Une vilaine peau, reflet de mon stress, l'impression d'être un paquet de nerfs sur pattes, des fringues qui ne vont pas, mais pas du tout ensemble et le sac-poubelle qui déverse son odorant contenu dans le couloir...
C'était pas gagné, ce matin.
Pourtant, je sentais en moi brûler la flamme. Celle de l'espoir, du renouveau, de l'envie, toussa. Que des choses positives. En ramassant avec mes mains, récemment brûlées par du destop (j'ai une viiiiie, je vous jure...), les feuilles de thé répandues sur tout le carrelage, j'ai eu comme un doute. Et puis, allez, j'allais jouer ma carte. Après, ça ne dépendrait plus de moi.
Voilà un an, à quelques jours près, que j'ai décidé de me remettre en mouvement sérieusement, en déménageant à Nantes. J'y ai retrouvé, comme je l'espérais, l'apaisement qui me manquait tant, des racines plus profondes que je ne l'imaginais et, globalement, ma joie de vivre. Oh, des doutes, il y en a eu, beaucoup. De cette envie d'indépendance qui me tenaillait, je suis repassée à celle d'un cadre plus structuré, plus rassurant évidemment.
Ceux qui m'ont suivie ici pourront penser que je renie ainsi toutes mes prises de risque pour revenir dans un conformisme certain. Peu importe, la décision était mûrie, je ne voulais plus bricoler. Je voulais redonner du sens à ma vie pro, la teinter d'ambition. La saltimbanque a vécu, je crois...
Donc, avec mon sopalin dans les mains, je songeais ce matin qu'il suffirait d'un entretien pour que tout bascule. Pour ne plus attendre d'aléatoires missions, pour ne plus calculer que 0+0 font bien 0, pour ne plus hésiter lorsque l'on me demandait ma profession. Pour ne plus me sentir en marge. Pour donner un sens à ma vie professionnelle. Pour avoir une vie sociale et ne plus maudire le bébé qui, dans un appartement voisin, ne cesse de pleurer, pendant que j'essaie de travailler.
Entre autres.
Je songeais à ce poste qui, non seulement arrivait à point, mais surtout, n'avait rien d'alimentaire. Car, petite cerise sur le gâteau, non seulement, il ne s'agissait pas de faire le larbin, mais en outre, le job promettait challenge et adrénaline, découverte de terrains nouveaux et travail en équipe...
Là, je me suis redressée. Le sol était propre et j'ai eu envie de me pincer pour y croire (pas à mon sens inné du ménage. A l'opportunité de ce job. Vous suivez, ou bien?).
Ensuite, tout s'est passé très vite. J'avais le trac, oui, mais je me suis sentie à l'aise d'emblée. Et puis le boss a abrégé l'entretien. J'entendais déjà le fameux "on vous rappellera", quand il m'a signifié qu'ici, on se tutoyait. Et que si je pouvais être sur le pont lundi, eh bien, ce serait parfait.
Là, j'ai bien pensé à me pincer de nouveau mais j'ai opté pour le stoïcisme. Enfin, presque. J'ai senti le rouge me monter aux joues. Je l'aurais bien pris dans mes bras, mais j'ai songé que ce n'était guère de circonstance. Je crois que je mûris, y'a pas à dire.
Voilà. Il y a trois ans, en octobre 2008, je fermais un pan de ma vie. Et me voilà, après une longue traversée peuplée de rencontres particulières, d'horizons nouveaux, d'apprentissages parfois cruels, parfois extraordinaires, à en ouvrir un autre.
Oh, il y aura d'autres obstacles, d'autres états d'âme, des jours de moins-bien, forcément. Mais là, j'ai juste envie de savourer le moment. De penser à tout ce qui va changer. J'ai l'impression d'atteindre la surface de l'eau après une longue, très longue plongée et de reprendre, enfin, une sacrée bouffée d'oxygène.
Je suis heureuse, tout simplement.
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jeudi 13 octobre 2011
lundi 5 septembre 2011
L'ordre rétabli
A cinquante mètres de la grille, il a tourné ses lèvres vers ma joue et m'a lancé:
"Allez, au revoir, maman!"
Au moins, la rentrée n'angoisse pas Loulou. Un peu dépité que je l'accompagne jusque dans la cour d'école, il s'est finalement laissé embrasser avant de filer discuter boulets et toupies avec ses petits copains. L'un a sorti un tas de billes de sa poche, un peu en douce, en a laissé tomber deux et les a vite ramassées comme on cache vite un trésor. Hilare, la petite bande a renchéri sur ces jouets de verre et j'ai regardé Loulou s'animer. Il avait retrouvé sa joie mais surtout cette candeur que j'ai craint voir disparaître voilà peu.
Il n'avait pas vraiment changé, de toute façon. La chemise déjà sale (une histoire de chocolat et d'éternuement simultané sur le tissu blanc, un vrai bonheur), la veste en équilibre sur l'épaule, le cheveu rebelle, il retrouve l'école sans se poser de questions. C'est ainsi, voilà tout.
J'ai reculé de quelques pas, parce qu'il ne servait à rien de rester là, près de lui et j'ai écouté les parents, cette maman toute bronzée qui racontait ses vacances à une autre au teint blafard, cette autre qui critiquait déjà l'instit, ce papa qui s'inquiétait de ne pas trouver son fils sur la liste et tous ces adultes qui eux aussi allaient reprendre le chemin du bureau, après cet intermède matinal.
J'ai senti soudain un noeud serrer mon estomac, au souvenir très lointain de mes propres rentrées, où j'oscillais entre la retenue (quand ma mère m'accompagnait) et l'hystérie (avec mon père, bien plus faible devant les caprices de sa fille. Hum). J'ai songé à toutes ces rentrées, ensuite, une fois sortie du rythme scolaire, lorsque l'on rattaque une année en retrouvant les collègues à qui on raconte quelques anecdotes de vacances. Ou pas, d'ailleurs, parfois, mieux vaut s'abstenir.
Ensuite, je ne me souviens plus trop, mes oreilles, chahutées par les cris et rires ambiants, m'ont sommée de rebrousser chemin et de reprendre place à mon poste, chez moi, derrière l'ordi. Toute seule et autonome.
Oui, l'ordre est rétabli.
La liste est rédigée, les tâches prêtes à être barrées, je sens en moi l'énergie revenue et l'envie de bouleverser doucement ce quotidien plein de surprises mais déstabilisant. Loulou à l'école, je retrouve certains repères, une routine à laquelle je n'étais déjà plus habituée.
J'ai retrouvé aussi cette stigmatisation permanente qui m'avait déjà frappée par le passé. En discutant quelques minutes avec la nouvelle institutrice de Loulou, j'ai compris qu'elle avait déjà ses "fiches" sur chaque enfant. Qu'elle avait communiqué avec sa collègue, qui a eu sa classe l'année dernière, et échangé quelques informations sur les élèves. Celui-ci a du mal en maths, celle-là en français, lui est turbulent, cet autre est bavard... Après tout, elle balise le terrain, elle s'intéresse et c'est tout à son honneur.
Mais elle a eu beau me répéter qu'elle aimait bien repartir de zéro en faisant un peu table rase du passé, j'ai eu comme un doute. Certains jugements laissent des séquelles et il est difficile de les anéantir totalement. Alors, aux enfants de sortir des idées préconçues, à eux aussi d'évoluer, parce que, après tout, il n'y a pas de fumée sans feu et un gamin que l'on dit turbulent l'a probablement été et l'est peut-être encore. Mais je m'aperçois que les étiquettes, elles collent très vite et impriment à long terme le parcours d'un enfant.
Lequel ignore encore que son existence sera parsemée de ces petits riens qui le définiront ensuite comme un être sociable ou pas. Sans qu'il puisse véritablement contrôler cette image qui finira par lui échapper.
"Allez, au revoir, maman!"
Au moins, la rentrée n'angoisse pas Loulou. Un peu dépité que je l'accompagne jusque dans la cour d'école, il s'est finalement laissé embrasser avant de filer discuter boulets et toupies avec ses petits copains. L'un a sorti un tas de billes de sa poche, un peu en douce, en a laissé tomber deux et les a vite ramassées comme on cache vite un trésor. Hilare, la petite bande a renchéri sur ces jouets de verre et j'ai regardé Loulou s'animer. Il avait retrouvé sa joie mais surtout cette candeur que j'ai craint voir disparaître voilà peu.
Il n'avait pas vraiment changé, de toute façon. La chemise déjà sale (une histoire de chocolat et d'éternuement simultané sur le tissu blanc, un vrai bonheur), la veste en équilibre sur l'épaule, le cheveu rebelle, il retrouve l'école sans se poser de questions. C'est ainsi, voilà tout.
J'ai reculé de quelques pas, parce qu'il ne servait à rien de rester là, près de lui et j'ai écouté les parents, cette maman toute bronzée qui racontait ses vacances à une autre au teint blafard, cette autre qui critiquait déjà l'instit, ce papa qui s'inquiétait de ne pas trouver son fils sur la liste et tous ces adultes qui eux aussi allaient reprendre le chemin du bureau, après cet intermède matinal.
J'ai senti soudain un noeud serrer mon estomac, au souvenir très lointain de mes propres rentrées, où j'oscillais entre la retenue (quand ma mère m'accompagnait) et l'hystérie (avec mon père, bien plus faible devant les caprices de sa fille. Hum). J'ai songé à toutes ces rentrées, ensuite, une fois sortie du rythme scolaire, lorsque l'on rattaque une année en retrouvant les collègues à qui on raconte quelques anecdotes de vacances. Ou pas, d'ailleurs, parfois, mieux vaut s'abstenir.
Ensuite, je ne me souviens plus trop, mes oreilles, chahutées par les cris et rires ambiants, m'ont sommée de rebrousser chemin et de reprendre place à mon poste, chez moi, derrière l'ordi. Toute seule et autonome.
Oui, l'ordre est rétabli.
La liste est rédigée, les tâches prêtes à être barrées, je sens en moi l'énergie revenue et l'envie de bouleverser doucement ce quotidien plein de surprises mais déstabilisant. Loulou à l'école, je retrouve certains repères, une routine à laquelle je n'étais déjà plus habituée.
J'ai retrouvé aussi cette stigmatisation permanente qui m'avait déjà frappée par le passé. En discutant quelques minutes avec la nouvelle institutrice de Loulou, j'ai compris qu'elle avait déjà ses "fiches" sur chaque enfant. Qu'elle avait communiqué avec sa collègue, qui a eu sa classe l'année dernière, et échangé quelques informations sur les élèves. Celui-ci a du mal en maths, celle-là en français, lui est turbulent, cet autre est bavard... Après tout, elle balise le terrain, elle s'intéresse et c'est tout à son honneur.
Mais elle a eu beau me répéter qu'elle aimait bien repartir de zéro en faisant un peu table rase du passé, j'ai eu comme un doute. Certains jugements laissent des séquelles et il est difficile de les anéantir totalement. Alors, aux enfants de sortir des idées préconçues, à eux aussi d'évoluer, parce que, après tout, il n'y a pas de fumée sans feu et un gamin que l'on dit turbulent l'a probablement été et l'est peut-être encore. Mais je m'aperçois que les étiquettes, elles collent très vite et impriment à long terme le parcours d'un enfant.
Lequel ignore encore que son existence sera parsemée de ces petits riens qui le définiront ensuite comme un être sociable ou pas. Sans qu'il puisse véritablement contrôler cette image qui finira par lui échapper.
mercredi 10 août 2011
De l'utilité de ne (presque) rien faire
Lundi, en descendant le chemin pavé qui mène au domaine (si si) de Poney, j'ai ressenti ce sentiment qui revient chaque fois que je me sens investie d'une "mission" : à défaut d'être divine, la dite mission a pour elle de me donner l'impression d'exister aux yeux de quelqu'un - professionnellement parlant je veux dire.
Donc, ce lundi, j'ai senti ce regain d'énergie qui s'est accentué à la vue de Poney. Sa mine était légèrement halée et, surtout, elle était souriante, moins écorchée vive que lors de nos derniers entretiens, où des événements personnels l'avaient plongée dans une lassitude vivace. Et je ne vous parle même pas de la bouffée supplémentaire que j'ai ressentie, le lendemain, après son coup de téléphone. Elle avait lu le manuscrit que je lui avais rendu et l'avais aimé. Alléluia.
Oui, on s'accroche à ces toutes petites certitudes lorsque plus rien ne vient. J'écume les annonces en vain, évidemment, et je sais que l'avenir reste très obscur. Et comme je n'ai pas le prétexte de jouer mon rôle de mère, par exemple, pour "oublier" de penser à cet avenir pro qui m'interroge, je trace de nouvelles voies, certaines très virtuelles, envisage des pistes parfois un rien improbables et... accepte une mission de retranscription de derrière les fagots, un truc horrible où on entend un type siffler, fermer un placard, jouer avec des clés, dire bonjour à son pote qui passe par là tandis qu'au fond, des gens parlent. Ces gens dont, justement, je suis censée retranscrire les propos. Aïe.
On est d'accord, il faut que ça cesse.
Vous voyez, rien de neuf, donc, sinon que je rêve de vacances, même si la météo absolument pourrie qui n'épargne personne me permet de relativiser. Aller à la plage en ciré, c'est bon, j'ai donné, c'est moyennement drôle. Ah, histoire de pimenter un peu mon quotidien, j'ai eu la bonne idée de tomber malade, me transformant en sorte de zombie qui voudrait néanmoins résister à la léthargie...
Peine perdue.
Mince, pour une fois que je n'ai quasiment aucune contrainte à respecter et que je peux dîner d'un thé et de céréales si ça me chante ou veiller sans penser au réveil trop matinal du lendemain, c'est la tuile.
Ce qui m'a fait le plus bizarre, c'est la réflexion du médecin qui me demandait si je travaillais. Pour savoir s'il me donnait un arrêt-maladie, bien sûr.
Euh non, ce ne sera pas nécessaire... Sur ce, je suis retournée comater en me disant que je passais vraiment un drôle d'été, tiraillée entre toutes ces envies de liberté qui s'offrent à moi et la prise de conscience que ma vie a définitivement changé. Que mes conditions de vie ont changé. Que j'ai changé. Tout court.
Et vous savez quoi? Ça ne m'a même pas déprimée. Bien au contraire.
Donc, ce lundi, j'ai senti ce regain d'énergie qui s'est accentué à la vue de Poney. Sa mine était légèrement halée et, surtout, elle était souriante, moins écorchée vive que lors de nos derniers entretiens, où des événements personnels l'avaient plongée dans une lassitude vivace. Et je ne vous parle même pas de la bouffée supplémentaire que j'ai ressentie, le lendemain, après son coup de téléphone. Elle avait lu le manuscrit que je lui avais rendu et l'avais aimé. Alléluia.
Oui, on s'accroche à ces toutes petites certitudes lorsque plus rien ne vient. J'écume les annonces en vain, évidemment, et je sais que l'avenir reste très obscur. Et comme je n'ai pas le prétexte de jouer mon rôle de mère, par exemple, pour "oublier" de penser à cet avenir pro qui m'interroge, je trace de nouvelles voies, certaines très virtuelles, envisage des pistes parfois un rien improbables et... accepte une mission de retranscription de derrière les fagots, un truc horrible où on entend un type siffler, fermer un placard, jouer avec des clés, dire bonjour à son pote qui passe par là tandis qu'au fond, des gens parlent. Ces gens dont, justement, je suis censée retranscrire les propos. Aïe.
On est d'accord, il faut que ça cesse.
Vous voyez, rien de neuf, donc, sinon que je rêve de vacances, même si la météo absolument pourrie qui n'épargne personne me permet de relativiser. Aller à la plage en ciré, c'est bon, j'ai donné, c'est moyennement drôle. Ah, histoire de pimenter un peu mon quotidien, j'ai eu la bonne idée de tomber malade, me transformant en sorte de zombie qui voudrait néanmoins résister à la léthargie...
Peine perdue.
Mince, pour une fois que je n'ai quasiment aucune contrainte à respecter et que je peux dîner d'un thé et de céréales si ça me chante ou veiller sans penser au réveil trop matinal du lendemain, c'est la tuile.
Ce qui m'a fait le plus bizarre, c'est la réflexion du médecin qui me demandait si je travaillais. Pour savoir s'il me donnait un arrêt-maladie, bien sûr.
Euh non, ce ne sera pas nécessaire... Sur ce, je suis retournée comater en me disant que je passais vraiment un drôle d'été, tiraillée entre toutes ces envies de liberté qui s'offrent à moi et la prise de conscience que ma vie a définitivement changé. Que mes conditions de vie ont changé. Que j'ai changé. Tout court.
Et vous savez quoi? Ça ne m'a même pas déprimée. Bien au contraire.
mercredi 3 août 2011
Ce léger désoeuvrement
Combien de fois ai-je songé que je ne pouvais sortir ici, me rendre là, goûter à ceci ou envisager cela car... j'avais mon fils ce soir. Oui, l'année scolaire passe et elle est pleine de ces mini-sacrifices maternels qui, au final, ne laissent pas vraiment de traces. On s'en accommode, voilà tout.
