Dormir.
Respirer.
Évacuer le stress peu à peu, décompresser.
Me souvenir que la pression, c'est ce qui sert à gonfler les pneus (dixit un grand philosophe, Charles Barkley, fantastique... joueur NBA du siècle passé (eh oui).
S'installer avec un bon bouquin, dans le transat.
Imaginer que le plus gros effort de la journée va consister à se relever du dit-transat.
Marcher. Nager. Courir. Pédaler.
Voir ses amis. Prendre le temps de prolonger la soirée.
Prendre la route. Aller vers la mer.
Je revendique mon droit à la procrastination, à l'hédonisme le plus banal. Mon programme s'apparente à une mémérisation aigüe, je le sens bien, mais qu'importe. J'aspire au calme, avant et après la nouvelle tempête qui surviendra (les angoisses, que vais-je devenir, blablabla, on va tous dans le mur, etc, etc. ok, je me sors ça de l'esprit tout de suite).
Bon, vous l'aurez compris, je vais éteindre mon ordi un peu, souffler, déconnecter, goûter de nouveau aux plaisirs simples... J'ai encore du mal à réaliser ma chance.
A très vite!
dimanche 25 juillet 2010
samedi 24 juillet 2010
Monsieur grincheux et mon rêve de couette
Encore dans le gaz, je me suis levée sans aucun enthousiasme ce matin. Pourtant, tenir un restau pour la journée, faire la chef, j'en ai rêvé et mes précédentes expériences m'ont confortée dans cette idée. Mais là, à court d'énergie, j'avoue, je me projetais avec une impatience non dissimulée à ce soir, bien emmitouflée dans ma couette.
Finalement, une fois sur place, l'énergie est revenue. Le poulet à faire cuire, le saumon à faire mariner, les tables à dresser, le pain à couper... Tel un automate, j'ai accompli les premières tâches avant de me réveiller vraiment.
Il valait mieux. Parmi mes premiers clients se cachait le pire cauchemar de tout commerçant. Le râleur.
Le jamais content. Le gars qui rit quand il se pince.
Le chieur, oui, on peut résumer ainsi.
A sa mine, j'ai vu d'emblée que ça n'allait pas être facile, facile. Il était accompagné de sa trentenaire de fille et de son petit-fils (enfin, j'ai imaginé qu'il en était ainsi). Quand j'ai annoncé qu'il faudrait patienter pour le menu enfant, because il fallait faire cuire des pâtes, il n'a même pas cherché à masquer son soupir.
Pfffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff.
Oui, moi aussi, pffffffffffffffffffffffffffffffffffffff, d'abord. Monsieur, si tu avais eu ma semaine, tu savourerais juste le bonheur d'être assis en terrasse à te faire servir.
Mais le monsieur doit être un nanti, un nanti pressé, donc. Ensuite, sa fille s'en est un peu mêlée, elle voulait plus de vinaigrette. Pas de souci. Lui a haussé les sourcils. J'adore. Les pâtes mettaient des plombes à cuire, le gamin était une tête à claques, je rêvais plus encore de ma couette.
J'étais dans mes petits souliers, il a dû le sentir. J'étais une proie facile.
Au final, c'est vrai, ils ont mangé leur plat avant le gosse, parce que visiblement, monsieur jamais content avait piscine et que sa salade, il la voulait là maintenant. Il était pressé, oui, mais bon, quand même, il voulait prendre un café. Je le lui apporte.
Il revient avec. "Euh, c'est quoi ce café? Vous ne savez pas le faire?"
Hummmmm, j'adore. C'est pas moi qui le fais, je me contente d'appuyer sur une touche et la machine à café s'occupe du reste.
Pas de souci, monsieur, je vous en refais un autre. Il revient: "non mais, c'est pareil, hein, pff, c'est imbuvable! C'est pas possible, faut changer la dosette à chaque fois, hein!"
Là, je suis à deux doigts de lui coller le café sur sa face, pour vérifier qu'il sait faire autre chose qu'ouvrir la bouche pour râler (car hurler n'est pas râler, évidemment), mais comme je suis la sagesse incarnée, je reste courtoise, lui explique la panne de la machine à café et la solution provisoire que le restau a trouvée.
"Ah bah!" reprend-il. "Décidément, c'est pas la journée!"
"Comment ça, monsieur?"
"Mais enfin, rien n'a été!" (dit-il après avoir fini son assiette, quand même)
"Qu'est-ce qui vous fait dire ça, monsieur?"
"Franchement, entre les pâtes en retard, le café, l'attente, et puis j'ai pas l'impression d'avoir mangé correctement."
Alors là, je lui demande de laisser une seconde chance à l'établissement, je prends la responsabilité des couacs, tout ça, vas-y que je continue à tendre le bâton... Quand il me dit, sans hésiter:
"Ah mais non, j'suis déjà venu ici, c'est toujours comme ça!"
Euh, monsieur, pourquoi tu reviens, alors? Je me suis retenue, mais quelque part, ça m'a rassurée. C'était juste un con. Point.
L'ex, qui avait eu l'idée de venir déjeuner en même temps (!) a assisté à la scène et n'a pas dit autre chose. Sauf que, d'après lui, je n'aurais pas dû m'excuser au départ. Il a raison. A vouloir être arrangeante, je me suis pris les pieds dans le plat.
