait un petit copain, car il y a parfois une pression épouvantable entre les filles. (…) Pour les filles qui veulent faire du basket à haut niveau, c'est très risqué sur le plan du féminin. Il faut que la fille, mais aussi les parents, le copain, soient avisés et si c'est la passion de la jeune fille, pourquoi pas, mais il ne faut surtout pas l'abandonner dans ce milieu-là. "
jeudi 7 janvier 2010
mercredi 6 janvier 2010
Affronter les préjugés
Lorsque, jeune journaliste, je suis arrivée à la rédaction de mon magazine, j'ai été rapidement briefée: "dans le basket féminin, toutes les filles sont lesbiennes".
Un a priori? Pensez donc.
Moi, je tombais des nues. On m'a expliqué que la proximité des vestiaires, la vie de groupe, tout ça, ça incitait ces jeunes demoiselles à tomber dans les bras les unes des autres.
C'est marrant, j'ai joué au basket pendant des années, ça ne m'avait jamais traversé l'esprit. Ah oui, mon niveau n'était pas non plus formidable et j'ai donc échappé à cette vie orgiaque - parce que, dès que l'on parle d'homosexualité, c'est forcément ainsi, paraît-il. Hum.
Je ne voyais pas non plus quel intérêt on devait porter à une donnée personnelle (ça fait bien partie de la vie privée, hein? Rassurez-moi) et j'ai donc passé les premières années à couvrir du basket féminin sans m'interroger davantage sur ce fait.
Et puis, un jour, j'ai eu l'occasion - et le bonheur, parce que le sujet était passionnant - de parler de la femme et du sport. Quelles incidences la pratique du basket avaient sur leur vie, comment vivaient-elles leur corps (paru en deux volets, sous les intitulés "Du muscle et du style" et "Le corps à rude épreuve", que ceux qui sont intéressés par une copie m'écrivent sur ma boîte perso!) et ce genre d'interrogations. Et là, je me suis demandé si je devais, ou pas, aborder, la question de l'homosexualité.
Je le devais. Cela fait partie de l'identité de certaines de ces femmes et le nier aurait été hypocrite. Je me souviens de la réaction d'un collègue, qui frétillait d'excitation à l'idée de lire des révélations sur ces basketteuses qu'il côtoyait. J'ai soupiré et en même temps, j'ai compris sa réaction tant les rumeurs circulaient sur le compte de telle ou telle joueuse. Fasciné et curieux, il avait besoin de savoir.
Avant d'évoquer le sujet avec des basketteuses - homos et hétéros, d'ailleurs - j'ai rencontré une psychiatre, Claire Carrier, spécialiste en médecine et biologie du sport, qui a travaillé à l'INSEP -le laboratoire national des meilleurs sportifs français. Son discours et ses théories m'ont offert un nouveau point de vue sur la question et ont éloigné cette peur que j'avais de marcher sur des oeufs. Car, aujourd'hui encore, l'homosexualité dans le sport reste taboue.
Enfin, "dans le sport" seulement? J'aimerais croire que oui, mais les stades et leurs spectateurs ne sont qu'un reflet de notre société intolérante...
A suivre...
Un a priori? Pensez donc.
Moi, je tombais des nues. On m'a expliqué que la proximité des vestiaires, la vie de groupe, tout ça, ça incitait ces jeunes demoiselles à tomber dans les bras les unes des autres.
C'est marrant, j'ai joué au basket pendant des années, ça ne m'avait jamais traversé l'esprit. Ah oui, mon niveau n'était pas non plus formidable et j'ai donc échappé à cette vie orgiaque - parce que, dès que l'on parle d'homosexualité, c'est forcément ainsi, paraît-il. Hum.
Je ne voyais pas non plus quel intérêt on devait porter à une donnée personnelle (ça fait bien partie de la vie privée, hein? Rassurez-moi) et j'ai donc passé les premières années à couvrir du basket féminin sans m'interroger davantage sur ce fait.
