mardi 10 juin 2014

Sue Ellen, sors de ce corps

Anne, l'instigratrice du défi Nantes-Pornic, avait été catégorique.
 
Nous étions à dix kilomètres de l'arrivée, en haut d'une côte que Flo continuait de grimper, elle qui avait déraillé un peu plus tôt sans que l'on s'en aperçoive. Comme ça traînait un peu, Anne avait commencé à faire des étirements. Et, tout en soulageant ses jambes, me le dit:
 
"Il va falloir qu'on boive."
 
Pour les muscles, qu'elle voulait dire. De l'eau, quoi. Le truc qu'on n'avait plus dans nos sacs depuis, ouh la la, bien longtemps.
 
Comme je suis très obéissante, j'ai accepté sans broncher. Et après la première Badoit avalée en trois secondes au bar pornicais, nous avons enquillé, sitôt rentrées at home. Enfin, plutôt, chez Anne, parce qu'il me restait encore, de mon côté, quelques kilomètres avant de retrouver ma maison.
 
Alors, on a bu. Une bouteille de rosé-fraise et une demi-bouteille de cidre. A deux (Flo avait réussi à réparer son vélo et on ne l'avait pas laissée sur le bas-côté, je vous rassure. C'est juste qu'elle avait une vie, après, elle).
 
Allez savoir pourquoi, j'ai pas réclamé mon eau.
 
Du coup, j'ai eu comme un air de déjà vu, en enfourchant de nouveau mon vélo, alors qu'il était pratiquement l'heure de retrouver mon carrosse. Et la lune, cette sournoise, n'était pas pleine, ce soir-là, alors que j'avais besoin d'elle (je roule toujours sans lumière, sinon c'est pas drôle).
 
Je suis rentrée comme j'ai pu (en fait, c'est l'avantage du vélo, tu pédales sans réfléchir, ça me va bien) et je me suis dit:
 
"Allez, en rentrant, un verre... d'eau et hop, au lit."
 
Et puis, je me suis souvenu d'un petit détail. J'avais quatre gâteaux à faire, pour le lendemain. Ma meilleure amie voulait devenir ma cliente (cette naïve), à l'occasion de l'anniversaire de sa fille.
 
Bon, clairement, ça allait être compliqué si je ne commençais que le dimanche. Alors, puisque je ne craignais pas de réveiller qui que ce soit, j'ai sorti Bobo le petit robot pour ma pâte. Et puis, un bain-marie pour le chocolat. Et puis, tant que j'étais lancée, pourquoi ne pas faire maintenant le deuxième moelleux?
 
Bon, l'avantage, c'est que ça laisse le temps au sang de se vider de ses quelques toxines et quand tu t'allonges à trois heures du mat', tu n'as plus l'impression de faire le Vendée Globe Challenge.
 
Le lendemain, même pas mal. Ni aux cheveux, ni aux jambes.
 
Anne avait raison, il fallait boire.
 
J'ai attendu sagement que le tarte refroidisse pour monter la chantilly. Oh, miracle, ça tient...

Comment ça, les bords ne sont pas droits? Ce sont vos yeux, je vous dis.

Sido, elle a remarqué tout de suite le "10". En même temps, c'était tellement subtil, cette façon de saupoudrer le sucre glace, un peu de façon éléphantesque...

En fait, le moelleux avec le glaçage, il est tellement moche que je la joue "regardez-le de loin", eh eh eh... Un peu d'amour propre (oui, je ne maîtrise toujours pas l'écriture au cornet), ça fait pas de mal. Allez, bon anniversaire, Sido, et plein de bisous à ma cliente n°1 :)
 

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