vendredi 23 octobre 2009

Grosse fatigue

Trop énervée pour écrire sereinement - stop

L'impression de passer mon temps à avancer et reculer - stop

Je ne vous oublie pas - stop

Reviendrai rapidement par ici - stop

Cerveau non rangé - stop

Mais sinon, ça va- stop

si si, c'est vrai - stop

jeudi 22 octobre 2009

Je ne suis pas une superwoman

16 heures. Parfois, lorsque je jette un oeil au coin de l'ordi, et que s'affiche cette heure, je m'interroge quelques secondes sur l'intérêt de rester là, ou de profiter de mon fils, en allant le chercher à la sortie de l'école. Généralement, je réfrène mes envies maternelles, la raison l'emportant. Parfois, néanmoins, je me dis que cela nous ferait du bien, à l'un et l'autre, et patati, et patata.

Résultat, je me retrouve à la maison avec lui à 17 heures, en sachant pertinemment que, si je regarde mes mails ou l'avancée de mes travaux, j'aurais toujours autre chose à faire que de jouer ou discuter avec lui. Et donc, je me maudis d'avoir cédé à la tentation, en pensant qu'il aurait été plus judicieux de le laisser un peu avec ses copains, pendant que je finissais. Avant de le récupérer et de n'être là que pour lui.

Du qualitatif plutôt que du quantitatif, en somme.

Ces derniers temps, le nombre de tâches à accomplir ne m'a pas laissé trop le choix et je l'ai laissé à l'école plus longtemps. Depuis lundi, date de la signature, tout s'est accéléré et je ne sais plus trop où donner de la tête. Mon premier réflexe, je l'avoue, est d'avoir pensé le confier à son papa plus tôt que prévu, cette semaine. Et puis, j'ai réfléchi. A chaque fois que je fais cela, le manque n'en est que plus cruel car j'ai la sensation d'avoir provoqué la situation. D'avoir engendré, sinon mon malheur, au moins ma solitude.

Je savais aussi que la semaine allait être courte, puisqu'il partait ce jeudi chez son papa, pour tout le week-end. Et que, donc, j'aurais plus de temps pour bosser. Résultat, cette nuit, j'ai senti les premières courbatures, la fièvre et le mal de gorge. Moi qui pensais "profiter" de son absence pour avancer au maximum, me voilà, toute piteuse, l'oeil torve et le teint pâlot. Au moins, loulou a-t-il une chance de ne pas choper mon virus...

Je sais combien, pour les autres, cette attitude de s'en remettre systématiquement au papa, lorsque l'on est séparé, peut sembler facile et la preuve que l'on ne peut assumer tous les rôles au quotidien. Mais bon, comme mes congénères, je ne suis pas une superwoman. L'ex vous dirait également, je suppose, que ça a ses bons côtés, aussi.

Bref, cette semaine, j'ai accepté l'idée qu'il me faudrait bosser de nouveau, encore, le soir, tard, après le coucher du loulou - et l'histoire incontournable que l'on lit, bien pelotonnés sous la couette. Une habitude qui me donne invariablement envie d'aller moi-même me coller dans mon canapé douillet, ensuite. Bon, je lutte contre ma nature nonchalante et je finis toujours par retrouver de l'énergie. Mais je rêve du temps où ma seule question était de savoir quel film j'allais bien regarder ensuite.

J'ai accepté l'idée, aussi, de lâcher l'ordi quand nous sommes ensemble (enfin, j'essaie), d'aller plutôt se balader, pas forcément loin, mais juste le temps de se poser, savourer cette liberté et apprécier de vivre ce quotidien pas banal, au fond. Je n'ai pas envie qu'il grandisse avec le sentiment de deux êtres se côtoyant, mais qui ne partagent rien, sinon les trajets entre l'école et la maison, la sortie de bain et le coucher.

Parfois, il me dit que je passe trop de temps en cuisine. Il me fait payer les coups de fil, le soir venu, s'amusant à retourner l'appartement sens dessus-dessous pendant que je suis "ailleurs".

Alors, j'ai écouté son appel. En ce moment, on est sur un puzzle. 500 (toutes petites) pièces, c'est loulou qui a choisi. Autant vous dire que l'on en a pour un moment.

Cassandre est tout content. De mon côté, j'adore me concentrer là-dessus. J'imaginais cela pénible, cela me permet, au contraire, de me vider la tête.