Comme dirait la boss, cette rencontre avec jamais-content a malheureusement marqué ma journée, par ailleurs très agréable. Bah, les sourires et l'air réjoui des autres ont compensé cette mauvaise humeur, mais cet épisode m'a confortée dans l'idée que les commerçants n'ont pas d'autres choix que d'avoir les nerfs solides, pour relativiser très vite ces passages et prendre ça d'où ça vient.
Cela dit, maintenant que j'ai testé le chieur, j'ai l'impression d'avoir étoffé ma panoplie. Un jour, qui sait, peut-être deviendrai imperméable à la connerie.
J'ai encore pas mal d'étapes à franchir mais enfin, rien qu'aujourd'hui, j'ai au moins gagné dix points.
Finalement, une fois sur place, l'énergie est revenue. Le poulet à faire cuire, le saumon à faire mariner, les tables à dresser, le pain à couper... Tel un automate, j'ai accompli les premières tâches avant de me réveiller vraiment.
Il valait mieux. Parmi mes premiers clients se cachait le pire cauchemar de tout commerçant. Le râleur.
Le jamais content. Le gars qui rit quand il se pince.
Le chieur, oui, on peut résumer ainsi.
A sa mine, j'ai vu d'emblée que ça n'allait pas être facile, facile. Il était accompagné de sa trentenaire de fille et de son petit-fils (enfin, j'ai imaginé qu'il en était ainsi). Quand j'ai annoncé qu'il faudrait patienter pour le menu enfant, because il fallait faire cuire des pâtes, il n'a même pas cherché à masquer son soupir.
Pfffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff.
Oui, moi aussi, pffffffffffffffffffffffffffffffffffffff, d'abord. Monsieur, si tu avais eu ma semaine, tu savourerais juste le bonheur d'être assis en terrasse à te faire servir.
Mais le monsieur doit être un nanti, un nanti pressé, donc. Ensuite, sa fille s'en est un peu mêlée, elle voulait plus de vinaigrette. Pas de souci. Lui a haussé les sourcils. J'adore. Les pâtes mettaient des plombes à cuire, le gamin était une tête à claques, je rêvais plus encore de ma couette.
J'étais dans mes petits souliers, il a dû le sentir. J'étais une proie facile.
Au final, c'est vrai, ils ont mangé leur plat avant le gosse, parce que visiblement, monsieur jamais content avait piscine et que sa salade, il la voulait là maintenant. Il était pressé, oui, mais bon, quand même, il voulait prendre un café. Je le lui apporte.
Il revient avec. "Euh, c'est quoi ce café? Vous ne savez pas le faire?"
Hummmmm, j'adore. C'est pas moi qui le fais, je me contente d'appuyer sur une touche et la machine à café s'occupe du reste.
Pas de souci, monsieur, je vous en refais un autre. Il revient: "non mais, c'est pareil, hein, pff, c'est imbuvable! C'est pas possible, faut changer la dosette à chaque fois, hein!"
Là, je suis à deux doigts de lui coller le café sur sa face, pour vérifier qu'il sait faire autre chose qu'ouvrir la bouche pour râler (car hurler n'est pas râler, évidemment), mais comme je suis la sagesse incarnée, je reste courtoise, lui explique la panne de la machine à café et la solution provisoire que le restau a trouvée.
"Ah bah!" reprend-il. "Décidément, c'est pas la journée!"
"Comment ça, monsieur?"
"Mais enfin, rien n'a été!" (dit-il après avoir fini son assiette, quand même)
"Qu'est-ce qui vous fait dire ça, monsieur?"
"Franchement, entre les pâtes en retard, le café, l'attente, et puis j'ai pas l'impression d'avoir mangé correctement."
Alors là, je lui demande de laisser une seconde chance à l'établissement, je prends la responsabilité des couacs, tout ça, vas-y que je continue à tendre le bâton... Quand il me dit, sans hésiter:
"Ah mais non, j'suis déjà venu ici, c'est toujours comme ça!"
Euh, monsieur, pourquoi tu reviens, alors? Je me suis retenue, mais quelque part, ça m'a rassurée. C'était juste un con. Point.
L'ex, qui avait eu l'idée de venir déjeuner en même temps (!) a assisté à la scène et n'a pas dit autre chose. Sauf que, d'après lui, je n'aurais pas dû m'excuser au départ. Il a raison. A vouloir être arrangeante, je me suis pris les pieds dans le plat.
Comme dirait la boss, cette rencontre avec jamais-content a malheureusement marqué ma journée, par ailleurs très agréable. Bah, les sourires et l'air réjoui des autres ont compensé cette mauvaise humeur, mais cet épisode m'a confortée dans l'idée que les commerçants n'ont pas d'autres choix que d'avoir les nerfs solides, pour relativiser très vite ces passages et prendre ça d'où ça vient.
Cela dit, maintenant que j'ai testé le chieur, j'ai l'impression d'avoir étoffé ma panoplie. Un jour, qui sait, peut-être deviendrai imperméable à la connerie.
J'ai encore pas mal d'étapes à franchir mais enfin, rien qu'aujourd'hui, j'ai au moins gagné dix points.
vendredi 23 juillet 2010
De la résistance d'une zombie
Certes, je suis une zombie.
Mais une zombie presque soulagée. Heureuse à l'idée que son calvaire prenne fin, bientôt.
Petit coup de pression hier, avec un mail de ma boîte me reprochant un retard dans mon travail alors que je suais sang et eau (j'exagère à peine) pour avancer, laissant tout de côté - y compris mon sac de voyage, posé dans l'entrée mardi et qui n'a pas bougé (d'ailleurs, un jour, faudrait que je cherche à comprendre pourquoi ces choses-là ne se rangent pas toutes seules). Y compris mes recherches d'emploi. Y compris un rapport que je souhaiterais lire. Y compris mes mails, que je range dans un répertoire "urgent" ou "à venir" si ça peut attendre. Y compris mon courrier que je pose sur un meuble, comme si passais juste récupérer celui d'une amie partie en vacances.
