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mardi 12 avril 2011

Titine mourue, la mouette foutue

Finalement, je ne sais pas ce qui est le pire:


- Se faire asperger d'un liquide tiédasse et huileux;
- S'intoxiquer à la fumée d'une voiture capricieuse;
- Rigoler (jaune) avec le clone de Laurent Gamelon dans un camion de dépannage un dimanche après-midi;
- Apprendre que Titine est toute mourue;
- Réaliser qu'avec notre statut d'indépendante, on use surtout d'un doux euphémisme, n'étant finalement qu'une pauvre âme précaire dans ce monde capitaliste;
- En déduire qu'on ne pourra JAMAIS obtenir un prêt voiture de sa banque;
- Se réjouir, dans un regain d'optimisme, d'utiliser désormais quotidiennement son vélo, puis visualiser les cuisses de Félicia Ballanger et entrevoir sa silhouette d'ici quelques mois;
- Admettre qu'au delà de 50 km, ça devient de toute façon un peu compliqué de prendre son vélo;
- Se faire conduire à son travail par son pôpa, quand on a 36 ans...

On ne mesure pas toujours l'impact de la perte d'une voiture;)

jeudi 31 mars 2011

Les dents qui saignent

Cette nuit, j'ai perdu ma dent de devant et j'avais tout plein de sang dans les mâchoires, sous l'oeil ébahi de mon amant du soir (qui n'était pas un inconnu, je vous rassure) qui, du coup, arrêtait de me rouler des pelles pour aller voir ailleurs les sensations. J'avais le sourire d'une gamine de 6 ans, mais version Carrie, gore, quoi. Et à oilpé. La classe.

C'était un rêve.

Cette nuit, j'ai perdu une amie. Cancer foudroyant. Horrible. Je pensais à son mari, à ses enfants, et je regrettais de ne pas l'avoir appelée plus tôt, chienne de vie.

C'était un cauchemar.

Cette nuit, je finissais une course dans une sorte de terrain tout cracra et j'arrivais première, alors même que je m'étais arrêtée pour reprendre mon souffle (pour me faire un petit thé et aller chercher du boulot sur poleemploi.fr- une envie soudaine de rire, je crois). Du coup, je gagnais une jolie coupe et je devais faire un speech, sous le regard amusé de Loulou qui se payait clairement ma tête. L'horreur.

C'était, je ne sais pas, une sorte de rêve.

Je me suis réveillée ce matin, un peu dans le brouillard, épuisée d'avoir autant faire tourner les machines là-haut (pas l'habitude, normal), le teint blafard, le cheveu gras (tu parles, je voulais aller à la piscine hier pour me laver les cheveux, bassin fermé pour compet! Je soupçonne un complot, d'autant que la pluie était de la partie, la garce, m'empêchant de me faire un petit yogging). Une vraie star, en gros. Je me suis demandé comment interpréter mes rêves, cinq secondes, avant de me souvenir que de toute façon, c'est un peu normal de rêver des trucs pareils quand on a l'esprit un peu tordu comme le mien.

J'ai regardé le ciel, tout gris. J'ai laissé infuser mon thé un peu trop longtemps, il pleuviotait dehors... Alors, j'ai mis un grand coup de pied (virtuel, le coup de pied, pas envie de me faire suturer la tête) dans cet esprit morose et j'ai de nouveau réfléchi (waouh, c'est l'ébullition ce matin) au pourquoi du comment.

En fait, depuis le début de semaine, nos soirées, avec Loulou, se terminent systématiquement par une bonne grosse engueulade, parce qu'il dépasse les bornes et que le coup de Maurice, ça va bien, mais y'a pas écrit coconne sur mon front. Ensuite, je l'entends marmonner sous sa couette, le sommeil finit par vaincre ses derniers élans et le lendemain matin, frais comme un magasin Picard (en fait, je pêche rarement du gardon, c'est pas un poisson un peu suranné, ça, le gardon? Alors que Picard, ça a son petit côté moderne qui parle à tous les urbains que nous sommes, non? Laissez, je me suis cogné une retranscription d'un anthropologue, comprenez que ça laisse des traces), mon loulou donc, se lève, récite ce qu'il veut ("ce que j'aimerais, mon chéri, on dit ce que j'aimerais". Oui, je tente) au petit déj', tout sourire avec un petit bisou tout mimi.

Alors que moi, depuis le soir, je fulmine contre lui, je serre les dents et puis, je finis par réfléchir (décidément, tu m'étonnes que ça cause, là-haut, la nuit venue) à l'intérêt de se pourrir les soirées pour une sombre histoire de saumon pas fini ou de résistance à la douche. Et le matin, donc, j'ai la tête en vrac. Alors que, en fait, je sais pertinemment que j'ai raison de ne pas céder, de ne pas lui laisser ce siège de roi qu'il aimerait tellement occuper. L'éducation, c'est répéter constamment les mêmes choses, respecter une ligne directrice, montrer la voie. C'est fatigant, je le reconnais, et après, ça vous fait rêver à des courses dans des chemins boueux, des amies cancéreuses parties trop vite (alors qu'aux dernières nouvelles, elle galopait, la copine en question, IRL) et perdre vos dents pendant des ébats qui auraient pu être intéressants (quoique virtuels).

Mais c'est pour la bonne cause. Je n'ose penser à l'adolescence, tiens. Enfin, maintenant que j'ai retrouvé le sommeil, je préfère saigner des dents que de revivre des insomnies.

mardi 22 mars 2011

Jusqu'ici, tout va bien

Des réacteurs sont en feu et en attendant d'être irradiés, les Japonais se collent un sac plastique sur le visage, évitent les épinards et l'eau du robinet. Ils essaient de reprendre une activité normale, regardent des émissions farfelues à la télé où les animateurs ont bouffé un clown, sans vraiment oublier la traînée grise que laissent les fumées. "La vapeur s'échappait déjà avant", rassure un porte-parole de la centrale de Fukushima.

Ah bah, ça va, alors.

Le réacteur n°3 contient un truc encore plus dangereux que l'uranium, du MOX, condensé d'uranium et de plutonium. Le MOX est interdit aux États-Unis, mais pas au Japon, parce que c'est quand même drôlement efficace, ce truc, et ce serait ballot de ne pas l'utiliser, juste pour une sombre histoire de danger de mort. Sauf qu'il paraît que le plutonium, c'est moyen-moyen pour la survie de l'humanité. Et là, on y est, à cette sombre histoire.

