lundi 19 juillet 2010

Miam

Pas de blablabla, pas de tralala, cette tarte-là, tu la manges et puis voilà. C'est le Maire qui le dit, je vais quand même pas le contredire, pas vrai? Une fidèle lectrice, que j'embrasse bien au passage, me l'a demandé, alors, je ne résiste pas au plaisir de partager cette recette.

Alors, pour une tarte au citron meringuée, il faut:

Pâte sablée: 250g de farine, 125g de beurre mou, 50g de sucre, 1 jaune d'oeuf, 1 pincée de sel

Garniture citron : 3 oeufs, 150g de sucre, 2 citrons, 150g de beurre, 3 à 4 gouttes d'essence de citron bio (en pharmacie- ben oui, je délivre tous mes secrets)

Meringue italienne : 250 g de sucre, 125 g de blancs d'oeuf, 5cl d'eau

Préparez la pâte, qui deviendra de toute façon votre incontournable pour toutes les pâtes. Si, d'abord : dans un grand récipient, mélangez oeufs, sucre et sel jusqu'à consistance crémeuse. Ajoutez toute la farine. Effritez du bout des doigts jusqu'à obtention d'un sable grossier. Incorporez le beurre en petits dés. Pétrissez et fraisez la pâte (hum, j'adore) pour bien l'homogénéiser. Roulez la pâte en boule. Laissez-la se reposer, la pauvre, vous n'aimeriez pas un petit break après un tel chahut?

Bon, pendant que la pâte reprend ses esprits, passez à la garniture: Lavez soigneusement les citrons, râpez le zeste (d'un seul, pour ma part, je trouve que ça suffit) des citrons, pressez les fruits. Mélangez soigneusement (décidément) les oeufs avec le sucre. Ajoutez zeste, jus de citron et beurre fondu (ben oui, sinon c'est pas drôle) et le p'tit truc en plus qui va faire toute la différence, ces petites gouttes d'essence. Bon, ok, vous allez me dire que vous n'avez pas ça en rayon. Perso, je dis que ça vaut le coup d'aller jusqu'à la pharmacie, mais bon, c'est vous qui voyez, hein.

On cause, on cause et la pâte, pendant ce temps-là, elle fait sa maligne, elle a repris du poil de la bête, elle est bien ronde et lisse. Et hop, on la reprend, on farine le plan de travail et on la martyrise à coup de rouleau à pâtisserie, et on la colle au four, 10 min à Th 5/6 (tout dépend du four, le mien est un malade mental qui chauffe très très vite), après l'avoir piquée de quelques trous de fourchette ou décorée de haricots secs (chacun sa méthode).

Ensuite, on ajoute la préparation au citron dessus et hop, 20 min, pareil pour le four, perso c'est 5, la recette de base indiquait 7/8 ;)

Vous croyez vous en tirer comme ça? Eh non, et la meringue, elle se fait toute seule, les gars? Donc, on monte les blancs en oeufs, si possible dans un robot trop sympa qui fait le boulot à notre place. On les garde tranquillou et pendant ce temps, on met le sucre et l'eau dans une casserole et on fait cuire à feu vif pour obtenir un sirop. On verse ensuite lentement ce sirop dans les blancs (en laissant le robot en route, idéalement, histoire que le mélange tourne bien). Là, sous vos yeux ébahis apparaît une meringue épaisse et satinée (je suis régulièrement à deux doigts d'envisager un masque facial), étalez cette magnifique oeuvre d'art sur la tarte au citron avec une spatule et, top astuce, collez le tout sous le grill quelques micro-minutes (3 dans mon four suffisent).

Voilà, c'est tout. J'espère que vous m'en direz des nouvelles...

samedi 17 juillet 2010

Madame mauvais poil, la sainte et l'apôtre

Quitte à faire des pauses, autant qu'elles soient divertissantes, pas vrai?