Parfois, aussi, on se sent bousculé par cette routine école 18h-dîner 19h - coucher 20h et quand l'heure des grandes vacances sonne, on a juste envie de donner un grand coup de pied là-dedans et de vivre, vraiment, sans contraintes. Sauf que 1/ Loulou est fatigué de son année; 2/ Loulou, du coup, est fatigant; 3/ Les enfants ont besoin de sommeil, emploi du temps free ou pas; 4/ Les parents ont aussi besoin de souffler; 5/ Et puis les vacances sans partir, ça devient long.
Je crois avoir un peu surestimé mes forces le mois passé, imaginant emmener Loulou par monts et par vaux découvrir les rivages et terres, sinon de l'hexagone, au moins de notre région... En fait, il a dû se contenter de quelques tours de tyrolienne dans un parc, d'une baignade tout habillé (en jean-parka, sinon c'est pas drôle) dans une piscine artificielle (en béton!) d'un parc nantais par -12 degrés et une pluie battante, quelques vagues promenades amicales, deux-trois pestacles de chevaliers et de théâtre, une petite virée express à la mer (toujours par -12, mais cette fois en maillot de bain, quelle mère prévoyante je suis, quand même) et des après-midis chez les grand-parents parce qu'il paraît qu'il avait une mère débordée par le travail. Si si.
De toute façon, quoiqu'on fasse, il trouvait tout nul.
Vive l'adolescence.
On me dit que mon Loulou n'a que 7 ans et demi.
Soit.
...
Autant vous dire que je suis très moyennement satisfaite de ces pseudo-vacances passées tous les deux. Pourtant, le mois d'août venant, j'ai bien dû m'en contenter parce qu'il est parti chez son papa, me laissant seule avec tous ces trucs que, donc, j'allais pouvoir faire, sans avoir à me soucier de l'heure. Yipppppaa, liberté chérie...
Eh ben, le truc, c'est que j'ai du mal.
Je ne sais plus quoi faire de tout ce temps. Partir en vacances? Ah ah, c'te blague. Travailler? Les missions sont finies pour le mois. Chercher du travail? Je m'y suis collée en envoyant quelques lettres, comme des bouteilles à la mer tant je sais que la période n'est pas propice au recrutement. Mais j'y crois, c'est déjà ça...
J'exagère un peu, car finalement, ce temps m'a permis d'avancer sérieusement sur le manuscrit de Poney. Je suis à l'affût de la moindre annonce qui pourrait se rapprocher de mon profil (l'espoir fait vivre), je peux aller faire du sport quand je veux et sortir comme bon me semble.
Mais devenir "kid-free" quand on a l'habitude d'avoir dans ses pattes un loulou un rien hyperactif, ben, que voulez-vous, ça perturbe.
Je réalise aussi que le gouffre entre ma vie et celle, lambda, des gens salariés (ou indépendants, certes, mais avec des clients réguliers), s'élargit chaque jour un peu plus. Pas question de pleurer sur mon sort, ne pas partir au soleil ou à l'aventure n'est pas non plus catastrophique. C'est l'angoisse du lendemain qui m'étreint un peu, me dire que tous ces gens en goguette actuellement vont réintégrer leur poste demain, dans une semaine ou à la rentrée, pendant que j'en serai toujours à me demander où est ma place.
A moi de l'inventer, je crois. Voilà une perspective pour les jours à venir. En ces temps de disette, c'est déjà pas si mal, non?
Parfois, aussi, on se sent bousculé par cette routine école 18h-dîner 19h - coucher 20h et quand l'heure des grandes vacances sonne, on a juste envie de donner un grand coup de pied là-dedans et de vivre, vraiment, sans contraintes. Sauf que 1/ Loulou est fatigué de son année; 2/ Loulou, du coup, est fatigant; 3/ Les enfants ont besoin de sommeil, emploi du temps free ou pas; 4/ Les parents ont aussi besoin de souffler; 5/ Et puis les vacances sans partir, ça devient long.
Je crois avoir un peu surestimé mes forces le mois passé, imaginant emmener Loulou par monts et par vaux découvrir les rivages et terres, sinon de l'hexagone, au moins de notre région... En fait, il a dû se contenter de quelques tours de tyrolienne dans un parc, d'une baignade tout habillé (en jean-parka, sinon c'est pas drôle) dans une piscine artificielle (en béton!) d'un parc nantais par -12 degrés et une pluie battante, quelques vagues promenades amicales, deux-trois pestacles de chevaliers et de théâtre, une petite virée express à la mer (toujours par -12, mais cette fois en maillot de bain, quelle mère prévoyante je suis, quand même) et des après-midis chez les grand-parents parce qu'il paraît qu'il avait une mère débordée par le travail. Si si.
De toute façon, quoiqu'on fasse, il trouvait tout nul.
Vive l'adolescence.
On me dit que mon Loulou n'a que 7 ans et demi.
Soit.
...
Autant vous dire que je suis très moyennement satisfaite de ces pseudo-vacances passées tous les deux. Pourtant, le mois d'août venant, j'ai bien dû m'en contenter parce qu'il est parti chez son papa, me laissant seule avec tous ces trucs que, donc, j'allais pouvoir faire, sans avoir à me soucier de l'heure. Yipppppaa, liberté chérie...
Eh ben, le truc, c'est que j'ai du mal.
Je ne sais plus quoi faire de tout ce temps. Partir en vacances? Ah ah, c'te blague. Travailler? Les missions sont finies pour le mois. Chercher du travail? Je m'y suis collée en envoyant quelques lettres, comme des bouteilles à la mer tant je sais que la période n'est pas propice au recrutement. Mais j'y crois, c'est déjà ça...
J'exagère un peu, car finalement, ce temps m'a permis d'avancer sérieusement sur le manuscrit de Poney. Je suis à l'affût de la moindre annonce qui pourrait se rapprocher de mon profil (l'espoir fait vivre), je peux aller faire du sport quand je veux et sortir comme bon me semble.
Mais devenir "kid-free" quand on a l'habitude d'avoir dans ses pattes un loulou un rien hyperactif, ben, que voulez-vous, ça perturbe.
Je réalise aussi que le gouffre entre ma vie et celle, lambda, des gens salariés (ou indépendants, certes, mais avec des clients réguliers), s'élargit chaque jour un peu plus. Pas question de pleurer sur mon sort, ne pas partir au soleil ou à l'aventure n'est pas non plus catastrophique. C'est l'angoisse du lendemain qui m'étreint un peu, me dire que tous ces gens en goguette actuellement vont réintégrer leur poste demain, dans une semaine ou à la rentrée, pendant que j'en serai toujours à me demander où est ma place.
A moi de l'inventer, je crois. Voilà une perspective pour les jours à venir. En ces temps de disette, c'est déjà pas si mal, non?
lundi 25 juillet 2011
Mémo du bonheur
Alors que je vivais sur mon petit nuage, depuis quelques mois, simplement heureuse et apaisée, j'ai songé brièvement écrire, comme un mémo, une sorte de liste. Oui, une liste de ces choses qui me rendaient si euphorique, qui m'avaient permis de balayer les nuages et qui me donnaient le sentiment de toucher du doigt le Bonheur.
La semaine passée, alors que je nageais en plein désespoir, les larmes longtemps maîtrisées, mais tellement coincées qu'elles me donnaient la nausée, oui, avant que ces larmes ne sortent au pire moment - devant le conseiller de Pôle Emploi - alors que j'étais redevenue cette boule d'angoisse tétanisée par la peur de tout, j'ai songé brièvement à quel point j'avais été idiote de ne pas rédiger ce mémo. Juste pour me souvenir de cette liste de choses qui, globalement, n'avaient pas vraiment changé et qui auraient dû me donner le sentiment de toucher du doigt le Bonheur.
Aujourd'hui, je n'ai pas trouvé la solution à toutes les questions matérielles qui se posent à moi, mais je serais capable, je crois, d'écrire ce mémo. Le sourire est revenu, le moral avec, les envies, l'énergie, la volonté d'avancer et de croquer dans cette vie insensée que nous menons et qui nous mène, surtout.
Je serais capable de l'écrire, ce mémo...
Et en même temps, je n'en vois pas (plus?) trop l'intérêt.
Car j'ai bien compris que la vérité d'un jour n'était pas celle du lendemain et qu'un seul grain de sable pouvait enrayer un système pourtant bien huilé. Qu'on pouvait envisager avec le sourire ou le chagrin la même situation. Cette éternelle histoire du verre à moitié plein...
Comme pour ma cuisine, je n'ai pas de recette pour le bonheur. Je change souvent les ingrédients de la recette initiale, je m'autorise pas mal de libertés, j'enlève un peu de ci - soit-disant le truc indispensable pour le succès de la recette - et je rajoute cela - le truc risqué, normalement. Pour avoir cette sensation, j'imagine, d'inventer, de rajouter ma petite touche.
Dans les commentaires du précédent post (auquel je ne peux pas répondre, dès que je ne suis plus une quiche en informatique, je vous sonne), Anne pointait le doigt sur cet aspect. Ce goût du risque. Cette envie de me coller à chaque fois au pied du mur, qui me met souvent minable, j'en conviens, mais qui m'aide aussi à rebondir. Comme pour la cuisine, je crois que j'ai envie d'inventer ma vie. Alors, forcément, il y a des ratés. Je navigue entre les lignes, j'en rattrape une, parfois, j'essaie de la suivre, hop hop hop, elle me lasse, j'en franchis une autre mais parfois... bah il y a un gouffre entre ces tracés structurants.
C'est ce qui s'est passé pour moi. Je me suis retrouvée perdue au fond de ce gouffre et je réalise que je ne le supporte plus. J'ai besoin de me raccrocher à quelque chose d'un peu rassurant (comme tout le monde, je ne me prends pas pour un modèle unique) (quoique, ce serait peut-être mieux pour l'équilibre collectif, qu'il n'y en ait pas trop, des comme moi...) et quand je sens que je n'ai plus prise sur rien, ben....
Badaboum.
La mouette est KO.
Je considère aujourd'hui le départ de mon travail passé comme le début d'une nouvelle vie. Pas une renaissance, parce que j'y avais bien vécu, globalement, mais l'ouverture sur un monde nouveau, avec un regard plus attentif sur ce qui m'entoure, comme si j'étais sortie d'années de léthargie, solidement ancrée dans ma bulle. Depuis ce jour d'octobre 2008 où j'ai largué les amarres, j'ai connu l'euphorie, les doutes, les projets, les rabats-joie, les gens qui consolent et qui encouragent. Je me suis sentie chaque jour vibrer davantage pour cette liberté qui, d'un point de vue assez prosaïque (les sous, toussa), m'affaiblissait.
Elle m'ouvrait des portes que je n'avais même pas envisagées auparavant. Et refermait paradoxalement le cadre dans lequel je m'étais construite, me faisant sentir plus encore à l'étroit, dans cette période d'entre d'eux, balancée entre mes vélléités d'indépendance et l'envie de "vivre comme tout le monde", et de taire ainsi des angoisses somme toute légitimes, à coup de revenu fixe et de tickets-restaurant.
Je me suis découvert une sensibilité nouvelle, aussi, ressentant des choses que mon esprit ne me laissait visiblement pas le loisir de cerner, auparavant. Parfois, cette chose qui monte en moi m'effraie, d'ailleurs, tant j'ai l'impression d'être devenue une éponge.
En écrivant tout cela, j'ai l'impression de me répéter, et pourtant, à chaque "crise" existentielle, tout me ramène vers ce chemin de départ. Comme pour m'encourager. Comme pour me dire: "regarde le chemin que tu as parcouru." Chemin vers la découverte, oui. Chemin vers la précarité, aussi, évidemment. Je ne peux le contester et, une fois encore, c'est comme si j'avais eu besoin de creuser très profondément pour savoir jusqu'où j'allais pouvoir résister.
Mais la grande différence, c'est que, aujourd'hui, je n'attends pas d'être ensevelie par le sable qui retombe, je trébuche, je tombe et je m'écorche, parfois, et puis je me raccroche à cette micro-énergie qu'il me reste pour réagir. Je pense à mon fils, je pense à mes amours, je pense à ces petites surprises qui s'amoncellent, ces petits signes, ces infimes gestes qui me font revenir à la vie.
Et je sais qu'aucun mémo ne pourra mieux les rappeler que mes souvenirs, quelques mots, un regard et mon envie de collectionner, encore et encore, les images d'une vie différente, certes, mais colorée et en mouvement.
La semaine passée, alors que je nageais en plein désespoir, les larmes longtemps maîtrisées, mais tellement coincées qu'elles me donnaient la nausée, oui, avant que ces larmes ne sortent au pire moment - devant le conseiller de Pôle Emploi - alors que j'étais redevenue cette boule d'angoisse tétanisée par la peur de tout, j'ai songé brièvement à quel point j'avais été idiote de ne pas rédiger ce mémo. Juste pour me souvenir de cette liste de choses qui, globalement, n'avaient pas vraiment changé et qui auraient dû me donner le sentiment de toucher du doigt le Bonheur.
Aujourd'hui, je n'ai pas trouvé la solution à toutes les questions matérielles qui se posent à moi, mais je serais capable, je crois, d'écrire ce mémo. Le sourire est revenu, le moral avec, les envies, l'énergie, la volonté d'avancer et de croquer dans cette vie insensée que nous menons et qui nous mène, surtout.
Je serais capable de l'écrire, ce mémo...
Et en même temps, je n'en vois pas (plus?) trop l'intérêt.
Car j'ai bien compris que la vérité d'un jour n'était pas celle du lendemain et qu'un seul grain de sable pouvait enrayer un système pourtant bien huilé. Qu'on pouvait envisager avec le sourire ou le chagrin la même situation. Cette éternelle histoire du verre à moitié plein...
Comme pour ma cuisine, je n'ai pas de recette pour le bonheur. Je change souvent les ingrédients de la recette initiale, je m'autorise pas mal de libertés, j'enlève un peu de ci - soit-disant le truc indispensable pour le succès de la recette - et je rajoute cela - le truc risqué, normalement. Pour avoir cette sensation, j'imagine, d'inventer, de rajouter ma petite touche.
Dans les commentaires du précédent post (auquel je ne peux pas répondre, dès que je ne suis plus une quiche en informatique, je vous sonne), Anne pointait le doigt sur cet aspect. Ce goût du risque. Cette envie de me coller à chaque fois au pied du mur, qui me met souvent minable, j'en conviens, mais qui m'aide aussi à rebondir. Comme pour la cuisine, je crois que j'ai envie d'inventer ma vie. Alors, forcément, il y a des ratés. Je navigue entre les lignes, j'en rattrape une, parfois, j'essaie de la suivre, hop hop hop, elle me lasse, j'en franchis une autre mais parfois... bah il y a un gouffre entre ces tracés structurants.
C'est ce qui s'est passé pour moi. Je me suis retrouvée perdue au fond de ce gouffre et je réalise que je ne le supporte plus. J'ai besoin de me raccrocher à quelque chose d'un peu rassurant (comme tout le monde, je ne me prends pas pour un modèle unique) (quoique, ce serait peut-être mieux pour l'équilibre collectif, qu'il n'y en ait pas trop, des comme moi...) et quand je sens que je n'ai plus prise sur rien, ben....
Badaboum.
La mouette est KO.
Je considère aujourd'hui le départ de mon travail passé comme le début d'une nouvelle vie. Pas une renaissance, parce que j'y avais bien vécu, globalement, mais l'ouverture sur un monde nouveau, avec un regard plus attentif sur ce qui m'entoure, comme si j'étais sortie d'années de léthargie, solidement ancrée dans ma bulle. Depuis ce jour d'octobre 2008 où j'ai largué les amarres, j'ai connu l'euphorie, les doutes, les projets, les rabats-joie, les gens qui consolent et qui encouragent. Je me suis sentie chaque jour vibrer davantage pour cette liberté qui, d'un point de vue assez prosaïque (les sous, toussa), m'affaiblissait.
Elle m'ouvrait des portes que je n'avais même pas envisagées auparavant. Et refermait paradoxalement le cadre dans lequel je m'étais construite, me faisant sentir plus encore à l'étroit, dans cette période d'entre d'eux, balancée entre mes vélléités d'indépendance et l'envie de "vivre comme tout le monde", et de taire ainsi des angoisses somme toute légitimes, à coup de revenu fixe et de tickets-restaurant.
Je me suis découvert une sensibilité nouvelle, aussi, ressentant des choses que mon esprit ne me laissait visiblement pas le loisir de cerner, auparavant. Parfois, cette chose qui monte en moi m'effraie, d'ailleurs, tant j'ai l'impression d'être devenue une éponge.
