mercredi 6 mai 2026

La platitude en question

 "Vous verrez, c'est plat!"

Elle semblait sûre d'elle, notre hôte, en évoquant l'étape de jour, nous menant de Carvaillac à Rueyres, deux villages du Lot,

Alors, comment dire, elle a une notion du plat très particulière. Toute la matinée, nous n'avons fait que grimper, grimper, grimper, descendre un peu et grimper.

Le tout sous la pluie, sinon c'est pas drôle. Un peu avant 15h, nous avons fini par nous abriter sous un bâtiment des pompiers, histoire d'avaler notre sandwich. On en a profité pour étendre nos ponchos. De vraies clochardes.

Notre spot pour déjeuner ce midi. Cosy, non?


Et au moment où l'on croyait à l'éclaircie, rebelote, l'averse nous a trempées jusqu'aux os,

C'est là que nous sommes entrées dans une sorte de faille spatio-temporelle, nous, ruisselantes franchissant la porte d'une mercerie à l'ancienne, doublée d'un magasin de vêtements et surtout d'un salon de thé un rien bobo. Là, un vieux monsieur est entré à l'aide de ses deux cannes et a commandé un expresso tandis que nous, cuissard ou short dégoulinants et chaussures crottėes tentions de nous réchauffer avec un café ou une infusion. A deux doigts de clamser de froid, mais en tournant notre jolie cuillère dans la tasse en porcelaine, comme des clientes de grands palaces. Lunaire.

Finalement, nous avons marché 23 km, dont une quinzaine sous la pluie, ressenti 80 km. Et surtout avec des côtes sans fin souvent bitumées, avec la sensation d'une interminable épreuve.

Je n'irai pas juste qu'à écrire que rien n'infuse dans la caboche avec de telles conditions mais disons que le cerveau est un peu anesthésié, concentré sur le simple fait de lutter contre le froid et survivre, tout bonnement,

Alors, pour l'introspection, vous m'excuserez, mais je vais attendre de sécher un peu, avant de remettre trop de choses en question.

Et apprendre, surtout, à ne plus faire confiance aux gens qui vous assurent que tout est simple et plat.

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