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vendredi 25 novembre 2011

Fil rouge

Dis donc, un peu plus et j'allais laisser filer novembre sans donner aucun signe de vie... Mais que voulez-vous, je découvre un rythme à la fois très cadré, structuré, apaisant et... fatigant. L'impression de courir en permanence, avec néanmoins ces moments off le week-end, sans plus à penser aux mille tâches qui polluent le cerveau, sous prétexte qu'en bossant chez soi, eh bien, on peut bosser quand on veut.

Le week-end, c'est relâche. Et basta.

La semaine, je n'ai plus le temps de rien. Réveil toujours trop tôt, Loulou que j'ai la sensation de déposer et récupérer en permanence, liste longue comme une journée chez Pôle Emploi de trucs à faire pour hier, je suis débordée... Signe que je suis bel et bien dans le mouvement, celui de tous les salariés qui finissent par se plaindre de ne plus voir le jour, mais qui sont trop heureux de voir le soleil décliner, bien au chaud dans leur bureau, et de voir un revenu tomber à la fin du mois, toujours le même. Pour l'instant, ça continue de m'impressionner.

Oui, je sais, je suis impressionnable.

J'ai des collègues sympas. Vraiment. Bon, je suis repérée, à cause d'un rire que j'aurais sonore. Comprends pas. Pas facile de rester stoïque. Les premiers jours, on se tient droit comme un i, on ose à peine interrompre la concentration de sa chef. Et puis, on finit par se sentir mieux, puis bien, tout simplement.

C'est là que la nature reprend ses droits et qu'on oublie cette austérité initiale.

Bon, je ne suis pas certaine d'être encore au top, professionnellement. Je retrouve des automatismes, comme de vieux relents ancestraux, un goût pour la recherche d'infos, pour les coups de fil à l'arrache histoire de vérifier sa source, tous ces petits riens qui faisaient un peu le sel de ma vie d'avant. Cela ne me déplaît pas, à vrai dire, c'est même plutôt agréable d'utiliser ses neurones à d'autres fins que la traduction de syndicalistes. Et au fil des jours, je réalise à quel point ma création d'entreprise, certes avortée, puis ma découverte du monde institutionnel m'aident au quotidien. Comme un fil rouge, comme si ce parcours semé d'embûches pouvait finalement, et contre toute attente, s'avérer logique. Un comble, au vu de ma vie anarchique.

Me voilà donc dans le rang, libérée de cette pression grandissante qui m'empêchait de me projeter voilà encore peu. Quand on me demande ce que je fais dans la vie, j'avoue, j'hésite encore, je ne sais plus trop bien. Testeuse de vocations? Aventurière de la précarité? Clown ambulant? Pourquoi chercher une catégorie, après tout? J'ignore la place réelle du hasard dans ce parcours, mais cette lente remontée vers le pays "normal" me donne suffisamment d'optimisme pour que je n'aie pas à me mettre dans une case, juste pour me rassurer.

samedi 5 novembre 2011

Tornade montpelliéraine

Ouf. De retour au bercail, bien au chaud. Oui, je ne vous l'avais pas dit, mais je partais quelques jours pour le travail. Comme une réminiscence de ma vie passée, c'était à la fois troublant et excitant.

Je ne savais pas encore à quel point cela allait s'avérer fatigant et... rassurant. Je vous explique.

Avec un petit retour en arrière.

Mardi, donc, je dois écourter une fin de week-end prolongé sous le signe de l'été indien (et de l'amoooouuuur. Miss Guimauve, sors de ce corps) pour m'envoler, direction Montpellier. Oui, exactement là où un déluge a déjà eu lieu et où un autre est annoncé. Dans l'avion, on discute avec ma collègue (et, ô chance, elle est extra) et puis, soudain, je sais pas, un léger blanc. Nous sommes en train d'atterrir, le monsieur l'a annoncé dans le micro, le train d'atterrissage est en route et ça fait vrouuuuuum... et puis ça fait oups, bloup, bom, bam boum dans nos estomacs et dans nos têtes et nous remontons là haut dans les nuages.

En bas, un violent orage a éclaté et donc, ben, c'est un peu mort pour y aller, là, maintenant. Je vous passe le tour de manège gratuit au dessus de la ville pendant une plombe, on est tous ressortis avec l'impression d'être passés dans la machine à laver, essorage 1200 tours. Oups.

Après, je ne sais plus trop. Gros noeud à l'estomac, nuit agitée à me tordre les boyaux sous le coup du stress. Puis tourbillon, impression de me mettre en mode automatique, nous avions dix mille trucs à faire à la minute et si je vous dis que je ne connaissais absolument rien du secteur il y a trois semaines de cela, vous comprendrez un peu la complexité pour mes neurones d'enregistrer toutes les informations en deux temps, trois mouvements.

Là, je me suis découvert quelques talents de bluffeuse, j'ai fait genre, ah, mais oui, bien sûr, lorsqu'un exposant m'a parlé des dernières avancées technologiques de sa machine ou de l'intérêt de répondre à la norme XX000KLF au plus vite.

Tu penses, je suis née là-dedans. Hum.

OK, j'ai un peu fait mon escroc de base, j'imagine mais ça m'a permis de retrouver les automatismes de mon métier d'avant. Et je me suis dit que peut-être, en fait, j'étais encore journaliste. Ou je le redevenais. Ce qui, en soi, n'est pas un exploit, on est d'accord. C'est juste que j'avais de sérieux doutes sur la question, depuis le temps que j'étais sortie de ce domaine. Mais en fait, quand on cherche la petite bête un jour, on cherche la petite bête toujours, je suppose. Formule à la noix, j'en conviens, mais qui résume simplement le sentiment que j'ai eu face à deux interlocuteurs, d'une surprenante agressivité, qui semblaient se méfier de cette sale race, celle des scribouillards.

"Euh, monsieur, je bosse pas chez Charlie Hebdo non plus, hein", ai-je fini par rétorquer à l'une de ces personnes.

"Heureusement pour vous, vous auriez chaud ce matin" m'a-t-il répondu. Ah, il est remonté d'un cran dans mon estime, celui-là. Avant de m'expliquer que la rédaction avait brûlé. Euh, mais ça, je le sais, monsieur, je sais bien que j'ai l'air tellement à fond dans le secteur qu'on pourrait imaginer que je ne vis que pour ça, mais non, en vrai, j'ai aussi d'autres passions. Et parfois, je fais autre chose que bosser.

Ah, ah.

Enfin là, ce n'était pas flagrant, certes. En gros, je n'ai pas vu le jour. J'imagine même mes retrouvailles avec Loulou, que je n'aurais pas vu depuis dix jours, mardi prochain:

"Bonjour mon chéri, comment tu t'appelles? Moi, c'est maman."

La classe.

Petit moment de solitude, aussi, quand, vers 16h, répondant à l'appel désespéré de mon estomac, j'ai fini par dégainer la banane prise au petit déj, pour la manger vite fait dans la réserve, assise sur des cartons. Gros éclats de rire nerveux entre collègues, ensuite, au souvenir de nos impressions de la journée. Moments de complicité, au delà de la fatigue, qui font du bien. Inquiétudes à l'annonce de l'alerte rouge météo, nous laissant imaginer que l'avion du retour ne décollerait pas et que nous resterions bloqués dans ce Sud balayé par les vents, ravagé par les orages et la pluie.Inquiétudes renforcées à la vue de ces panneaux publicitaires descellés sur le trottoir ou ce vélo échoué en plein milieu de l'autoroute.