Et puis, un jour, j'ai eu l'occasion - et le bonheur, parce que le sujet était passionnant - de parler de la femme et du sport. Quelles incidences la pratique du basket avaient sur leur vie, comment vivaient-elles leur corps (paru en deux volets, sous les intitulés "Du muscle et du style" et "Le corps à rude épreuve", que ceux qui sont intéressés par une copie m'écrivent sur ma boîte perso!) et ce genre d'interrogations. Et là, je me suis demandé si je devais, ou pas, aborder, la question de l'homosexualité.
Je le devais. Cela fait partie de l'identité de certaines de ces femmes et le nier aurait été hypocrite. Je me souviens de la réaction d'un collègue, qui frétillait d'excitation à l'idée de lire des révélations sur ces basketteuses qu'il côtoyait. J'ai soupiré et en même temps, j'ai compris sa réaction tant les rumeurs circulaient sur le compte de telle ou telle joueuse. Fasciné et curieux, il avait besoin de savoir.
Avant d'évoquer le sujet avec des basketteuses - homos et hétéros, d'ailleurs - j'ai rencontré une psychiatre, Claire Carrier, spécialiste en médecine et biologie du sport, qui a travaillé à l'INSEP -le laboratoire national des meilleurs sportifs français. Son discours et ses théories m'ont offert un nouveau point de vue sur la question et ont éloigné cette peur que j'avais de marcher sur des oeufs. Car, aujourd'hui encore, l'homosexualité dans le sport reste taboue.
Enfin, "dans le sport" seulement? J'aimerais croire que oui, mais les stades et leurs spectateurs ne sont qu'un reflet de notre société intolérante...
A suivre...
Libellés :
Tranches de vie
mardi 5 janvier 2010
Toi, tu vas avoir des problèmes
Je regardais hier soir un documentaire que je vous conseille vivement, diffusé sur Canal plus : "Sports et homosexualités: c'est quoi le problème?"
Cela n'a fait que me confirmer que, en 2010, nous avions encore un sacré boulot pour faire avancer les mentalités, tant les clichés persistent. Ce qui dérange, en substance, c'est que des sportifs, supposés "virils", puissent être homosexuels, parce que c'est bien connu, les homos, ce sont des filles avec des poils. C'est "La Cage aux folles", avec les plumes, vous voyez. "Si on se dit homo, c'est une faille", assure l'un des témoins.
Pff.
Clovis Cornillac a d'ailleurs eu à ce propos une excellente répartie, perplexe après avoir entendu David Ginola affirmer qu'en "18 ans, il n'avait jamais rencontré d'homosexuels." L'acteur a simplement fait remarquer au footballeur interloqué que tous les homos n'étaient pas forcément efféminés, maniérés et qu'ils n'étaient pas excités de voir ses coéquipiers nus dans la douche. Non, un homosexuel n'équivaut pas à un pervers sexuel. Et une lesbienne n'est pas forcément un garçon manqué.
C'était l'un des grands mérites de ce documentaire. Mettre en évidence - à défaut de les faire voler en éclats - tous les préjugés sur des personnes à la sexualité différente de la "majorité", donner à la parole à des sportifs qui, loin de vouloir jouer les porte-drapeaux ou de revendiquer de façon agressive une appartenance à un groupe communautaire, ont juste envie de vivre comme les autres, sans avoir à se justifier, à se cacher.
Il est évidemment utopique de croire que la société va briller par sa tolérance du jour au lendemain. Qu'elle va accepter, sans sourciller, de vivre sans a priori auprès de personnes dites "différentes". D'ailleurs, il est terrible d'entendre ce terme, pour désigner les hétéros, en anglais: "straight". On est droit lorsqu'on est "dans la norme", forcément déviant autrement.