Y compris mon fils. Y compris ma vie.
Il s'avère que le monsieur avait juste oublié un détail et que ma mission devait bien être terminée pour lundi. Mais, que voulez-vous, il n'y pensait plus et m'a donc écrit un message, juste avant d'éteindre son portable, me laissant dans un état de stress difficilement contrôlable.
Alors, j'ai tapé, j'ai tapé et j'ai fini ma première version à... 3h20. J'ai envisagé la nuit blanche mais sincèrement, songeant à la journée qui m'attendait le lendemain, j'ai privilégié la sagesse et me suis donc allongée. Cinq minutes, ai-je eu l'impression. Cinq heures, en vrai, juste le temps de me lever, dans cet élan zombiesque, et d'y retourner.
Ce soir, j'en suis presque venue à bout. Et c'est tant mieux parce qu'une longue journée s'annonce, demain. Dans mon souci de devenir véritablement schizo, je vais passer le samedi derrière le comptoir. Oui, encore. Mais cette fois, toute seule, comme une grande. La boss a tenu à ce galop d'essai, avant que je ne la remplace, trois jours durant, en août, pour un dépannage express.
J'ai pas su dire non, d'autant que j'envisage ça comme un bol d'air frais. Et en plus, qui sait, j'aurai peut-être un peu de matière pour ce blog, demain soir...
N'empêche que je suis rincée. Si je pouvais éviter le malaise vagal, j'aimerais autant.
Pff, quel drôle de métier que celui de chômeuse.
Mais une zombie presque soulagée. Heureuse à l'idée que son calvaire prenne fin, bientôt.
Petit coup de pression hier, avec un mail de ma boîte me reprochant un retard dans mon travail alors que je suais sang et eau (j'exagère à peine) pour avancer, laissant tout de côté - y compris mon sac de voyage, posé dans l'entrée mardi et qui n'a pas bougé (d'ailleurs, un jour, faudrait que je cherche à comprendre pourquoi ces choses-là ne se rangent pas toutes seules). Y compris mes recherches d'emploi. Y compris un rapport que je souhaiterais lire. Y compris mes mails, que je range dans un répertoire "urgent" ou "à venir" si ça peut attendre. Y compris mon courrier que je pose sur un meuble, comme si passais juste récupérer celui d'une amie partie en vacances.
Y compris mon fils. Y compris ma vie.
Il s'avère que le monsieur avait juste oublié un détail et que ma mission devait bien être terminée pour lundi. Mais, que voulez-vous, il n'y pensait plus et m'a donc écrit un message, juste avant d'éteindre son portable, me laissant dans un état de stress difficilement contrôlable.
Alors, j'ai tapé, j'ai tapé et j'ai fini ma première version à... 3h20. J'ai envisagé la nuit blanche mais sincèrement, songeant à la journée qui m'attendait le lendemain, j'ai privilégié la sagesse et me suis donc allongée. Cinq minutes, ai-je eu l'impression. Cinq heures, en vrai, juste le temps de me lever, dans cet élan zombiesque, et d'y retourner.
Ce soir, j'en suis presque venue à bout. Et c'est tant mieux parce qu'une longue journée s'annonce, demain. Dans mon souci de devenir véritablement schizo, je vais passer le samedi derrière le comptoir. Oui, encore. Mais cette fois, toute seule, comme une grande. La boss a tenu à ce galop d'essai, avant que je ne la remplace, trois jours durant, en août, pour un dépannage express.
J'ai pas su dire non, d'autant que j'envisage ça comme un bol d'air frais. Et en plus, qui sait, j'aurai peut-être un peu de matière pour ce blog, demain soir...
N'empêche que je suis rincée. Si je pouvais éviter le malaise vagal, j'aimerais autant.
Pff, quel drôle de métier que celui de chômeuse.
jeudi 22 juillet 2010
La piqûre de rappel de Johnny Halliday
Non, non, je ne suis pas partie en vacances et cette recette de tarte au citron meringuée ne ressemble en rien (euh, elle ne ressemble à rien, d'ailleurs, mais ça n'a rien à voir. Pas la tarte qui cuit dans mon four à l'heure actuelle, la recette. Pffou, j'suis pas claire. Et pis j'ai chaud, quelle idée de faire cuire quelque chose par ce temps), bref, ce dernier post ne ressemble en rien à un épilogue, c'est juste que j'ai l'impression de m'être lancé un défi contre le temps.
Temps 1 - La mouette 0
Car voyez-vous, le temps est le plus fort et le sera toujours. Pendant que j'effectue ma course contre la montre, d'autres se meurent, attendent que leur heure vienne, justement. Non, non, je n'ai pas oublié mes petites pilules ce matin.
Entre deux compte rendus (je vais en venir à bout, je vais en venir à bout, yes!) et un aller-retour express à Nantes pour y déposer Loulou, j'ai fait un détour à l'hôpital. Oh, pas pour moi. Mais pour un ami qui a la joie d'y séjourner depuis lundi et son malaise matinal. Comme il est en cardio, ça m'a rappelé quelques mauvais souvenirs, même si, a priori, le mal est moindre.