Soulagement, surtout, de rentrer à la maison. Et de réaliser que finalement, ma vie n'a pas tellement changé. C'est toujours du grand n'importe quoi, et finalement, ça me va bien ainsi.

lundi 31 octobre 2011

Cet autre cocon

11h du matin. Une tasse de thé fumante à la main, les yeux rivés sur l'écran de l'ordinateur, la douce lumière du soleil qui balaie la pièce... Le voisin fait des travaux, comme d'habitude, le bébé qui pleure tout le temps pleure encore, comme d'habitude, le ronron d'une machine à laver se fait entendre au loin, comme d'habitude...

Assise sur mon canapé, je suis un instant envahie par une drôle de sensation, une bouffée de nostalgie, presque.

Voilà deux semaines que je n'avais plus connu ce moment de quiétude, malgré ces petits bruits auxquels je suis désormais familiarisée. Voilà deux semaines que je n'avais plus ressenti la douceur du cocon.

Aujourd'hui, je suis chez moi mais je ne travaille pas, je dois encore arriver à m'enlever cette idée de la tête. Quand tu es chez toi, ma fille, tu es en repos. Oui. Parce que demain, je retourne au turbin. Oui, un jour férié. Mais c'est exceptionnel, je ne suis pas exploitée par une sombre société.

J'ai l'impression d'être rentrée dans une sorte de tourbillon et cette petite accalmie, ce week-end placé sous le signe de la fête, qui plus est (Loulou fêtait ses 8 ans) m'a permis de me poser un peu, de poser mes pensées et d'envisager l'avenir comme il se doit. Sereinement.

Ma première semaine au travail a ressemblé à une sorte de trou béant, avec cette impression de ne pas voir le jour et d'être complètement perdue. Retrouver les automatismes, tant dans les méthodes de travail que dans l'organisation quotidienne - plus cadrée qu'auparavant, hum - mais surtout, en finir avec mon ancienne vie et rendre une mission qui m'a pris mes soirées et le week-end... forcément, tout ça m'a laissé sur les rotules. Et puis la deuxième semaine est venue, avec l'impression, soudain, qu'on me retirait le bandeau que j'avais sur les yeux et que je pouvais enfin entrevoir, puis voir, imaginer, même ce que j'allais désormais vivre.

J'ai de la chance, le boulot me plaît, les collègues aussi et doucement, je me fonds dans ce nouveau rythme en songeant avec soulagement à ce que j'ai laissé derrière. Et paradoxalement, ces derniers mois me portent, car ils m'ont sacrément endurcie.

Alors oui, aujourd'hui, je lève les yeux et regarde avec une lueur d'envie le ciel bleu devant moi, parce que j'aimerais bien sortir et en profiter un peu. Et je sais que si je finis par céder à cette envie, les conséquences seront minimes. Au pire, ma maison ne sera pas nickel et ce sera le foutoir dans mon armoire. Au pire.

Fini le temps où je pouvais choyer mon home sweet home à défaut de mieux. Le mieux est l'ennemi du bien, je me contenterai de me faire du bien, sans culpabiliser, sans penser que ces heures passées à m'amuser, à vivre et à souffler me coûteront. Je m'attache maintenant à l'assurance du lendemain et tant pis si ma pseudo-liberté en prend un coup. L'autre liberté, celle que je m'étais créée, avait aussi un sacré coût.

lundi 17 octobre 2011

Même pas peur

L'autre nuit, j'ai fait un drôle de rêve où tout s'emmêlait, les gens, les choses, les situations et puis, soudainement, je me retrouvais dans l'océan, à nager auprès de mon fils, de ma nièce, de mes parents et de mon homme. Je disais à ma nièce de faire attention, il y avait un gros rocher, nous devions reprendre le large. Le danger écarté, je me sentais de nouveau remplie de cette plénitude incroyable, au milieu de l'eau claire...

Forcément, hier, lorsque j'ai vu la beauté et le calme de la mer, sur une plage pornicaise, mon sang n'a fait qu'un tour. J'ai hésité, parce qu'il nous manquait pas mal d'affaires pour nous baigner (l'essentiel, en gros, une serviette étant toujours utile à la sortie du bain, d'autant plus lorsque la température de l'eau flirte avec les 15°).

Oui, j'ai hésité et puis j'ai songé à ce rêve, au bien-être dont je m'étais sentie enveloppée et j'ai pensé aussi, que je goûtais là mes derniers jours de "liberté." Alors, comme pour le dernier jour des vacances, où l'on voit tout au ralenti, déjà gagné par la nostalgie alors que les valises ne sont même pas terminées, j'ai plongé dans l'eau, j'ai fermé les yeux et senti le froid de l'eau sur ma peau. Mais surtout cet instant fugace, celui de la félicité.

Incroyable sensation.

Être passée par toutes ces étapes, ces derniers mois, ces dernières années pourrais-je même écrire, m'a apportée plus que je ne l'aurais jamais imaginé. Oh, j'en ai pris des claques. Oh, mon estime de moi, déjà pas bien fameuse, n'a pas été épargnée. Oh, j'ai vécu de vrais moments de solitude.

Raison de plus pour savourer ce qui s'offre à moi aujourd'hui.

Demain, c'est la rentrée, le début d'une nouvelle vie, avec ce travail que j'ai tant désiré, qui me motive vraiment et qui va m'ouvrir de nouveaux horizons.

Et m'en fermer d'autres. Eh oui, on ne peut pas tout avoir. A 37 ans, je vais découvrir pour la première fois les joies des horaires. Mais surtout, je vais devoir renoncer à...

- Mes journées pyjama
- Aller courir, sur un coup de tête, juste pour me libérer l'esprit et profiter des rayons du soleil
- Prendre des rendez-vous et passer bien avant tout le monde, même chez l'ophtalmo, au simple fait que je suis disponible n'importe quand
- Vider des litres de thé, assise sur mon canapé, l'ordi sur les genoux et le plaid sur les jambes
- Faire mon ménage à 10h58 si ça me chante
- Préparer le dîner à 15h27 pour prendre de l'avance
- Enfourcher mon vélo, faire mes trois courses et revenir tranquillement, en faisant un petit détour, le temps de bouquiner sur un bout d'herbe
- M'allonger sur ma chilienne, une tasse de café à la main sur ma terrasse ensoleillée
- Amener tous les matins mon loulou à l'école, à pied, et arriver à l'arrache systématiquement
- Aller chercher mon loulou à la sortie de l'école
- Boire un verre en terrasse avec les copines le vendredi après-midi, juste parce que c'est bientôt le week-end
- Accompagner Loulou à toutes les sorties scolaires
- Partir le mercredi à La Baule avec Loulou juste comme ça
- Faire ma sacro-sainte sieste

Eh oui, vu comme ça, j'aurais de quoi m'inquiéter, imaginez-vous. Sauf que, si je suis honnête et lucide, ces moments-là, qui ont existé, ne pouvaient masquer, au fil des jours qui passaient, l'angoisse qui me tenaillait, consciente que je me dirigeais tout droit vers le monde des fantômes, peuplé de ces gens qui ont finalement tout loisir de profiter de la vie - au moins, ils ont le temps - mais aucun moyen ni plus aucune envie pour assouvir toutes leurs envies.

Alors, certes, je vais devoir jongler et m'imposer une discipline de fer pour être rapidement au point dans cette nouvelle vie, mais au moins les moments off seront-ils vraiment des moments off. Comme tout le monde, quand le vendredi soir arrivera, j'en aurai plein les pattes et envie de couper, de souffler, de vivre.

Vivre. Un concept que l'on n'a pas tout le temps d'appliquer avec un travail régulier.

Au moins je n'aurai plus à envoyer bouler les milliards de représentants qui sonnent à ta porte/appellent quinze mille par jour/te vendent une maison, un abonnement, des skis ou des pommes. Au moins, je ne pesterai plus contre ces scrogneugneu de voisins qui font des travaux alors que tu essaies de traduire du syndicaliste.