Ce qui ressort, c'est toute la souffrance que la différence génère. On parle de dissimuler des préférences sexuelles, comme si c'était une maladie. Si certains sportifs assument leur homosexualité, leur entourage, leurs sponsors, surtout, les enjoignent vivement à taire le "problème". Certains, comme la footballeuse Marinette Pichon, montrent une incroyable lucidité et affichent leur détachement. "Je n'oblige pas les gens à voir ce qu'ils n'ont pas envie de voir", affirme l'ancienne capitaine des Bleues, recordwoman des capes nationales.
Elle a compris la force de destruction que le jugement des autres peut représenter. Et a su s'en affranchir.
Pourquoi je vous parle de tout ça? Non, non, je ne fais pas mon coming out. Cela me touche, d'abord, bêtement. Mais cela me rappelle aussi pas mal de souvenirs, dans ma carrière d'avant, dans la presse sportive.
A suivre...
Cela n'a fait que me confirmer que, en 2010, nous avions encore un sacré boulot pour faire avancer les mentalités, tant les clichés persistent. Ce qui dérange, en substance, c'est que des sportifs, supposés "virils", puissent être homosexuels, parce que c'est bien connu, les homos, ce sont des filles avec des poils. C'est "La Cage aux folles", avec les plumes, vous voyez. "Si on se dit homo, c'est une faille", assure l'un des témoins.
Pff.
Clovis Cornillac a d'ailleurs eu à ce propos une excellente répartie, perplexe après avoir entendu David Ginola affirmer qu'en "18 ans, il n'avait jamais rencontré d'homosexuels." L'acteur a simplement fait remarquer au footballeur interloqué que tous les homos n'étaient pas forcément efféminés, maniérés et qu'ils n'étaient pas excités de voir ses coéquipiers nus dans la douche. Non, un homosexuel n'équivaut pas à un pervers sexuel. Et une lesbienne n'est pas forcément un garçon manqué.
C'était l'un des grands mérites de ce documentaire. Mettre en évidence - à défaut de les faire voler en éclats - tous les préjugés sur des personnes à la sexualité différente de la "majorité", donner à la parole à des sportifs qui, loin de vouloir jouer les porte-drapeaux ou de revendiquer de façon agressive une appartenance à un groupe communautaire, ont juste envie de vivre comme les autres, sans avoir à se justifier, à se cacher.
Il est évidemment utopique de croire que la société va briller par sa tolérance du jour au lendemain. Qu'elle va accepter, sans sourciller, de vivre sans a priori auprès de personnes dites "différentes". D'ailleurs, il est terrible d'entendre ce terme, pour désigner les hétéros, en anglais: "straight". On est droit lorsqu'on est "dans la norme", forcément déviant autrement.
Ce qui ressort, c'est toute la souffrance que la différence génère. On parle de dissimuler des préférences sexuelles, comme si c'était une maladie. Si certains sportifs assument leur homosexualité, leur entourage, leurs sponsors, surtout, les enjoignent vivement à taire le "problème". Certains, comme la footballeuse Marinette Pichon, montrent une incroyable lucidité et affichent leur détachement. "Je n'oblige pas les gens à voir ce qu'ils n'ont pas envie de voir", affirme l'ancienne capitaine des Bleues, recordwoman des capes nationales.
Elle a compris la force de destruction que le jugement des autres peut représenter. Et a su s'en affranchir.
Pourquoi je vous parle de tout ça? Non, non, je ne fais pas mon coming out. Cela me touche, d'abord, bêtement. Mais cela me rappelle aussi pas mal de souvenirs, dans ma carrière d'avant, dans la presse sportive.
A suivre...
Libellés :
Tranches de vie
lundi 4 janvier 2010
La théorie & la pratique
C'est compliqué, les résolutions. Tenez, par exemple, cette année. Je me suis fixé des objectifs, comme je vous le disais, et pas plus tard que dimanche, j'ai voulu mettre tout ça en application. Bon, il faisait froid, alors, pour le sport, je me suis contenté d'un rodéo avec mon aspirateur suivi d'un rouler-bouler avec le chiffon anti-poussières. Deux calories brûlées, j'imagine, mais l'intention y était.