En entrant dans le service, je me suis quand même dit que j'aurais dû les prendre, ces petites pilules. Histoire de voir la vie en rose et d'ignorer ces sombres nuages qui pèsent sur ces personnes diminuées, vieilles. En fin de vie, tout simplement. D'ailleurs, avec mon ami, on a ri (jaune) en lisant le titre d'un livre de recettes, vendu au kiosque en bas: "Alimentation pour les patients en fin de vie".
Quoi, c'est triple dose de chocolat parce que, de toute façon, c'en est bientôt fini?
Forcément, mon ami, du haut de ses 38 ans, c'est un peu la vedette du service. La guest-star, oserais-je. "Je suis un peu Johnny Halliday", qu'il m'a dit. Tu penses, il rabaisse d'un coup la moyenne d'âge de 50 ans, forcément, les infirmières, elles le chouchoutent.
Vous allez me dire, pourquoi je vous raconte ça? Euh, vous voulez que je vous parle du passage du très haut débit dans nos rases campagnes? Du ramassage scolaire à la carte? OK, on est d'accord, les débats institutionnels ne vous branchent pas (on dirait pas comme ça, mais c'est passionnant. Surtout quand ils se crient tous dessus et s'accusent mutuellement de faire de la "politique avec un petit p", insulte suprême).
Je vous raconte ça parce que forcément, lorsqu'un ami vous envoie un petit texto anodin pour vous annoncer un séjour en cardio, comment dire, ça marque un rien le quotidien.
Et puis, comme tous ceux qui se sont trouvé entre deux, son regard bleu et acéré a pris une nouvelle profondeur. Lui qui projetait sa vie en permanence, prévoyant ses week-end six mois à l'avance, a vu son emploi du temps de ministre bousculé. Paradoxalement, derrière l'angoisse première, je l'ai senti comme soulagé de ne plus avoir à remplir les cases.
Apaisé de faire le vide, parce que son corps le lui a demandé, il ne se questionne plus, sinon pour savoir s'il pourra chaparder une compote en douce ou manger autre chose que de la viande bouillie. Oh, cette paix intérieure est sans doute provisoire, liée au soulagement qu'il a ressenti à l'issue des examens, où les pires hypothèses ont été écartées. Mais une fois encore, c'est une petite piqûre de rappel.
En quittant mon ami, entouré de ces âmes grises, j'ai songé à cette course contre la montre que j'avais enclenchée. A la futilité de charger mes journées, moi qui crains le vide. Pour l'instant, je ne peux rien y changer: j'ai une mission à terminer et, samedi, une "escapade" dont je vous reparlerai. D'autres projets, imprévus, viennent de survenir. Et j'ai d'autant plus de mal à dire non lorsque les perspectives sont enthousiasmantes.
Pendant ce temps, mon corps se rappelle à mon bon souvenir, à coups de petits troubles lorsque je me lève. De courbatures nouvelles dans les mollets, alors que je n'ai pas eu le loisir de bouger mon gras depuis deux semaines. A la limite du surmenage, lassée de finir mes nuits sur l'ordinateur les paupières tombantes, je songe à un mini-break.
J'ai envie de pouvoir m'asseoir sur mon canapé autrement que pour bosser. Regarder un film à la télé. Sortir prendre l'air. Nager. Dans la piscine, dans la mer. Prendre le temps de discuter dans le jardin de mes parents et jouer au ballon avec loulou.
Vivre, en somme. Sans me préoccuper des échéances angoissantes qui m'attendent. De ce flou qui continue de mener mon quotidien.
Faire un break, donc.
Je sais, c'est sinon, surréaliste, au moins peu raisonnable alors que la situation m'impose de ne rien lâcher. Mais les yeux fatigués de mon ami me laissent penser qu'à l'impossible, nul n'est tenu.
Que la course contre le temps est perdue d'avance et qu'il vaut mieux, alors, s'en faire un allié.
Temps 1 - La mouette 0
Car voyez-vous, le temps est le plus fort et le sera toujours. Pendant que j'effectue ma course contre la montre, d'autres se meurent, attendent que leur heure vienne, justement. Non, non, je n'ai pas oublié mes petites pilules ce matin.
Entre deux compte rendus (je vais en venir à bout, je vais en venir à bout, yes!) et un aller-retour express à Nantes pour y déposer Loulou, j'ai fait un détour à l'hôpital. Oh, pas pour moi. Mais pour un ami qui a la joie d'y séjourner depuis lundi et son malaise matinal. Comme il est en cardio, ça m'a rappelé quelques mauvais souvenirs, même si, a priori, le mal est moindre.
En entrant dans le service, je me suis quand même dit que j'aurais dû les prendre, ces petites pilules. Histoire de voir la vie en rose et d'ignorer ces sombres nuages qui pèsent sur ces personnes diminuées, vieilles. En fin de vie, tout simplement. D'ailleurs, avec mon ami, on a ri (jaune) en lisant le titre d'un livre de recettes, vendu au kiosque en bas: "Alimentation pour les patients en fin de vie".
Quoi, c'est triple dose de chocolat parce que, de toute façon, c'en est bientôt fini?
Forcément, mon ami, du haut de ses 38 ans, c'est un peu la vedette du service. La guest-star, oserais-je. "Je suis un peu Johnny Halliday", qu'il m'a dit. Tu penses, il rabaisse d'un coup la moyenne d'âge de 50 ans, forcément, les infirmières, elles le chouchoutent.