En écrivant tout cela, j'ai l'impression de me répéter, et pourtant, à chaque "crise" existentielle, tout me ramène vers ce chemin de départ. Comme pour m'encourager. Comme pour me dire: "regarde le chemin que tu as parcouru." Chemin vers la découverte, oui. Chemin vers la précarité, aussi, évidemment. Je ne peux le contester et, une fois encore, c'est comme si j'avais eu besoin de creuser très profondément pour savoir jusqu'où j'allais pouvoir résister.
Mais la grande différence, c'est que, aujourd'hui, je n'attends pas d'être ensevelie par le sable qui retombe, je trébuche, je tombe et je m'écorche, parfois, et puis je me raccroche à cette micro-énergie qu'il me reste pour réagir. Je pense à mon fils, je pense à mes amours, je pense à ces petites surprises qui s'amoncellent, ces petits signes, ces infimes gestes qui me font revenir à la vie.
Et je sais qu'aucun mémo ne pourra mieux les rappeler que mes souvenirs, quelques mots, un regard et mon envie de collectionner, encore et encore, les images d'une vie différente, certes, mais colorée et en mouvement.
mardi 7 juin 2011
Reflets
Le recul. J'en mesure toute l'importance, aujourd'hui. Pour deux raisons.
Hier soir, je suis allée dîner au Café Clochette, pour une sorte d'au revoir émouvant à ce lieu si unique. L'occasion de revoir, soudainement, quelques images de ce passé pas si lointain, de ces espoirs fanés, de ces illusions perdues. Oh, j'ai balayé la nostalgie d'un revers de main et à vrai dire, j'ai surtout pensé à la cafelière, à tout ce pan de vie qu'elle avait joyeusement et courageusement animé, en imaginant ce qu'elle pouvait ressentir, en sentant presque ce petit bout de coeur qui tombe, parce que l'aventure est finie et que la cruauté de la vraie vie a repris le dessus.
J'ai songé que j'aurais pu, moi aussi, être à sa place et que la vie m'avait conduite vers d'autres voies, avec beaucoup de bonheur finalement. J'avais déjà eu cette sensation du "un mal pour un bien". Je m'y étais résolue : il y avait une bonne raison pour que mon projet ne se concrétise pas, et des mois plus tard, je réalise combien j'aime ma vie, là, maintenant, malgré ces déboires professionnels.
L'autre raison est toute bête. Dans le cadre d'une éventuelle collaboration (je vous en reparlerai peut-être -j'espère, tout du moins), je dois regrouper quelques écrits, de ci de là, histoire de convaincre mon potentiel employeur du bien fondé de mon embauche. Je suis donc allée piocher dans les archives de ce blog et je découvre certains posts avec un oeil nouveau, ayant même parfois du mal à resituer le contexte de ces tranches de vie, comme si une autre les avait racontées et même vécues...
Étrange sensation, à vrai dire.
Je réalise à quel point la colère m'a animée, tout ce temps, combien j'avais besoin d'apaisement. Aujourd'hui, je ne parviens pas toujours à évacuer ces relents de doute qui me rongent trop souvent, je ressens encore ce besoin permanent d'être rassurée.
Pourtant, il me semble avoir trouvé une sorte d'équilibre, un optimisme un rien indécent dans le contexte actuel, une envie ragaillardie de croquer la vie. Et la colère s'en est allée, doucement. Comme si j'avais pris conscience que pour voler de mes propres ailes, je devais me défaire de ces jugements extérieurs, de ces petites mesquineries quotidiennes, de cette bassesse d'esprit, parfois, de cet individualisme forcené - que je continue néanmoins de vivre, de façon sporadique, comme une agression.
Oui, j'ai lu avec un certain amusement ces lignes pleines d'espoir déçu et de rancoeur que j'ai pu écrire. Je ne renie ni ne regrette rien, je me suis toujours épanchée avec sincérité et elles étaient le reflet de mon état d'esprit d'alors. Mais c'est drôle de reculer de quelques pas, pour mieux cerner la perspective, et de réaliser à quel point, dans cette quête effrénée de l'absolu, on peut à ce point négliger de se regarder dans le miroir.
En prenant juste, de temps à autre, la mesure de nos propres choix.
Hier soir, je suis allée dîner au Café Clochette, pour une sorte d'au revoir émouvant à ce lieu si unique. L'occasion de revoir, soudainement, quelques images de ce passé pas si lointain, de ces espoirs fanés, de ces illusions perdues. Oh, j'ai balayé la nostalgie d'un revers de main et à vrai dire, j'ai surtout pensé à la cafelière, à tout ce pan de vie qu'elle avait joyeusement et courageusement animé, en imaginant ce qu'elle pouvait ressentir, en sentant presque ce petit bout de coeur qui tombe, parce que l'aventure est finie et que la cruauté de la vraie vie a repris le dessus.
J'ai songé que j'aurais pu, moi aussi, être à sa place et que la vie m'avait conduite vers d'autres voies, avec beaucoup de bonheur finalement. J'avais déjà eu cette sensation du "un mal pour un bien". Je m'y étais résolue : il y avait une bonne raison pour que mon projet ne se concrétise pas, et des mois plus tard, je réalise combien j'aime ma vie, là, maintenant, malgré ces déboires professionnels.
L'autre raison est toute bête. Dans le cadre d'une éventuelle collaboration (je vous en reparlerai peut-être -j'espère, tout du moins), je dois regrouper quelques écrits, de ci de là, histoire de convaincre mon potentiel employeur du bien fondé de mon embauche. Je suis donc allée piocher dans les archives de ce blog et je découvre certains posts avec un oeil nouveau, ayant même parfois du mal à resituer le contexte de ces tranches de vie, comme si une autre les avait racontées et même vécues...
Étrange sensation, à vrai dire.
Je réalise à quel point la colère m'a animée, tout ce temps, combien j'avais besoin d'apaisement. Aujourd'hui, je ne parviens pas toujours à évacuer ces relents de doute qui me rongent trop souvent, je ressens encore ce besoin permanent d'être rassurée.
Pourtant, il me semble avoir trouvé une sorte d'équilibre, un optimisme un rien indécent dans le contexte actuel, une envie ragaillardie de croquer la vie. Et la colère s'en est allée, doucement. Comme si j'avais pris conscience que pour voler de mes propres ailes, je devais me défaire de ces jugements extérieurs, de ces petites mesquineries quotidiennes, de cette bassesse d'esprit, parfois, de cet individualisme forcené - que je continue néanmoins de vivre, de façon sporadique, comme une agression.
Oui, j'ai lu avec un certain amusement ces lignes pleines d'espoir déçu et de rancoeur que j'ai pu écrire. Je ne renie ni ne regrette rien, je me suis toujours épanchée avec sincérité et elles étaient le reflet de mon état d'esprit d'alors. Mais c'est drôle de reculer de quelques pas, pour mieux cerner la perspective, et de réaliser à quel point, dans cette quête effrénée de l'absolu, on peut à ce point négliger de se regarder dans le miroir.
En prenant juste, de temps à autre, la mesure de nos propres choix.
mercredi 1 juin 2011
Tout ce que j'aurais voulu dire...
J'aurais tellement de choses à vous raconter que je ne sais plus par quoi commencer. Ma petite vie va à cent à l'heure, actuellement, et ce n'est pas pour me déplaire, vous l'aurez deviné. Du coup, j'en viens à me demander si je ne ressens ce besoin d'écrire qu'en ces temps de doute et de solitude pas si lointains. Bien sûr, la propension à s'épancher ici est d'autant plus grande qu'elle comblait sans doute, jusqu'ici, une sorte de vide abyssal que je ressentais trop souvent. Pourtant, l'envie d'écrire ne m'a pas lâchée. J'ai simplement été prise dans un tourbillon, et je n'ai pas pris le temps de vous raconter ces deux, trois choses que j'aime habituellement partager avec vous.
Tout se perd, les amis.
Bref.
J'aurais pu vous raconter, par exemple, cette sensation incroyable que j'ai ressentie, vendredi dernier, face à Poney. J'ai eu littéralement l'impression de voir sortir des pages de son manuscrit la petite fille qu'elle décrivait si bien. L'enfant délaissée qu'elle a été, à la fois privilégiée (matériellement) et tellement esseulée. Si vive et si seule. Poney se trouve provisoirement dans un EHPAD (mais si, vous savez, ces accueils de jour, des maisons de retraite, quoi. 'Scusez, je suis intoxiquée par les abréviations à force d'écouter du politicard) et c'est donc dans cet endroit paisible et - évidemment - mortel (sans mauvais jeu de mots) que je l'ai retrouvée pour nos traditionnels entretiens. Dépitée de se trouver au milieu de ces vieux qu'elle déteste (!), Poney, 86 ans, ne cache pas son mépris pour ces braves âmes dont le but est d'avoir la plus grosse maladie à mettre en exergue à la face de tout l'EHPAD.
Alors, Poney a haussé les épaules, soupiré, et s'en est allée. Elle n'a rien à voir avec eux, et continue de se pomponner. Plus par habitude qu'autre chose, je crois. Elle est totalement découragée. Elle aimerait tant que son manuscrit soit publié... Patience, patience, ai-je tenté de la rassurer. Mais tout était décidément trop lourd, ce jour-là. Elle n'en pouvait plus. Ses yeux brillaient plus que de raison et elle a serré les dents, très fort. J'en ai eu la chair de poule. Et là, j'ai compris ce parallèle entre celle qu'elle est aujourd'hui et cette petite fille, qu'on baladait de maison en maison, parce que sa présence gênait sa propre famille. Je me suis dit que même à 86 ans, on n'était pas blasé. Que l'on pouvait ressentir avec la même violence les uppercuts que la vie nous inflige et, comme une gamine de 8 ans, nourrir cette part d'espièglerie, que Poney garde au fond d'elle.
J'aurais pu vous raconter combien je me suis sentie à côté de mes pompes, lundi, lorsque les institutrices nous ont conviés - nous, parents respectables - à une petite réunion pour débriefer sur les évaluations nationales. En les écoutant parler, j'ai constaté, non sans un certain effroi, que j'étais complètement passée à côté de cet épisode scolaire de mon Loulou. Oh, j'avais bien signé un mot stipulant que les élèves allaient s'atteler à de petits tests. J'ai surtout pensé que le Ministère de l'Education y voyait là l'occasion de remplir des cases et de nous sortir de jolies stats. Point. Je n'ai même pas envisagé une seconde de faire bachoter mon fils, au contraire de mères tellement plus impliquées que moi... Et à voir certaines d'entre elles noter assidûment tous les commentaires des instits ce soir-là, à entendre d'autres revenir sur l'état d'avancement - ou plutôt de retard- de la classe sur le programme scolaire, je me suis juste enfoncée un peu plus dans ma chaise. En même temps, on était tous un peu ridicules, derrière notre pupitre, genre les géants dans un monde de lilliputiens.
J'aurais pu vous raconter la magie de Royal de Luxe, troupe installée sur Nantes depuis des années, revenue dans sa ville en fanfare avec un spectacle absolument grandiose, que j'ai suivi les yeux écarquillés. Au delà du réalisme de ces géants, au delà de l'énergie incroyable déployée par ces artistes en tenue de velours sous le cagnard nantais, au delà de la grandiloquence de l'événement, j'ai savouré ces miettes de l'enfance que ces hommes et ces femmes jetaient, en battant le pavé, en sautant, en criant, heureuse de constater que l'imagination a encore sa place en ce bas monde et que certaines âmes n'ont pas tout perdu de leur candeur.
J'aurais pu vous raconter mon hilarité intérieure en voyant une photo d'un type sur lequel j'avais flashé, lors d'un mariage voilà trois ans - et même un peu fantasmé, je dois bien l'admettre. Devant le cliché, devant ce visage fade qui m'avait semblé si rayonnant alors, je me suis demandé ce que j'avais bien pu imaginer.
J'aurais pu vous raconter mon introspection dans la seconde qui a suivi, lorsque j'ai tourné la page. Je figurais aussi dans l'album. Je me suis aussi demandé ce que j'avais bien pu imaginer, avec cette tête de déterrée, qui vivait encore dans le doux monde du salariat, pressée comme un citron.
J'aurais pu vous raconter combien j'aime mon quotidien, aujourd'hui, même si rien n'a fondamentalement changé, que les lendemains demeurent incertains. Combien j'ai l'impression de ne plus me noyer dans un verre d'eau.
J'aurais pu vous raconter la plage, le soleil, les rires et la complicité qui s'installe avec de nouvelles têtes, les instants un peu à part, un soir en terrasse, un autre entre amis. La vie, dans sa plus grande banalité, en somme. Dans ce qu'elle a de plus beau, aussi.
J'aurais pu vous raconter ce sentiment diffus de toucher du doigt le bonheur. Oui, vous raconter combien ma volonté de reprendre le contrôle sur ma vie m'a paradoxalement permise de lâcher prise.
Mais ce sera pour une autre fois. Lorsque le calme aura repris ses droits. Et après quelques jours de vacances, parce que, oui, dans ma grande candeur, je crois encore que je peux partir en vadrouille et faire comme bon me chante.
Tout se perd, les amis.
Bref.
J'aurais pu vous raconter, par exemple, cette sensation incroyable que j'ai ressentie, vendredi dernier, face à Poney. J'ai eu littéralement l'impression de voir sortir des pages de son manuscrit la petite fille qu'elle décrivait si bien. L'enfant délaissée qu'elle a été, à la fois privilégiée (matériellement) et tellement esseulée. Si vive et si seule. Poney se trouve provisoirement dans un EHPAD (mais si, vous savez, ces accueils de jour, des maisons de retraite, quoi. 'Scusez, je suis intoxiquée par les abréviations à force d'écouter du politicard) et c'est donc dans cet endroit paisible et - évidemment - mortel (sans mauvais jeu de mots) que je l'ai retrouvée pour nos traditionnels entretiens. Dépitée de se trouver au milieu de ces vieux qu'elle déteste (!), Poney, 86 ans, ne cache pas son mépris pour ces braves âmes dont le but est d'avoir la plus grosse maladie à mettre en exergue à la face de tout l'EHPAD.
Alors, Poney a haussé les épaules, soupiré, et s'en est allée. Elle n'a rien à voir avec eux, et continue de se pomponner. Plus par habitude qu'autre chose, je crois. Elle est totalement découragée. Elle aimerait tant que son manuscrit soit publié... Patience, patience, ai-je tenté de la rassurer. Mais tout était décidément trop lourd, ce jour-là. Elle n'en pouvait plus. Ses yeux brillaient plus que de raison et elle a serré les dents, très fort. J'en ai eu la chair de poule. Et là, j'ai compris ce parallèle entre celle qu'elle est aujourd'hui et cette petite fille, qu'on baladait de maison en maison, parce que sa présence gênait sa propre famille. Je me suis dit que même à 86 ans, on n'était pas blasé. Que l'on pouvait ressentir avec la même violence les uppercuts que la vie nous inflige et, comme une gamine de 8 ans, nourrir cette part d'espièglerie, que Poney garde au fond d'elle.
J'aurais pu vous raconter combien je me suis sentie à côté de mes pompes, lundi, lorsque les institutrices nous ont conviés - nous, parents respectables - à une petite réunion pour débriefer sur les évaluations nationales. En les écoutant parler, j'ai constaté, non sans un certain effroi, que j'étais complètement passée à côté de cet épisode scolaire de mon Loulou. Oh, j'avais bien signé un mot stipulant que les élèves allaient s'atteler à de petits tests. J'ai surtout pensé que le Ministère de l'Education y voyait là l'occasion de remplir des cases et de nous sortir de jolies stats. Point. Je n'ai même pas envisagé une seconde de faire bachoter mon fils, au contraire de mères tellement plus impliquées que moi... Et à voir certaines d'entre elles noter assidûment tous les commentaires des instits ce soir-là, à entendre d'autres revenir sur l'état d'avancement - ou plutôt de retard- de la classe sur le programme scolaire, je me suis juste enfoncée un peu plus dans ma chaise. En même temps, on était tous un peu ridicules, derrière notre pupitre, genre les géants dans un monde de lilliputiens.
J'aurais pu vous raconter la magie de Royal de Luxe, troupe installée sur Nantes depuis des années, revenue dans sa ville en fanfare avec un spectacle absolument grandiose, que j'ai suivi les yeux écarquillés. Au delà du réalisme de ces géants, au delà de l'énergie incroyable déployée par ces artistes en tenue de velours sous le cagnard nantais, au delà de la grandiloquence de l'événement, j'ai savouré ces miettes de l'enfance que ces hommes et ces femmes jetaient, en battant le pavé, en sautant, en criant, heureuse de constater que l'imagination a encore sa place en ce bas monde et que certaines âmes n'ont pas tout perdu de leur candeur.