Et au moins, lorsque vient l'heure du coucher, je n'ai plus l'impression d'être encore passée à côté de quelque chose.

mercredi 21 octobre 2009

Smile

Oui, je sais, je vous fais un peu faux-bond en ce moment (remarquez, vous aussi. Des commentaires au compte-goutte, c'est quoi ce bazar?), il faut dire que le planning est assez serré et les coups de fil nombreux. J'ai, je crois, réglé un problème qui me pesait beaucoup, celle de la fronceuse de sourcils, censée me soutenir mais trop perplexe pour ce faire. J'ai compris l'intérêt d'avoir le bras long, et c'est par ce réseau de gens-qui-connaissent-machin-qui connaît-truc que j'ai ce soir le sourire. Et l'espoir que ma demande de financement soit accepté.

J'avais également pris rendez-vous avec un fonds de garantie réservée aux femmes, mais aussi avec les quatre banques que j'avais déjà sollicitées. Je leur présente mon projet final début novembre, en espérant que tout soit calé d'ici là.

En raccrochant, je me suis fait la réflexion que les apparences sont trompeuses. Les banques, que l'on dit si frileuses, m'ont toutes accueillies avec enthousiasme (bon, sauf une, puisque la chargée de mission concernée était absente, mais ça compte pas). Alors que les fonds de garantie, ceux que l'on présente, en début de parcours de créa d'entreprise, comme des soutiens, s'avèrent les plus difficiles à convaincre.

Le FONDES, notamment, que l'on m'avait présenté comme LE sésame pour toute créatrice, a besoin d'un dossier en béton armé. "Vous comprenez", m'a expliqué la responsable - " très sympa au demeurant - nous avons fait nos stats pour 2009 et les plus gros sinistres concernent la restauration."

Ce midi, en allant déjeuner près de chez moi avec une amie, j'ai bien compris de quoi elle parlait. Cinq couverts à tout casser et une ambiance digne d'un ferry en pleine nuit de brouillard, waouh... Cet établissement n'est qu'un exemple, parmi tant d'autres, qui galère au quotidien. Alors, pourquoi suis-je si optimiste ce soir?

Parce que je suis plus forte que les autres? Naaaan.

Parce que je cuisine mieux que Darroze & Ducasse réunis ? Naaaaaaaaaaaan.

Parce que je suis la meilleure commerciale du monde ? Naaaaaaaaaaan.

Parce que je suis un peu dingue ? Ah... c'est mieux.

Parce que je ne suis pas la seule à y croire autour de moi et que toute cette énergie me stimule toujours davantage? Parce que je vais travailler avec des personnes motivées, pêchues et pas mollassonnes? Ouiiiiiiii.

Et puis, parce que c'est bon de voir le verre à moitié plein.

Tout simplement.

mardi 20 octobre 2009

Mini reptiles et grosse angoisse

"Je le savais, je le savais!"

La mine défaite, je regardais le sac en plastique. A l'intérieur, des mini-serpents, plein de bêbêtes et une grosse grenouille. Tout ce petit monde grossissait à vue d'oeil. Les laborantins cachaient mal leur dégoût.

Pour m'assurer de la bonne conformité des lieux, j'avais demandé à analyser l'air de la cuisine. Verdict: du microbe en pagaille. Ces saletés en témoignaient.

J'étais en sueur. Et pas mécontente de me réveiller.

Les conditions suspensives, concernant l'hygiène, du compromis, forcément, ça laisse des traces.

A moins que ce ne soit les poivrons cuits, que j'avais enfermés, la veille, dans un sac pour mieux les peler ensuite?

Demain, je reprends mes gouttes. Non, mais vraiment.

lundi 19 octobre 2009

Le jour où j'ai signé

"Vous voulez un café, un thé?"

Bientôt, c'est moi qui proposerai ce choix.

Lorsque l'assistante juridique m'a offert une boisson, je pensais qu'elle souhaitait juste me faire patienter. En fait, les vendeurs et l'avocate m'attendaient déjà.

Cette fois, on allait le signer, ce compromis.

Nous avions préféré laisser passer la semaine pour se réunir dans les conditions les plus sereines possibles, après les rebondissements passés. Je ne faisais pas trop la maligne, mine de rien, après avoir vu une nouvelle annonce du local: le prix avait été revu à la baisse, pour tenter d'attirer un éventuel repreneur, peut-être moins regardant que moi.