Vous allez me dire, pourquoi je vous raconte ça? Euh, vous voulez que je vous parle du passage du très haut débit dans nos rases campagnes? Du ramassage scolaire à la carte? OK, on est d'accord, les débats institutionnels ne vous branchent pas (on dirait pas comme ça, mais c'est passionnant. Surtout quand ils se crient tous dessus et s'accusent mutuellement de faire de la "politique avec un petit p", insulte suprême).
Je vous raconte ça parce que forcément, lorsqu'un ami vous envoie un petit texto anodin pour vous annoncer un séjour en cardio, comment dire, ça marque un rien le quotidien.
Et puis, comme tous ceux qui se sont trouvé entre deux, son regard bleu et acéré a pris une nouvelle profondeur. Lui qui projetait sa vie en permanence, prévoyant ses week-end six mois à l'avance, a vu son emploi du temps de ministre bousculé. Paradoxalement, derrière l'angoisse première, je l'ai senti comme soulagé de ne plus avoir à remplir les cases.
Apaisé de faire le vide, parce que son corps le lui a demandé, il ne se questionne plus, sinon pour savoir s'il pourra chaparder une compote en douce ou manger autre chose que de la viande bouillie. Oh, cette paix intérieure est sans doute provisoire, liée au soulagement qu'il a ressenti à l'issue des examens, où les pires hypothèses ont été écartées. Mais une fois encore, c'est une petite piqûre de rappel.
En quittant mon ami, entouré de ces âmes grises, j'ai songé à cette course contre la montre que j'avais enclenchée. A la futilité de charger mes journées, moi qui crains le vide. Pour l'instant, je ne peux rien y changer: j'ai une mission à terminer et, samedi, une "escapade" dont je vous reparlerai. D'autres projets, imprévus, viennent de survenir. Et j'ai d'autant plus de mal à dire non lorsque les perspectives sont enthousiasmantes.
Pendant ce temps, mon corps se rappelle à mon bon souvenir, à coups de petits troubles lorsque je me lève. De courbatures nouvelles dans les mollets, alors que je n'ai pas eu le loisir de bouger mon gras depuis deux semaines. A la limite du surmenage, lassée de finir mes nuits sur l'ordinateur les paupières tombantes, je songe à un mini-break.
J'ai envie de pouvoir m'asseoir sur mon canapé autrement que pour bosser. Regarder un film à la télé. Sortir prendre l'air. Nager. Dans la piscine, dans la mer. Prendre le temps de discuter dans le jardin de mes parents et jouer au ballon avec loulou.
Vivre, en somme. Sans me préoccuper des échéances angoissantes qui m'attendent. De ce flou qui continue de mener mon quotidien.
Faire un break, donc.
Je sais, c'est sinon, surréaliste, au moins peu raisonnable alors que la situation m'impose de ne rien lâcher. Mais les yeux fatigués de mon ami me laissent penser qu'à l'impossible, nul n'est tenu.
Que la course contre le temps est perdue d'avance et qu'il vaut mieux, alors, s'en faire un allié.
lundi 19 juillet 2010
Miam
Pas de blablabla, pas de tralala, cette tarte-là, tu la manges et puis voilà. C'est le Maire qui le dit, je vais quand même pas le contredire, pas vrai? Une fidèle lectrice, que j'embrasse bien au passage, me l'a demandé, alors, je ne résiste pas au plaisir de partager cette recette.
Alors, pour une tarte au citron meringuée, il faut:
Pâte sablée: 250g de farine, 125g de beurre mou, 50g de sucre, 1 jaune d'oeuf, 1 pincée de sel
Garniture citron : 3 oeufs, 150g de sucre, 2 citrons, 150g de beurre, 3 à 4 gouttes d'essence de citron bio (en pharmacie- ben oui, je délivre tous mes secrets)
Meringue italienne : 250 g de sucre, 125 g de blancs d'oeuf, 5cl d'eau
Préparez la pâte, qui deviendra de toute façon votre incontournable pour toutes les pâtes. Si, d'abord : dans un grand récipient, mélangez oeufs, sucre et sel jusqu'à consistance crémeuse. Ajoutez toute la farine. Effritez du bout des doigts jusqu'à obtention d'un sable grossier. Incorporez le beurre en petits dés. Pétrissez et fraisez la pâte (hum, j'adore) pour bien l'homogénéiser. Roulez la pâte en boule. Laissez-la se reposer, la pauvre, vous n'aimeriez pas un petit break après un tel chahut?
Bon, pendant que la pâte reprend ses esprits, passez à la garniture: Lavez soigneusement les citrons, râpez le zeste (d'un seul, pour ma part, je trouve que ça suffit) des citrons, pressez les fruits. Mélangez soigneusement (décidément) les oeufs avec le sucre. Ajoutez zeste, jus de citron et beurre fondu (ben oui, sinon c'est pas drôle) et le p'tit truc en plus qui va faire toute la différence, ces petites gouttes d'essence. Bon, ok, vous allez me dire que vous n'avez pas ça en rayon. Perso, je dis que ça vaut le coup d'aller jusqu'à la pharmacie, mais bon, c'est vous qui voyez, hein.
On cause, on cause et la pâte, pendant ce temps-là, elle fait sa maligne, elle a repris du poil de la bête, elle est bien ronde et lisse. Et hop, on la reprend, on farine le plan de travail et on la martyrise à coup de rouleau à pâtisserie, et on la colle au four, 10 min à Th 5/6 (tout dépend du four, le mien est un malade mental qui chauffe très très vite), après l'avoir piquée de quelques trous de fourchette ou décorée de haricots secs (chacun sa méthode).