Du coup, hier matin, j'ai filé chez Pôle Emploi. Oui, oui, histoire de me divertir. Dit comme ça, ça peut sembler bizarre, mais il se passe toujours un truc cocasse, à chacune de mes escapades dans ce pays insolite.

En réalité, je voulais transmettre mes documents du mois (salaire de juin, enfin reçu le 15 juillet, grrr) à mon apôtre. Malgré notre relation de confiance, j'ignore encore tout de sa vie et surtout de ses dates de congés et il était hors de question que la lettre en question poireaute sur son bureau pendant quelques semaines, le temps qu'il se dore la pilule (et il le mérite, si si), rapport que Pôle Emploi me doit des sous. Donc, j'ai préféré poireauter, justement.

Mais pas trop, en fait. L'effet des vacances, j'imagine. Les chômeurs qui restent chez eux l'été, c'est has been, faut croire. Ou alors personne n'a de problème spécifique. Ou alors ils saturent les lignes du 3949... Bref.

Une dame à lunettes chargée au guronsan, si j'en crois sa speed attitude, me demande si j'ai rendez-vous et sinon, "de quoi qu'elle veut la dame." Je caricature à peine.

"Euh, le...

"Oh, c'est pas vrai", qu'elle m'interrompt décrochant le téléphone comme si ce dernier avait commis l'irréparable. "Ouais, t'es bien gentille, là, mais moi j'y peux rien", qu'elle répond, avant de raccrocher brutalement. Elle s'est peut-être fait plaquer ce matin. Ou alors son pain a grillé dans le toaster. Ou son chien a gerbé sur son tapis. Je sais pas, mais y'a un truc. Bref.

Retour à l'accueil. "Et donc, vous disiez?"

"Le monsieur du poste bipbip est-il là? "

"Ouais, mais il est occupé, c'est pour quoi?" Je lui explique le dessein de ma visite.

"Ouais, mais on peut pas le déranger, là."

Pas grave, qu'elle lui donne l'enveloppe et qu'on en parle plus. Elle rumine, jette des regards mauvais à droite à gauche. Elle est énervée, et ça m'agace. Je craque.

"Je sais bien que ce n'est pas contre moi, mais s'il vous plaît, pouvez-vous juste vous montrer un peu moins agressive?"

Entre temps, sa collègue l'a rejointe. C'est marrant, ma réflexion ne semble pas du tout la surprendre.

"J'suis pas agressive, j'vous dis juste qu'il n'y a pas de suivi personnalisé ici, point."

Elle n'a pas compris qu'entre l'apôtre et moi, c'était spécial, que notre relation dépasse l'entendement pôlemploiesque, que parfois, il m'appelle et n'hésite pas à actualiser ma situation à ma place.

L'autre collègue doit déceler le truc, j'imagine, parce qu'elle s'empare de l'enveloppe et me confirme qu'elle va la porter de ce pas. Oh, une autre sainte.

Se croyant débarrassée de moi, madame mauvais poil me fait un signe de tête pour m'expliquer que mon temps a expiré. Sauf que j'ai une autre question à lui poser. Sur l'indemnisation. Un truc de base, à mon avis, mais je préfère avoir confirmation. Je commence donc à le lui demander mais elle me coupe la parole.

"Ah ouais pour ça, je ne peux pas vous aider, c'est pas mon domaine, faut voir avec... " Elle jette un rapide coup d'oeil, chope Claudine au passage et lui pose la question. "Qu'elle appelle le 3949" répond la Claudine. Devant mon air catastrophé, madame mauvais poil retrouve brièvement le sourire et m'offre un clin d'oeil, gage de sa complicité.

Ou peut-être était-ce un tic.

Oui, c'est ça, ça devait être un tic.

vendredi 16 juillet 2010

Oedipe chez Kookaï

Petite folie, l'autre soir en rentrant du chemin des écoliers (enfin, du centre aéré), j'ai ouvert le compteur des soldes. En passant devant une boutique affichant d'aguicheurs 70%, je me suis laissée tenter. Pas le temps, pas l'argent? Allez, vite fait, un petit tour... J'ai donc poussé la porte, au grand désarroi de Loulou qui aurait préféré continuer à lorgner ses voitures de collection dans le magasin proche.