Enfin, y'a encore une chance d'éviter la catastrophe planétaire. Hey, les gars, on croise les doigts et on s'appelle, hein?

Des masses d'air issues du Japon passent sur les Antilles mais en Guadeloupe, on est rassurant: "regardez ce ciel bleu, vous voyez un nuage, vous?"

Ben non, il est nickel, le ciel, tout bleu.

Les masses d'air doivent survoler dans la semaine l'Hexagone, mais pas de souci, c'est mille à dix mille fois moins radioactif que le nuage de Tchernobyl en 86 (qui s'était stoppé net, cela dit, aux frontières françaises, comme un grand, sans doute tout effrayé des sanctions potentielles. Ouh la la, vous le voyez le gros nuage radioactif, fait moins le malin quand nous, les Français, on le regarde noir).

Pas de souci sanitaire, aucune crainte à avoir. Ouf.

En Libye, on craint l'engrenage après l'opération internationale lancée voilà trois jours. Mais Alain Juppé qualifie cette intervention de "succès" sans sourciller. Succès, succès... Cette notion d'un truc qu'on fête, vous voulez dire ? On doit déboucher le champagne, c'est ça?

C'est vrai qu'en Afghanistan aussi, on est de bons pompiers bien efficaces et qu'on ne s'enlise pas du tout.

En Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo s'accroche à son siège et le bain de sang continue, mais bon, comme les images arrivent en moins grand nombre sur nos écrans, on ne parle pas vraiment de guerre, juste d'émeutes.

Question de vocabulaire, comme dirait Maître Capello, qui vient de tirer sa révérence.

En France, les petites gens d'en bas (mais pas que) qui se sentent spoliées depuis siiii longtemps sortent du bois et affichent fièrement leur vote dominical pour le Front Nauséabond. Le Président, face à la menace, suggère à son bon peuple d'aller se promener dimanche, pendant que son Premier Ministre appelle son groupe politique à la raison. Votez contre le Front National - et donc, tant pis, pour le PS (je sais, ça fait un pincement au coeur, j'ai ressenti le même en 2002, en votant Chirac).

On sent l'unité, c'est cool.

Je sais pas vous, mais moi, j'habiterais sur la planète Terre, je serais moyennement rassurée. Ah, oui, mince, y'a pas d'échappatoire, on est dedans jusqu'au cou. Heureusement, en attendant le désastre, on peut encore écouter des paroles sensées et réfléchies. Ce matin, j'ai été scotchée, dans ma salle de bain en entendant Rony Brauman. Allez voir ce lien, c'est très intelligent : http://dai.ly/h5Pr6i

"Nous ne sommes pas Dieu, nous ne sommes pas tout-puissants " conclue justement Rony Brauman dans cette interview de Pascale Clark. Perso, et très modestement, j'avais déjà une vague idée sur la question. Pas sûre que tous les mégalos de la planète en aient conscience, mais en même temps, à part le mur, je ne sais pas trop ce qu'on peut voir en ce moment.

Enfin, jusqu'ici, tout va bien.

jeudi 24 février 2011

Marmotte contrariée

Minuit 44 - Allez, près de trois heures de débats retranscrits en une (grosse) journée, je bombe le torse en pensant que je suis juste devenue la speedy gonzales de la parlotte politique. Je ne suis pas fatiguée, mais je me raisonne. Deux pages de bouquin et je rejoins Morphée.

1h32 - "Ça fait toujours plaisir, une visite, si ce n'est pas à l'arrivée, c'est au départ". Je réfléchis sur la pertinence de cette réflexion, qui me va bien. L'auteur en est Béatrix Bec, une écrivain belge, dont la tirade ne provient pourtant pas de l'une de ses oeuvres, mais de l'opus d'Emmanuel Carrière, "d'autres vies que la mienne".

1h33 - Ça fait toujours plaisir, un regain d'énergie en pleine nuit, on peut lire, tout ça. Mais faut savoir partir, oh. Laisser les gens dormir.

1h34 - J'aime bien ma vie mais dans celle des autres, j'suis sûre qu'il y a plus de sommeil, là.

1h43 - J'ai senti le murmure du souffle d'un frémissement d'un bout de ma paupière droite. C'est le sommeil, je vois que ça.

1h44 - J'éteins.

1h45 - En voulant atteindre l'interrupteur, je sens mon dos craquer. Ça me réveille.

1h46 - Je méprise ce signe. J'éteins.

1h47 - Alors, à quoi je pourrais penser pour m'endormir?

1h48 - Ça, c'est ma méthode infaillible pour m'endormir. Je pense à un truc doux, un souvenir qui va me conduire vers les songes les plus délicieux...

1h52 - Ça marche pas, ma méthode infaillible. Je fais rien que d'être torturée, à la place.

1h 58 - Faut que j'arrête de regarder l'horloge.

2h03 - Le souvenir doux me ramène à des pensées plus douloureuses.

2h08 - C'est pas logique. Mais en fait, si. Allez, on évacue.

2h13 - Mon plafond aurait vraiment besoin d'être refait.

2h14 - Toute la peinture de la chambre aussi, en fait. Le mâââgnifique sticker en forme de geisha (si si) que je me suis échinée à arracher dès mon arrivée dans l'appartement a laissé des traces. Et puis le tout n'est pas très gai.

2h15 - C'est pareil, ce meuble et ses tiroirs tout déglingués, faudrait que je m'en occupe.

2h16 - J'ai pas le temps pour ça.

2h17 - Faut que je dorme, plutôt.

2h52 - Je me suis assoupie. Je viens d'être réveillée par une débile qui a brandi son amendement sous mon nez.

2h53 - Dans mon rêve, je veux dire. Ce qui prouve que j'ai bien dormi. Parce que, pour le reste, je n'en ai aucun souvenir.

2h54 - Enfin, "bien dormi", façon de parler.

2h55 - J'allume doucement la radio. On y parle élevage canin, snobisme de vouloir prendre un pur race et ingéniosité de recueillir plutôt un animal abandonné, souvent très affectueux.

2h56 - Demain, je file à la SPA. J'ai besoin d'affection.

2h 57 - Enfin, plus de sommeil, dans l'immédiat.

2h58 - Mais l'affection, c'est bien, aussi, comme concept.