Ensuite, on ajoute la préparation au citron dessus et hop, 20 min, pareil pour le four, perso c'est 5, la recette de base indiquait 7/8 ;)
Vous croyez vous en tirer comme ça? Eh non, et la meringue, elle se fait toute seule, les gars? Donc, on monte les blancs en oeufs, si possible dans un robot trop sympa qui fait le boulot à notre place. On les garde tranquillou et pendant ce temps, on met le sucre et l'eau dans une casserole et on fait cuire à feu vif pour obtenir un sirop. On verse ensuite lentement ce sirop dans les blancs (en laissant le robot en route, idéalement, histoire que le mélange tourne bien). Là, sous vos yeux ébahis apparaît une meringue épaisse et satinée (je suis régulièrement à deux doigts d'envisager un masque facial), étalez cette magnifique oeuvre d'art sur la tarte au citron avec une spatule et, top astuce, collez le tout sous le grill quelques micro-minutes (3 dans mon four suffisent).
Voilà, c'est tout. J'espère que vous m'en direz des nouvelles...
Alors, pour une tarte au citron meringuée, il faut:
Pâte sablée: 250g de farine, 125g de beurre mou, 50g de sucre, 1 jaune d'oeuf, 1 pincée de sel
Garniture citron : 3 oeufs, 150g de sucre, 2 citrons, 150g de beurre, 3 à 4 gouttes d'essence de citron bio (en pharmacie- ben oui, je délivre tous mes secrets)
Meringue italienne : 250 g de sucre, 125 g de blancs d'oeuf, 5cl d'eau
Préparez la pâte, qui deviendra de toute façon votre incontournable pour toutes les pâtes. Si, d'abord : dans un grand récipient, mélangez oeufs, sucre et sel jusqu'à consistance crémeuse. Ajoutez toute la farine. Effritez du bout des doigts jusqu'à obtention d'un sable grossier. Incorporez le beurre en petits dés. Pétrissez et fraisez la pâte (hum, j'adore) pour bien l'homogénéiser. Roulez la pâte en boule. Laissez-la se reposer, la pauvre, vous n'aimeriez pas un petit break après un tel chahut?
Bon, pendant que la pâte reprend ses esprits, passez à la garniture: Lavez soigneusement les citrons, râpez le zeste (d'un seul, pour ma part, je trouve que ça suffit) des citrons, pressez les fruits. Mélangez soigneusement (décidément) les oeufs avec le sucre. Ajoutez zeste, jus de citron et beurre fondu (ben oui, sinon c'est pas drôle) et le p'tit truc en plus qui va faire toute la différence, ces petites gouttes d'essence. Bon, ok, vous allez me dire que vous n'avez pas ça en rayon. Perso, je dis que ça vaut le coup d'aller jusqu'à la pharmacie, mais bon, c'est vous qui voyez, hein.
On cause, on cause et la pâte, pendant ce temps-là, elle fait sa maligne, elle a repris du poil de la bête, elle est bien ronde et lisse. Et hop, on la reprend, on farine le plan de travail et on la martyrise à coup de rouleau à pâtisserie, et on la colle au four, 10 min à Th 5/6 (tout dépend du four, le mien est un malade mental qui chauffe très très vite), après l'avoir piquée de quelques trous de fourchette ou décorée de haricots secs (chacun sa méthode).
Ensuite, on ajoute la préparation au citron dessus et hop, 20 min, pareil pour le four, perso c'est 5, la recette de base indiquait 7/8 ;)
Vous croyez vous en tirer comme ça? Eh non, et la meringue, elle se fait toute seule, les gars? Donc, on monte les blancs en oeufs, si possible dans un robot trop sympa qui fait le boulot à notre place. On les garde tranquillou et pendant ce temps, on met le sucre et l'eau dans une casserole et on fait cuire à feu vif pour obtenir un sirop. On verse ensuite lentement ce sirop dans les blancs (en laissant le robot en route, idéalement, histoire que le mélange tourne bien). Là, sous vos yeux ébahis apparaît une meringue épaisse et satinée (je suis régulièrement à deux doigts d'envisager un masque facial), étalez cette magnifique oeuvre d'art sur la tarte au citron avec une spatule et, top astuce, collez le tout sous le grill quelques micro-minutes (3 dans mon four suffisent).
Voilà, c'est tout. J'espère que vous m'en direz des nouvelles...
samedi 17 juillet 2010
Madame mauvais poil, la sainte et l'apôtre
Quitte à faire des pauses, autant qu'elles soient divertissantes, pas vrai?
Du coup, hier matin, j'ai filé chez Pôle Emploi. Oui, oui, histoire de me divertir. Dit comme ça, ça peut sembler bizarre, mais il se passe toujours un truc cocasse, à chacune de mes escapades dans ce pays insolite.
En réalité, je voulais transmettre mes documents du mois (salaire de juin, enfin reçu le 15 juillet, grrr) à mon apôtre. Malgré notre relation de confiance, j'ignore encore tout de sa vie et surtout de ses dates de congés et il était hors de question que la lettre en question poireaute sur son bureau pendant quelques semaines, le temps qu'il se dore la pilule (et il le mérite, si si), rapport que Pôle Emploi me doit des sous. Donc, j'ai préféré poireauter, justement.
Mais pas trop, en fait. L'effet des vacances, j'imagine. Les chômeurs qui restent chez eux l'été, c'est has been, faut croire. Ou alors personne n'a de problème spécifique. Ou alors ils saturent les lignes du 3949... Bref.