J'aurais pu vous raconter mon hilarité intérieure en voyant une photo d'un type sur lequel j'avais flashé, lors d'un mariage voilà trois ans - et même un peu fantasmé, je dois bien l'admettre. Devant le cliché, devant ce visage fade qui m'avait semblé si rayonnant alors, je me suis demandé ce que j'avais bien pu imaginer.
J'aurais pu vous raconter mon introspection dans la seconde qui a suivi, lorsque j'ai tourné la page. Je figurais aussi dans l'album. Je me suis aussi demandé ce que j'avais bien pu imaginer, avec cette tête de déterrée, qui vivait encore dans le doux monde du salariat, pressée comme un citron.
J'aurais pu vous raconter combien j'aime mon quotidien, aujourd'hui, même si rien n'a fondamentalement changé, que les lendemains demeurent incertains. Combien j'ai l'impression de ne plus me noyer dans un verre d'eau.
J'aurais pu vous raconter la plage, le soleil, les rires et la complicité qui s'installe avec de nouvelles têtes, les instants un peu à part, un soir en terrasse, un autre entre amis. La vie, dans sa plus grande banalité, en somme. Dans ce qu'elle a de plus beau, aussi.
J'aurais pu vous raconter ce sentiment diffus de toucher du doigt le bonheur. Oui, vous raconter combien ma volonté de reprendre le contrôle sur ma vie m'a paradoxalement permise de lâcher prise.
Mais ce sera pour une autre fois. Lorsque le calme aura repris ses droits. Et après quelques jours de vacances, parce que, oui, dans ma grande candeur, je crois encore que je peux partir en vadrouille et faire comme bon me chante.
mercredi 25 mai 2011
Entre deux
J'ai toujours vu ce blog comme un exutoire. Je n'aime pas le laisser en friche et pourtant, je sens bien que ce n'est plus tout à fait comme avant. Oh, je continue de me chercher, d'explorer de nouvelles voies, de dire poliment bonjour au voisin physiquement intelligent et de retranscrire des autorisations de programme et des crédits de paiement à gogo, je vous rassure. Mais c'est comme si toute cette nouvelle vie pleine de relief et de sentiments ne pouvait prendre corps ici, comme si cet espace n'était réservé qu'à ce long chemin pavé d'épines que j'ai traversé.
Je ne vous abandonne pas, je sais que je vais revenir ici. J'espérais même vous raconter comment j'ai décroché un entretien pour un vrai travail, avec des morceaux de stabilité dedans. Las, le rendez-vous a été reporté. Me voilà de nouveau dans cette phase entre-deux, sans savoir vraiment de quoi demain sera fait mais avec la certitude que, décidément, ça va aller.
Je vous embrasse!
Je ne vous abandonne pas, je sais que je vais revenir ici. J'espérais même vous raconter comment j'ai décroché un entretien pour un vrai travail, avec des morceaux de stabilité dedans. Las, le rendez-vous a été reporté. Me voilà de nouveau dans cette phase entre-deux, sans savoir vraiment de quoi demain sera fait mais avec la certitude que, décidément, ça va aller.
Je vous embrasse!
mercredi 4 mai 2011
De l'impact du concentré de Bisounours
Je suis fauchée.
Je n'ai pas décroché un boulot en or, seulement une mission de sept heures à rendre pour hier, avec des syndicalistes et des archéologues dedans (enfin, je crois), dont je ne comprends pas un traître mot.
Je n'ai toujours pas trouvé comment on éteignait les piles sur mon Loulou, en cas d'urgence (id lorsque je suis à deux doigts de craquer).
Je n'ai pas non plus dégoté la formule magique pour stopper net mon irrépressible (et fatale...) attraction pour le chocolat, si ce n'est d'aller me taillader les mollets avec des orties, à l'insu de mon plein gré en allant courir dans les bois pour atténuer les dégâts (entre autres).
J'ai essuyé un revers et demi amoureux ces trois derniers mois (nan, nan, pas deux, un et demi, on a sa fierté).
J'ai les marques de mon bikini, sur un bronzage agricole global, c'est très classe.
Ma frange repousse trop vite, et ma coiffure j'en-ai-marre-de-vivre reprend le dessus.
Je ne demanderai pas à Kate de me prêter sa traîne pour cet été.
Superman s'est déchu lui-même de sa nationalité américaine et même Oussama ne nous fera plus rire avec ses "espices de counasses". Paraîtrait qu'il est parti endosser l'habit de lumière d'Elvis.
On continue de bouffer du pesticide, on ne pourra bientôt plus utiliser sa voiture - fut-elle quasi-neuve comme ma nouvelle titine-qu'elle-est-trop-belle-les-amis - sans risquer de sacrifier un demi-salaire mensuel, les écolos s'aventurent sur le terrain miné de la zizanie, emprunté déjà fort maladroitement par la gauche, on risque de bouffer du Nicolas & Carlita junior à toutes les sauces si la rumeur se confirme, la menace Fukushima, à défaut de remplir les colonnes des journaux - qui ne savent plus donner de la tête entre Yemen, Lybie, Oussama, Obama, notre vieux fou ex-catho nantais et la révélation des quotas dans le foot français (nooooon???? Il y aurait des gens racistes dans le sport? Quelle révélation, dis donc. Je crois que je vous en reparlerai un de ces quatre) - la menace Fukushima, donc, continue de planer sur nos têtes tandis que Nico explique sans broncher les vertus du nucléaire, la crise n'en finit plus de rendre nos quotidiens chaque jour plus moroses, Xavier Bertrand ne dupera personne, même s'il croit avoir trouvé la combine pour faire baisser les chiffres du chômage...
J'ai cassé ma salière (involontairement, hein) mais je n'ai trouvé ni le courage, ni, surtout, l'envie d'aller demander du sel à mon voisin physiquement intelligent.
J'ai rêvé que j'écrasais trois sortes d'araignées, qui se trouvaient à mes pieds et dont on m'affirmait qu'elles étaient des cancers. Sauf que l'une d'entre elle s'accrochait à ma peau, la saleté, me laissant désarçonnée... et réveillée en sueur.
La semaine dernière encore, je me lamentais sur mon sort et cherchais à combler ce vide presque palpable, en cherchant à comprendre pourquoi, décidément, j'avais besoin d'être au pied du mur pour réagir...
Et pourtant.
Et pourtant, je me sens heureuse comme rarement je l'ai été dans ma vie. Paradoxe de cette frugalité, dont je vous avais déjà parlé, où, face au désarroi, on finit par trouver l'essentiel, toucher à ces petits riens qui transforment le quotidien en une aventure sans cesse renouvelée. On se creuse l'imagination, on cherche comment se sortir de l'impasse et ce sont finalement des micro-événements, un certain fatalisme - mais pas une résignation, symbole de la mort de nos chimères - qui nous mènent vers des chemins inattendus et fastes.
En venant à Nantes voilà maintenant six mois, j'ai pris, sinon la meilleure décision de ma vie, au moins celle de la libération, d'un nouveau souffle. J'en étais intimement convaincue mais je n'étais pas dupe. L'herbe est toujours plus verte ailleurs et le risque de désillusion existait. J'ai pris tranquillement mes repères, retrouvé cet océan si proche qui m'avait tant manqué; des amis avec qui je n'ai plus à programmer des retrouvailles pour 2016 mais que je peux simplement appeler la veille pour le lendemain, ou presque; ces rues si familières que je traverse comme on savoure une madeleine en fermant les yeux ; cet environnement qui ravive de jolis souvenirs d'enfance... mais qui n'aggrave pas ma mélancolie et me pousse au contraire vers des possibles soudain à portée de main.
Non, je n'ai pas pris de drogue ce matin. Aucune substance illicite, ni même un shoot de tagada. Je ne me suis pas endormie dans un bain de formol concentré à 3% de bisounours (vous avez aussi celui à base de oui-oui, mais le côté un peu Rain-Man du personnage m'agace un peu, du reste). Non, tout n'est pas résolu, loin de là. Oui, il se passe des choses. Je ne veux pas me projeter. Je continue de vivre au jour le jour.
Mais se sentir vivant à ce point, my god, ça me ferait presque oublier la décadence de mon existence et surtout celle, bien plus grave, de notre jolie planète...
Je n'ai pas décroché un boulot en or, seulement une mission de sept heures à rendre pour hier, avec des syndicalistes et des archéologues dedans (enfin, je crois), dont je ne comprends pas un traître mot.
Je n'ai toujours pas trouvé comment on éteignait les piles sur mon Loulou, en cas d'urgence (id lorsque je suis à deux doigts de craquer).
Je n'ai pas non plus dégoté la formule magique pour stopper net mon irrépressible (et fatale...) attraction pour le chocolat, si ce n'est d'aller me taillader les mollets avec des orties, à l'insu de mon plein gré en allant courir dans les bois pour atténuer les dégâts (entre autres).
J'ai essuyé un revers et demi amoureux ces trois derniers mois (nan, nan, pas deux, un et demi, on a sa fierté).
J'ai les marques de mon bikini, sur un bronzage agricole global, c'est très classe.
Ma frange repousse trop vite, et ma coiffure j'en-ai-marre-de-vivre reprend le dessus.
Je ne demanderai pas à Kate de me prêter sa traîne pour cet été.
Superman s'est déchu lui-même de sa nationalité américaine et même Oussama ne nous fera plus rire avec ses "espices de counasses". Paraîtrait qu'il est parti endosser l'habit de lumière d'Elvis.
On continue de bouffer du pesticide, on ne pourra bientôt plus utiliser sa voiture - fut-elle quasi-neuve comme ma nouvelle titine-qu'elle-est-trop-belle-les-amis - sans risquer de sacrifier un demi-salaire mensuel, les écolos s'aventurent sur le terrain miné de la zizanie, emprunté déjà fort maladroitement par la gauche, on risque de bouffer du Nicolas & Carlita junior à toutes les sauces si la rumeur se confirme, la menace Fukushima, à défaut de remplir les colonnes des journaux - qui ne savent plus donner de la tête entre Yemen, Lybie, Oussama, Obama, notre vieux fou ex-catho nantais et la révélation des quotas dans le foot français (nooooon???? Il y aurait des gens racistes dans le sport? Quelle révélation, dis donc. Je crois que je vous en reparlerai un de ces quatre) - la menace Fukushima, donc, continue de planer sur nos têtes tandis que Nico explique sans broncher les vertus du nucléaire, la crise n'en finit plus de rendre nos quotidiens chaque jour plus moroses, Xavier Bertrand ne dupera personne, même s'il croit avoir trouvé la combine pour faire baisser les chiffres du chômage...
J'ai cassé ma salière (involontairement, hein) mais je n'ai trouvé ni le courage, ni, surtout, l'envie d'aller demander du sel à mon voisin physiquement intelligent.
J'ai rêvé que j'écrasais trois sortes d'araignées, qui se trouvaient à mes pieds et dont on m'affirmait qu'elles étaient des cancers. Sauf que l'une d'entre elle s'accrochait à ma peau, la saleté, me laissant désarçonnée... et réveillée en sueur.
La semaine dernière encore, je me lamentais sur mon sort et cherchais à combler ce vide presque palpable, en cherchant à comprendre pourquoi, décidément, j'avais besoin d'être au pied du mur pour réagir...
Et pourtant.
Et pourtant, je me sens heureuse comme rarement je l'ai été dans ma vie. Paradoxe de cette frugalité, dont je vous avais déjà parlé, où, face au désarroi, on finit par trouver l'essentiel, toucher à ces petits riens qui transforment le quotidien en une aventure sans cesse renouvelée. On se creuse l'imagination, on cherche comment se sortir de l'impasse et ce sont finalement des micro-événements, un certain fatalisme - mais pas une résignation, symbole de la mort de nos chimères - qui nous mènent vers des chemins inattendus et fastes.
En venant à Nantes voilà maintenant six mois, j'ai pris, sinon la meilleure décision de ma vie, au moins celle de la libération, d'un nouveau souffle. J'en étais intimement convaincue mais je n'étais pas dupe. L'herbe est toujours plus verte ailleurs et le risque de désillusion existait. J'ai pris tranquillement mes repères, retrouvé cet océan si proche qui m'avait tant manqué; des amis avec qui je n'ai plus à programmer des retrouvailles pour 2016 mais que je peux simplement appeler la veille pour le lendemain, ou presque; ces rues si familières que je traverse comme on savoure une madeleine en fermant les yeux ; cet environnement qui ravive de jolis souvenirs d'enfance... mais qui n'aggrave pas ma mélancolie et me pousse au contraire vers des possibles soudain à portée de main.
Non, je n'ai pas pris de drogue ce matin. Aucune substance illicite, ni même un shoot de tagada. Je ne me suis pas endormie dans un bain de formol concentré à 3% de bisounours (vous avez aussi celui à base de oui-oui, mais le côté un peu Rain-Man du personnage m'agace un peu, du reste). Non, tout n'est pas résolu, loin de là. Oui, il se passe des choses. Je ne veux pas me projeter. Je continue de vivre au jour le jour.
Mais se sentir vivant à ce point, my god, ça me ferait presque oublier la décadence de mon existence et surtout celle, bien plus grave, de notre jolie planète...
samedi 16 avril 2011
Le tourment d'une vie intérieure
Certes, à voir sur cette page s'afficher sans discontinuer cette histoire de titine, vous pourriez penser que je patine là-dessus ou que, finalement, ma vie se résume à ces petits tracas de la vie ordinaire. Ou alors que je suis un peu fainéante, que je n'actualise plus cet espace, que, que...
J'en ai même oublié de célébrer les deux ans de ce blog, rendez-vous compte! Mais où avais-je la tête?;)
Ailleurs, forcément. C'est là tout le dilemme d'un espace personnel, qu'on publie sur la toile dans un élan de narcissisme poussé, au regard de tous, en réalisant ensuite (trop tard?), parce que le temps passe, parce que les objectifs changent, parce qu'on évolue, qu'on ne peut plus tout raconter, que mes envies d'entreprendre, que mon parcours d'apprentie cuistot se conjuguent au passé et que pour remplacer ces velléités excitantes, il y a...
La vie.
La vie d'une fille normale (enfin, à peu près...), qui se dépatouille dans la jungle, tiraillée entre mille envies, deux trois rôles essentiels et le désir d'avancer en gardant toujours les yeux grand ouverts. Le carnet de bord d'une chômeuse est devenu une sorte de journal intime d'une trentenaire, un "divan" comme me l'a fait remarquer un ami dernièrement. Et si je me souviens bien, un journal intime, on le cadenasse. Sinon, ce n'est plus de l'intimité.
Je suis passée d'une forme de témoignage, finalement, celui d'une candide qui découvre la dureté de ce monde - après des années passées dans une bulle - au récit d'un quotidien, parfois drôle, parfois triste, souvent inattendu (je parle du quotidien, ne vous méprenez pas) ; d'un parcours que n'importe qui aurait pu vivre, au chemin beaucoup plus personnel que je trace aujourd'hui.
Alors forcément, j'oublie des épisodes au passage, ici. Omission volontaire, très souvent. Je voulais vous raconter mon cours de cuisine, récemment, très pimenté. Le lancer de larve à l'école. Et puis j'ai zappé.
Je pourrais vous narrer ce drôle de sentiment que je ressens, parfois, lorsque j'accompagne loulou à l'école, avec la dame qui fait traverser la route aux enfants en parlant immuablement de la météo, à ces pelouses bien tondues et ces espaces verts nickel où rien ne dépasse, tous ces petits chemins qui sécurisent la traversée jusqu'à la cour de récré. Cette sécurité me surprend, oui, c'est comme si tout était bordé et parfois, je songe que j'ai trouvé cet apaisement quotidien depuis que je suis arrivée dans cette nouvelle vie. Même si je regarde ce paysage aseptisé d'un oeil amusé, presque perplexe aussi.
Dois-je alors vous parler des oiseaux qui chantent et de mon bien-être lorsque je me colle sur la terrasse, cinq minutes, avant de retourner à mon job d'audiotypiste (oui, j'ai vu ce titre sur une pochette qui m'était destinée, à un conseil municipal, lundi dernier, je sais maintenant ce que je suis!;)) ?
Eh bien, peut-être finalement. Car si ce blog est clairement le reflet de mes émotions, une sorte de trame de tous les bouleversements heureux ou pas que j'ai traversés, il ne peut complètement tout dire. Je ne peux décemment raconter certaines choses beaucoup plus profondes qui me taraudent, ces pensées qui perturbent mon sommeil. Je peux seulement vous dire que, la nuit, je me sens tiraillée entre des choix impossibles, qui ne sont pas professionnels, sans pouvoir en expliquer le pourquoi. Parce que c'est juste trop personnel. Et pourtant, ce serait sans doute plus passionnant, qui sait...
On peut aussi accepter qu'un blog ne soit finalement que le reflet partiel d'une vie qui part parfois dans tous les sens ; que l'on peut s'amuser de tout, sans chercher à refaire le monde et à partir dans les tours. On peut être vrai en racontant des choses qui, finalement, ne pèsent pas vraiment. Alors, je vais continuer de me servir de ce blog comme d'un simple exutoire et à y narrer des choses banales et idiotes qui surviennent.