2h59 - Sauf la léchouille baveuse. Ça, j'aime pas.

3h - J'écoute le flash.

3h01 - Bain de sang en Libye, on découvre que Khadafi est une raclure. Tiens.

3h02 - Je fais comment pour dormir, moi, maintenant que j'ai entendu parler que ça déchiquetait à tout va ?

3h03 - "Mamaaaaaaaan", j'arrive pas à dormir!

3h04 - Manquait plus que ça.

3h05 - J'ai à peine donné une cuillère de sirop antitussif à Loulou qu'il se rendort aussi sec.

3h06 - Je prends une décision qui va changer le cours de ma vie. Moi aussi, au lieu de retranscrire des gens bizarres qui parlent trop sérieusement, avant de me coucher, je vais écouter "l'omelette au sucre", avec sa petite musique entraînante.

3h07 - Retour au lit. Allez, le tout c'est d'y croire. Je peux dormir, je peux dormir, je vais dormir...

3h16 - J'ai faim. J'ai bien perdu les kilos pris à la va-vite cet hiver. Mais comme on dit, on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs (à cette heure, j'ai rien de plus intelligent à écrire, désolée). Et donc, la soupe maison, bah, elle manque un peu de corps.

3h17 - Cet été, quand je me baladerai avec mon chien, en bikini sur la plage, j'aurai même pas de paréo de secours, quand Denzel ou Brad viendront me reluquer.

3h18 - Il y a peu de chances que je parte en vacances cet été.

3h19 - Il y a peu de chances que Denzel ou Brad viennent à Pornic ou Quimiac cet été. Et je ne vous parle même pas du fait qu'ils sont déjà maqués.

3h20 - J'ai besoin d'affection, je vois que ça.

3h21 - Ou de petites pilules pour les schizo, peut-être, plus.

3h22 - Quand je pense au massacre lybien, je me sens encore plus débile de m'apitoyer sur mon sort. Après tout, je suis toujours dans mon lit, dans ma couette toute chaude...

3h23 - Sans chien pour y coller ses poils.

3h24 - Sans homme pour y coller ses fesses.

3h25 - OK, je m'égare.

3h26 - Je pourrais prendre un bain.

3h27 - Comme ça, hop, en plus, demain matin, je gagne du temps!

3h28 - Je me réveillerai en jackson five, rapport au zapping de brushing.

3h29 - Parce que le sèche-cheveux, ça fait un peu de bruit en pleine nuit.

3h30 - Si je prends un bain, je vais réveiller Loulou que j'entends encore tousser.

3h31- Pfffffff.

3h32- Allez, un bon vieux magazine de filles avec des conseils à trois balles, ça va m'endormir, ça.

3h37 - "Mon secret pour rester belle? Huit heures de sommeil." Grognasse, et le botox sur les petits plis, là, tu crois qu'on le voit pas?

3h38 - Mais c'est qu'elles me narguent, toutes, avec leur teint frais et leur mine resplendissante.

3h39 - Je suis odieuse avec les people.

4h01 - Je colle les magazines dans mon panier à recyclage.

4h02 - Ouais, j'ai un panier spécial recyclage. Je suis une fille organisée.

4h03 - Une fille en manque d'affection, certes, mais organisée.

4h04 - Je cherche le rapport de cause à effet.

4h 08 - Rien ne sort de mon cerveau. Ce qui doit expliquer cela.

4h24 - J'ai craqué. J'ai pris mon ordi et repris mon taf là où je l'avais laissé à minuit 44.

5h47 - Tiens, je vais écrire un petit post idiot sur mon blog.

6h17 - J'entends le chant des oiseaux, les premiers volets roulants des voisins, Loulou qui tousse encore un peu. Et qui va bientôt me dire: "J'ai fini de dormir!"

6h18 - J'aurais tellement aimé commencé, moi, à dormir. Mais le sommeil s'est fait la malle, sans même m'avoir rendu visite.

6h19 - Vivement ce soir, tiens.

dimanche 26 décembre 2010

Murée dans votre silence

Bon, je vous aurais bien raconté comment je n'ai pas mangé de dinde (je ne suis pas une cannibale) mais de la pintade (ah si, finalement) ou pourquoi j'ai repris un verre de (bon) rouge, mais je vois que vous avez tous filé... Oui, mon ego de blogueuse-à-trois-lecteurs en prend un coup, je ne lis plus quatre, plus trois, plus deux, plus un...

[Roulement de tambour]

(J'ai fait speaker de cirque, dans une autre vie)

... mais zéro commentaire, alors bon, j'ai un peu l'impression de parler à un mur. Et vous savez bien qu'il n'y a que sur facebook où on peut parler à un mur sans avoir l'air débile (quoique).

Donc, je ravale ma fierté, je fais celle qui devient alzheimer sur son blog et je prends un air digne : "ouais, j'ai un truc sur le ouebe, là, j'y vais de temps en temps... " Alors que l'un de mes premiers réflexes le matin est d'aller vérifier les commentaires (Oui, je sais, on ne va pas reparler du côté pathétique de mon quotidien).

Alors, j'oublie tout, je démarre mon hibernation parce que la vie, elle est vraiment trop injuste (j'ai aussi été caliméro dans une autre vie), je colle des bougies partout (pas avec de la vraie colle, les gars, c'est une expression, en vrai je me brûle avec des allumettes avant de faire venir la petite flamme), j'ai mis de la musique douce et funky (si si, c'est possible), je sirote du thé brûlant, mon ordi sur les genoux (c'est pas comme si j'avais deux bureaux) et je bosse sur Poney (pas le faux cheval, vous le faites exprès ou quoi?).

Mais j'arrête: je vais encore me prendre du vent. Je parle à un mur.

Je peux même pas saouler mon Loulou, l'est pas là. Comment ça, je l'ai déjà dit? Bah vous voyez que vous suivez? Ah, c'est vrai, y'a personne (impression de devenir dingue à parler toute seule).
Je crois que je deviens dingue, en fait (ou l'étais-je déjà? J'ai comme un doute).

Vive les vacances, tiens.

Ah, on me dit que 3615mylife, c'est lassant?