Et puis, c'était un beau pied de nez au balai, qui a attendu une journée (aujourd'hui) avant de se réveiller.
Ensuite, j'ai parlé de travailler. Comme ce concept m'apparaît de plus en plus abstrait, j'ai commencé par des choses basiques. Comme un lien avec l'an passé, un atelier cuisine s'imposait. Comme j'avais aussi évoqué l'idée de consacrer plus de temps à mes amis, j'en ai appelé une à la rescousse. Mon acolyte du jour, aussi déterminée que moi à réussir ses macarons, a enfilé son tablier et nous nous sommes lancées dans la confection de ces parfaites tueries - c'est pour le boulot, oh!
Mon four étant plus chaud qu'une baraque à frites, nous avons réalisé après deux tournées foirées qu'il serait de bon ton de le baisser un peu. Non, parce que les macarons brûlés, ça a tout de suite moins de charme.
Parmi mes autres résolutions, il y avait "sourire". Donc, entre deux fournées, on s'est fait "Very Bad Trip" histoire de rire à l'humour potache de cette bande de débiles, partis à Vegas enterrer la vie de garçon de leur pote. Idiot mais efficace.
Ensuite, nous avons été OBLIGÉES de goûter aux macarons, par pure conscience professionnelle. Rien à voir avec la gourmandise. Ils étaient bons. Très bons, même. Avec un sacré goût de reviens-y. Comme je suis très rigoureuse, j'ai dû en engouffrer une bonne dizaine... avant de manger des haricots verts le soir.
Oui, je suis en période détox.
Je sais, je sais, tant de volonté force le respect.
Ensuite, avec mon amie, on s'est dit qu'on irait à la piscine le lendemain, genre, on va mettre en application nos grands discours.
Pas de bol, la vidange des bassins commençait le lendemain, pour huit jours. Je me suis dit que j'irai courir, à la place. D'ailleurs, ce matin, j'ai bel et bien enfilé ma tenue. Le balai et le froid polaire m'en ont définitivement dissuadée. C'est pas gagné, ça.
J'ai alors pensé que j'avais décidément placé la barre très haut. Heureusement, je me suis lancée dans un projet qui me tient à coeur.
Terminer enfin Six Feet Under.
Que voulez-vous, j'aime bien les croque-morts.
Et puis, c'était un beau pied de nez au balai, qui a attendu une journée (aujourd'hui) avant de se réveiller.
Ensuite, j'ai parlé de travailler. Comme ce concept m'apparaît de plus en plus abstrait, j'ai commencé par des choses basiques. Comme un lien avec l'an passé, un atelier cuisine s'imposait. Comme j'avais aussi évoqué l'idée de consacrer plus de temps à mes amis, j'en ai appelé une à la rescousse. Mon acolyte du jour, aussi déterminée que moi à réussir ses macarons, a enfilé son tablier et nous nous sommes lancées dans la confection de ces parfaites tueries - c'est pour le boulot, oh!
Mon four étant plus chaud qu'une baraque à frites, nous avons réalisé après deux tournées foirées qu'il serait de bon ton de le baisser un peu. Non, parce que les macarons brûlés, ça a tout de suite moins de charme.
Parmi mes autres résolutions, il y avait "sourire". Donc, entre deux fournées, on s'est fait "Very Bad Trip" histoire de rire à l'humour potache de cette bande de débiles, partis à Vegas enterrer la vie de garçon de leur pote. Idiot mais efficace.
Ensuite, nous avons été OBLIGÉES de goûter aux macarons, par pure conscience professionnelle. Rien à voir avec la gourmandise. Ils étaient bons. Très bons, même. Avec un sacré goût de reviens-y. Comme je suis très rigoureuse, j'ai dû en engouffrer une bonne dizaine... avant de manger des haricots verts le soir.
