Moment d'effroi, ce soir, en arrivant au gîte. J'exagère à peine. Il faut savoir que dans la région et sur tout le chemin de Compostelle règne une peur irrépressible face à un monstre terrible: la punaise de lit.
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| Une cabane prévue à l'arrivée des pèlerins, il y a quelques jours de cela |
C'est d'ailleurs ce qui a conduit les hébergeurs à une procédure d'accueil un peu particulière : chacun a créé un sas, soit dans son garage, soit dans une cabane à l'extérieur et on est prié d'y déposer ses chaussures, ses bâtons et son sac. On ne prend que l'essentiel, que l'on entrepose dans une caisse ou un panier en plastique, pour le monter avec nous dans la chambre. Et pourquoi tout ce protocole ? Pour éviter les punaises de lit évidemment.
Et qu'avons nous vu, ou supposé voir, dans l'un de nos matelas ce soir? Je vous le donne en mille. Le fléau, là, sous nos yeux horrifiés, se pavanant tranquillement sur l'alèse.
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| En version à l'échelle ou en zoom, l'objet de notre angoisse... |
Comparaison avec ce qu'on trouve sur le net, tentative de se rassurer, puis nouveau coup de flip, réflexion soudaine sur la marche à suivre, doit-on tout laver à 60 degrés pour éviter la contamination de TOUTES nos affaires?
Me voilà à deux doigts de lancer un grand feu dans la rue, d'autant que dans ce village perdu au fin fond du monde, personne n'y verra que du feu, justement.
C'est à ce moment de panique aiguë que sont arrivés au gîte deux autres pèlerins, dont nous avions fait la connaissance la veille au soir. Etat d'alerte déclenché, on leur explique la punaise de lit, on leur montre les photos - car entre temps, on a tué la bête. Ni une ni deux, la femme refuse de dormir là, nous dit que nous devons repartir - le prochain village est dans 14km, sans assurance d'un logement - que nous allons appeler un taxi...
De notre côté, on se renseigne, c'est peut-être juste un coléoptère, j'essaie de télécharger une application pour identifier les insectes, je vois que je vais devoir casser le PEL que je n'ai pas pour m'abonner. On inspecte tous les lits, on regarde les matelas, on réfléchit et on convient, avec ma cops, qu'on a sans doute fait nos drama queens et que ça va bien se passer. Mais rien à faire, la femme appelle un taxi, réserve un hôtel un peu hors de prix et les deux repartent.
Tout ça à cause d'une bestiole.
Voilà comment on a d'abord passé deux bonnes heures dans le garage, dépitées - et un rien froussardes, je le reconnais -, n'osant plus rentrer dans la chambre, puis le reste de la soirée, toutes les deux dans une drôle de maison perdue dans un village quasi fantomatique au milieu de la pampa.
S'il y a un spécialiste parmi vous, qu'il se manifeste... A moins que notre corps réponde dès demain matin par de drôles d'éruptions cutanées. Au moins, cela ne nous empêchera pas de marcher.




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