Tiens, j'y avais pas songé;)

Ah au fait: je précise que ce post n'a rien d'un appel au secours et je ne suis pas sur un balcon en jurant de m'y jeter si aucun commentaire n'est écrit d'ici demain. Dehors, y'a la guerre et des idiots, c'est plus pire comme dirait Loulou.

dimanche 12 décembre 2010

Human Bomb et le poulpe

Âmes sensibles, attention: ce post n'épargne pas nos amis les poulpes. Personnellement, j'aime bien ça, plutôt assaisonnés et sans la parole. C'est moins effrayant et plus ragoûtant.


Mon amie se retourne vers moi, complètement chamboulée. Elle me fait signe de regarder devant.

Assis dans un siège, au milieu d'une boutique pleine de bric et de broc, un humain de type phénoménal lit un magazine local (je suis une poétesse malgré moi). Un vrai physiquement intelligent, mais qui sourit, en plus. Genre le petit détail en plus, qui donne envie d'aller s'asseoir directement sur ses genoux.

Entre autres.

Comme on est dans la vraie vie, je me contente de le regarder, fascinée par ce cocktail de charme, de beauté et de sympathie incarnés, et je vois bien le manège de mon amie qui trouve absolument merveilleux ce porte-manteau en... raquettes de tennis alors que, objectivement, c'est certes créatif mais franchement moche. Mais juste à côté de Human Bomb, donc...

Quant à moi, je tente la tactique du rapprochement par l'objet commun, en faisant mine de m'intéresser au dit-journal, qui semble tellement l'intéresser, feuilletant nonchalamment l'un des exemplaires posés sur une table. Comme si j'allais créer une sorte de connivence.

Pathétique.

Perdues dans nos rêveries, nous voilà sur notre petit nuage. La mort dans l'âme, nous quittons la boutique parce que, clairement, que peut-on espérer d'autre que ce sourire désarmant qu'il nous a lancé, à l'une et à l'autre ? Rien, sinon l'idée de conserver ce doux souvenir. Perdues dans nos rêveries, disais-je, nous reprenons la voiture. Alors que je suis prête à démarrer, un homme sur le trottoir me fait signe, me demande une minute d'attention. J'ouvre la vitre.

Il n'a pas l'air tout seul dans sa tête, à vrai dire. Je lui trouve aussi une vague ressemblance avec un... mollusque, peut-être? Les yeux, surtout.

Il s'anime. Et me demande... de quelle année date ma voiture. Parce que lui, il a une 106 mais elle est en fin de vie et il voudrait savoir si une 306, bah, c'est aussi bien qu'il le croit, parce que quand même, c'est du solide ces bagnoles-là et blablabla...

Je me retiens de rire. Mon amie ne tient plus, elle pouffe et j'abrège les débats avec ce monsieur, gentil au demeurant, en lui assurant que ça, c'est de la bonne bagnole. Il semble rassuré. Comme si je lui avais ôté un petit doute. Oui, pas méchant, juste un peu fêlé de la cafetière.

Ensuite, nous sommes allées au marché. Et j'ai trouvé à qui me faisait penser ce monsieur, en choisissant les antipasti, sur un stand ma foi fort alléchant.

A un poulpe.

Voilà, c'est ça ma vie. Je rêve qu'une bombe humaine daigne me parler... Et je me fais accoster par un pas fini aux airs de poulpe.

La situation présente quelques avantages : au moins, je garde les pieds sur terre.

samedi 20 novembre 2010

Evasion

Chouette! Mon horoscope m'a prévu de l'évasion, aujourd'hui. Et c'est vrai: dès 7h ce matin, j'étais sur la route... Pour couvrir un conseil municipal, 150 km plus loin.

Quand je dis "la route", je parle de ces merveilleuses nationales sans fin parsemées ça et là d'arbres et de gros rond-points (sinon c'est pas drôle).

Le ciel était magnifique, tout en nuances rosées et orangées... Avant que je me prenne une bonne vieille averse sur mon brushing tout neuf.

J'adore ma vie.

mardi 5 octobre 2010

Cet obscur objet du désir

"Je vous parlerai demain d'un modèle séduisant et fiable", vous disais-je... Sauf que l'objet de mon désir se montre envahissant et qu'il a sapé toutes mes tentatives de venir ici vous parler de lui aujourd'hui (bon, OK, j'avais deux, trois autres trucs à régler, un déjeuner sympa, un joli, quoique perdu, match de basket à voir... Mais quand même).

Donc, demain, j'espère, j'évoquerai le tourment et le feu de la passion lorsque je sens son contact proche, que je l'aperçois, au loin, m'enjoignant de le prendre dans ses bras...

Demain.

mardi 8 juin 2010

Imagination (trop) fertile

"Y m'énerve, Le Pen!"

Oh la la, je lève un oeil sur Loulou, de quoi parle-t-il, là? Y a-t-il eu gros débat ce matin, dans la cour de l'école? Et comment est-ce venu sur le tapis? Ont-ils fait un amalgame avec Brice Hortefeux ? La condamnation du ministre de l'intérieur, pour injure raciale, aurait-elle alimenté les cancans chez des enfants de 6 ans? Vais-je devoir lui expliquer pourquoi un Ministre, reconnu coupable par la Justice, conserve sa place au gouvernement?

Comment lui raconter que la France marche à l'envers? Que les décideurs multiplient les boulettes comme d'autres les galères?

Déjà épuisée d'avance, j'interroge Loulou du regard.

" Ben ouais, il m'a fait un tacle!"

Ah, c'est vrai que, fort fatiguée en rentrant de la dite-école, j'ai laissé innocemment mon fils jouer à un vieux jeu-vidéo de foot, où figure donc un certain Le Pen.

Faut que j'arrête mes films.

lundi 7 juin 2010

La voix de la raison

" Pour donner le goût du travail à nos enfants, il faut donner le bon exemple. "

" Et comment on fait, quand on est chômeur? "

" Eh bien on ne fait pas d'enfant! "

...

A défaut de chocolat -arrrrrrgh, c'est dur - Omar et Fred, c'est décidément une gourmandise du soir bien agréable...

samedi 22 mai 2010

Hop hop hop...

... Je reviens.

Si, si.

La vraie vie et, paradoxalement, mon blog, me manquent. Allez comprendre. Je vous raconterai comment Fisher Price m'a sauvé la peau (j'exagère à peine).Oui, je parle bien de cet appareil, là.