Tiens, au moins, je n'aurai plus à retranscrire du syndicaliste.

Je crois que je n'ai jamais été aussi contente de ressembler à tout le monde.

mardi 17 mai 2011

Le Vent des égarés

Ouh la la, une semaine sans post, mais enfin, que pasa? Je n'ai pas été enlevée par des extraterrestres, je n'ai pas disparu dans une grotte pleine de politicards qui débattraient sans discontinuer jusqu'à ce que mort s'ensuive, je n'ai pas brûlé au soleil de l'Atlantique (quoique, je peaufine mon bronzage agricole)...

Non, non, rien de tout ça.

Je vis, je ris, j'oublie... Je trie, j'envie, je jubile. Je crie, je m'ennuie... et puis je souris.

Je souris parce que malgré ces cris (Loulou a besoin d'un resserrage de vis assez poussé actuellement) et cet ennui que je ressens parfois - celui de penser que rien n'est acquis, professionnellement parlant - je reste là, dans une étonnante béatitude, savourant quelques doux moments comme si enfin, la chance avait tourné (ça doit être un coup de Saturne, ça, ou je ne sais quelle planète qui a eu pitié de ma petite personne et qui me déverse un rab de jolies choses pour compenser les déveines passées).

Béate, mais pas complètement idiote non plus. Un peu de lucidité n'étant jamais complètement inutile, je me suis mise en tête de tenter un nouveau truc, pour voir : l'intérim.

Hier, je me sape un peu en pingouin (mais pingouin d'été, quand même), parce que je me dis que ça fera plus sérieux, tout ça. En entrant dans l'agence, je tombe sur le clone de Philippe Lucas, même coupe, même air à qui on ne l'a fait pas, et le monsieur se fait gentiment rebouler par les dames qui ont visiblement d'autres chats à fouetter. Tu parles, avec son look, forcément... Alors que moi, avec ma chemise blanche et mon tailleur, qui me donne l'impression que la température a grimpé de dix degrés en quelques minutes, forcément, je vais être bien reçue...

"On ne prend que sur rendez-vous, Mademoiselle. Et de toute façon, vous n'êtes pas dans la bonne agence."

OK. Retour à l'envoyeur, je me suis finie chez... IKEA, parce qu'après tout, j'avais aussi ma terrasse dans un état de jachère avancé et qu'il était temps de s'occuper enfin de détails aussi futiles.

J'étais pas très fière, j'avoue (n'empêche que ma terrasse commence à avoir de la gueule. Et que j'ai pris un vrai plaisir à m'assoupir sur ma chaise longue, au retour de l'école, sous le regard ahuri de Loulou qui n'a plus osé broncher, traumatisé de voir sa mère la bave aux lèvres au réveil. Nan, décidément, je suis d'une grande classe).

Donc, dans un sursaut salvateur, j'ai repertorié les diverses agences et ce matin, dès potron-minet (bon, 9h, mais les agences n'ouvrent pas avant, visiblement), je prenais mon téléphone pour prendre des rendez-vous, déverser mon CV et inonder les boîtes nantaises de mes velléités professionnelles.

Je me suis pris un vent. Enfin, quand il y en a plusieurs, on dit un Vent. Majuscule.

Pas de rendez-vous, uniquement des inscriptions sur le site Internet des différentes agences. Sauf que, bien consciente qu'en déposant mon CV sur leur base, j'avais autant de chances d'être appelée que DSK d'être oublié par la meute, je les appelais justement pour obtenir un entretien, me donner une chance. Pas folle la guêpe, je me doutais bien que mon profil atypique n'aurait pas l'heur de séduire les employeurs. Qui veulent, de façon très logique, un maximum de garantie, donc des personnes déjà expérimentées dans leur domaine, opérationnelles d'emblée. Pas une scribouillarde. "Des gens similaires aux personnes déjà passées à leur poste", m'a résumé l'une de mes interlocutrices. En concluant par: "je ne vous ferme pas la porte, mais..."

Ouais. Mais.

Ainsi donc, les agences ne reçoivent plus les potentiels candidats. "On le faisait avant, mais on ne peut plus, vu le contexte", m'a expliqué un autre. "Nous avons pléthore de candidats, pour de moins en moins de postes", ajoutant qu'il ne pouvait se permettre d'offrir "une visite de courtoisie", quitte à donner de "faux espoirs." Au moins, les choses sont claires.

Et moi qui culpabilisais de ne pas avoir tenté ma chance en intérim... Je ne me sens pas abattue, j'ai juste l'impression qu'une piste - que j'explorais vaguement depuis un certain temps - vient de s'envoler et que je suis un peu longue à la détente. Peu importe, je retourne à Poney, parce qu'il me reste encore du travail de ce côté. Je sais qu'une autre mission va bientôt me griller de nouveau les neurones. Mais, sans ça, comment aurais-je pris la chose?

J'ai la vague impression qu'à l'heure où l'on parle de mutation de la vie professionnelle, de reconversions multiples et de remises en question personnelles, le monde du travail continue de broyer du salarié et à écarter tout ce qui sort un peu des rails.

A concevoir la différence comme une difficulté, et non comme une richesse.

Pff. C'est tellement logique, finalement. Et tant pis pour les âmes égarées.

lundi 28 mars 2011

La page blanche (ou le paradoxe du pilou)

J'en suis convaincue maintenant : une vie normale, c'est reposant mais alors, niveau inspiration, c'est zéro. Je vous raconte quoi, maintenant, si je ne galère plus, si je ne navigue plus dans un monde kafkaien, si je vis un quotidien lambda? Ah, on me dit (Jeanne d'Arc, sors de ce corps) que j'étais déjà ordinaire, me manquait plus que la vie qui allait avec... Bah, voilà, c'est fait.

Je travaille la semaine, je finis un manuscrit*, je l'envoie, je sors le week-end, je me craque un peu en allant faire les boutiques, j'arpente tous les rayons d'ikea, je m'énerve sur des suspensions que je n'arrive pas à poser en réalisant que je suis vraiment quiche avec mes mains, je me fais des terrasses et des restaus avec des copines (et même des sushis visiblement irradiés, si j'en crois l'état de mon tube digestif le lendemain), je parle politique avec un coiffeur azimuté (je souffrais déjà en silence d'avoir fait une infidélité à MA coiffeuse préférée, que j'embrasse au passage, tiens) (c'était juste plus possible cette frange, je commençais à me cogner partout, heureusement que j'étais pas au ski, je me ferais pris un pylône. Mais tu restes la meilleure).(enfin, ma cops, elle reste la meilleure) (parce que vous, les autres, vous n'êtes pas coiffeurs, pas vrai?) (je n'ai pas dit que vous étiez aussi quiches que moi des paluches, c'est pas possible, je crois) (bref, vous avez bien compris, je me sers de cet espace pour dire coucou à mes cops au lieu de les appeler, c'est nul, je sais) (mais c'est la faute de ma vie normale, j'ai plus le temps de rien) (la pauvre excuse)...

...

La vie normale, quoi. Enfin, presque. Parce que, lorsque je rentre de ces virées improvisées, je trouve des petites missions dans ma boîte mail, à rendre pour hier, et me voilà de retour dans mon monde pilou, j'ai plus qu'à enfiler mes grosses chaussettes et mon plaid et hop, l'ermite is back! Tant pis pour le dimanche plein de promesses, de sport et de plein air, j'ai repris ma première position, en me réjouissant, néanmoins, d'avoir fait raccourcir ma frange : au moins, je vois de nouveau l'écran.