Parce que, finalement, je suis comme tout le monde, je cloisonne, je mets chaque chose dans différents tiroirs et je ne suis pas obligée de tous les ouvrir, en même temps et en public. Même si la tentation est grande.
J'en ai même oublié de célébrer les deux ans de ce blog, rendez-vous compte! Mais où avais-je la tête?;)
Ailleurs, forcément. C'est là tout le dilemme d'un espace personnel, qu'on publie sur la toile dans un élan de narcissisme poussé, au regard de tous, en réalisant ensuite (trop tard?), parce que le temps passe, parce que les objectifs changent, parce qu'on évolue, qu'on ne peut plus tout raconter, que mes envies d'entreprendre, que mon parcours d'apprentie cuistot se conjuguent au passé et que pour remplacer ces velléités excitantes, il y a...
La vie.
La vie d'une fille normale (enfin, à peu près...), qui se dépatouille dans la jungle, tiraillée entre mille envies, deux trois rôles essentiels et le désir d'avancer en gardant toujours les yeux grand ouverts. Le carnet de bord d'une chômeuse est devenu une sorte de journal intime d'une trentenaire, un "divan" comme me l'a fait remarquer un ami dernièrement. Et si je me souviens bien, un journal intime, on le cadenasse. Sinon, ce n'est plus de l'intimité.
Je suis passée d'une forme de témoignage, finalement, celui d'une candide qui découvre la dureté de ce monde - après des années passées dans une bulle - au récit d'un quotidien, parfois drôle, parfois triste, souvent inattendu (je parle du quotidien, ne vous méprenez pas) ; d'un parcours que n'importe qui aurait pu vivre, au chemin beaucoup plus personnel que je trace aujourd'hui.
Alors forcément, j'oublie des épisodes au passage, ici. Omission volontaire, très souvent. Je voulais vous raconter mon cours de cuisine, récemment, très pimenté. Le lancer de larve à l'école. Et puis j'ai zappé.
Je pourrais vous narrer ce drôle de sentiment que je ressens, parfois, lorsque j'accompagne loulou à l'école, avec la dame qui fait traverser la route aux enfants en parlant immuablement de la météo, à ces pelouses bien tondues et ces espaces verts nickel où rien ne dépasse, tous ces petits chemins qui sécurisent la traversée jusqu'à la cour de récré. Cette sécurité me surprend, oui, c'est comme si tout était bordé et parfois, je songe que j'ai trouvé cet apaisement quotidien depuis que je suis arrivée dans cette nouvelle vie. Même si je regarde ce paysage aseptisé d'un oeil amusé, presque perplexe aussi.
Dois-je alors vous parler des oiseaux qui chantent et de mon bien-être lorsque je me colle sur la terrasse, cinq minutes, avant de retourner à mon job d'audiotypiste (oui, j'ai vu ce titre sur une pochette qui m'était destinée, à un conseil municipal, lundi dernier, je sais maintenant ce que je suis!;)) ?
Eh bien, peut-être finalement. Car si ce blog est clairement le reflet de mes émotions, une sorte de trame de tous les bouleversements heureux ou pas que j'ai traversés, il ne peut complètement tout dire. Je ne peux décemment raconter certaines choses beaucoup plus profondes qui me taraudent, ces pensées qui perturbent mon sommeil. Je peux seulement vous dire que, la nuit, je me sens tiraillée entre des choix impossibles, qui ne sont pas professionnels, sans pouvoir en expliquer le pourquoi. Parce que c'est juste trop personnel. Et pourtant, ce serait sans doute plus passionnant, qui sait...
On peut aussi accepter qu'un blog ne soit finalement que le reflet partiel d'une vie qui part parfois dans tous les sens ; que l'on peut s'amuser de tout, sans chercher à refaire le monde et à partir dans les tours. On peut être vrai en racontant des choses qui, finalement, ne pèsent pas vraiment. Alors, je vais continuer de me servir de ce blog comme d'un simple exutoire et à y narrer des choses banales et idiotes qui surviennent.
Parce que, finalement, je suis comme tout le monde, je cloisonne, je mets chaque chose dans différents tiroirs et je ne suis pas obligée de tous les ouvrir, en même temps et en public. Même si la tentation est grande.
dimanche 10 avril 2011
Laurent Gamelon, Titine et le zen
Le zen a envahi ma maison. Un truc de ouf. Un peu contagieux, même. Allez, je vous explique.
Il y a peu, l'histoire m'aurait sans doute fortement agacée. J'aurais fait mon caliméro de base et serais allée me réfugier sous mon plaid à défaut de manger du chocolat (pas le droit). Un truc du genre, j'imagine.
Mais là, je sais pas, le pique-nique avait été sympa, il faisait beau, j'avais passé un moment sympa avec des copines... Alors quand ma voiture a commencé à avoir quelques ratés, j'ai juste soupiré, je crois, me suis garée comme je pouvais (mal, donc) et j'ai éteint le moteur. Titine nous fait un petit caprice? Titine nous fait un petit caprice. J'ai essayé de la redémarrer. Plus rien dans le bide. Encore. Ah si, elle crachait de la fumée blanche. Oups.
Le dépanneur est arrivé, il ressemblait à Laurent Gamelon. Même gabarit, même air bourru, il me regarde, il regarde titine, doit se dire que d'un côté comme de l'autre, y'a quelques heures de vol et du travail de retape à opérer, nous asperge de liquide de refroidissement en dévissant le bouchon, se réjouit de ne pas avoir changé son bleu désormais tout cracra et hop, commence à charger la voiture sur la dépanneuse.
Je monte dans le camion, il me regarde de nouveau (non, je n'entame pas de réparations pour moi-même, pas la peine d'insister, monsieur), réfléchit et réalise que ma titine, c'est celle qu'il a déjà dépannée deux mois plus tôt. D'où son air compatissant... A vrai dire, son empathie n'est visiblement pas due à l'état de délabrement avancé de titine, comme je le croyais. "Ah, je me souviens, c'est votre père que j'ai vu la dernière fois, la voiture était garée devant chez eux!" (exact) "Et vous avez déjà cassé une autre voiture, une SEAT!" (exact).
"Roooh la la, je sais tout de votre vie, je peux vous dire, hein!"
...
Ou comment vivre un petit moment de solitude avec le clone de Laurent Gamelon sur une banquette de camion, un dimanche après-midi.
Après de telles confidences, nous étions comme qui dirait presque intimes, enfin surtout Laurent G. avec mon épave, lui confiant que la prochaine fois, il la monterait sur une autre dépanneuse encore, que ce serait sa troisième, quand même. Ensuite, une fois au garage, il m'a raconté qu'il avait eu le temps de finir son café avant de venir et que, de toute façon, je ne lui gâchais pas sa journée, sa femme était partie avec la petite à un vide-grenier, histoire de rajouter un peu de foutoir à leur bordel; un truc du genre. En gros, titine et moi, on était un peu comme sa bouffée d'air frais, là et d'ailleurs, en partant, il m'a dit: "Bon, à bientôt, hein!"
Surréaliste? A peine. En tout cas, j'ai laissé Titine à son destin, en me demandant comment je pourrais être, le lendemain soir, à 150 km à suivre des débats municipaux. Bah... Pas la peine de s'énerver pour si peu, y'a pas mort d'homme.
Et voilà pourquoi je vous parlais de contagion zen. Ce soir, je lisais une "question qui questionne" (vraiment formidable, ce bouquin, décidément) à Loulou, dont le thème était la jalousie. A la fin de l'histoire, je lui demande s'il lui arrive de se sentir jaloux.
Il me regarde, un peu rigolard et me sort:
"Moi, je suis toujours d'un calme olympien."
J'aurais eu du gloubiboulga dans la bouche, j'aurais tout craché, je crois. Mais comme j'avais fini de manger (on était quand même au lit), j'ai juste éclaté de rire. Avant de réaliser, pas peu fière, que mon fils était aussi zen que moi.
Comment ça, c'est pas crédible?;)
Il y a peu, l'histoire m'aurait sans doute fortement agacée. J'aurais fait mon caliméro de base et serais allée me réfugier sous mon plaid à défaut de manger du chocolat (pas le droit). Un truc du genre, j'imagine.
Mais là, je sais pas, le pique-nique avait été sympa, il faisait beau, j'avais passé un moment sympa avec des copines... Alors quand ma voiture a commencé à avoir quelques ratés, j'ai juste soupiré, je crois, me suis garée comme je pouvais (mal, donc) et j'ai éteint le moteur. Titine nous fait un petit caprice? Titine nous fait un petit caprice. J'ai essayé de la redémarrer. Plus rien dans le bide. Encore. Ah si, elle crachait de la fumée blanche. Oups.
Le dépanneur est arrivé, il ressemblait à Laurent Gamelon. Même gabarit, même air bourru, il me regarde, il regarde titine, doit se dire que d'un côté comme de l'autre, y'a quelques heures de vol et du travail de retape à opérer, nous asperge de liquide de refroidissement en dévissant le bouchon, se réjouit de ne pas avoir changé son bleu désormais tout cracra et hop, commence à charger la voiture sur la dépanneuse.
Je monte dans le camion, il me regarde de nouveau (non, je n'entame pas de réparations pour moi-même, pas la peine d'insister, monsieur), réfléchit et réalise que ma titine, c'est celle qu'il a déjà dépannée deux mois plus tôt. D'où son air compatissant... A vrai dire, son empathie n'est visiblement pas due à l'état de délabrement avancé de titine, comme je le croyais. "Ah, je me souviens, c'est votre père que j'ai vu la dernière fois, la voiture était garée devant chez eux!" (exact) "Et vous avez déjà cassé une autre voiture, une SEAT!" (exact).
"Roooh la la, je sais tout de votre vie, je peux vous dire, hein!"
...
Ou comment vivre un petit moment de solitude avec le clone de Laurent Gamelon sur une banquette de camion, un dimanche après-midi.
Après de telles confidences, nous étions comme qui dirait presque intimes, enfin surtout Laurent G. avec mon épave, lui confiant que la prochaine fois, il la monterait sur une autre dépanneuse encore, que ce serait sa troisième, quand même. Ensuite, une fois au garage, il m'a raconté qu'il avait eu le temps de finir son café avant de venir et que, de toute façon, je ne lui gâchais pas sa journée, sa femme était partie avec la petite à un vide-grenier, histoire de rajouter un peu de foutoir à leur bordel; un truc du genre. En gros, titine et moi, on était un peu comme sa bouffée d'air frais, là et d'ailleurs, en partant, il m'a dit: "Bon, à bientôt, hein!"
Surréaliste? A peine. En tout cas, j'ai laissé Titine à son destin, en me demandant comment je pourrais être, le lendemain soir, à 150 km à suivre des débats municipaux. Bah... Pas la peine de s'énerver pour si peu, y'a pas mort d'homme.
Et voilà pourquoi je vous parlais de contagion zen. Ce soir, je lisais une "question qui questionne" (vraiment formidable, ce bouquin, décidément) à Loulou, dont le thème était la jalousie. A la fin de l'histoire, je lui demande s'il lui arrive de se sentir jaloux.
Il me regarde, un peu rigolard et me sort:
"Moi, je suis toujours d'un calme olympien."
J'aurais eu du gloubiboulga dans la bouche, j'aurais tout craché, je crois. Mais comme j'avais fini de manger (on était quand même au lit), j'ai juste éclaté de rire. Avant de réaliser, pas peu fière, que mon fils était aussi zen que moi.
Comment ça, c'est pas crédible?;)
vendredi 8 avril 2011
Wonder reverse
Pour la première fois, je pense, depuis longtemps, je vais au Mans sans dire "je retourne au Mans". Rien à voir avec la sage prévention d'un mouvement auto-reverse propice au lumbago, j'ai fait wonder woman dans une autre vie (mais sans la culotte moulante, j'ai de la décence -et du réalisme plein mes neurones- moi, les gens).
Je file voir Poney pour un aller-retour express avant un week-end nantais qui s'annonce studieux, mais pas que (enfin, wait & see, avec ma veine, mille choses peuvent survenir) et je vais au Mans comme j'irais dans n'importe quelle ville. OK, je triche un peu, j'en profite pour voir des amis, vite fait, en coup de vent, alors c'est pas du jeu, mais enfin, ce que j'essaie de dire, mal, certes (la retranscription sur l'intérêt du nucléaire m'a tuer, hier soir, comme dirait la dame d'Omar), c'est que j'ai l'impression d'être à mille lieux de cette vie-là aujourd'hui.
Je crois qu'on peut parler d'une page tournée. Et la bonne nouvelle, c'est qu'aucune douleur ne l'a accompagnée.
Allez, un petit auto-reverse pour fêter ça... Enfin, doucement, quand même, s'agirait pas de casser la machine.
Je file voir Poney pour un aller-retour express avant un week-end nantais qui s'annonce studieux, mais pas que (enfin, wait & see, avec ma veine, mille choses peuvent survenir) et je vais au Mans comme j'irais dans n'importe quelle ville. OK, je triche un peu, j'en profite pour voir des amis, vite fait, en coup de vent, alors c'est pas du jeu, mais enfin, ce que j'essaie de dire, mal, certes (la retranscription sur l'intérêt du nucléaire m'a tuer, hier soir, comme dirait la dame d'Omar), c'est que j'ai l'impression d'être à mille lieux de cette vie-là aujourd'hui.
Je crois qu'on peut parler d'une page tournée. Et la bonne nouvelle, c'est qu'aucune douleur ne l'a accompagnée.
Allez, un petit auto-reverse pour fêter ça... Enfin, doucement, quand même, s'agirait pas de casser la machine.
lundi 4 avril 2011
No stress
Non, non, je ne suis pas mourue. Juste un peu submergée par le flot de surprises / rencontres/retrouvailles / joyeusetés quotidiennes / velléités sportives / envie de retourner aux fourneaux. Au point de ne pas trouver une minute pour conclure ce post que j'avais entamé... vendredi.
Ah ouais, quand même.
Qu'est-ce qu'il racontait? Oh, à peu près la même chose que ce que je viens de citer. Qu'une personne très chère m'avait dit que, quand même, j'avais beaucoup de stress à gérer.
Pas compris de quoi elle parlait, sur le coup.
Avant de réaliser que, oui, je me faisais des équations à mille inconnues et que, certes, ce n'est pas toujours facile, facile, de s'y retrouver mais que, en gros, je tiens la barre et que je sais le prix de la liberté. Telle une mendiante, j'ai tendu la main pour récupérer deux, trois missions. Histoire d'avoir un truc à grailler, par exemple. Résultat, je jongle entre deux compte-rendus à rendre pour hier, je refais les calculs, alors, cinq heures de retranscription multipliées par le nombre de jours de semaine, moins une journée pour Poney, deux heures pour ci, trois heures pour ça, que je divise par le nombre d'impondérables et j'obtiens, j'obtiens...
Que je suis dans la mouise.
Que pour respecter les deadlines, il faudrait que j'arrête de me faire du mal en pétrissant, malaxant, mitonnant comme j'ai repris goût à le faire depuis peu (du temps qui s'envole, de vieux rêves qui rejaillissent).
Que je renonce à manger (trop de temps perdu).
Que j'échange mon Loulou encore très dans les jupes de sa môman contre un modèle autonome (du genre qui n'a pas besoin de quinze mille rappels pour mettre ces foutues pompes qui traînent dans l'entrée, qui se fasse son petit déj tout seul - et puis son dîner aussi, tiens - qui aille à l'école tout seul, qui se fasse une auto-lecture de la sacro-sainte histoire du soir, etc. etc.).
Que je réduise mon temps de sommeil d'un tiers...
Que dis-je, il faut, pas il faudrait, j'ai pas le choix, les enfants! Sachant que deux, trois trucs dans la liste ne collent absolument pas à la réalité (et puis j'aime bien, moi, que Loulou soit encore mon Loulou, eh ouais), je ne sais pas ce qui est le plus difficile, renoncer à mes courses effrénées le long de la Loire, au chlore de la piscine et ses habitués du midi, mes envies d'enfourcher mon vélo, de boire un verre avec un ami, ou... mes cauchemars nocturnes. Que voulez-vous, j'y suis attachée, moi...
Pour l'instant, j'ai surtout sacrifié cet espace et après un week-end d'inconscience totale (pas touché à l'ordi, ou si peu, je réciterai deux avé et trois pater ce soir), je suis replongée dedans en tentant de repousser ce stress qui commence à m'envahir. En m'octroyant, quand même, deux ou trois pauses salvatrices... ou que je n'ai pu annuler, soyons honnête. Cet après-midi, par exemple, au lieu d'avancer dans cette course contre la montre, je vais faire un truc dont je vous reparlerai sans doute demain, selon l'intérêt de la chose.
J'entends le tic-tac. Tic tac. Tic tac.
Du stress à gérer?