Oui, je suis en période détox.
Je sais, je sais, tant de volonté force le respect.
Ensuite, avec mon amie, on s'est dit qu'on irait à la piscine le lendemain, genre, on va mettre en application nos grands discours.
Pas de bol, la vidange des bassins commençait le lendemain, pour huit jours. Je me suis dit que j'irai courir, à la place. D'ailleurs, ce matin, j'ai bel et bien enfilé ma tenue. Le balai et le froid polaire m'en ont définitivement dissuadée. C'est pas gagné, ça.
J'ai alors pensé que j'avais décidément placé la barre très haut. Heureusement, je me suis lancée dans un projet qui me tient à coeur.
Terminer enfin Six Feet Under.
Que voulez-vous, j'aime bien les croque-morts.
Libellés :
Chroniques d'une chômeuse
dimanche 3 janvier 2010
Chimères
Je suis d'un classique, ces derniers jours! Je fête les Réveillons, envoie et réponds aux voeux et je suis bien résolue à vous parler de mes résolutions pour 2010.
Oh, ça va, hein.
On sait tous à quoi servent les résolutions. Et surtout, quelle est leur issue. Loin, très très loin dans un coin, là-haut, ces bonnes idées vont mourir dans une boîte fermée à double clé qui s'appelle la mémoire.
Mais c'est toujours bon de se faire une petite piqûre de rappel. Parce qu'en estimant que, sur la longue liste que j'ai fixée en janvier, je vais en tenir une par an, je serai parfaite pour mes 126 ans.
Oh, ça va, hein.
D'autant qu'il y a là quelques résolutions que je ne peux pas vraiment contrôler. D'ailleurs, avant de faire les malins, dites-moi donc quelles sont vos propres bonnes intentions...
En attendant, pour 2010, je vais...
... Enfin résister à ma gourmandise (classique, je vous dis)
... Me remettre sérieusement au sport (ultra-classique, même)
... Envoyer paître mon balai
... Me lancer dans un nouveau projet
... Travailler
... Éviter de trop m'écouter
... Expliquer la vie à mon loulou chaque fois qu'il me traitera de "tête d'oeuf"
... M'activer pour que ma vie perso évolue (non, je n'ai pas parlé de Meetic, au secours)
... Me rendre plus disponible pour les amis, ceux que j'ai notamment négligés l'an passé -trop concentrée sur autre chose...
... Réduire mon temps passé sur Facebook
... Alimenter ce blog le plus régulièrement possible
... Sourire
Comment ça, je fixe la barre trop haute?
Oh, ça va, hein.
On sait tous à quoi servent les résolutions. Et surtout, quelle est leur issue. Loin, très très loin dans un coin, là-haut, ces bonnes idées vont mourir dans une boîte fermée à double clé qui s'appelle la mémoire.
Mais c'est toujours bon de se faire une petite piqûre de rappel. Parce qu'en estimant que, sur la longue liste que j'ai fixée en janvier, je vais en tenir une par an, je serai parfaite pour mes 126 ans.
Oh, ça va, hein.
D'autant qu'il y a là quelques résolutions que je ne peux pas vraiment contrôler. D'ailleurs, avant de faire les malins, dites-moi donc quelles sont vos propres bonnes intentions...
En attendant, pour 2010, je vais...
... Enfin résister à ma gourmandise (classique, je vous dis)
... Me remettre sérieusement au sport (ultra-classique, même)
... Envoyer paître mon balai
... Me lancer dans un nouveau projet
... Travailler
... Éviter de trop m'écouter
... Expliquer la vie à mon loulou chaque fois qu'il me traitera de "tête d'oeuf"
... M'activer pour que ma vie perso évolue (non, je n'ai pas parlé de Meetic, au secours)
... Me rendre plus disponible pour les amis, ceux que j'ai notamment négligés l'an passé -trop concentrée sur autre chose...