Ça aide.

Oh, derrière ce léger dépit se cache néanmoins un réel soulagement de travailler un minimum, et pas seulement pour payer le loyer. Les jours passent et je m'interroge sur cette possibilité de recoller au monde réel. Cela est-il possible, je n'en sais rien, vu la faiblesse de l'offre. Toujours partagée entre l'envie de retrouver des collègues et celle de garder cette indépendance à laquelle je goûte actuellement, j'avance et je recule, dans un mouvement de balance certes fatigant mais plein d'enseignements. Après tout, il existe des alternatives à la vie routinière, et j'en explore les différentes voies. Mais je m'égare, moi qui parlais de page blanche, je ne suis pas censée partir dans les tours et vous saouler de questionnements stériles.

En plus, j'suis même pas en pyjama.

* Le manuscrit de Poney, ça y est, il est fini! A voir, maintenant, où cela va nous mener...

samedi 5 février 2011

Record battu (ou l'histoire d'une séquestration volontaire)

Ah, un petit week-end thalasso, quel bonheur les amis...

...

Nan, je rigole, si je me suis absentée brièvement, ce n'est pas juste pour prouver à Loulou que je rentre encore dans mon maillot de bain (d'façon, c'est extensible, ces petites choses).

Je suis partie pour trois jours, pas si loin de la mer, certes, mais les seules vagues que j'ai vues, ce sont celles provoquées par des politiques bien affûtés à l'occasion d'un débat budgétaire. Un marathon, qu'il a dit le Président de l'institution. J'aurais pas mieux dit. Sauf que niveau sport, c'est limite. Remarquez, mes fesses, peut-être, ont battu un record du nombre d'heures assises sans bouger. Soit.

Le premier jour n'était qu'une mise en bouche. Cinq heures et des poussières de débat, pff. De la rigolade. Une bonne migraine en sortant et on n'en parle plus. Le deuxième jour s'est avéré un véritable festival. Onze heures, et pas que de parlotte, je peux vous le dire, c'était musclé, tout ça. Ajoutez la session de ce jour et vous aurez une idée de ma pâleur. Ne pas voir la lumière de jour, je vous dis pas, ça m'use.

22 heures au total. Oui, 22 heures. Qu'il va surtout falloir réécouter. Retranscrire. Je vais me transformer en ermite, ce mois-ci (ah, paraîtrait que c'est déjà le cas. Ah, mais j'y pense, si je veux de la distraction, j'ai juste à sonner à la porte d'à côté). En partant, l'une des secrétaires du service m'a regardé, pleine d'empathie et m'a souhaité bon courage. Elle était sincère, si j'en crois son air éploré.

La veille, elle était venue se présenter. D'un air confident, elle s'est approchée de moi, nous avons échangé quelques mots et elle m'a avoué:

"Votre métier, je ne pourrai pas le faire!" Et avant que je réponde, d'ajouter : " Faut vraiment avoir la vocation".

Ou un loyer à payer;)

lundi 10 janvier 2011

Mini-révolution

J'ai craqué. Le changement est ridiculement modeste et pourtant, il signifie beaucoup pour moi. Après près de deux ans de vie, ce blog change un poil son intitulé. La chômeuse volontaire (en temps de crise), qui l'était de moins en moins (et chômeuse, et volontaire) est devenue "ex-chômeuse volontaire (mais toujours en temps de crise, j'ai pas bouffé un clown non plus, hein).

Objectivement, ça ne change pas grand-chose. Sauf que je commençais à me perdre dans cette étiquette un rien schizophrène de la nana qui jouerait au parasite... tout en bossant finalement à côté. Lorsque j'avais lancé l'idée, au début de mon "inactivité", d'écrire des chroniques de chômeuse volontaire, une amie bien avisée m'avait prévenue très justement du terrain glissant vers lequel je m'orientais. Ce chouïa de provocation, je l'ai payé cher, derrière, parfois. Et là, à la faveur des voeux de nouvelle année reçus ces derniers jours, je m'aperçois que j'ai créé toute seule une sorte de quiproquo.

Tout le monde me souhaite de trouver du travail. C'est gentil, bien sûr, je dis pas. Mais j'en ai jusqu'au cou, du travail! Je n'arrête pas, ou peu, et suis bien étonnée de pouvoir m'octroyer, parfois, un bout de dimanche avec quelques membres de ma famille, ou une micro-balade à la bibliothèque avec Loulou.

Eh oui, mais n'ayant pas dégoté un "vrai" travail, entendez avec de vrais horaires, des RTT, un badge et les tickets-restaurant, je reste un peu chômeuse dans l'âme, j'imagine. Sauf que dans le boulot d'avant, je n'avais pas plus ce kit du parfait salarié. Non, je prends simplement tout ce qui vient et il se trouve qu'il s'agit d'écrire, d'écrire, encore écrire, que ce soit sur de l'institutionnel ou du personnel. C'est devenu de l'aléatoire de plus en plus fréquent et si l'intérêt financier reste discutable, je prends ça comme une étape, du transitoire, une façon de remettre le pied dans la vie active et d'éloigner les angoisses générées par la précarité galopante qui était à deux doigts de m'avaler toute crue.

Comme sur un fil, je cherche l'équilibre en sachant que le filet de sécurité est très fin. Il me reste très peu de jours indemnisables, comme ils disent chez Pôle Emploi et je ne dois pas relâcher l'effort, sans quoi le spectre de l'ASS va ressurgir. Mais mes pensées sont moins polluées par cette recherche constante de travail, comme si, finalement, mon ambition était partie se promener sur un autre terrain. Comme si, finalement, après avoir sorti les coudes pour me dégager un chemin de traverse professionnel, je cherchais à m'ouvrir de nouveaux horizons, plus personnels cette fois.

La course en solitaire, c'est génial. Rien de mieux pour se sortir les tripes. Mais vous savez quoi? J'ai envie de souffler. Je n'ai plus envie de tout porter constamment sur mes épaules. J'ai envie de guimauve, de plaisir, de joie partagée, d'amour (ça y est, c'est dit. Ouf).

J'ai envie de vivre.

Et lorsqu'on me rappelle sans cesse que ma priorité, c'est de trouver un travail, je ne peux m'empêcher de penser que ces douces aspirations ne sont que lointaines chimères. Alors que moi, j'ai juste envie qu'on me laisse rêver, un peu.

Est-ce vraiment trop demander?

mercredi 5 janvier 2011

Un pingouin sans peur et sans poumons

Vous dire que je me suis réveillée sereine serait légèrement mentir. Je partais ce matin vers un hémicycle et en endossant mon costume de pingouin (enfin, je commence à me lâcher, j'ose le pull sur la chemise et les pompes pas cirées, c'est mââââl), je songeais que j'allais devoir vaincre ma peur. Oui, je reprenais la même route qui m'avait valu quelques déboires et Joël Collado amplifiait mes craintes, parlant de "brouillards verglaçants". Je connaissais les pluies verglaçantes, mais les brouillards?

L'est chiant, lui, à nous angoisser en permanence avec son accent chantant.

Bah, il était 6 heures du mat', le jour finirait bien par se lever et les connections se faire dans mon cerveau embrumé, pas vrai...

L'idée, c'était de vaincre la peur, mais doucement. Genre, passer devant l'aire de repos fatale et lui tirer la langue, un truc aussi puéril que ça. Ma vessie de souris en ayant décidé autrement (demain, j'arrête le thé), j'ai bien dû me rendre à l'évidence, je devais marquer mon territoire là. Pile à cette aire. Les autres étaient TOUTES fermées, je vous dis pas le stress.