Je savais que la mission serait compliquée, avec mon asticot dans les pattes. Mais un garde-fou dans une boutique où toute la collection est archi-soldée, y'a pas à dire, c'est quand même très, très utile.

Je vous passe ses pompes à une main (!), ses "Regarde, maman, regarde!", ses petits pas de hip hop sous les yeux mi-amusés, mi-consternés d'une vendeuse, ses roulers-boulers sur le parquet - cela dit, au moins le ménage était fait, vu le nombre de bouloches qui se sont greffées sur le T-shirt de Loulou. Oui, je vous passe les "On y vaaaaaa, mamaaaaaannnn ?" et la très agréable et indispensable ouverture du rideau alors que j'étais en plein déshabillage.

Un vrai bonheur.

Autant vous dire que j'ai fait fissa pour essayer le stock de tissus embarqués à la va-vite dans la cabine. Le verdict est tombé, systématiquement. "J'aime pas!" "J'aime pas!" "J'aime pas!"

Non, rien était au goût de Môôôsieur Loulou. Comme il réalisait que je ne tenais pas compte de ses appréciations forcément des plus sensées, il m'a fixée le plus sérieusement du monde, devant le miroir, fait ses gros yeux et a lancé la sentence:

"Maman, j'aime pas, alors tu prends pas."

Moi, bien déterminée à dépenser mes sous: "Ah oui, et depuis quand c'est toi qui décide?"

Lui, pas perturbé pour un sou : "Mais enfin, maman, j'aime pas ces vêtements-là. Et comme il n'y a que moi qui te regarde, et que j'aime pas, il n'y a aucune raison que tu les achètes!"

...

"Et comme il n'y a que moi qui te regarde..." a-t-il dit, donc.

...

Implacable.

Un peu rude, certes, mais implacable.

Bonjour le coup de massue. Je suis quand même repartie avec... deux pulls et une chèche. Pour les longues soirées d'hiver, tout ça. Parce que d'un coup, je sais pas, j'ai eu l'impression qu'il allait être long, cet hiver, mais loooooong...

jeudi 15 juillet 2010

Madame plus

Chaque fois que je commence à sortir des ingrédients...

Chaque fois que je mets littéralement la main à la pâte...

Chaque fois que j'enfourne mes petites expériences...

Chaque fois, je me dis que, quand même, mince.

Je sais, je radote, je me fais du mal, rien ne sert se retourner sur le passé ou de rêver à un destin (pour l'instant) impossible. Lorsque je suis derrière le comptoir, c'est juste "comme ça". Juste "pour dépanner". Ce genre de choses.

Alors, disons que je prends comme une petite bouffée d'air frais ces intrusions dans l'autre vie, la vie rêvée, la vie imaginaire, la vie illusoire, qui sait. Et peu importe. La réalité, néanmoins, m'a un peu rattrapée aujourd'hui. Epuisée de ces nuits trop courtes à tenter de combler le retard qui s'accumule sur les retranscriptions, je marche un peu au radar. Et juste avant le service, j'ai vu tout trouble. Un malaise vagal.

Oh, ce n'est rien, j'ai l'habitude de ces chutes de tension. Mais je sens aussi que je tire trop sur la corde, que je suis humaine et que mon corps réclame un petit répit. Ma "boss-copine" m'a regardée, un peu inquiète. Avant de me chambrer gentiment.

"Madame plus! Madame plus fatigue!"

Le malaise est passé, la journée s'est bien terminée, sans encombres. Mais je ne suis pas folle: je sais que je ne tiendrai pas dix ans à jouer sur plusieurs tableaux et à tenter de colmater les fuites. Il va bien falloir que je redresse le bateau, qu'il ne chavire pas.