Non, vraiment, je vois pas.
Ah ouais, quand même.
Qu'est-ce qu'il racontait? Oh, à peu près la même chose que ce que je viens de citer. Qu'une personne très chère m'avait dit que, quand même, j'avais beaucoup de stress à gérer.
Pas compris de quoi elle parlait, sur le coup.
Avant de réaliser que, oui, je me faisais des équations à mille inconnues et que, certes, ce n'est pas toujours facile, facile, de s'y retrouver mais que, en gros, je tiens la barre et que je sais le prix de la liberté. Telle une mendiante, j'ai tendu la main pour récupérer deux, trois missions. Histoire d'avoir un truc à grailler, par exemple. Résultat, je jongle entre deux compte-rendus à rendre pour hier, je refais les calculs, alors, cinq heures de retranscription multipliées par le nombre de jours de semaine, moins une journée pour Poney, deux heures pour ci, trois heures pour ça, que je divise par le nombre d'impondérables et j'obtiens, j'obtiens...
Que je suis dans la mouise.
Que pour respecter les deadlines, il faudrait que j'arrête de me faire du mal en pétrissant, malaxant, mitonnant comme j'ai repris goût à le faire depuis peu (du temps qui s'envole, de vieux rêves qui rejaillissent).
Que je renonce à manger (trop de temps perdu).
Que j'échange mon Loulou encore très dans les jupes de sa môman contre un modèle autonome (du genre qui n'a pas besoin de quinze mille rappels pour mettre ces foutues pompes qui traînent dans l'entrée, qui se fasse son petit déj tout seul - et puis son dîner aussi, tiens - qui aille à l'école tout seul, qui se fasse une auto-lecture de la sacro-sainte histoire du soir, etc. etc.).
Que je réduise mon temps de sommeil d'un tiers...
Que dis-je, il faut, pas il faudrait, j'ai pas le choix, les enfants! Sachant que deux, trois trucs dans la liste ne collent absolument pas à la réalité (et puis j'aime bien, moi, que Loulou soit encore mon Loulou, eh ouais), je ne sais pas ce qui est le plus difficile, renoncer à mes courses effrénées le long de la Loire, au chlore de la piscine et ses habitués du midi, mes envies d'enfourcher mon vélo, de boire un verre avec un ami, ou... mes cauchemars nocturnes. Que voulez-vous, j'y suis attachée, moi...
Pour l'instant, j'ai surtout sacrifié cet espace et après un week-end d'inconscience totale (pas touché à l'ordi, ou si peu, je réciterai deux avé et trois pater ce soir), je suis replongée dedans en tentant de repousser ce stress qui commence à m'envahir. En m'octroyant, quand même, deux ou trois pauses salvatrices... ou que je n'ai pu annuler, soyons honnête. Cet après-midi, par exemple, au lieu d'avancer dans cette course contre la montre, je vais faire un truc dont je vous reparlerai sans doute demain, selon l'intérêt de la chose.
J'entends le tic-tac. Tic tac. Tic tac.
Du stress à gérer?
Non, vraiment, je vois pas.
lundi 21 mars 2011
Je suis normale
Hein? L'a pété un câble, la mouette, ou quoi? Normale? La nympho-chasseuse, là, qui passe de l'air (du supermarché) à l'eau (de la piscine) à la terre ferme pour oublier les vicissitudes de l'existence? Qui multiplie les jeux débiles pour pimenter son quotidien ? Qui écoute un Poney et un médecin dépressif?
Eh bien oui, la mouette nouvelle est arrivée, en même temps que le printemps. Avec l'envie d'une vie "normale".
C'est quoi, une vie normale, me direz-vous? Eh bien, un peu moins décalée que d'habitude, dans mon cas. Avec une sorte de rythme où tu travailles dans la semaine et où tu te détends le week-end. Oui, la routine, en gros. Que nombre d'entre vous cherchent à fuir, j'imagine. Mais qui semble m'apaiser, finalement.
En fait, depuis mon arrivée à Nantes, voilà maintenant... hey, presque cinq mois, j'avais un peu posé mes bagages avant de repartir comme en quarante, sans chercher vraiment de repères, juste contente de revenir aux sources. J'étais repartie pour les longues journées d'ermite, uniquement ponctuées par un aller-retour à l'école vite fait, des week-ends où j'aurais pu être mangée par les chiens en pilou (le pyjama, pas les chiens), tellement j'étais recroquevillée sur mon canapé à bosser. Je menais cette sorte de vie adaptable partout, en gros, au Mans à Nantes ou à Tombouctou (quoique).
Et voilà que l'appel d'air m'a conduite vers un nouveau chemin, avec cette envie de respirer un peu. En courant, en nageant, donc, ça je vous l'avais raconté, en allant retrouver les embruns marins, mais tout récemment, en décidant de faire des pauses le week-end, d'accepter de passer du temps comme tout le monde à... flâner.
Flâner. Rien que de l'écrire, ça me fait bizarre. Ce doit être cette sorte de culpabilité qui remonte, celle de l'ex-chômeuse, consciente qu'au lieu de sortir, elle ferait mieux d'envoyer quarante CV par semaine à des "vraies" boîtes.
Alors, donc, j'ai flâné ce week-end. J'ai un peu couru aussi (une course très sympa pour la lutte contre le cancer du sein). D'ailleurs, j'ai moins fait la maligne, rapidement, réalisant que j'étais partie comme une grande malade, boostée par l'énergie de tous les concurrents. J'ai été, comment dire, rattrapée par la réalité de mon organisme et de mes jambes de bois... J'étais très classe à la fin, avec ma bave aux lèvres.
Un détail.
Qui n'a en rien assombri le tableau. En fait, je me suis laissée vivre. J'ai consolé mon Loulou qui était tombé lors de la course des enfants, qui m'a tenu responsable de sa grâââââve blessure (deux, trois égratignures au coude). J'ai oublié que j'étais toujours en tenue de yogging, marinant dans ma sueur maintenant refroidie. Oui, j'ai respiré (en me bouchant un peu le nez quand même, au bout d'un moment, ça devient dangereusement énivrant).
On s'est promené au milieu d'un jardin nantais que j'ai redécouvert, on a cherché un peu le soleil et puis on s'est assis sur des rondins de bois. On a mangé du moelleux au chocolat dans les cris et le tumulte des enfants. J'ai regardé Loulou se coller les pieds dans l'eau, tenter de pêcher des poissons avec du bambou et faire l'imbécile avec son chocolat plein la bouche. L'affreux, on aurait dit un vagabond. Avec sa mère de yoggeuse, je vous explique pas le tableau.
Et pourtant, cette sensation inexpliquée.
Le bonheur. Peut-être simple, peut-être banal. Mais le bonheur.
Et même lorsque, le soir venu, Loulou m'a traitée de "plus mauvaise mère du monde"* (ça devait finir par arriver, depuis le temps), je suis restée placide. Limite, ça m'a fait sourire.
Et si la normalité rend zen, alors, moi je signe tout de suite.
*Rassurez-vous, Loulou n'a pas demandé, depuis, à échanger sa mère contre une plus sympa, sa colère s'est calmée et une heure (et un gratin de pâtes) après, il m'a assurée qu'il m'aimait "comme d'habitude" et que finalement, j'étais "pas si mal, comme mère." Donc, vous êtes gentils, personne n'appelle la SPC (Société protectrice des Caliméros). Pas la peine de déranger ma sérénité toute neuve.
Eh bien oui, la mouette nouvelle est arrivée, en même temps que le printemps. Avec l'envie d'une vie "normale".
C'est quoi, une vie normale, me direz-vous? Eh bien, un peu moins décalée que d'habitude, dans mon cas. Avec une sorte de rythme où tu travailles dans la semaine et où tu te détends le week-end. Oui, la routine, en gros. Que nombre d'entre vous cherchent à fuir, j'imagine. Mais qui semble m'apaiser, finalement.
En fait, depuis mon arrivée à Nantes, voilà maintenant... hey, presque cinq mois, j'avais un peu posé mes bagages avant de repartir comme en quarante, sans chercher vraiment de repères, juste contente de revenir aux sources. J'étais repartie pour les longues journées d'ermite, uniquement ponctuées par un aller-retour à l'école vite fait, des week-ends où j'aurais pu être mangée par les chiens en pilou (le pyjama, pas les chiens), tellement j'étais recroquevillée sur mon canapé à bosser. Je menais cette sorte de vie adaptable partout, en gros, au Mans à Nantes ou à Tombouctou (quoique).
Et voilà que l'appel d'air m'a conduite vers un nouveau chemin, avec cette envie de respirer un peu. En courant, en nageant, donc, ça je vous l'avais raconté, en allant retrouver les embruns marins, mais tout récemment, en décidant de faire des pauses le week-end, d'accepter de passer du temps comme tout le monde à... flâner.
Flâner. Rien que de l'écrire, ça me fait bizarre. Ce doit être cette sorte de culpabilité qui remonte, celle de l'ex-chômeuse, consciente qu'au lieu de sortir, elle ferait mieux d'envoyer quarante CV par semaine à des "vraies" boîtes.
Alors, donc, j'ai flâné ce week-end. J'ai un peu couru aussi (une course très sympa pour la lutte contre le cancer du sein). D'ailleurs, j'ai moins fait la maligne, rapidement, réalisant que j'étais partie comme une grande malade, boostée par l'énergie de tous les concurrents. J'ai été, comment dire, rattrapée par la réalité de mon organisme et de mes jambes de bois... J'étais très classe à la fin, avec ma bave aux lèvres.
Un détail.
Qui n'a en rien assombri le tableau. En fait, je me suis laissée vivre. J'ai consolé mon Loulou qui était tombé lors de la course des enfants, qui m'a tenu responsable de sa grâââââve blessure (deux, trois égratignures au coude). J'ai oublié que j'étais toujours en tenue de yogging, marinant dans ma sueur maintenant refroidie. Oui, j'ai respiré (en me bouchant un peu le nez quand même, au bout d'un moment, ça devient dangereusement énivrant).
On s'est promené au milieu d'un jardin nantais que j'ai redécouvert, on a cherché un peu le soleil et puis on s'est assis sur des rondins de bois. On a mangé du moelleux au chocolat dans les cris et le tumulte des enfants. J'ai regardé Loulou se coller les pieds dans l'eau, tenter de pêcher des poissons avec du bambou et faire l'imbécile avec son chocolat plein la bouche. L'affreux, on aurait dit un vagabond. Avec sa mère de yoggeuse, je vous explique pas le tableau.
Et pourtant, cette sensation inexpliquée.
Le bonheur. Peut-être simple, peut-être banal. Mais le bonheur.
Et même lorsque, le soir venu, Loulou m'a traitée de "plus mauvaise mère du monde"* (ça devait finir par arriver, depuis le temps), je suis restée placide. Limite, ça m'a fait sourire.
Et si la normalité rend zen, alors, moi je signe tout de suite.
*Rassurez-vous, Loulou n'a pas demandé, depuis, à échanger sa mère contre une plus sympa, sa colère s'est calmée et une heure (et un gratin de pâtes) après, il m'a assurée qu'il m'aimait "comme d'habitude" et que finalement, j'étais "pas si mal, comme mère." Donc, vous êtes gentils, personne n'appelle la SPC (Société protectrice des Caliméros). Pas la peine de déranger ma sérénité toute neuve.
vendredi 18 mars 2011
Le jour où j'ai fait rougir le caissier de chez Ed
Je ne vais pas vous mentir, j'avais le moral dans les chaussettes hier, et rien n'y faisait, même pas la relativité. Pourtant, seuls mes murs tremblent ici, sous la pression de mon acharné de voisin (physiquement intelligent, mais je vous dis ça de souvenir, l'être demeure invisible) qui doit décidément refaire tout son appartement, je ne suis intoxiquée que par le parfum de la dame du troisième et l'iode, je la colle dans l'eau du riz.
Mieux, je venais d'en finir avec le manuscrit de Poney (enfin, je ne parle pas de la correction, à chaque jour sa peine). Alors, quoi? De quoi pouvais-je me plaindre? Pourquoi n'avais-je envie que de boulotter un quatre-quarts inratable (du genre bombe calorique, mais tellement bon que c'est un supplice d'attendre qu'il refroidisse) avec un thé brûlant sous mon plaid en m'apitoyant sur mon pauvre sort?
Le vide, les amis, le vide. Les hormones, aussi. Je vous dis pas, je saurais que mon public est exclusivement féminin, je vous parlerais de ma poussée hormonale et de ces petites bêtes qui font du flipper dans mon corps en ce moment, mais je me tiens, des hommes plein de testostérone lisent ce blog.
Bref, je me sentais tellement vide que j'ai quasi-supplié mon employeur principal de m'octroyer une mission. Pathétique. Mais payant : une heure plus tard, j'avais le son dans la boîte et je le regrettais amèrement, tant je ne comprends pas un traître mot du speech d'un médecin un peu dépressif sur les bords (je crois que mes oreilles ne sont sensibles qu'à la mauvaise foi politicienne, pas au discours d'un humaniste. Les hormones, je vois que ça).
Du coup, je suis retournée sur ma boîte mail, ce qui m'a arraché un vague sourire: les alertes que j'ai créées sur Pôle Emploi pour me dégoter LE job de mes rêves s'affichent comme des SPAMS, alors que les multiples relances de ventes privées non. Cherchez l'erreur. En tout cas, ils cherchaient un rédacteur passionné par le monde rural, les tracteurs ou encore l'univers de la chasse.
Pas de bol.
Bref, je songeais que j'allais bientôt décéder de vacuité ou d'une dépression foudroyante quand j'ai arrêté subitement de jouer à Caliméro, à la faveur d'un coup de fil avec ma plus vieille amie. J'ai réalisé le nombre de freins que je me collais toute seule et dans cet équilibre manichéen qui me tient, j'ai enchaîné ce matin inscription au site OVS, dont je vous avais déjà parlé (histoire de sortir un peu de ma tanière), décodage de médecin tourmenté, donc (je sèche encore un peu, mais bon) et yogging effréné (avec un vent à décorner les boeufs au retour et la bave aux lèvres, un vrai bonheur).
La philosophie de Baloo (on a les références qu'on peut) a aussitôt éradiqué toute pensée négative et ma dépression est repartie se cacher, loin - j'espère. Oui, il en faut peu pour être heureux.
Revenues dans la vraie vie, nous avons filé, mes jambes de bois et moi, faire deux, trois courses et, allez savoir pourquoi, je me suis amusée à un jeu idiot: empiler tout un tas d'articles les uns sur les autres et voir si la pyramide chancelante allait résister au tapis roulant (cherchez pas, les hormones, je vous dis). Le caissier, qui a bien failli se prendre un paquet de cotons dans l'oeil ("ça va, c'est pas lourd, heureusement", m'a-t-il glissé entre effroi et amusement) ne faisait pas trop le malin après ça, au début, avant de se détendre, après mon opération drague à trois balles (les hormones, les hormones), le temps qu'il passe les articles.
"Ça vous fera la modique somme de deux cent cinquante euros!" me lance-t-il, content de sa blague.
"Mangez des fruits et des légumes, qu'ils disent", je lui réponds en jetant un oeil à mon caddie vert et bio. "Enfin, ça reste raisonnable pour du bio."
"Oh oui" acquiesce-t-il "et vous avez eu raison de prendre ces carottes, elles sont très bien."
Un peu interloquée, en me demandant s'il a deviné mes intentions avec les carottes*, je lui dis: "bah en plus, il paraît que ça rend aimable!" (Jean-Claude Dus, sors de ce corps, vite)
C'est là qu'il a rougi en balbutiant des euh, euh...
Je lui ai tapé dans l'oeil, je vois que ça. Ou alors, je suis devenue une vraie nympho.
Saleté d'hormones.
* Une soupe maison, évidemment. Tout de suite... vous avez les hormones en vrac, ou bien?;)
Mieux, je venais d'en finir avec le manuscrit de Poney (enfin, je ne parle pas de la correction, à chaque jour sa peine). Alors, quoi? De quoi pouvais-je me plaindre? Pourquoi n'avais-je envie que de boulotter un quatre-quarts inratable (du genre bombe calorique, mais tellement bon que c'est un supplice d'attendre qu'il refroidisse) avec un thé brûlant sous mon plaid en m'apitoyant sur mon pauvre sort?
Le vide, les amis, le vide. Les hormones, aussi. Je vous dis pas, je saurais que mon public est exclusivement féminin, je vous parlerais de ma poussée hormonale et de ces petites bêtes qui font du flipper dans mon corps en ce moment, mais je me tiens, des hommes plein de testostérone lisent ce blog.
Bref, je me sentais tellement vide que j'ai quasi-supplié mon employeur principal de m'octroyer une mission. Pathétique. Mais payant : une heure plus tard, j'avais le son dans la boîte et je le regrettais amèrement, tant je ne comprends pas un traître mot du speech d'un médecin un peu dépressif sur les bords (je crois que mes oreilles ne sont sensibles qu'à la mauvaise foi politicienne, pas au discours d'un humaniste. Les hormones, je vois que ça).