Eh bien, vous savez quoi? Hormis le type à la tronche de satyre qui m'a fait arracher un cri de stupeur sous la cabane-toute-pas-belle, j'ai même pas eu peur.

Et à l'heure où je vous écris, les débats sont déjà finis, je suis toujours en tenue de pingouin dans ma chambre -décatie- d'hôtel (j'allais pas non plus trouver un bon hôtel, hein, c'est pas les Bisounours ici. Ne pas se précipiter, étape par étape, le programme de réinsertion s'il vous plaît). Et me voilà même avec un peu de temps pour toi, un truc dont je n'osais plus rêver depuis quelques temps.

Mon dieu, mon dieu, que faire de tout ce temps? Dormir? Travailler? Sortir?

En fait, je crois que je vais aller déposer mes poumons à la réception (j'ai quasiment eu la ola- euh pardon, le holà- du monsieur quand il m'a entendue tousser) et puis marcher un peu, nez au vent, profiter de ce break inespéré pour juste respirer.

Allez, deux heures à rien faire, moi je dis, ça c'est de la résolution de première!

mardi 21 décembre 2010

Hara-Kiri ou le choix d'une vie bordélique

Pourquoi n'ai-je donc pas le droit de me plaindre ? (c'est vrai, quoi, en bonne Française, c'est inscrit dans mes gênes, normalement)

Parce que j'ai trouvé un trésor?

Parce que j'ai trouvé un millionnaire?

Parce que chaque matin, quand je me regarde dans la glace, je me trouve formidablement belle?

Parce que le Dalaï Lama m'a demandé d'être son nègre?

Parce que je suis courtisée par le clone de George Clooney?

Parce que Le Monde et ELLE viennent de me proposer tour à tour une chronique régulière ?

Parce que le plus gros restaurateur nantais m'a offert une place de chef pâtissier, après avoir goûté un morceau de cannelé?

...

Autant d'hypothèses hautement improbables, auxquelles je n'essaierai même pas de vous faire croire, je sais bien qu'on vous ne la vous fait pas, à vous (un peu de démagogie ne peut pas faire de mal en cette période douce-amère).

Non, je vous disais que je ne peux pas me plaindre parce que... A-t-on légitimement le droit de se plaindre quand on fait son propre malheur? Ou, dans le cas présent, qu'on organise son auto-sabotage?

Vous vous souvenez de ce poste, de cet entretien et du drôle de dilemme qui se posait: rester à Nantes sans boulot fixe, de débrouilles en vadrouille, ou choisir la voie (chiante?) de la raison, redéménager, retourner au Mans et travailler sur un poste "normal", avec un boulot "normal", une vie "normale"? Bon, après ça, vous avez une idée de ce que, MOI, j'avais envie, mais enfin, j'admets que n'avoir plus à jongler en permanence avec Loulou/le temps/les angoisses du lendemain/les sous/les angoisses tout court, présentait quelques aspects rassurants.

J'avais donc passé cet entretien en m'auto-sabordant, donc, dès le départ, en indiquant que je venais de déménager à Nantes, rendant caduc ma candidature, peu ou prou.

Avec le recul, je me suis trouvée bien prétentieuse de penser que j'étais la seule à avoir les clés en main. Après tout, sept autres candidats avaient été retenus, peut-être, que dis-je, sans doute étaient-ils bien meilleurs et Nantes ou pas, je n'aurais pas correspondu, de toute façon.

Sauf que j'avais une "taupe", un copain qui bosse dans le dit-service pour lequel je postulais. Et qui m'a annoncé le choix "par défaut" de son employeur: "après les entretiens, vous étiez deux sur le poste, deux sur qui ils avaient flashé. Et c'est uniquement parce que tu es à Nantes qu'ils ne t'ont pas choisie."

Ahem. Shit. Même pas l'excuse de "c'est pas ma faute, c'est pas moi, c'est les autres..."

Rien de nouveau, me direz-vous, je connaissais les données dès le départ et je ne peux m'en prendre qu'à moi-même, si l'on veut. Je vais donc continuer mes soirées en tête à tête avec mon ordi, et laisser passer là une chance qui m'était offerte de me raccrocher au wagon.

Mais vous savez quoi? Je ne suis pas certaine que j'aurais tant apprécié ce "confort", cette vie cadrée, coincée dans un bureau plus que de raison. Je ne ressens pas d'amertume, j'ai juste l'impression que ce mauvais timing n'est pas innocent. Ça devait se passer ainsi, voilà tout.

Alors, je laisse ce chemin de côté et je poursuis mon aventure, si chaotique soit-elle. De toute façon, j'aime bien nager à contre-courant.

Et pour ça, parole de galérienne, rien ne vaut les rames.

lundi 20 décembre 2010

La fêlure

Plus les jours passent (dans ma petite vie, hein, pas dans cette saleté hivernale) et plus j'ai l'impression d'être un peu fêlée de la cafetière. Décalée, définitivement décalée.

Oh, ne vous méprenez pas, j'adore le décalage, promesse de burlesque, de surréalisme et d'absurdité.

Mais plus dans les films ou les bouquins, vous voyez bien.

Me prendre sans cesse les pieds dans le tapis, c'est drôle, ça fait rire les autres, mais j'ai une fâcheuse tendance à m'en lasser lorsque je suis sans cesse le dindon de la farce (le premier qui dit que j'ai une tête de pintade, je le... farcis à Noël, 'fera moins le malin).

Je vous rassure, il ne m'est rien arrivé de grave ce week-end. Ni incendie, ni vol, ni perte (mais où est ma carte de médiathèque, les enfants, où est-elle? ça me fout en l'air, ça), ni dégâts des eaux, ni coinçage dans l'ascenseur (quoique, mon nouveau voisin répond à certains critères de l'intelligence physique, ne serait-ce que le détail d'une femme qui semble vivre avec lui, j'irai bien lui demander du sel).

Rien, si ce n'est un micro-épisode grippal qui a bien failli me laisser sur le flanc mais que j'ai combattu, à coups de méthode Coué, répétant tel un mantra tu n'es pas malade, tu n'es pas malade, tu n'es pas malade... Tout simplement parce que ce scénario est juste inconcevable, à moins d'avoir envie de passer mes réveillons l'oreille tendue vers le PRU ou le SCOT en cours.

Et là, ce n'est pas la fièvre qui parle, je vous assure.

Je vous parle bien des dernières retranscriptions, que je ne me lasse pas d'accepter, appâtée par le gain (entre autres, mais surtout, quand même).

Oui, la maladie est devenue un luxe pour moi, pour tous les TNS (travailleurs non salariés), auto-entrepreneurs ou chefs d'enteprise d'une TPE (ça y est, je suis touchée du syndrome des acronymes, déformation professionnelle. Bientôt, vous devrez apprendre à lire en crypté et passer sur google toutes les trois secondes pour comprendre de quoi je cause. Et non, je ne vous prends pas pour des abrutis). Finis, les arrêts maladie à rallonge pour virus et cassage de jambe divers, il faut être sur le pont...

Et le rapport avec le décalage, alors? Ah oui, je sais, tout ça est un peu décousu. Eh bien, submergée de travail, un comble pour la chômeuse que je suis de moins en moins (et que je ne regrette pas, je vous confirme), j'ai décidé d'en finir hier soir avec l'une des missions, sachant qu'il me restait quelques longues dizaines de minutes d'écoute.

Dix minutes d'écoute = une bonne heure dans la vraie vie. A force, j'ai fait le compte (je sais, ça fait peur, surtout à la perspective des huit heures qui m'attendent après ça).