Un jouet? Pensez donc. A quoi ça tient, parfois, un job...

dimanche 18 avril 2010

Eloge aux beaufs anonymes

Du gogo en short, de la grosse dame en T-shirt moulant, du monsieur qu'a pris du rab' à la cantine, il y avait de tout, aujourd'hui, au bord de la route. Une dame en rose, poitrine en évidence, y allait de son salut, un môme présentait sa main, les mamies, prévoyantes, avaient songé au fauteuil de camping et même les jeunes du coin s'étaient réunis, assis sur leur mob'.

Oui, un p'tit air des Bidochon avait envahi les trottoirs. C'était même carrément la fête au village, avec une excitation palpable et les regards tournés vers le bitume.

Nous avons donc traversé cette voie, entre Sarthe et Orne, un rien étonnés de cette haie d'honneur. Mais qu'attendaient donc tous ces badauds, petits bouts de chou ou grands dadais, rougis par les premiers rayons du soleil? Pourquoi étaient-ils tous là, à faire le pied de grue, au lieu d'aller se dorer la pilule dans le jardin?

Un coup de klaxon. Nous avons regardé derrière nous. Une meute de motards est arrivée à notre hauteur, sous les hourras du public en transe.

C'était bien ça. Les gens, là, en plein revival du Tour de France, étaient venus voir et saluer des motards. Pas des motards de compet', hein, non, des... anonymes, qui quittaient simplement Le Mans et ses 24heures moto, à la fin de la compétition. Devaient bien rigoler dans leur moustache, de se voir ainsi salués.

Autant vous le dire, le spectacle était sur les trottoirs, bien plus que sur la route. Comme disent les djeunes, MDR.

jeudi 8 avril 2010

L'autruche a-t-elle les yeux plus gros que le cerveau?

Désespéré devant l'assiette à moitié remplie, mon papi me disait toujours, en soupirant : "tu as les yeux plus gros que le ventre".

Il n'avait pas tort. Et je ne parle pas là uniquement de gourmandise culinaire. Pleine d'entrain, j'entreprends toujours dix mille choses mais je finis par m'essouffler. Et je me demande si parfois, je ne me vois pas plus capable que je ne le suis (esprit masochiste, sors de ce corps).

Prenez aujourd'hui, par exemple. J'avais prévu d'aller courir. Et puis d'écrire quelques lettres de motivation, mais aussi d'écrire tout court. Bon, les lettres sont bel et bien rédigées, mais de là à les envoyer, voyez, j'ai d'autres choses sur le feu, je peux pas tout faire. Quant à courir, cette histoire de me mettre derrière l'ordi m'en a ôté l'envie (mais pas le besoin, allez comprendre).

Écrire tout court? Oui, d'autant que j'avais une idée derrière la tête, dans l'optique du post de demain (vous comprendrez pourquoi en le lisant). Sauf que j'ai songé que, bêtement, à ce rythme, je n'aurais toujours pas actualisé ce blog aujourd'hui si je ne m'y attelais pas rapidement. Vous me direz, rien ne m'oblige à écrire un laïus quotidien. Certes. Mais comme j'ai les yeux plus gros...

Donc, n'ayant rien d'extraordinaire à vous raconter (les journées à la maison, l'ordi sur les genoux et les quinze litres de thé ingurgités, ce n'est pas franchement inspirant), je suis allée piocher dans les requêtes des internautes, un désormais classique de cet espace.

Autant vous le dire, y'a du maniaque sur la toile. Beaucoup cherchent en effet "l'éponge magique" (serait-ce pour effacer les "taches au cerveau de la mouette"?) et s'interrogent sur le "métier de poubellier", sachant que "le poubellier du Havre" réalise une belle progression dans les requêtes mensuelles, cités à trois reprises, tandis que celui de Paris enregistre son entrée.

Sans doute est-ce la recrudescence de sales bêtes dans les rues ; certains en font même des cauchemars. "Signification d'un rêve où il y a beaucoup de cafards", demande une personne, sans doute influencée par l'odeur nauséabonde qui envahit imperceptiblement notre beau pays, ces derniers temps.

Si cela la perturbe trop, j'aurais envie de lui suggérer de prendre du Lexomyl, requête redondante. "Le lexomyl m'a fait du bien", témoigne d'ailleurs un ancien angoissé. Même ordonnance pour cette femme face à l'épreuve du temps, qui a tapé: "ride du lion et pleurs." A moins que ce ne soit le mari, cherchant à rassurer sa tendre et chère, qui ait cherché une réponse sur la toile. Un romantique qui, loin d'espérer que sa douce lui fasse un "stritise" ou lui raconte une "istoir débil", l'assure: "en français, je saurai toujours attendre cette belle nuit à deux." "Tu manques à ma peau", poursuit-il.

D'autres s'avèrent moins... poétiques et réclament toujours de la "fille gothique nue", voire de la "femme a poil a linsep" (toujours plus savoureux avec les fautes). Est-ce du "bonhomme rouge méchant rond" qui souhaiterait, à corps et à cris, de la "soupe de veau" - ça existe donc, ce truc? Et qui peut bien s'enquérir des "fesses de Cosette"? D'ailleurs, s'interroge un autre, "comment est-elle, Cosette, physiquement?"

Physiquement intelligente?

Devant tant de questions n'ayant aucun rapport avec la choucroute, je serais tentée de rire, simplement, et d'ignorer que la majorité de mes nouveaux lecteurs (de passage, j'ose supposer) sont un rien détraqués. Oui, je pourrais faire l'autruche. Mais, même ça, ça risque de me jouer des tours. En témoigne cette question hautement existentielle: "L'autruche a-t-elle les yeux plus gros que le cerveau?"

S'il parle de moi, celui-là, j'aimerais autant pouvoir affirmer que non. Après tout, mon papi le disait bien : J'ai les yeux plus gros que le ventre. Point.

mercredi 7 avril 2010

Dangereux pour les adultes

Je parlais hier de ma stupeur devant le spectacle de ces trois enfants sortant d'une séance de "Tête de Turc". Je dois vous avouer un truc: j'ai peut-être outrepassé leur capacité d'imagination. Peut-être que tout ça va glisser sur eux instantanément. Peut-être ont-ils la chance de ne pas laisser leur cerveau se troubler pour "si peu".

Eux.

Non, parce qu'après avoir vu "Dragons" avec loulou, la semaine passée, où l'un des protagonistes perd une jambe, j'ai rêvé que mon loulou avait été... amputé. Des deux jambes.