Du coup, je suis retournée sur ma boîte mail, ce qui m'a arraché un vague sourire: les alertes que j'ai créées sur Pôle Emploi pour me dégoter LE job de mes rêves s'affichent comme des SPAMS, alors que les multiples relances de ventes privées non. Cherchez l'erreur. En tout cas, ils cherchaient un rédacteur passionné par le monde rural, les tracteurs ou encore l'univers de la chasse.
Pas de bol.
Bref, je songeais que j'allais bientôt décéder de vacuité ou d'une dépression foudroyante quand j'ai arrêté subitement de jouer à Caliméro, à la faveur d'un coup de fil avec ma plus vieille amie. J'ai réalisé le nombre de freins que je me collais toute seule et dans cet équilibre manichéen qui me tient, j'ai enchaîné ce matin inscription au site OVS, dont je vous avais déjà parlé (histoire de sortir un peu de ma tanière), décodage de médecin tourmenté, donc (je sèche encore un peu, mais bon) et yogging effréné (avec un vent à décorner les boeufs au retour et la bave aux lèvres, un vrai bonheur).
La philosophie de Baloo (on a les références qu'on peut) a aussitôt éradiqué toute pensée négative et ma dépression est repartie se cacher, loin - j'espère. Oui, il en faut peu pour être heureux.
Revenues dans la vraie vie, nous avons filé, mes jambes de bois et moi, faire deux, trois courses et, allez savoir pourquoi, je me suis amusée à un jeu idiot: empiler tout un tas d'articles les uns sur les autres et voir si la pyramide chancelante allait résister au tapis roulant (cherchez pas, les hormones, je vous dis). Le caissier, qui a bien failli se prendre un paquet de cotons dans l'oeil ("ça va, c'est pas lourd, heureusement", m'a-t-il glissé entre effroi et amusement) ne faisait pas trop le malin après ça, au début, avant de se détendre, après mon opération drague à trois balles (les hormones, les hormones), le temps qu'il passe les articles.
"Ça vous fera la modique somme de deux cent cinquante euros!" me lance-t-il, content de sa blague.
"Mangez des fruits et des légumes, qu'ils disent", je lui réponds en jetant un oeil à mon caddie vert et bio. "Enfin, ça reste raisonnable pour du bio."
"Oh oui" acquiesce-t-il "et vous avez eu raison de prendre ces carottes, elles sont très bien."
Un peu interloquée, en me demandant s'il a deviné mes intentions avec les carottes*, je lui dis: "bah en plus, il paraît que ça rend aimable!" (Jean-Claude Dus, sors de ce corps, vite)
C'est là qu'il a rougi en balbutiant des euh, euh...
Je lui ai tapé dans l'oeil, je vois que ça. Ou alors, je suis devenue une vraie nympho.
Saleté d'hormones.
* Une soupe maison, évidemment. Tout de suite... vous avez les hormones en vrac, ou bien?;)
lundi 14 mars 2011
Un peu de chlore dans le sel...
Si je ne me suis toujours pas résolue à entamer un crash-test sur internet, je ne perds pas de vue mon programme "sauvez la mouette, trouvez-lui un mec" (déjà, le fait que je parle de moi à la troisième personne laisse présager du pire... pour ma défense, j'évoquerais la distance qu'il convient de poser à ce type d'expérience). Donc, j'attends encore un peu avant de m'inscrire sous un pseudo ridicule (hara-kiri? belle des champs? jaimangé1clown? Et pourquoi pas cunégonde, c'est joli cunégonde... Ah, tiens, King-Kong, pas mal, je pense que je vais attirer du boulet avec ça), pour mener, je l'avoue, une sorte d'expérimentation, et alimenter l'eau de mon moulin sur les a priori que j'ai sur la méthode.
De toute façon, j'ai fait un test, l'autre nuit (saleté d'insomnie): eh bien, les gens, ils ont dit que je vivais très bien mon célibat, d'après mes réponses. "La douce étiquette de célibataire n'a pas l'air de vous gratter le dos", qu'ils ont écrit, concluant pour le plan d'action:" à faire: rien! puisque le célibat vous convient et que vous êtes heureuse comme ça". Et pan.
Bon, histoire, quand même, de pimenter ce quotidien palpitant quoiqu'étrange (parce que dans le test, j'ai quand même coché des cases d'une autre catégorie: "l'engagement, très peu pour moi" où les experts ont décrété que j'étais un petit animal blessé et que je devais donc baisser la garde), je suis passée au plan aquatique.
Et ça n'a (presque) rien à voir avec le fait que, privée de baignoire (pour cause de travaux), j'avais besoin d'aller prendre une douche (non, je ne suis pas cracra, je suis pragmatique) (sans compter que je devrais repeindre plus souvent mon intérieur, ça me fait faire du sport tous les jours). Donc, fidèle à mon programme, voici le tout beau:
Programme Karcher-détox n°3
Chercher dans l'eau ce que tu ne trouves pas sur terre
Constat
Dans la plénitude du bassin intérieur et d'une eau chauffée à 28°C, tu frôles des corps inconnus et musclés.
En vrai
L'eau caille un peu. Avec tes palmes, à force, tu te fais des ampoules aux orteils. Et avec leurs plaquettes, les inconnus manquent de te coller une baffe à chacune de leurs longueurs.
Action
Quitte à être dans l'eau, autant nager pour de vrai. Et c'est le piège. Eh oui, concentrée par le nombre de longueurs déjà réalisées et restantes, j'en oublie mon objectif de base. Je remarque bien le maître-nageur et sa charmante houpette, en notant néanmoins un sourire narquois qui en dit long sur son potentiel popeyesque (cf les Bronzés et le moniteur qui pèse ses proies). Mais en fait, au retour sous la douche, celui qui me reluque a des faux airs de Jésus. Mais si vous savez, le Jésus des Démons de Jésus avec son paquet de cloques dans le maillot de bain. Grosse classe. Mais comme tu as les yeux rougis par le chlore, la marque des lunettes et les cheveux plaqués tout secos, tu te dis que c'est pas trop le moment d'être exigeante.
Verdict
Le vendredi soir, y'a pas mal de Jésus pour qui la flotte, c'est que dans le Ricard. Et entre midi et deux, y'a beaucoup plus de nageuses que de nageurs. Bon, je vais changer de créneau et je reviens.
De toute façon, j'ai fait un test, l'autre nuit (saleté d'insomnie): eh bien, les gens, ils ont dit que je vivais très bien mon célibat, d'après mes réponses. "La douce étiquette de célibataire n'a pas l'air de vous gratter le dos", qu'ils ont écrit, concluant pour le plan d'action:" à faire: rien! puisque le célibat vous convient et que vous êtes heureuse comme ça". Et pan.
Bon, histoire, quand même, de pimenter ce quotidien palpitant quoiqu'étrange (parce que dans le test, j'ai quand même coché des cases d'une autre catégorie: "l'engagement, très peu pour moi" où les experts ont décrété que j'étais un petit animal blessé et que je devais donc baisser la garde), je suis passée au plan aquatique.
Et ça n'a (presque) rien à voir avec le fait que, privée de baignoire (pour cause de travaux), j'avais besoin d'aller prendre une douche (non, je ne suis pas cracra, je suis pragmatique) (sans compter que je devrais repeindre plus souvent mon intérieur, ça me fait faire du sport tous les jours). Donc, fidèle à mon programme, voici le tout beau:
Programme Karcher-détox n°3
Chercher dans l'eau ce que tu ne trouves pas sur terre
Constat
Dans la plénitude du bassin intérieur et d'une eau chauffée à 28°C, tu frôles des corps inconnus et musclés.
En vrai
L'eau caille un peu. Avec tes palmes, à force, tu te fais des ampoules aux orteils. Et avec leurs plaquettes, les inconnus manquent de te coller une baffe à chacune de leurs longueurs.
Action
Quitte à être dans l'eau, autant nager pour de vrai. Et c'est le piège. Eh oui, concentrée par le nombre de longueurs déjà réalisées et restantes, j'en oublie mon objectif de base. Je remarque bien le maître-nageur et sa charmante houpette, en notant néanmoins un sourire narquois qui en dit long sur son potentiel popeyesque (cf les Bronzés et le moniteur qui pèse ses proies). Mais en fait, au retour sous la douche, celui qui me reluque a des faux airs de Jésus. Mais si vous savez, le Jésus des Démons de Jésus avec son paquet de cloques dans le maillot de bain. Grosse classe. Mais comme tu as les yeux rougis par le chlore, la marque des lunettes et les cheveux plaqués tout secos, tu te dis que c'est pas trop le moment d'être exigeante.
Verdict
Le vendredi soir, y'a pas mal de Jésus pour qui la flotte, c'est que dans le Ricard. Et entre midi et deux, y'a beaucoup plus de nageuses que de nageurs. Bon, je vais changer de créneau et je reviens.
mardi 8 mars 2011
In bed with mum
Après dix jours sans Loulou, la maison a repris des couleurs (et ma voix quelques notes un peu aiguës, logiquement). Un rien épuisée par un marathon dont j'ai enfin vu le bout, je me suis payé le luxe de refuser une nouvelle mission pour passer, enfin, un peu de temps avec la chair de ma chair et respirer. Dormir aussi, et tenter de retrouver un cycle de sommeil à peu près normal (au lieu d'être réveillée à 2h du mat', prête à aller yogger... mais trop poilée de la main pour faire autre chose que fixer le plafond ou lire des magazines de quiche).
Vivre, en gros.
J'avoue, le dilemme était posé: mettre un peu de beurre dans les épinards ou souffler. Tant pis pour l'état de santé de mon compte, je préférais privilégier ma petite santé, justement. Et, donc, me souvenir que j'avais un fils.
En même temps, pour l'oublier, il faudrait que je sois sourde, aveugle et insensible, vu le barouf qu'il fait. Je crois qu'on peut parler d'hyperactivité mais bon, les chiens ne font pas des chats, pas vrai...
En fait, hier soir, je me suis sentie un peu désoeuvrée de ne pas avoir bossé de la journée, de n'avoir pas collé mon nez sur l'ordi et tapé ou écouté quoi que ce soit. Mais pleine de bonnes (?) résolutions, je me suis offert une petite séance de ciné (à domicile, oh, étape par étape, quand même) avec une oeuvre qui m'a remuée plus que de raison, une histoire de retrouvailles vouées à l'échec entre deux vieux amants, ce genre de mélo qui me parle, allez savoir pourquoi... Mais l'essentiel était là, j'étais dans les starting-blocks pour démarrer mon programme sommeil (oui, je sais, c'est moins excitant que le programme sauvez-la-mouette-trouvez-lui-un-mec, mais comme je vous disais, étape par étape, ok) et avant minuit, morphée avait eu la bienséance de m'accueillir.
Hurlements. Deux heures du mat'. Ce n'était pas la dame décapitée de mon cauchemar (elle pouvait plus crier, elle était toute mourue), ni moi-même devant ce sanglant pestacle (limite blasée de mes visions nocturnes un peu gore). Non, les cris venaient de la chambre d'à côté. Ah oui, c'est vrai, Loulou is back. Évidemment, persuadée qu'il était victime d'une méningite (comment ça, je dramatise?) alors qu'il se tenait la tête d'un air éploré, j'ai eu un peu de mal à trouver le sommeil, une fois la séance de réconfort-médoc-çavaallermonchéri.
Pour le programme sommeil, c'était donc mort, mais alors, la caboche de Loulou? La douleur était telle qu'il a fini in bed with me, me réveillant dès lors que j'avais l'infinie inconscience de sombrer dans un monde parallèle. La seule différence entre lui et moi, au lever, finalement, c'est qu'il pétait le feu là où je n'étais qu'une épave.
C'est là que j'ai failli balancer mon réveil, qui crachait qu'aujourd'hui, c'était la journée de la femme et que, quand même, quand même, le sexe faible avait profité de quelques avancées dans cette société de brutes. Que le combat n'était pas gagné, certes, mais que les femmes prenaient peu à peu une place nouvelle au milieu de ces hommes, ces héros.
Pourquoi donc me suis-je sentie un rien hors du coup, dans l'histoire? Non, vraiment, il est de ces luttes dont on s'exclue tout seul, parfois.
La bonne nouvelle, c'est que le traitement de loulou m'a logiquement conduite jusqu'à la pharmacie où le monsieur-de-l'officine est décidément très, très gentil. Ben quoi, faut savoir flairer les opportunités, non?
Vivre, en gros.
J'avoue, le dilemme était posé: mettre un peu de beurre dans les épinards ou souffler. Tant pis pour l'état de santé de mon compte, je préférais privilégier ma petite santé, justement. Et, donc, me souvenir que j'avais un fils.
En même temps, pour l'oublier, il faudrait que je sois sourde, aveugle et insensible, vu le barouf qu'il fait. Je crois qu'on peut parler d'hyperactivité mais bon, les chiens ne font pas des chats, pas vrai...
En fait, hier soir, je me suis sentie un peu désoeuvrée de ne pas avoir bossé de la journée, de n'avoir pas collé mon nez sur l'ordi et tapé ou écouté quoi que ce soit. Mais pleine de bonnes (?) résolutions, je me suis offert une petite séance de ciné (à domicile, oh, étape par étape, quand même) avec une oeuvre qui m'a remuée plus que de raison, une histoire de retrouvailles vouées à l'échec entre deux vieux amants, ce genre de mélo qui me parle, allez savoir pourquoi... Mais l'essentiel était là, j'étais dans les starting-blocks pour démarrer mon programme sommeil (oui, je sais, c'est moins excitant que le programme sauvez-la-mouette-trouvez-lui-un-mec, mais comme je vous disais, étape par étape, ok) et avant minuit, morphée avait eu la bienséance de m'accueillir.
Hurlements. Deux heures du mat'. Ce n'était pas la dame décapitée de mon cauchemar (elle pouvait plus crier, elle était toute mourue), ni moi-même devant ce sanglant pestacle (limite blasée de mes visions nocturnes un peu gore). Non, les cris venaient de la chambre d'à côté. Ah oui, c'est vrai, Loulou is back. Évidemment, persuadée qu'il était victime d'une méningite (comment ça, je dramatise?) alors qu'il se tenait la tête d'un air éploré, j'ai eu un peu de mal à trouver le sommeil, une fois la séance de réconfort-médoc-çavaallermonchéri.
Pour le programme sommeil, c'était donc mort, mais alors, la caboche de Loulou? La douleur était telle qu'il a fini in bed with me, me réveillant dès lors que j'avais l'infinie inconscience de sombrer dans un monde parallèle. La seule différence entre lui et moi, au lever, finalement, c'est qu'il pétait le feu là où je n'étais qu'une épave.
C'est là que j'ai failli balancer mon réveil, qui crachait qu'aujourd'hui, c'était la journée de la femme et que, quand même, quand même, le sexe faible avait profité de quelques avancées dans cette société de brutes. Que le combat n'était pas gagné, certes, mais que les femmes prenaient peu à peu une place nouvelle au milieu de ces hommes, ces héros.
Pourquoi donc me suis-je sentie un rien hors du coup, dans l'histoire? Non, vraiment, il est de ces luttes dont on s'exclue tout seul, parfois.
La bonne nouvelle, c'est que le traitement de loulou m'a logiquement conduite jusqu'à la pharmacie où le monsieur-de-l'officine est décidément très, très gentil. Ben quoi, faut savoir flairer les opportunités, non?
mardi 1 mars 2011
Chabadabada...
Alors, qu'est-ce que je disais, déjà, sur cette dizaine de jours sans mon loulou, en mode célibataire?
Ah ouais, c'est ça, que j'allais explorer des pistes, retrouver la femme qui est en moi, au fond, chabadabada, sous les couches d'auto-médisance et d'auto-dérision... Chabadabada... Trouver une épaule; ou plutôt trouver le moyen de trouver une épaule (et aller sonner chez mon voisin).
La réalité?
Truc de ouf aujourd'hui. J'ai changé de...
Pyjama.
Au bout de deux jours et demi porté quasi-non stop (une histoire de toilette de chat, tout ça), il tenait presque tout seul, l'animal. Ça donne envie, hein? Y'a encore des gens amoureux de moi, ici? (on me signale que personne n'était amoureux de moi ici. Au temps pour moi).
Et quitte à prendre une douche pour une raison valable, je suis allée courir. Ouais, parce que laver mes cheveux juste pour les laver, sans passer par la case sport, je sais pas, j'ai du mal.
Vous imaginez donc ma dégaine, en yogging, à courir le long de l'Erdre (on ne change pas une équipe qui gagne). Un moment, sur "billy jean" un rien customisé, j'ai glissé dans la gadoue. J'ai évité la chute, mais d'un rien. Grosse classe. La solitude, j'en connais maintenant un rayon, après ce doux moment assorti d'un pouffement de rire du couple qui me suivait, main dans la main (chabadabada).