J'ai donc décidé d'en finir hier soir, non pas avec la vie, bien sûr, même si j'aurais eu quelques circonstances atténuantes, mais avec cette mission, histoire de passer à la suivante, et surtout à Poney. Explosée de fatigue, je grelottais sous mon plaid et mes trois couches de T-shirt, chemise, gilet (on n'est pas sur un blog glamour, je crois que vous l'aurez compris) (cela dit, je suis restée digne, sans la goutte au nez, je veux dire) (avec, quand même, mes cheveux raplapla, ce qui, quand on se balade comme moi avec la coupe Jackson Five, s'avère le signal ultime de la souffrance de mon organisme -croyez-le ou non, je venais d'écrire "orgasme" avant de réaliser ma boulette!) (y'a encore quelqu'un, après toutes ces parenthèses? Ça mérite un kinder surprise, ça, avec le foutu papa noël dedans).

Bref, alors que tout me conduisait sous la couette sans délai pour aller ruminer sur cette garce de grippe et l'absurdité de mon rythme actuel, j'ai pris mon ordi et écouté le Maire rire des absurdités de son opposante n°1. Limite envoûtée et fascinée par tant de mauvaise foi, j'ai tapé, tapé et... bouclé le boulot. Alléluia.

A 2 heures du mat', avec un loulou qui se lève régulièrement entre 7 h et 9h (j'ai une marmotte, ouf) et donc la fièvre, qui me laissait maintenant en sueur. Aïe.

Le pire, c'est que j'ai encore du pain sur la planche, avec cette nécessité de vivre en décalé - la journée avec Loulou, le soir (je n'ose parler de nuit, je vais en frissonner de nouveau) avec mon travail... vampirisant, le terme me semble adéquat.

Je vois les sceptiques, dans le fond, qui hurlent à l'imposture. Quoi, tu te dis fêlée juste parce que tu traînes un peu devant ton écran le soir - et pas pour chercher l'homme de ma vie, ah ah ah - pour un boulot que, de toute façon, tu dois rendre, alors que tu as 37°6 (je schématise, les gens de mauvaise foi versent souvent dans la caricature, de toute façon). En fait, si ça ne tenait qu'à ce détail, ils auraient raison. Mais ce détail actuel a tendance à se répéter encore et encore, ces derniers mois, et j'ai l'impression de ne faire rien d'autre que me raccrocher à cette branche du travail intensif pour ne pas basculer dans la précarité la plus totale.

Et les mots, parfois, limitent ma pensée, forcément.

Et ce blog n'est que la partie immergée de l'iceberg.

...

Demain, je vous raconterai pourquoi je n'ai pas le droit de me plaindre (d'ailleurs, je souris, là).

mercredi 1 décembre 2010

Quand le masque tombe

Pas d'enjeu, je suis décontractée. Dans l'ascenseur, je sens une petite montée d'adrénaline, mon coeur bat plus fort. Oups. Le trac.

Après quelques minutes d'attente, je rentre dans une pièce. Six personnes, pas moins. C'est un entraînement mais je veux me mettre dans la peau de la candidate qui veut ce job à 100%. L'élu présent - c'est pour une municipalité, je vous le rappelle - décline mon identité en lisant mon CV, avant d'ajouter : "et vous habitez Le Mans..."

Damned. Je suis cernée. Je ne peux pas mentir. Obligée de lever le masque, d'entrée, et d'expliquer que j'ai envoyé ma candidature entre deux cartons, que j'ai depuis déménagé à Nantes et que voilà, quoi... Pas facile maintenant de faire comme si de rien n'était. L'élu poursuit:

"Et vous êtes mariée?"

Je ne vois pas trop le rapport, mais... Je réponds par la négative.

"Non, parce que je vois "un enfant".

Et voilà comment j'ai dû me justifier sur la pertinence de mon départ à Nantes, eu égard à ma volonté de concilier vie professionnelle et vie familiale, blablabla.

Pour le reste, aucune question-piège du genre vos qualités/défauts, un jury plutôt attentif et d'autant plus que l'élu a quitté la pièce très vite (était-il là uniquement pour démarrer les hostilités?). J'étais rouge comme une pivoine, la faute à un chauffage trop fort (et sans doute au stress, j'imagine), je ne cessais de parler avec les mains mais à part ça, je n'ai pas l'impression de m'être démontée.

Le responsable m'a demandé, au vu de ma situation géographique, "alors, comment ON fait?", ce qui m'a laissé penser que j'avais sans doute des chances de décrocher ce job, et que j'en aurais encore aujourd'hui si j'annonçais mon retour au Mans. Mais tout cela n'est qu'hypothétique et je ne doute pas que ma candidature a été logiquement rejetée.

C'est drôle, la vie. Obtenir un "vrai" boulot m'aurait enlevé un sacré poids des épaules. J'aurais eu l'impression, paradoxalement, de souffler et de reprendre une vie sociale et personnelle normale sans avoir à caser Loulou sans cesse chez mes parents comme je le fais actuellement, pour bosser sur mes missions ou sur Poney. J'aurais pu recommencer à glandouiller le dimanche comme je le faisais parfois, de temps à autre, lorsque j'étais dans une vie active salariée. Revoir des amis, les recevoir à dîner, pour l'apéro, que sais-je. Au lieu de m'enfermer comme je le fais, en tête à tête avec mon ordi. Au lieu d'annuler un week-end ou des soirées sympas, comme j'ai été contrainte de le faire.

Drôle de sentiment qui m'anime en ce moment, partagée entre l'enthousiasme de ce nouveau départ et le caractère pathétique de ma vie actuelle où je prends toutes les missions que l'on me propose, quitte à ressembler à un zombie et ressentir quelques palpitations, parfois. Juste pour manger, bien sûr (quoique, j'aime vraiment ce boulot de retranscription, finalement, plein d'enseignements), mais aussi pour rester dans l'action.

Et alors que l'angoisse m'étreint parfois, au coeur de la nuit, alors qu'un poste "fixe" m'est présenté sur un plateau d'argent, je sabote ma propre candidature. Je choisis la voie de l'incertitude, de la précarité.

Je ne suis pas démunie, je n'ai jamais autant passé de soirées à bosser de ma vie, jamais autant écrit. Je remplis le vide sans savoir de quoi demain sera fait. Mais je sais une chose: j'ai bel et bien tourné une page et ma vie se construira ici, maintenant, parce que ce n'est pas logique mais excitant. Parce que je défriche ce terrain nouveau et que j'ai retrouvé mon optimisme.

Parce que, de toute façon, la certitude et la voie tracée m'emmerdent profondément.

mardi 30 novembre 2010

Le givre, le râteau et la masochiste

"Qui sont les anorexiques?"

Hein, quoi, euh, pas taper, je vous jure, c'est pas moi.

5h30, la radio s'est mise en marche. Réflexe immédiat: donner un grand coup dedans. Et se rendormir aussi sec.

Ah mais non, c'est vrai. Debout, la fainéasse. Y'a entretien aujourd'hui. Et dire que je suis une vraie marmotte... On n'a pas des vies faciles, je vous jure.

Je suis en mode radar mais j'ai bien compris que 1/ je vais me geler dehors; 2/je vais devoir gratter le pare-brise; 3/je teste la part masochiste qui grignote chaque jour un peu plus la moindre parcelle de mon esprit malade. Faire tout ça pour savoir pertinemment que ce poste ne sera pas pour moi, ça confère un rien au pathologique.

Bref.

Mes sens sont plus aiguisés que je ne l'espérais, cela dit.

A 6h32, je goûte le thé brûlant, décidant que mon palais souffre pour la bonne cause et que j'aurais bien besoin de quelques litres pour attaquer la journée à fond.

A 6h48, je sens bien le contact frigorifique du volant et du givre sur mes mains - malgré les gants.