Cela dit, pour l'instant, ai-je le choix?

mercredi 14 juillet 2010

Respiration

Truc de malade, demain: délaissant temporairement mes passionnantes écritures, je vais respirer l'air naturel, voir du monde et éviter les escarres: dans l'optique d'un remplacement de trois jours en août, je vais passer la journée au restau "habituel".

J'ai hâte.

mardi 13 juillet 2010

La logique du petit boxeur

Ce matin, Loulou s'est réveillé, tel un boxeur au lendemain d'un K.O. L'oeil gonflé, rouge, salement amoché.

Genre Robert de Niro dans Raging Bull.

J'aurais été bien réveillée, je crois que j'aurais crié. Là, dans le brouillard, j'ai juste réalisé que j'allais devoir revoir le programme de la journée.

Non, personne n'appelle "enfants battus", loulou souffre bêtement d'une inflammation du canal lacrymal. Mais il est quand même un rien défiguré. Et surtout, il a mal. Alors, forcément, qui dit enfant malade dit maman obligée de se triturer l'esprit pour savoir comment elle va pouvoir retranscrire du débat institutionnel pendant huit ou dix heures, comme si de rien n'était.

Loulou a été sympa, il m'a laissé bosser dans ma... chambre. Au début, tout concentré sur les Pokemon et le journal de Mickey, il n'a rien laissé entendre d'un quelconque désarroi.

Et puis, sans doute lassé, il est allé farfouiller dans sa chambre, retrouver de vieux trésors. C'est ainsi qu'il a débarqué dans ma tanière improvisée, pistolet à l'eau à la main, en criant: "Haut les Mains". Sur ce, il m'a tuée. Oui, oui, il m'a tuée. En tout cas, c'est ce qu'il m'a dit.

Devant mon manque de réaction, il a eu l'air désappointé.

"Mais maman, comme t'es morte, tu peux plus travailler, oh!"

C'est marrant, je croyais que c'était l'inverse. C'est pas quand tu travailles plus que t'es mort ?

Je m'y perds, à force.

dimanche 11 juillet 2010

Nous ne faisons que passer...

Nous ne faisons que passer (Help myself). Dès que j'entends cet air, je m'arrête. Cette chanson de Gaëtan Roussel me touche particulièrement et n'a jamais aussi bien traduit mon ressenti actuel.

Non, ce n'est pas un SOS, je vous rassure. Juste une façon de relativiser, sans doute.

Pour le reste, direction youtube pour mettre quelques images sur ce texte si juste...

Time to get away
Gotta help myself, soon (bis)

HELP MYSELF

Sans prendre le temps de s’arrêter
Dernier cri, premier arrivé
Aurons-nous de l’eau cet été
Tout le monde cherche à s’échapper

Time to get away
Gotta help myself, soon
Help myself
Time to get away

Nous ne faisons que passer
Gotta help myself, soon
Dans l'ombre sous la lumière
Help myself

Sans prendre le temps de s’arrêter
Si l’on nageait sans respirer
Aurons-nous de l’air cet été
Tout le monde cherche à s’échapper

Time to get away
Gotta help myself, soon
Help myself
Time to get away

Nous ne faisons que passer
Gotta help myself, soon
Dans l'ombre et la lumière
Help myself

Nous ne faisons que traverser
Des océans, des déserts
Nous ne faisons que passer
Dans l'ombre sous la lumière
Nous ne faisons que passer
Dans l'ombre et la lumière

Nous ne faisons que traverser
Des océans, des déserts
HELP MYSELF...
HELP MYSELF

Time to get away
Gotta help myself, soon
Help myself (bis)
Time to get away

Nous ne faisons que passer
Gotta help myself, soon
Dans l'ombre et la lumière
Help myself

Nous ne faisons que traverser
Des océans des déserts
HELP MYSELF
Sans prendre le temps de s’arrêter