Affreux.

Faut que j'arrête de regarder les dessins animés, moi.

mardi 6 avril 2010

Têtes blondes pour une tête de Turc

La femme se bat, vaille que vaille, pour sauver sa peau et celle de sa famille.

Le garçon, qui a quand même fait une sacrée boulette, se laisse envahir par la culpabilité mais ne parvient pas à se dénoncer.

La victime, douce et circonspecte (ah, Pascal Elbé, un acteur/réalisateur plutôt physiquement intelligent, tiens), n'arrive pas à en vouloir à son bourreau.

Le flic, teigneux, n'en finit plus de courir après le même bourreau, sentant là qu'il tient l'occasion de prendre une revanche sur le passé.

"Tête de turc" est un film cash, sans concession. C'est un choc. Au début, j'en ai eu la tête qui tournait- la caméra à l'épaule, je suppose. Et puis, je me suis sentie oppressée, n'osant envisager le final. Oui, c'était violent, prenant, réaliste, dur.

C'est là que j'ai entendu une toux. Enfantine, la toux.

Mon imagination, bien sûr.

Quand la lumière est revenue dans la salle, nous avons vu, au premier rang, trois têtes blondes. Entre six et neuf ans, tout au plus.

J'ai regardé les parents. Le pire, c'est qu'ils semblaient tout ce qu'il y a de plus "normal". Ils ont juste eu l'idée d'amener leur progéniture voir une oeuvre noire, une tragédie banlieusarde, sans doute parce que... c'était mardi soir et que demain, y'a pas école ? Qu'ils avaient déjà vu tous les dessins animés à l'affiche? Qu'ils voulaient les empêcher de voir la Nouvelle Star?

Pff, je suis à cours d'idées, pour le coup.

Je sais, c'est pas beau de juger. N'empêche. Je me dis qu'il y a des gens vraiment dingues, parfois.

Comme si l'absurdité n'épargnait personne...

dimanche 14 mars 2010

Les sables mouvants sont-ils rock and roll?

C'est l'heure de notre rendez-vous "spécial requêtes en tout genre" ou comment les internautes débarquent ici. Et depuis un mois, je peux vous assurer que le logiciel de stats a enregistré quelques perles. Classons-les par thèmes - oui, j'écris "nous" pour parler de moi, j'ai pris le melon ce week-end. C'est n'importe quoi. Passons.

La requête pratique

" Commencer par des choses basiques puis se lancer"
" Comment affronter les hypocrites"
" Etre rock and roll"
" Frôler cuisse grassouillette"
" Salaire d'un poubellier au Havre"
" La signification de la poudre aux yeux" (et sa déclinaison: "pôle emploi de la poudre aux yeux", je dis ça, je dis rien, je ne fais que retranscrire, bien sûr)

A priori, ces éléments ont autant de rapport entre eux qu'une choucroute avec un plat à tajine et pourtant, je dois convenir que tout ça me rappelle des choses vécues. Mention particulière à "frôler cuisse grassouillette", que j'aurais tout aussi bien pu classer dans la catégorie suivante.

La requête du boulet
" Une fille nue dans le sable mouvant"
" Cuisine-toi"
" Il faut exécuter cette forçat"

Y'a encore du gars qui réclame un "stritease", ou cet autre qui veut savoir si je cuisine nue (je ne peux me passer de mon tablier, sorry). Visiblement lassés de ne pas voir leur désir se concrétiser, les types perdent patience et veulent ma peau. Ouh, j'ai peur.

La requête "va t'acheter un dico, un bled et des neurones"
" Comment avoir des idées pour faire avoir quelque chose"
" La dexripssion de Cosette"
" Ques qui aime les cafards"
" Sexy or mignon or craquant or viril or charmant, homme ou mec chéri barbu or "mal rasé" or "bien rasé"

Déjà, celui qui s'interroge sur le comment du pourquoi pour faire avoir, je m'inquiète pour son cas. Pas gagné. Je ne pense pas qu'il soit très judicieux de conseiller la lecture des Misérables à cet autre qui réclame une "dexripssion" de Cosette. Enfin, la dernière requête, si elle résume bien le concept du garçon physiquement intelligent, n'est guère concise, vous l'admettrez volontiers.

La requête du curieux
" L'homme qui mange l'homme"
" Un homme mange une mouette et meurt"
" Histoire débile à raconter"
" Drôle de bêtisier"
" Anecdotes sur les sables mouvants" (et son "piège à loup sable mouvant")

Celui-là, il veut rêver. Lire des histoires extraordinaires, visiblement. On appelle ses passages sur ce blog des "visites à rebond": genre, il vient deux secondes et déguerpit aussi sec, conscient qu'il ne trouvera pas son bonheur ici (quoique, pour les histoires débiles, y'a moyen de le contenter). Concernant l'homme qui mange une mouette et meurt, je tiens à signaler une chose : on ne répertorie aucune perte, actuellement, parmi les messieurs krès krès méchants qui m'ont agacée.

La requête existentielle
" Fais jaillir la vie "
" Qu'est-ce que tu vas faire maintenant "
" Pourquoi c'est interdit de rire "

Alors là, on touche pleinement à mon état du moment. Petite précision, quand même. Pourquoi serait-ce interdit de rire? On est sur un blog, ici, un espace de liberté, et même si certains veulent achever la forçat, c'est pas le bagne non plus, oh!

jeudi 11 février 2010

A requêtes débiles, histoire débile

Fidèles du blog, vous connaissez cette "rubrique" où je reviens sur les requêtes des internautes, enregistrées par un logiciel de stats, et qui me permettent donc de savoir ce qui a mené certaines âmes ici. Le dernier pointage remonte à moins d'un mois, mais là, y'a du lourd, alors je ne voulais pas vous priver de ça.

Pour changer, je me suis amusée à replacer ces expressions dans une historiette à trois centimes. Voyons cela...

La femme rentre du travail, harassée. Elle s'assoit sur le canapé et commence à masser ses pieds endoloris par le port de talons de 12 cm. Marre d'être une fashion victime, demain, elle met ses ballerines. Elle aperçoit au loin des charentaises immondes que son mari lui avait offertes, pour rire - une blague au goût douteux qu'elle n'avait guère appréciée.
L'homme, qui grignote des amandes en attendant que madame ait fini de s'écouter, la fixe mollement. Elle, ça l'agace. Fini, les roucoulades amoureuses, elle ne lit dans ce regard torve qu'une désagréable suggestion. "Sois une Bree".