A 7h02, dans le tram, je sens bien que le monsieur à côté de moi s'est réchauffé, et pas avec du café.

A 7h18, j'entends bien les soupirs de la dame à la presse de la gare, répétant d'une voix lasse le prix des journaux qu'elle encaisse.

Et dans le train, je vois tout de suite le monsieur physiquement intelligent installé assez idéalement, pour que je le mate en douce (ben quoi, une fois le Libé terminé, faut bien trouver quelques occupations). Je crois que je le mate en douce, mais en fait, non, en témoigne son oeillade de retour... dans un miroir. La tuile. Allez, j'abats mes cartes, je la joue complice. En plus, j'ai ma panoplie de tueuse, j'ai tout, j'suis crédible.

Râteau. La nana en face de lui n'est pas juste une voyageuse assise par hasard. C'est celle qui accompagne la bombe. Son officielle, quoi.

Oups.

Bon, on peut pas toujours être au top, pas vrai... Mais aujourd'hui, je dois me persuader du contraire, je suis une killeuse. Ce rendez-vous, je le conçois comme un entraînement, je me suis donc mise dans la peau de la candidate parfaite (ah ah). Ce poste, il est pour moi...

A suivre...

samedi 27 novembre 2010

Dilemme

Surprise dans ma boîte aux lettres aujourd'hui : j'ai reçu une convocation pour mardi, pour un entretien d'embauche. Pour un CDD, un vrai de trois ans, avec salaire OK, boulot OK, sécurité OK. Poste de journaliste, ok - la carte en moins, quand même, mais bon, on va pas chipoter.

Un de ces trucs que n'importe quel chômeur en fin de droits (au hasard, moi) rêve de recevoir.

Et donc? Et donc, je ne sais pas quoi faire. J'y vais? J'y vais pas?

Comment ça, t'y vas pas, me crie l'angelot sur mon épaule droite, mais enfin, tu en crèves, de ne pas retrouver un boulot "normal", rassurant et fixe!

Comment ça, t'y vas? hurle le diablotin sur l'autre épaule, mais enfin, tu viens de tout changer pour t'ouvrir de nouveaux horizons!

Eh bien oui, figurez-vous que ce poste, dont je vous avais déjà parlé, ce poste se situe... au Mans. Oui, oui, c'est bien ça. Rewind, on rembobine, on oublie les aléas du déménagement, on efface l'opération sacrifice-je-sens-la-frite-mais-je-suis-connectée-au-oueb, on ne jette pas les cartons qui patientent gentiment dans la cave et hop, retour à la case départ.

Sauf que la case départ, personnellement, je la situe là où je me trouve actuellement. Je n'ai pas fait tout ça pour repartir aussi sec d'où je viens.

Qu'est-ce que cela me coûte, après tout, d'aller à l'entretien, me direz-vous (hormis un billet de train, et je vous assure qu'actuellement, c'est peu mais pour moi ça commence à devenir beaucoup - France Gall, sors de ce corps)? Pas grand-chose, on est d'accord. Je crains juste de remuer le couteau dans la plaie, en sus de faire perdre du temps à des gens.

Moi qui aime l'ironie, me voilà servie.

samedi 23 octobre 2010

L'intermède de madame plus

Hum. Je crois que j'ai un rien présumé de mes forces. Madame plus is back.

Je déménage dans cinq jours. Je vis dans un barda sans nom, que je n'ai concrètement pas le temps de ranger. Mes cartons ne sont pas terminés et d'ailleurs, je crains la pénurie, malgré mes quêtes effrénées du modèle parfait. J'ai dix mille trucs sur ma liste des urgences que je n'ai pas eu le loisir de barrer. Mais dont je devrai ABSOLUMENT m'occuper avant mon départ.

Je ne vous parle même pas du fait que loulou est en vacances. Et qu'en bonne mère que je suis censée être, je devrais lui offrir des journées folles et variées...

Tout ça parce que je n'ai pas su dire non. D'abord à la confection de 240 petits gâteaux (no comment), dernière livraison pour le restau. Puis, surtout, à une mission, une retranscription, à rendre pour le 3, après négociations, 4h30 de conseil municipal chaud, chaud, chaud, soit une bonne semaine de travail, en temps normal, tête en chou-fleur incluse.

Que je n'ai pas, évidemment (la semaine, je veux dire. La tête en chou-fleur, après un samedi de retranscription, est garantie. Je suis une pub vivante pour la migraine carabinée).

J'ai le chic pour me coller toute seule dans la mouise.

lundi 18 octobre 2010

Le pouvoir du costard

C'est décidé: terminé, les jeans boyfriend, les tuniques ceinturées, les tenues casual...

J'adopte le costard. A vie.

J'avais endossé le mien, aujourd'hui, pour jouer à la fille sérieuse (et surtout parce que c'est un peu obligatoire dans le règlement intérieur de ma boîte...). Un petit brush à la Dallas plus tard et les boucles d'oreille ad hoc, j'étais fin prête. Je n'étais plus la mouette, messieurs dames, mais une fille respectable et crédible. Limite, une femme qui en jette, même.

Je vous jure.

A la station-service, où j'ai trouvé, sans même attendre dans une interminable file le droit de renflouer ma titine moyennant quinze mille dollars le litre, j'ai saisi le pouvoir du costard (et payé quand même quinze mille dollars le litre de sans plomb, y'a pas de petits profits, messieurs les pompistes, pas vrai?).

"Je vous fais une fiche avec TVA ?" qu'elle m'a demandé, la p'tite dame de la caisse. Hein? Oui, lui ai-je répondu, sachant pertinemment qu'elle ne me serait d'aucune utilité. J'avoue, je me suis un peu effrayée toute seule. Parée d'un costard, coiffée comme une lionne, j'étais devenue en quelques secondes une sorte de Jean-Claude Romand, au féminin. Moins le côté marié. Et psychopathe.

Une gentille impostrice, vous voyez bien.

Du genre à sillonner les autoroutes en costard pour faire genre, j'ai un job important et des missions passionnantes.

Arrivée dans le hall de la mairie, rebelote. Un élu, que j'estime plutôt bien, m'arrête en souriant et me demande: "Mademoiselle (+ 10 sur mon échelle d'estime, d'entrée de jeu pour lui), vous êtes journaliste, n'est-ce pas?"

Je n'ai pas osé le contredire. De toute façon, mon "oui" franc et massif, qui n'a pas manqué de m'étonner moi-même (mais qui avait donc investi mon enveloppe corporelle?), n'a pu lui laisser aucun doute. Il s'est tourné vers son acolyte en lui tapant le bras: "tu vois, je te l'avais dit". Et il est parti sur de grandes considérations sur les institutions. C'était exaltant mais j'étais obligée d'abréger la conversation: mon costard et moi, on devait monter dans la salle du Conseil.

Là, le monsieur chargé de l'enregistrement m'a fait un joli compliment sur mes cheveux. Sans ses moustaches épaisses et son grand âge, je crois que je l'aurais embrassé.

Du coup, je me suis redressée et j'ai tapé, tapé, tapé des débats sur une demande préalable de travaux pour les... toilettes publiques d'un quartier et le coût d'un élève dans un école catho. Peu importe, avec mon costard, mon sérieux ne pouvait en aucun cas être remis en doute. J'aurais dit "prout" que les gens auraient salué ma rigueur.

Finalement, y'a bien que mon ex-belle mère (ma sauveuse actuelle, qui garde Loulou pendant que je fais ma claudette-romande sur les autoroutes) à ne pas être dupe. En me regardant ce matin, du haut de son escalier, elle a mis la main sur ses hanches et a lâché négligemment:

"Et toi, sinon, tu comptes trouver un vrai travail?"

