vendredi 24 avril 2015

Hé bé, je gnaque!

Traduisez-moi tout ça. Vous avez une heure.

Hé bé! C'est casse berle que de voir ainsi le temps filer!

Bon, je vais pas vous la jouer "je passe une semaine à Bordeaux, je suis Bordelaise" mais le jargon local me rend quand même bien guillerette (il y a le vin, aussi, mais c'est une autre histoire).

Surtout, je trouve assez ironique de revenir sur les lieux de ma première vie pour poursuivre le chemin vers la deuxième.

J'avais 18 ans lorsque suis arrivée à Bordeaux pour deux ans, trop heureuse d'être entrée à l'école de journalisme. Je pensais juste toucher du doigt mon rêve, sans même imaginer que j'allais apprendre tellement plus sur la vie... et sur moi-même.

Avec mes cannes de serin (à l'époque, hein, le temps et ma gourmandise, ces bâtards, ont fait leur triste œuvre depuis), mes grosses joues, mon air innocent et mon taux d'alcool à zéro, je devais ressembler à une jeune vierge effarouchée.

Et oui, j'avais de petites cannes et une grosse tête, vous savez, comme une sucette Lollipop. J'ai jamais su faire dans la mesure.

Bref.

Le jour de mon arrivée, la propriétaire de la chambre que je louais m'a fixée, se demandant si, vraiment, j'étais majeure. Je lui ai expliqué que si je ressemblais à un hamster, c'était juste à cause de mon opération des dents de sagesse, et que ça allait passer.

Elle a eu un air perplexe et, en effet, malgré les fils en moins (en moinS, diraient les Bordelais!), j'ai quand même gardé un sacré moment mes grosses joues et mon air de sainte-nitouche.

Elle n'a pas tari d'éloges sur sa ville et le Bordelais, notamment sur le vignoble. Je me souviens m'être demandé de quoi elle causait, et je l'ai trouvée bien naïve de supposer que je pourrais un jour apprécier cette boisson rouge que l'on sirote dans des ballons.

Après, j'ai savouré des nectars du Médoc dans de jolis verres à pied et je me suis dit que c'est sans doute elle qui avait raison.

Je venais de découvrir la vie.

Le fait que cette étape du passage à la vie d'adulte transite par de l'alcool pourrait sembler limite. Pourtant, j'ai eu de la chance, je ne suis pas devenue Sue Ellen. C'est juste qu'avec mes cannes de serin - à l'époque, oui, on a compris - j'ai connu quelques déboires estudiantins, du genre à avoir des pertes de mémoire délicates et se réveiller ailleurs que dans ses draps de soie (OK, je suis mytho, j'ai jamais eu les moyens de m'offrir autre chose que du coton, ce qui est déjà bien, on est d'accord).

Les nuits blanches, les soirées au Plana, la rue Sainte-Cath', les Quinconces... Tout m'est revenu en pleine face cette semaine. Le bus filait Cours de la Somme et je revoyais cette vie si lointaine où je n'espérais qu'une chose, devenir journaliste (et être heureuse, mais dans mon esprit, ça allait de pair).

Quelle ironie, donc, de revenir à 40 ans passés sur les pavés bordelais et y apprendre, encore et encore, les bases de ma nouvelle marotte, la pâtisserie. Comme si la boucle se bouclait...

A moins qu'elle ait justement envie d'unir les deux passions, pour envisager une voie alternative, entre journalisme et l'univers des toqués?

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