... Réduire mon temps passé sur Facebook
... Alimenter ce blog le plus régulièrement possible
... Sourire
Comment ça, je fixe la barre trop haute?
vendredi 1 janvier 2010
2010
jeudi 31 décembre 2009
Champagne!
La Saint-Sylvestre, et son cortège de clichés, ses cotillons et ses débordements... Nous y voilà donc, et en attendant les douze coups de minuit, je fouille dans ma mémoire... Où je réalise que l'on boit beaucoup, dans mes réveillons, tiens. Pour oublier? Mieux faire avaler la pilule du temps qui passe? Ou juste pour occuper la soirée?
Suis-je bête? Parce que c'est la fête, les gars, les filles, et que l'on est prié de se lâcher! Après, on n'est pas obligé de se mettre minable. Je dis ça, chacun fait ce qu'il lui plaît-plaît-plaît (du moment qu'il lâche le volant, on est bien d'accord). Bon, j'arrête avec mon introduction de trois kilomètres - et à trois balles - je m'égare et je vois des lecteurs déjà perdus en route. Je disais, donc, la Saint-Sylvestre...
Je me souviens d'un réveillon - alors que j'avais 17 ans, je crois - passé dans un bar où l'on servait des cocktails à gogo et où j'ai fini par m'endormir sur la banquette, à la limite du coma éthylique.
Je me souviens d'un réveillon passé à Amsterdam, où la fête a pris des allures tragiques lorsque, dans une petite rue, un type s'est fait tirer dessus, devant nous. Un mouvement de panique plus tard, on a eu un peu de mal à se remettre dans l'ambiance. D'ailleurs, on a fini la nuit dans la voiture, faute d'hôtel et pas le coeur à chercher plus loin.
Je me souviens d'un réveillon, seule dans les rues bondées de New York (je vous en ai déjà parlé), à la fois émerveillée par les rues soudain désertes de Big Apple - bloquées par la garde montée - impressionnée par l'afflux, de tous les côtés, d'êtres - blancs, noirs, jaunes - soudain à l'unisson pour célébrer les douze coups de minuit sur Times Square. Et désespérément triste de ne pouvoir partager ce moment unique qu'avec moi-même (ce que je ne conseille à personne).
Je me souviens des réveillons dans des sous-sols aux lumières blafardes, où la boule à facettes ne pouvait masquer à elle toute seule la tristesse des lieux.
Je me souviens des premiers réveillons, aux menus plus sophistiqués, une musique adoucie et des invités moins nombreux. Comme si le fait de remplacer les Chipster par des noix de St-Jacques et de réduire le nombre de convives marquaient le passage à l'âge adulte.
Je me souviens de ces fêtes obligées, où l'on n'a pas d'autres choix que de faire semblant. De s'amuser, de rire, de danser comme Travolta. Alors qu'en fait, on ressemble à Shrek sur la piste et que l'on a tellement bu que la seule certitude qui nous reste, c'est que la terre est décidément ronde, lorsque l'on se couche.
Parce qu'en fait, le seul truc où on n'a pas fait semblant, c'est de vider le verre.
Je me souviens de l'excitation des préparatifs, à chaque fois que j'ai organisé la petite sauterie. De mon retard, la dernière fois, que j'ai largement contribué à accentuer, en allant déjeuner avec une amie, de passage à l'improviste, au lieu de dresser la table. D'autant plus embêtant que les petites bulles ont ce défaut de rendre la vie plus rose qu'elle ne l'est.
C'est quand les invités sonnent que l'on redescend. Vite.
Je me souviens, malgré cet aspect "fête obligatoire", avoir toujours attendu la soirée, comme si changer d'année allait bouleverser le cours des choses.
Je me souviens d'un réveillon où, lisant le texto d'une copine, je me suis fendu d'un méprisant: "Bonne année, bonne année... mais c'est d'un banal, ça!"