Ça aussi, ça a le don de l'énerver. A force de jouer sur tous les tableaux, elle est devenue cette femme qu'elle déteste aujourd'hui. Elle se demande si l'homme, aussi, la déteste.

L'homme, justement, n'a rien d'un kamikaze. Les yeux noirs de sa femme l'incitent à la jouer profil bas. C'est bon, la "photo de la femme très mécontente", il n'a pas envie de l'imprimer dans son cerveau. Alors, il sourit. "Miracle de l'amour, ange ou démon", il choisit la première option.

- Tiens, dit-il, j'ai "envie de cuisiner mais quoi faire?"
Un rien surprise, la femme fixe l'homme, droit comme un piquet. Il la chambre, ou quoi? Il a horreur de se mettre aux fourneaux. Elle attaque:
- "J'aime bien les cafards"
Lui, au premier degré : - "Comment aimer les cafards?"
Il se ressaisit. - "Les cafards aiment bien quoi?" Hein? "Un loup mal léché?"

Hum, hum. Il se fait la réflexion. "Toi, tu vas avoir des problèmes." De fait, la femme fait la tronche. Ce n'est même pas lui, au fond, c'est juste la vie. La routine, qui rend insignifiant et insupportable l'être sans qui on ne pouvait envisager de vivre voilà quelques mois, quelques années. Elle soupire. Renonce aux charentaises - y'a des limites, surtout que la peau de vache et le pouet dessus, on n'a pas vu plus ringard depuis la banane de Dick Rivers. Elle frôle son mari dans la cuisine.

Il a compris le message. Il rend les armes et quitte, sans grand regret, la cuisine, pressé d'aller finir ses fruits secs en attendant que l'orage passe. C'est compter sans sa femme, irascible: "Le balai, avec la pelle, fainéant", qu'elle lui dit.

Il obéit, entre docilité et lâcheté. "Comment faire avoir envie une femme?" se demande-t-il, en cherchant aussitôt la signification de pareille expression. Comment donner envie à une femme, peut-être? Ou comment avoir d'envie d'une femme? Pas plus sûr, il rigole intérieurement. Elle veut tellement paraître avenante, sa "douce", dans la vraie vie! Mais le masque tombe vite. L'autre jour, il a lu la requête sur Google, s'affichant sur l'écran resté allumé. "Devenir cool sur Facebook" s'interrogeait sa femme. Et dans la vraie, vie, y'a le mode d'emploi, non? s'est-il alors esclaffé.

Comme il parlait à voix haute, sa femme l'a entendu, et l'a mal pris, évidemment. Au lieu de raconter n'importe quoi, va donc dans la chambre du petit, "raconter une histoire avec l'homme et la mouette", lui a-t-elle signifié.

- "L'histoire du monsieur qui mange de la mouette et meurt?" s'est étonné le mari.

- L'histoire du monsieur qui mange de la mouette et meurt" a confirmé la femme.

Je l'ai déjà dit, que j'étais pas digeste, mettez-vous ça dans le crâne une bonne fois pour toutes, les gars, les filles...

samedi 16 janvier 2010

Oui-Oui, les cafards, Tintin & la gnac

Alors, comme ça, je suis cernée par des gens qui lisent ce blog, à mon insu. Allez, je plaisante, j'en ai juste croisé deux récemment, lesquels m'ont un peu coincée. Pour le reste, je continue de poster dans un anonymat certain, et j'imagine la tête de certains internautes lorsqu'ils atterrissent ici, alors qu'ils ont tapé sur Google une requête qui n'a rien à voir avec la choucroute.

Façon de parler.

Comme d'habitude, les recherches concernent la manière d'accommoder "la mouette en cuisine" (un peu de sel? Un soupçon d'anis étoilé?), "les billets pour jouer à la marchande" et "le stritise" - ou son dérivé, "femme qui fait du stritise." En ce début d'année, quelqu'un a cherché le "stripetise d'une jeune journaliste" (j'ai quand même 35 ans, les gars) et un autre à savoir si je "cuisine nue sous son tablier". Je pourrais rétorquer à ces petits curieux: "tu vas avoir des problèmes", puisqu'il y a visiblement des fans du SAV d'Omar & Fred (j'en suis, d'ailleurs). Mais à vrai dire, ça m'amuse.

Enfin, pas autant que les nouvelles requêtes enregistrées depuis le premier janvier. Une maman, désemparée face aux questions existentielles de son enfant, a cherché "le livre des prouts" (recueil assez désopilant, je dois dire). Une autre, souhaitant expliquer le monde dans lequel on vivait, a tapé "oui-oui et les cafards" (je crois pouvoir prétendre avoir répondu à sa requête, la dame ayant eu ici un aperçu de ce rapport difficile entre gens naïfs et rabats-joie extérieurs).

Une personne, inquiète après un drôle de songe, s'est interrogée sur la signification "des rêves d'un oiseau, d'une mouette", tandis qu'une autre cherchait le lien entre mouette et Disney. Digne de Julien Lepers, un curieux a tapé : "je suis tintin mais je ne suis pas tintin, qui suis-je?"

Mais je ne suis pas un personnage de cartoon, moi, mince alors!

D'ailleurs, quelqu'un est venu remettre les pendules à l'heure en demandant : "une mouette mange quoi". Euh, du chocolat, et puis pas mal de légumes, période détox oblige. Quoi, le chocolat? C'est excellent pour le moral. D'ailleurs, je signale à l'internaute hésitant sur l'orthographe de "niac ou gnac" que c'est bien la gnac qui m'a manqué dernièrement.

Mais je rassure tout le monde. Pour trouver de nouvelles ressources, je n'ai pas l'intention de chercher "comment braquer un restaurant." Depuis le temps, vous devriez le savoir, que les caisses des banques sont bien plus fournies que les restaus!

jeudi 31 décembre 2009

Champagne!

La Saint-Sylvestre, et son cortège de clichés, ses cotillons et ses débordements... Nous y voilà donc, et en attendant les douze coups de minuit, je fouille dans ma mémoire... Où je réalise que l'on boit beaucoup, dans mes réveillons, tiens. Pour oublier? Mieux faire avaler la pilule du temps qui passe? Ou juste pour occuper la soirée?