Une dame à lunettes chargée au guronsan, si j'en crois sa speed attitude, me demande si j'ai rendez-vous et sinon, "de quoi qu'elle veut la dame." Je caricature à peine.
"Euh, le...
"Oh, c'est pas vrai", qu'elle m'interrompt décrochant le téléphone comme si ce dernier avait commis l'irréparable. "Ouais, t'es bien gentille, là, mais moi j'y peux rien", qu'elle répond, avant de raccrocher brutalement. Elle s'est peut-être fait plaquer ce matin. Ou alors son pain a grillé dans le toaster. Ou son chien a gerbé sur son tapis. Je sais pas, mais y'a un truc. Bref.
Retour à l'accueil. "Et donc, vous disiez?"
"Le monsieur du poste bipbip est-il là? "
"Ouais, mais il est occupé, c'est pour quoi?" Je lui explique le dessein de ma visite.
"Ouais, mais on peut pas le déranger, là."
Pas grave, qu'elle lui donne l'enveloppe et qu'on en parle plus. Elle rumine, jette des regards mauvais à droite à gauche. Elle est énervée, et ça m'agace. Je craque.
"Je sais bien que ce n'est pas contre moi, mais s'il vous plaît, pouvez-vous juste vous montrer un peu moins agressive?"
Entre temps, sa collègue l'a rejointe. C'est marrant, ma réflexion ne semble pas du tout la surprendre.
"J'suis pas agressive, j'vous dis juste qu'il n'y a pas de suivi personnalisé ici, point."
Elle n'a pas compris qu'entre l'apôtre et moi, c'était spécial, que notre relation dépasse l'entendement pôlemploiesque, que parfois, il m'appelle et n'hésite pas à actualiser ma situation à ma place.
L'autre collègue doit déceler le truc, j'imagine, parce qu'elle s'empare de l'enveloppe et me confirme qu'elle va la porter de ce pas. Oh, une autre sainte.
Se croyant débarrassée de moi, madame mauvais poil me fait un signe de tête pour m'expliquer que mon temps a expiré. Sauf que j'ai une autre question à lui poser. Sur l'indemnisation. Un truc de base, à mon avis, mais je préfère avoir confirmation. Je commence donc à le lui demander mais elle me coupe la parole.
"Ah ouais pour ça, je ne peux pas vous aider, c'est pas mon domaine, faut voir avec... " Elle jette un rapide coup d'oeil, chope Claudine au passage et lui pose la question. "Qu'elle appelle le 3949" répond la Claudine. Devant mon air catastrophé, madame mauvais poil retrouve brièvement le sourire et m'offre un clin d'oeil, gage de sa complicité.
Ou peut-être était-ce un tic.
Oui, c'est ça, ça devait être un tic.
Du coup, hier matin, j'ai filé chez Pôle Emploi. Oui, oui, histoire de me divertir. Dit comme ça, ça peut sembler bizarre, mais il se passe toujours un truc cocasse, à chacune de mes escapades dans ce pays insolite.
En réalité, je voulais transmettre mes documents du mois (salaire de juin, enfin reçu le 15 juillet, grrr) à mon apôtre. Malgré notre relation de confiance, j'ignore encore tout de sa vie et surtout de ses dates de congés et il était hors de question que la lettre en question poireaute sur son bureau pendant quelques semaines, le temps qu'il se dore la pilule (et il le mérite, si si), rapport que Pôle Emploi me doit des sous. Donc, j'ai préféré poireauter, justement.
Mais pas trop, en fait. L'effet des vacances, j'imagine. Les chômeurs qui restent chez eux l'été, c'est has been, faut croire. Ou alors personne n'a de problème spécifique. Ou alors ils saturent les lignes du 3949... Bref.
Une dame à lunettes chargée au guronsan, si j'en crois sa speed attitude, me demande si j'ai rendez-vous et sinon, "de quoi qu'elle veut la dame." Je caricature à peine.
"Euh, le...
"Oh, c'est pas vrai", qu'elle m'interrompt décrochant le téléphone comme si ce dernier avait commis l'irréparable. "Ouais, t'es bien gentille, là, mais moi j'y peux rien", qu'elle répond, avant de raccrocher brutalement. Elle s'est peut-être fait plaquer ce matin. Ou alors son pain a grillé dans le toaster. Ou son chien a gerbé sur son tapis. Je sais pas, mais y'a un truc. Bref.
Retour à l'accueil. "Et donc, vous disiez?"
"Le monsieur du poste bipbip est-il là? "
"Ouais, mais il est occupé, c'est pour quoi?" Je lui explique le dessein de ma visite.
"Ouais, mais on peut pas le déranger, là."
Pas grave, qu'elle lui donne l'enveloppe et qu'on en parle plus. Elle rumine, jette des regards mauvais à droite à gauche. Elle est énervée, et ça m'agace. Je craque.
"Je sais bien que ce n'est pas contre moi, mais s'il vous plaît, pouvez-vous juste vous montrer un peu moins agressive?"
Entre temps, sa collègue l'a rejointe. C'est marrant, ma réflexion ne semble pas du tout la surprendre.
"J'suis pas agressive, j'vous dis juste qu'il n'y a pas de suivi personnalisé ici, point."
Elle n'a pas compris qu'entre l'apôtre et moi, c'était spécial, que notre relation dépasse l'entendement pôlemploiesque, que parfois, il m'appelle et n'hésite pas à actualiser ma situation à ma place.