Démasquée. Costard ou pas.

lundi 11 octobre 2010

Less is more

Less is more, avouez que ça claque mieux que "le mieux est l'ennemi du bien".

J'adore cette expression (et puis "le mieux est l'ennemi du bien", ça claque mieux que la traduction littérale. "Le moins est plus", ça craint, non?) et elle me vient souvent à l'esprit lorsque je m'acharne à vouloir peaufiner un truc et que, du coup, tout ça vire, sinon à la cata, au moins à un résultat un peu pitoyable. Alors que si je m'étais contentée de faire uniquement ce que j'avais à faire... C'est l'histoire de ma vie, ça.

Un exemple?

Hier soir, j'aurais pu aller m'octroyer une bonne nuit de sommeil, en vue de la grosse journée qui m'attendait aujourd'hui. Une journée complète, à plus de cent cinquante bornes (d'où le départ matinal), dans un hémicycle avec des gens qui causent dans le micro. Et dont il faut capter toutes les paroles.

Une paille.

Sauf que je me suis excitée sur les bulles de ma tapisserie. J'ai essayé de rattraper le coup. J'ose même plus lever le nez dessus.

Sauf que, au moment de me coucher, à minuit, j'ai décidé de me replonger dans "la bible du rédacteur" pour bien appréhender la réunion du lendemain. Une centaine de pages, que je connais quasi par coeur, à force. Mais je sais pas, au cas où j'aurais oublié un détail fatal...

Sauf que j'ai enchaîné sur le modèle de la réunion précédente, 93 pages de bonheur pur. Oui, 93 pages. J'ai rendu les armes à 1h30 du mat. Pour un réveil (douloureux) à 6h. Aïe.

Less is more? J'aurais pu m'habiller très correctement sans en faire des tonnes. J'ai voulu faire ma fille: résultat, je me suis pris les pieds dans ma jupe. J'ai réussi, je ne sais comment, à éviter une chute qui promettait d'être mémorable, sous les yeux de l'assistante amusée. Et j'ai passé le restant de la journée à tenir ma jupe, comme les dames du 18e siècle., marchant de façon précieuse et prétentieuse (alors que je rêvais juste d'enfiler mon vieux jean d'amour). Du coup, le serveur au restau m'a appelée "madame" avec un rien de déférence. Effrayant.

Less is more? Oui, je m'en suis voulu d'avoir gratté sur mon temps de sommeil. Au retour du déjeuner, je me suis sentie littéralement abattue. Les paupières lourdes, mais lourdes... Je peux l'avouer, je m'octroie régulièrement une petite sieste express de vingt minutes, l'après-midi, l'ordi calé sur les genoux. J'en ressors régénérée et je reprends comme une fleur mon boulot.

Mais là, y'avait comme un hic. J'étais dans un hémicycle, donc, juste devant le président de la séance. OK, je lui tournais le dos, j'aurais pu céder à la tentation. C'était compter sans les cinquante ou soixante personnes en face, siégeant, attentives aux moindres propos du dit Président... Et donc aux premiers postes pour assister à mon déclin long et progressif.

Histoire d'éviter de me retrouver avec la bave aux lèvres de m'être assoupie, je n'ai cessé de gigoter, de boire de l'eau, de me redresser. J'avais deux de tension et de l'extérieur, paradoxalement, j'étais une vraie pile. Un comble.

Less is more. Pourtant, depuis le temps, je le sais que je ne suis pas parfaite! Mais, que voulez-vous, je crois que je teste ma résistance à gérer au mieux les catastrophes.

vendredi 8 octobre 2010

Les rêves de môme

Je suis quasiment au pied du mur et pourtant, le ciel s'éclaircit chaque jour.

Hier, alors que je suais sang et eau sur une nouvelle réunion institutionnelle - avé l'accent tout pourri de ces messieurs-dames, l'enregistrement inaudible par passages et le brouillage intempestif par téléphone portable, un vrai bonheur - un coup de fil : la même boîte, qui me propose une mission, à Rennes, lundi, sur une journée complète. Si je peux? Et comment! Du coup, j'en ai profité pour évoquer mon déménagement à Nantes, qui va engendrer quelques frais kilométriques supplémentaires.

C'est là que j'ai songé : "Je suis en train de scier la branche sur laquelle je suis, ça se trouve. Jamais ils n'accepteront ces nouvelles conditions. Ils vont me remplacer et je vais me retrouver le bec dans l'eau."

Eh bien non, je pourrais continuer et mon positionnement sur la cité nantaise leur convient bien. A vrai dire, cela suppose même davantage de missions à venir. Autant vous dire que j'ai vu le gros nuage du "zéro revenu" s'éloigner et que j'ai un peu dansé toute seule dans mon salon, soulagée de la tournure des événements.

Oh, je sais, ça reste un revenu d'appoint mais je ne fais pas la fine bouche.

Mais, en vérité, ce qui me met véritablement en joie, aujourd'hui, c'est une rencontre que j'ai faite, ce matin, avec une personne hors du commun, assez formidable, une âme riche et cultivée comme je l'imaginais.

Je ne peux hélas pas vous en dire plus pour l'instant, car il s'agissait d'une première fois et que rien n'est conclu. Mais cette rencontre ressemble à une sacrée belle promesse pour l'avenir.

Et si jamais elle aboutit, elle répondrait à l'une de mes vieilles croyances, sur l'idée utopiste que la réalisation personnelle passe par l'épanouissement au travail. Cette conviction a résonné très fort en moi, faisant écho à mon ancienne vie, lorsque j'allais bosser avec le sourire, enthousiaste, ne sachant jamais vraiment à quoi m'attendre, entre rencontres multiples et découverte permanente. Et surtout avec cette idée que je réalisais un rêve de gosse.

Eh bien, la môme en moi est de retour.

mercredi 29 septembre 2010

Si tout va bien

Demain si tout va bien.

Ah ah.

En vrai, j'ai cherché la caméra, mais rien, je vous assure, je ne suis tombée dans aucun piège. Même le SIAP et le CIAP ne m'ont pas emmêlé les pinceaux et je peux vous assurer que le comité de sécurité n'a plus aucun secret pour moi.

Vous l'aurez compris, je suis plongée dans ces retranscriptions et ne fais que passer pour vous signaler que je ne suis pas mourue (hein, Pascale, merci de t'en inquiéter. Comment dit-on cela en grec? Et en hébreu?). Oui, je sais, les private jokes, rien de tel pour éloigner les lecteurs non avertis, mais voyez-vous, je causais à la cafelière qui a choisi une nouvelle voie, sans renier pour autant ses copines d'avant...

Bon, dès que j'en ai fini, je reviens vers vous, d'autant que j'ai des tas de trucs à vous raconter. Mais chut, je crois que l'opposition a encore un mot à dire et deux ou trois passages houleux m'attendent...

A très vite! Enfin, si tout va bien ;)

lundi 27 septembre 2010

Moi, schizo?

Hier en cuisine, aujourd'hui à la rédaction, voilà un programme qui reflète bien mon équilibre (?) du moment. Car, dans un grand élan de masochisme, j'ai contacté de nouveau la boîte de communication pour leur rappeler mon existence, rapport que je voulais bosser un peu pour eux, quand même. Vous savez, pour faire ce boulot qui me coupe de toute vie sociale.

Mes initiales? SM. Oui, je sais.

Comme ils ont eu pitié, pardon, avaient besoin de ma présence ici, je vous écris donc en live de la salle du Conseil Municipal où, pour une fois, je n'ai oublié ni ma tête, ni dictaphone, ni l'heure du rendez-vous, ni mes stylos.

Trop beau pour être vrai?

Je vous raconterai ça demain, si tout va bien!