Arriver à destination, c'est une chose, reprendre une forme humaine pour repartir dans son quotidien en est une autre. A l'issue de notre périple, nous avions prévu deux journées de "transition", l'une à St Cirq Lapopie, l'autre à Figeac.
Nous n'avions pas imaginé que d'aller de l'un à l'autre s'avérerait aussi épique.
Il faut savoir que lorsque des horaires sont affichées sur les arrêts de bus, ça ne veut rien dire, dans le coin. Après avoir attendu vainement un supposé car, nous nous sommes décidées à faire du stop, sous une météo frisquette.
Est ce nos airs de clocharde? Toujours est-il que nous avons attendu une bonne heure avant qu'un conducteur ait pitié. J'en étais à revenir sur tous mes principes et à accepter de monter dans une Tesla, pour vous situer mon degré de désespoir.
Le monsieur avait une conduite pour le moins aléatoire, un fait peu rassurant au regard de l'étroitesse des routes et des gouffres à notre droite, et lorsqu'il nous a déposées à Carjac, j'ai senti comme un soulagement. On a beau ressembler à des loques, on garde notre envie de vivre.
Finalement, on a pu, par la grâce d'un deuxième conducteur, rejoindre Figeac et y passer la nuit. Petit hic: On parle beaucoup du contenu du sac pour Compostelle et de sa nécessaire légèreté, mais on occulte les moments off qui peuvent jalonner le parcours. Et tu as beau prendre une douche, tu ne vas pas te transformer en être digne de ce nom avec les vêtements à ta disposition dans un sac de rando.
Jusqu'au bout, nous aurons donc tenu notre rang, celui des loques du Lot, avec notamment ce dernier pique nique dans une petite rue, sur un bout de marche, entre deux averses, avec notre boîte de maquereau, un morceau de pain et une tomate. Plus facile à supporter quand ta dignité s'est fait la malle depuis des jours et que l'apparence n'a plus autant d'importance que dans la vie de tous les jours.
Parfois, le dépouillement s'impose, et finalement, ça aussi, ça fait partie de la magie du chemin.
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| Prises à quinze jours d'intervalle. L'essentiel, c'est que l'on sourie toujours, non? |
















