L'autre collègue doit déceler le truc, j'imagine, parce qu'elle s'empare de l'enveloppe et me confirme qu'elle va la porter de ce pas. Oh, une autre sainte.
Se croyant débarrassée de moi, madame mauvais poil me fait un signe de tête pour m'expliquer que mon temps a expiré. Sauf que j'ai une autre question à lui poser. Sur l'indemnisation. Un truc de base, à mon avis, mais je préfère avoir confirmation. Je commence donc à le lui demander mais elle me coupe la parole.
"Ah ouais pour ça, je ne peux pas vous aider, c'est pas mon domaine, faut voir avec... " Elle jette un rapide coup d'oeil, chope Claudine au passage et lui pose la question. "Qu'elle appelle le 3949" répond la Claudine. Devant mon air catastrophé, madame mauvais poil retrouve brièvement le sourire et m'offre un clin d'oeil, gage de sa complicité.
Ou peut-être était-ce un tic.
Oui, c'est ça, ça devait être un tic.
vendredi 16 juillet 2010
Oedipe chez Kookaï
Petite folie, l'autre soir en rentrant du chemin des écoliers (enfin, du centre aéré), j'ai ouvert le compteur des soldes. En passant devant une boutique affichant d'aguicheurs 70%, je me suis laissée tenter. Pas le temps, pas l'argent? Allez, vite fait, un petit tour... J'ai donc poussé la porte, au grand désarroi de Loulou qui aurait préféré continuer à lorgner ses voitures de collection dans le magasin proche.
Je savais que la mission serait compliquée, avec mon asticot dans les pattes. Mais un garde-fou dans une boutique où toute la collection est archi-soldée, y'a pas à dire, c'est quand même très, très utile.
Je vous passe ses pompes à une main (!), ses "Regarde, maman, regarde!", ses petits pas de hip hop sous les yeux mi-amusés, mi-consternés d'une vendeuse, ses roulers-boulers sur le parquet - cela dit, au moins le ménage était fait, vu le nombre de bouloches qui se sont greffées sur le T-shirt de Loulou. Oui, je vous passe les "On y vaaaaaa, mamaaaaaannnn ?" et la très agréable et indispensable ouverture du rideau alors que j'étais en plein déshabillage.
Un vrai bonheur.
Autant vous dire que j'ai fait fissa pour essayer le stock de tissus embarqués à la va-vite dans la cabine. Le verdict est tombé, systématiquement. "J'aime pas!" "J'aime pas!" "J'aime pas!"
Non, rien était au goût de Môôôsieur Loulou. Comme il réalisait que je ne tenais pas compte de ses appréciations forcément des plus sensées, il m'a fixée le plus sérieusement du monde, devant le miroir, fait ses gros yeux et a lancé la sentence:
"Maman, j'aime pas, alors tu prends pas."
Moi, bien déterminée à dépenser mes sous: "Ah oui, et depuis quand c'est toi qui décide?"
Lui, pas perturbé pour un sou : "Mais enfin, maman, j'aime pas ces vêtements-là. Et comme il n'y a que moi qui te regarde, et que j'aime pas, il n'y a aucune raison que tu les achètes!"
...
"Et comme il n'y a que moi qui te regarde..." a-t-il dit, donc.
...
Implacable.
Un peu rude, certes, mais implacable.
Bonjour le coup de massue. Je suis quand même repartie avec... deux pulls et une chèche. Pour les longues soirées d'hiver, tout ça. Parce que d'un coup, je sais pas, j'ai eu l'impression qu'il allait être long, cet hiver, mais loooooong...
Je savais que la mission serait compliquée, avec mon asticot dans les pattes. Mais un garde-fou dans une boutique où toute la collection est archi-soldée, y'a pas à dire, c'est quand même très, très utile.
Je vous passe ses pompes à une main (!), ses "Regarde, maman, regarde!", ses petits pas de hip hop sous les yeux mi-amusés, mi-consternés d'une vendeuse, ses roulers-boulers sur le parquet - cela dit, au moins le ménage était fait, vu le nombre de bouloches qui se sont greffées sur le T-shirt de Loulou. Oui, je vous passe les "On y vaaaaaa, mamaaaaaannnn ?" et la très agréable et indispensable ouverture du rideau alors que j'étais en plein déshabillage.
Un vrai bonheur.
Autant vous dire que j'ai fait fissa pour essayer le stock de tissus embarqués à la va-vite dans la cabine. Le verdict est tombé, systématiquement. "J'aime pas!" "J'aime pas!" "J'aime pas!"
Non, rien était au goût de Môôôsieur Loulou. Comme il réalisait que je ne tenais pas compte de ses appréciations forcément des plus sensées, il m'a fixée le plus sérieusement du monde, devant le miroir, fait ses gros yeux et a lancé la sentence:
"Maman, j'aime pas, alors tu prends pas."
Moi, bien déterminée à dépenser mes sous: "Ah oui, et depuis quand c'est toi qui décide?"
Lui, pas perturbé pour un sou : "Mais enfin, maman, j'aime pas ces vêtements-là. Et comme il n'y a que moi qui te regarde, et que j'aime pas, il n'y a aucune raison que tu les achètes!"
...
"Et comme il n'y a que moi qui te regarde..." a-t-il dit, donc.
...
Implacable.
Un peu rude, certes, mais implacable.
Bonjour le coup de massue. Je suis quand même repartie avec... deux pulls et une chèche. Pour les longues soirées d'hiver, tout ça. Parce que d'un coup, je sais pas, j'ai eu l'impression qu'il allait être long, cet hiver, mais loooooong...
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