Hier, avant de gravir les deux cent seize marches, nous avons initié un concept un peu particulier, le rando-shopping, ou l'art de trimballer son sac de 8kg entre les rayons des diverses boutiques de Rocamadour. On a donc essayé des robes, en cuissard et T-shirt un rien suintant, et rajouté quelques grammes alors même que l'idée initiale est quand même de limiter le poids de ce que l'on porte et de vivre une forme de dépouillement à chacun de nos pas.
Quitte à croiser beaucoup d'humains, autant se faire plaisir avec quelques souvenirs... On est d'accord, l'esprit du chemin s'est un peu fait la malle dans mon cerveau, lors de notre escapade dans ce haut lieu du tourisme.
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| Il a fallu grimper pour ce point de vue. Avouez que ça valait le coup. |
Mais il est revenu au galop, dès lors que nous avons enlevé les sandales et repris les bâtons. Il était temps de revenir à l'essentiel. Histoire de ne pas affoler ma caboche, je n'avais pas regardé le dénivelé précisément, ce midi au moment de reprendre la route, et j'ai bien fait, tant les côtes se sont avérées vertigineuses, entre Rocamadour et le petit village de Corzou.
Un pas après l'autre, encore une fois, dans ce chemin de patience et d'acceptation.
Surtout, nous avons retrouvé la nature sauvage telle que nous l'avions laissée aux portes de Rocamadour, et la solitude dans ces paysages tantôt un rien arides, presque similaires à de la garrigue, tantôt verdoyants, avec une forêt à perte de vue. Le terrain en calcaire, accidenté, nous a menées vers la campagne et son silence et je l'avoue, après ce drôle de retour à la civilisation, cela n'a pas été pour me déplaire.
Maintenant, nous descendons doucement vers Saint-Cirq Lapopie, destination finale de ce beau périple avec, chaque jour, une ou deux rencontres fortes, à l'occasion de nos arrêts en gîte d'étape.
Les échanges peuvent sembler abrupts, tant les hé bergeurs, notamment, sont habitués à parler sans fioritures. On ne se livre pas forcément comme avec des amis proches, mais il se dégage de ces conversations, souvent autour d'un bon dîner ou d'une infusion, un parfum de vérité... Et de questionnement. On ose poser nos peurs, avouer nos croyances militantes, sans crainte du jugement.
C'est la magie intacte de ce chemin, portée par la marche, par ce temps long, par ces voies parfois escarpées qui nous font aller au delà de nos appréhensions.
Je ne sais pas trop de quoi j'ai peur, mais ici, tout semble étonnamment possible.








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