Pff.
Alors, oui, mes résolutions ne tiennent pas, bien sûr. Mais j'ai une bonne excuse: un taf de dingue, dont je vois doucement le jour, qui m'impose des choix: fringues ou boulot? Courses ou boulot? Dodo ou boulot?Vous l'aurez compris, c'est 3-0 pour le boulot. Jamais mangé autant de soupe miso en sachet et de yaourts. Jamais si peu dormi. Jamais mis autant de grandes chemises d'homme (ouais, quitte à se coller en pyjama, autant la jouer modasse à trois balles, sait-on jamais, George "what else" qui débarque, je serais au taquet).(Je sais, je triche un peu).
Bref, quitte à ressembler à une zombie, autant ne mettre le nez dehors que pour le nécessaire. Pas sûre d'être à mon avantage, pour le reste, dans la vraie vie!
J'évite les déconvenues? Je suis une petite joueuse? Sans doute. Chabadabada...
Ah ouais, c'est ça, que j'allais explorer des pistes, retrouver la femme qui est en moi, au fond, chabadabada, sous les couches d'auto-médisance et d'auto-dérision... Chabadabada... Trouver une épaule; ou plutôt trouver le moyen de trouver une épaule (et aller sonner chez mon voisin).
La réalité?
Truc de ouf aujourd'hui. J'ai changé de...
Pyjama.
Au bout de deux jours et demi porté quasi-non stop (une histoire de toilette de chat, tout ça), il tenait presque tout seul, l'animal. Ça donne envie, hein? Y'a encore des gens amoureux de moi, ici? (on me signale que personne n'était amoureux de moi ici. Au temps pour moi).
Et quitte à prendre une douche pour une raison valable, je suis allée courir. Ouais, parce que laver mes cheveux juste pour les laver, sans passer par la case sport, je sais pas, j'ai du mal.
Vous imaginez donc ma dégaine, en yogging, à courir le long de l'Erdre (on ne change pas une équipe qui gagne). Un moment, sur "billy jean" un rien customisé, j'ai glissé dans la gadoue. J'ai évité la chute, mais d'un rien. Grosse classe. La solitude, j'en connais maintenant un rayon, après ce doux moment assorti d'un pouffement de rire du couple qui me suivait, main dans la main (chabadabada).
Pff.
Alors, oui, mes résolutions ne tiennent pas, bien sûr. Mais j'ai une bonne excuse: un taf de dingue, dont je vois doucement le jour, qui m'impose des choix: fringues ou boulot? Courses ou boulot? Dodo ou boulot?Vous l'aurez compris, c'est 3-0 pour le boulot. Jamais mangé autant de soupe miso en sachet et de yaourts. Jamais si peu dormi. Jamais mis autant de grandes chemises d'homme (ouais, quitte à se coller en pyjama, autant la jouer modasse à trois balles, sait-on jamais, George "what else" qui débarque, je serais au taquet).(Je sais, je triche un peu).
Bref, quitte à ressembler à une zombie, autant ne mettre le nez dehors que pour le nécessaire. Pas sûre d'être à mon avantage, pour le reste, dans la vraie vie!
J'évite les déconvenues? Je suis une petite joueuse? Sans doute. Chabadabada...
samedi 26 février 2011
Sel & piment
Alors, alors, ce programme karcher-détox... C'est bien beau, les effets d'annonce, mais maintenant, place à l'action. A la pratique.
Dès aujourd'hui, je suis une nouvelle fille. Mince, une nouvelle femme, je veux dire. Si, si, je suis grande maintenant, je suis une femme.
Hum.
C'est pas gagné. Bon, l'idée, c'est d'aller se frotter au monde extérieur pour sortir de cette solitude - que j'ai bien voulue, j'en conviens parfaitement - et trouver l'épaule ad hoc. Pas de devenir une nympho, non plus, faut pas pousser, mais juste développer une partie de moi-même que j'ai un peu (beaucoup) mis de côté depuis trop longtemps.
En préambule, je dois vous prévenir: je suis nulle en drague. Mais nullissime. Jamais su faire. Jamais choisi. Trop timide, au fond. Je dois aussi vous alerter sur le côté aléatoire de cette expérimentation, qui dépendra du nombre et de la qualité des cobayes. Et de ma résistance (au stress?). Allez, c'est parti (je vous préviens, c'est totalement décousu).
Résolution karcher-détox n°1
Regarder autour de soi
Constat
Parfois, l'amour se trouve sur le palier.
En vrai
Ça tombe bien, mon voisin est célibataire et, je vais me répéter, quitte à passer pour obsessionnelle, physiquement intelligent. L'idée, c'est donc de le croiser, d'entamer la conversation (j'ai un doute sur l'opportunité de me jeter dessus) et patin couffin.
Action
Ce matin, je trouve le prétexte idéal pour sortir... sur le palier: je vais chercher mon courrier. Mais partagée entre mes élans d'une vie karcher-détox et le confort de mon gros gilet gris- pantalon de pyjama, je prends le parti du naturel. Je descends en pyjama (mais je mets des chaussures).
Verdict
De toute façon, il squattait pas le palier, et comme un voisin intolérant a écrit un post-il demandant l'arrêt de "tous travaux bruyants entre 13 et 15 heures, pour la sieste de notre fils" (je rêve), mon VPI est probablement parti humer des cieux plus cléments.
Résolution karcher-détox n°2
Aller pêcher le mâle en extérieur
Constat
Parfois, l'amour se trouve dans les bois
En vrai
Je décide d'aller courir le long de l'Erdre, histoire de croiser quelques joggeurs et de joindre l'utile à l'agréable.
Action
Je me prends à peu près quinze vents. Chaque fois que je croise un running man, je hoche la tête en signe de connivence. Vlan, rien. Je croise ainsi le clone de Guillaume Canet, puis un GI, puis un freluquet... Pas un regard, rien. Je réalise que j'ai gardé mes lunettes noires. Ah mais c'est ça, en fait, ils sont juste intimidés. Plus, en tout cas, que le vieux type libidineux qui me mate délibérément sur les quais, et ce groupe de types qui ne se gêne pas non plus. Des mecs qui ne courent pas, eux. Ils me font limite flipper. Soudain, le flash, je pense à ces joggeuses disparues. Personne ne sait que je suis dans les bois, j'ai même pas de boucle d'oreille pour faire mon petit poucet de base... Stop, j'arrête le film, je me reconcentre sur mes objectifs. J'enlève mes lunettes, pour casser un peu la force de mon aura (ah ah) et je continue ma route... Sauf que sans mes yeux (je suis myope), je ne repère plus les cibles... Tiens, je sens une goutte, deux, trois... Et là, la douche. mais la vraie douche, je veux dire, un orage s'abat et me voilà trempée des pieds à la tête. Je suis au sommet de ma séduction. Guillaume Canet repasse et ne me prête pas plus attention, le GI a mis sa capuche, le petit malin, et la bande de mateurs est partie, c'est déjà ça. Dans mon ipod, Emily Loizeau chante que "sous la pluie, elle a l'air d'une nouille". Je ne pourrais pas mieux résumer.
Verdict
Pas convaincue par la pêche au mâle sur terrain naturel. Les specimen sont trop volatiles et ne goûtent que très peu à la pluie. Pour tout dire, y'en a bien qu'un qui n'a pas résisté à mon yogging sauvage... mon lissage.
Prochainement, si vous le voulez bien, nous poursuivrons nos travaux, que je sens bien placés sous le signe du succès.
Dès aujourd'hui, je suis une nouvelle fille. Mince, une nouvelle femme, je veux dire. Si, si, je suis grande maintenant, je suis une femme.
Hum.
C'est pas gagné. Bon, l'idée, c'est d'aller se frotter au monde extérieur pour sortir de cette solitude - que j'ai bien voulue, j'en conviens parfaitement - et trouver l'épaule ad hoc. Pas de devenir une nympho, non plus, faut pas pousser, mais juste développer une partie de moi-même que j'ai un peu (beaucoup) mis de côté depuis trop longtemps.
En préambule, je dois vous prévenir: je suis nulle en drague. Mais nullissime. Jamais su faire. Jamais choisi. Trop timide, au fond. Je dois aussi vous alerter sur le côté aléatoire de cette expérimentation, qui dépendra du nombre et de la qualité des cobayes. Et de ma résistance (au stress?). Allez, c'est parti (je vous préviens, c'est totalement décousu).
Résolution karcher-détox n°1
Regarder autour de soi
Constat
Parfois, l'amour se trouve sur le palier.
En vrai
Ça tombe bien, mon voisin est célibataire et, je vais me répéter, quitte à passer pour obsessionnelle, physiquement intelligent. L'idée, c'est donc de le croiser, d'entamer la conversation (j'ai un doute sur l'opportunité de me jeter dessus) et patin couffin.
Action
Ce matin, je trouve le prétexte idéal pour sortir... sur le palier: je vais chercher mon courrier. Mais partagée entre mes élans d'une vie karcher-détox et le confort de mon gros gilet gris- pantalon de pyjama, je prends le parti du naturel. Je descends en pyjama (mais je mets des chaussures).
Verdict
De toute façon, il squattait pas le palier, et comme un voisin intolérant a écrit un post-il demandant l'arrêt de "tous travaux bruyants entre 13 et 15 heures, pour la sieste de notre fils" (je rêve), mon VPI est probablement parti humer des cieux plus cléments.
Résolution karcher-détox n°2
Aller pêcher le mâle en extérieur
Constat
Parfois, l'amour se trouve dans les bois
En vrai
Je décide d'aller courir le long de l'Erdre, histoire de croiser quelques joggeurs et de joindre l'utile à l'agréable.
Action
Je me prends à peu près quinze vents. Chaque fois que je croise un running man, je hoche la tête en signe de connivence. Vlan, rien. Je croise ainsi le clone de Guillaume Canet, puis un GI, puis un freluquet... Pas un regard, rien. Je réalise que j'ai gardé mes lunettes noires. Ah mais c'est ça, en fait, ils sont juste intimidés. Plus, en tout cas, que le vieux type libidineux qui me mate délibérément sur les quais, et ce groupe de types qui ne se gêne pas non plus. Des mecs qui ne courent pas, eux. Ils me font limite flipper. Soudain, le flash, je pense à ces joggeuses disparues. Personne ne sait que je suis dans les bois, j'ai même pas de boucle d'oreille pour faire mon petit poucet de base... Stop, j'arrête le film, je me reconcentre sur mes objectifs. J'enlève mes lunettes, pour casser un peu la force de mon aura (ah ah) et je continue ma route... Sauf que sans mes yeux (je suis myope), je ne repère plus les cibles... Tiens, je sens une goutte, deux, trois... Et là, la douche. mais la vraie douche, je veux dire, un orage s'abat et me voilà trempée des pieds à la tête. Je suis au sommet de ma séduction. Guillaume Canet repasse et ne me prête pas plus attention, le GI a mis sa capuche, le petit malin, et la bande de mateurs est partie, c'est déjà ça. Dans mon ipod, Emily Loizeau chante que "sous la pluie, elle a l'air d'une nouille". Je ne pourrais pas mieux résumer.
Verdict
Pas convaincue par la pêche au mâle sur terrain naturel. Les specimen sont trop volatiles et ne goûtent que très peu à la pluie. Pour tout dire, y'en a bien qu'un qui n'a pas résisté à mon yogging sauvage... mon lissage.
Prochainement, si vous le voulez bien, nous poursuivrons nos travaux, que je sens bien placés sous le signe du succès.
vendredi 25 février 2011
Programme de rééducation
Je ne sais quelle mouche m'a piquée (enfin si, un peu, mais je vous épargne les détails), j'ai décidé d'entamer un programme de rééducation. Pas un bête lavage de cerveau, hein (quoique, ça serait peut-être pas inutile d'employer une petite méthode karcher-détox pour tout nettoyer du sol au plafond dans le ciboulot...), mais une sorte de chemin (de croix?) pour changer deux, trois trucs dans ma vie, là, maintenant.
Ouuuuuuuh, on respire.
Lààààààààà, on se détend.
Après un intermède un peu spécial, je reprends le cours de ma vie, donc, et je regarde. Pas au loin, non, j'évite de le faire depuis que j'ai compris que ça générait trop d'angoisses. Je vis au jour le jour, et l'apaisement n'est pas si loin. Mais quand même, y'a pas à dire, il me manque un truc (étape par étape, hein, on va pas commencer par se mettre martel en tête et VOULOIR, absolument, le sel, le voisin et le cul du voisin (ça sonne mieux, pour moi, que la fermière avec qui j'ai du mal à trouver des connexions physiques, allez comprendre).
Après un très léger coup de blues, consécutif à une montagne russe mal assurée (quoique fort plaisante), je me cale bien droit, et je regarde devant moi.
Bon, va vraiment falloir que je fasse quelque chose avec ce mur jonché de trous. Poser mes étagères qui attendent sagement, par exemple.
Non, les gars, les filles, je fais du figuratif. Je regarde donc devant moi, mais en faux, c'est à dire que je ferme les yeux et j'imagine. Je me fais des films, en gros. Je me dis que si je me foutais un peu la paix, j'y gagnerais quand même sérieusement en sérénité et confiance perso.
Je me dis que j'ai besoin d'une épaule, là.
Rassurante, l'épaule.
Je me dis aussi, régulièrement, que c'est d'autant plus compliqué de trouver cette épaule que je suis une maman. Ou une môman, si vous préférez. Du genre qui préfère penser à son loulou et s'inquiéter de son bien-être, globalement, mais qui, au fond, rêve d'être, sinon maternée (ça va pas la tête), au moins choyée, aussi.
Où je veux en venir? Quel est le rapport avec ce programme de rééducation?
Eh bien, partant de ce constat 1/ qu'un seul être vous manque (le voisin? un autre?) et tout est dépeuplé; 2/ que Loulou est parti dix jours en vacances, eh bien, il est temps de se bouger la nouille. Vous voyez bien.
Dès demain, je vous détaille ce programme. D'ici là, bonne soirée, je sens que je vais frôler la transgression, là, avec une petite soupe miso savourée devant les Césars. Sans me lever pour la quinzième fois pour aller chercher de l'eau pour Loulou; une serviette pour Loulou; le fromage pour Loulou; etc. etc.
Aaaaaaaaahh (cri de la mère soulagée - et donc indigne - assez reconnaissable entre tous).
Ma vie est formidable, décidément.
Ouuuuuuuh, on respire.
Lààààààààà, on se détend.
Après un intermède un peu spécial, je reprends le cours de ma vie, donc, et je regarde. Pas au loin, non, j'évite de le faire depuis que j'ai compris que ça générait trop d'angoisses. Je vis au jour le jour, et l'apaisement n'est pas si loin. Mais quand même, y'a pas à dire, il me manque un truc (étape par étape, hein, on va pas commencer par se mettre martel en tête et VOULOIR, absolument, le sel, le voisin et le cul du voisin (ça sonne mieux, pour moi, que la fermière avec qui j'ai du mal à trouver des connexions physiques, allez comprendre).
Après un très léger coup de blues, consécutif à une montagne russe mal assurée (quoique fort plaisante), je me cale bien droit, et je regarde devant moi.
Bon, va vraiment falloir que je fasse quelque chose avec ce mur jonché de trous. Poser mes étagères qui attendent sagement, par exemple.
Non, les gars, les filles, je fais du figuratif. Je regarde donc devant moi, mais en faux, c'est à dire que je ferme les yeux et j'imagine. Je me fais des films, en gros. Je me dis que si je me foutais un peu la paix, j'y gagnerais quand même sérieusement en sérénité et confiance perso.
Je me dis que j'ai besoin d'une épaule, là.
Rassurante, l'épaule.
Je me dis aussi, régulièrement, que c'est d'autant plus compliqué de trouver cette épaule que je suis une maman. Ou une môman, si vous préférez. Du genre qui préfère penser à son loulou et s'inquiéter de son bien-être, globalement, mais qui, au fond, rêve d'être, sinon maternée (ça va pas la tête), au moins choyée, aussi.
Où je veux en venir? Quel est le rapport avec ce programme de rééducation?
Eh bien, partant de ce constat 1/ qu'un seul être vous manque (le voisin? un autre?) et tout est dépeuplé; 2/ que Loulou est parti dix jours en vacances, eh bien, il est temps de se bouger la nouille. Vous voyez bien.
Dès demain, je vous détaille ce programme. D'ici là, bonne soirée, je sens que je vais frôler la transgression, là, avec une petite soupe miso savourée devant les Césars. Sans me lever pour la quinzième fois pour aller chercher de l'eau pour Loulou; une serviette pour Loulou; le fromage pour Loulou; etc. etc.
Aaaaaaaaahh (cri de la mère soulagée - et donc indigne - assez reconnaissable entre tous).
Ma vie est formidable, décidément.
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