Suis-je bête? Parce que c'est la fête, les gars, les filles, et que l'on est prié de se lâcher! Après, on n'est pas obligé de se mettre minable. Je dis ça, chacun fait ce qu'il lui plaît-plaît-plaît (du moment qu'il lâche le volant, on est bien d'accord). Bon, j'arrête avec mon introduction de trois kilomètres - et à trois balles - je m'égare et je vois des lecteurs déjà perdus en route. Je disais, donc, la Saint-Sylvestre...

Je me souviens d'un réveillon - alors que j'avais 17 ans, je crois - passé dans un bar où l'on servait des cocktails à gogo et où j'ai fini par m'endormir sur la banquette, à la limite du coma éthylique.

Je me souviens d'un réveillon passé à Amsterdam, où la fête a pris des allures tragiques lorsque, dans une petite rue, un type s'est fait tirer dessus, devant nous. Un mouvement de panique plus tard, on a eu un peu de mal à se remettre dans l'ambiance. D'ailleurs, on a fini la nuit dans la voiture, faute d'hôtel et pas le coeur à chercher plus loin.

Je me souviens d'un réveillon, seule dans les rues bondées de New York (je vous en ai déjà parlé), à la fois émerveillée par les rues soudain désertes de Big Apple - bloquées par la garde montée - impressionnée par l'afflux, de tous les côtés, d'êtres - blancs, noirs, jaunes - soudain à l'unisson pour célébrer les douze coups de minuit sur Times Square. Et désespérément triste de ne pouvoir partager ce moment unique qu'avec moi-même (ce que je ne conseille à personne).

Je me souviens des réveillons dans des sous-sols aux lumières blafardes, où la boule à facettes ne pouvait masquer à elle toute seule la tristesse des lieux.

Je me souviens des premiers réveillons, aux menus plus sophistiqués, une musique adoucie et des invités moins nombreux. Comme si le fait de remplacer les Chipster par des noix de St-Jacques et de réduire le nombre de convives marquaient le passage à l'âge adulte.

Je me souviens de ces fêtes obligées, où l'on n'a pas d'autres choix que de faire semblant. De s'amuser, de rire, de danser comme Travolta. Alors qu'en fait, on ressemble à Shrek sur la piste et que l'on a tellement bu que la seule certitude qui nous reste, c'est que la terre est décidément ronde, lorsque l'on se couche.
Parce qu'en fait, le seul truc où on n'a pas fait semblant, c'est de vider le verre.

Je me souviens de l'excitation des préparatifs, à chaque fois que j'ai organisé la petite sauterie. De mon retard, la dernière fois, que j'ai largement contribué à accentuer, en allant déjeuner avec une amie, de passage à l'improviste, au lieu de dresser la table. D'autant plus embêtant que les petites bulles ont ce défaut de rendre la vie plus rose qu'elle ne l'est.
C'est quand les invités sonnent que l'on redescend. Vite.

Je me souviens, malgré cet aspect "fête obligatoire", avoir toujours attendu la soirée, comme si changer d'année allait bouleverser le cours des choses.

Je me souviens d'un réveillon où, lisant le texto d'une copine, je me suis fendu d'un méprisant: "Bonne année, bonne année... mais c'est d'un banal, ça!"

Les copains, limite outrés, s'étaient quand même bien marrés de ma mine condescendante.

Et aujourd'hui, je ne trouve rien de mieux que de vous souhaiter qu'une excellente année, belle, joyeuse, vivante, enthousiasmante, créative et non-conformiste!

mardi 29 décembre 2009

J'aime pas les cafards

Couchée à 2 heures, réveillée à 5h58, précisément, autant vous dire que la journée m'a semblé longue. Très, très longue.

C'est l'angoisse qui m'a privé de sommeil. Je serais incapable de décrire quoi, exactement, mais il m'a semblé plus judicieux de me plonger dans "les Déferlantes" plutôt que de me tourner et me retourner sans cesse.

Et de faire, encore ce rêve affreux, celui de la veille, dont je suis sortie en sueur.

Dans un stade immense, de foot américain semble-t-il, où je suivais un match avec un ami, David (enfin, je l'appelais comme ça, jamais vu dans la vraie vie), lequel se cachait, car on cherchait à le tuer. "On" étant cet homme en rouge (c'est discret, le rouge, c'est vrai, quand on est tueur à gages) qu'il me montrait discrètement, la peur au ventre.

On la ramenait pas trop, à vrai dire. Mais enfin, le match devait avoir de l'importance, car David restait, casquette vissé sur le visage, fermé mais concentré.

Comme j'avais oublié mon cerveau, je suggérais à mon ami de faire le tour du stade car j'avais visiblement besoin d'aller chercher quelque chose dans le lotissement voisin.

Évidemment, ce qui devait arriver arriva, alors que nous avions rejoint les petites rues, le tueur en rouge est arrivé comme une furie sur David, dans un nuage de poussière (oui, les rues n'étaient pas goudronnées, j'y peux rien si la voirie fait pas son boulot), et l'a froidement assassiné, continuant de lui lacérer le visage.

Moi, je hurlais et je lui tapais dessus avec mon sac à main (toujours avoir un sac à main, pour voir un match de foot). J'avais visiblement énervé la bête, clairement pas d'humeur à me faire des mamours. Alors, j'ai couru, couru et me suis réfugiée dans une cabane.

C'est là que le propriétaire de la dite cabane est arrivé, carabine à la main. J'ai essayé de me cacher derrière du grillage à poules, en vain. Il m'a vue. Je lui expliqué qu'on avait tué mon ami, que j'étais dans la mouise et qu'il devait m'aider. En bon samaritain, il m'a montré la porte de derrière: j'ai alors découvert un paysage de montagnes, surplombé d'un ciel hostile et orageux. J'ai tourné la tête : je suis tombée nez à nez sur un Colisée immense.

Oui, oui, comme le Colisée romain.

A la différence près qu'il était habité par des cafards géants. Mais vraiment géants, à dépasser la hauteur du monument - qu'ils grimpaient allègrement, d'ailleurs (aucun savoir-vivre, ces bêtes-là, j' vous jure).

C'est là que je me suis retournée vers mon "sauveur", sûre de mon fait:

"Ah oui, on est à Chalon-sur-Saône, je comprends mieux."

...

Et dire que j'évoquais la sérénité, pas plus tard qu'hier...