Les copains, limite outrés, s'étaient quand même bien marrés de ma mine condescendante.
Et aujourd'hui, je ne trouve rien de mieux que de vous souhaiter qu'une excellente année, belle, joyeuse, vivante, enthousiasmante, créative et non-conformiste!
Suis-je bête? Parce que c'est la fête, les gars, les filles, et que l'on est prié de se lâcher! Après, on n'est pas obligé de se mettre minable. Je dis ça, chacun fait ce qu'il lui plaît-plaît-plaît (du moment qu'il lâche le volant, on est bien d'accord). Bon, j'arrête avec mon introduction de trois kilomètres - et à trois balles - je m'égare et je vois des lecteurs déjà perdus en route. Je disais, donc, la Saint-Sylvestre...
Je me souviens d'un réveillon - alors que j'avais 17 ans, je crois - passé dans un bar où l'on servait des cocktails à gogo et où j'ai fini par m'endormir sur la banquette, à la limite du coma éthylique.
Je me souviens d'un réveillon passé à Amsterdam, où la fête a pris des allures tragiques lorsque, dans une petite rue, un type s'est fait tirer dessus, devant nous. Un mouvement de panique plus tard, on a eu un peu de mal à se remettre dans l'ambiance. D'ailleurs, on a fini la nuit dans la voiture, faute d'hôtel et pas le coeur à chercher plus loin.
Je me souviens d'un réveillon, seule dans les rues bondées de New York (je vous en ai déjà parlé), à la fois émerveillée par les rues soudain désertes de Big Apple - bloquées par la garde montée - impressionnée par l'afflux, de tous les côtés, d'êtres - blancs, noirs, jaunes - soudain à l'unisson pour célébrer les douze coups de minuit sur Times Square. Et désespérément triste de ne pouvoir partager ce moment unique qu'avec moi-même (ce que je ne conseille à personne).
Je me souviens des réveillons dans des sous-sols aux lumières blafardes, où la boule à facettes ne pouvait masquer à elle toute seule la tristesse des lieux.
Je me souviens des premiers réveillons, aux menus plus sophistiqués, une musique adoucie et des invités moins nombreux. Comme si le fait de remplacer les Chipster par des noix de St-Jacques et de réduire le nombre de convives marquaient le passage à l'âge adulte.
Je me souviens de ces fêtes obligées, où l'on n'a pas d'autres choix que de faire semblant. De s'amuser, de rire, de danser comme Travolta. Alors qu'en fait, on ressemble à Shrek sur la piste et que l'on a tellement bu que la seule certitude qui nous reste, c'est que la terre est décidément ronde, lorsque l'on se couche.
Parce qu'en fait, le seul truc où on n'a pas fait semblant, c'est de vider le verre.
Je me souviens de l'excitation des préparatifs, à chaque fois que j'ai organisé la petite sauterie. De mon retard, la dernière fois, que j'ai largement contribué à accentuer, en allant déjeuner avec une amie, de passage à l'improviste, au lieu de dresser la table. D'autant plus embêtant que les petites bulles ont ce défaut de rendre la vie plus rose qu'elle ne l'est.
C'est quand les invités sonnent que l'on redescend. Vite.
Je me souviens, malgré cet aspect "fête obligatoire", avoir toujours attendu la soirée, comme si changer d'année allait bouleverser le cours des choses.
Je me souviens d'un réveillon où, lisant le texto d'une copine, je me suis fendu d'un méprisant: "Bonne année, bonne année... mais c'est d'un banal, ça!"
Les copains, limite outrés, s'étaient quand même bien marrés de ma mine condescendante.
Et aujourd'hui, je ne trouve rien de mieux que de vous souhaiter qu'une excellente année, belle, joyeuse, vivante, enthousiasmante, créative et non-conformiste!
Libellés :
N'importe quoi
Inscription à :
Messages (Atom)