Il faisait chaud dans cette salle, j'avais les joues toutes rouges. Je mets ça sur le compte du chauffage mais, pourquoi m'en cacher, je crois que l'émotion que je ressentais n'y était pas étrangère. L'émotion d'avoir franchi un cap, bien sûr, même s'il reste beaucoup à accomplir. L'énervement, aussi, face à l'agressivité latente et l'empressement de vendeurs aux abois.

Nous avons discuté un bon moment de la date finale. J'avais demandé le premier janvier. Ils voulaient le 15 décembre. Ils ont eu gain de cause. Mais je leur ai expliqué que tout ne dépendait pas de moi, qu'au delà des banques, il y avait les diverses aides, dont celle représentée par la fronceuse de sourcils. Que ça allait être chaud pour la convaincre de me soutenir, elle qui tente encore de me décourager.

Et puis, mon business plan ne finit pas d'évoluer. Comme je vous le disais ce matin, je ne serai finalement pas toute seule à accueillir les gentils clients. Et ça, ça ne s'improvise pas, il faut rajouter des lignes, des détails, des charges, des chiffres...

Bon, OK, je flippe. Tout me tombe d'un coup sur le nez, même si je m'y étais préparée. Deux mois, ça leur semble une éternité, tandis que j'entends le "tic-tac" résonner en moi. C'est aussi pour cela que, paradoxalement, j'ai cédé, souhaitant faire taire mes angoisses, arrêter de reculer quand tout me dit de foncer.

L'avocate a fermé la fenêtre, elle avait froid. Je bouillais, à l'intérieur. En attendant que l'assistante revienne avec un compromis corrigé - des petites modifs de dernière minute- nous avons discuté. La gérante a refait son sketch sur le fait qu'elle n'était "pas faite pour la cuisine" (ce n'est pas comme si elle tenait un restau...), qu'elle allait retourner dans le salariat. Son compagnon s'acharnait sur son iphone, sans chercher à masquer sa nervosité. L'avocate me conseillait de mettre la pression sur la sapeuse de moral.

Dans ma tête, les images s'enchaînaient, j'essayais de visualiser le programme qui m'attendait à la sortie.

L'assistante est revenue, avec le compromis. Nous avons apposé nos signatures. Voilà.

Y'a plus qu'à.

Si tu es pouilleux, que tu as moins de 26 ans ou plus de 55, appelle-moi...

En poussant la porte, je crois comprendre mon erreur. Sept, huit personnes patientent devant le guichet. C'est pas gagné.

C'est bien fait, ces temps d'attente. Du coup, je jette un oeil autour de moi. Mais c'est qu'ils ont tout changé, chez mon employeur! On ne me dit rien, c'est dingue, ça! Espace plus moderne, plus clair, plus pénible - j'imagine - pour les conseillers, car sur un "plateau": MON bureau de chez Pôle Emploi a fière allure. Et toujours autant de "clients".

J'y regarde de plus près. Ce sont des gens normaux. Pas la tête cabossée ou une allure de pouilleux, non. Des personnes lambda. Avec juste un dossier sous le bras. Mince, j'en ai pas, moi, de paperasses. J'ai même pas de rendez-vous, en plus.

Non, je passais là, à la pêche aux infos vu que le 3949 me donne envie d'exploser mon téléphone. Du genre, tu poireautes dix minutes, facturés 11 cts - parce que, quand même, les chômeurs, faut bien qu'ils dépensent leurs indemnités journalières - avec une musique infâme, et au bout de cette éternité, on te dit qu'aucun conseiller n'est disponible.

Comme mon employeur pense à tout, il propose le rappel automatique. Sauf que je l'attends toujours, celui-là.

Donc, avec mes petites papattes (et ma voiture, parce que ça caille ce matin), je suis allée la fleur au fusil à Pôle Emploi. Vous connaissez la suite.

Enfin, pas tout à fait.

Je poireaute donc lorsque, soudain, je reconnais le visage de MA référente, caché derrière un paravent en plastique. "Madame machin ?", que je lui dis, "bonjour, je dois passer au guichet pour prendre rendez-vous ou...?"

Est-ce ma mine de cocker (je fais bien le cocker), ou le fait qu'elle en avait ras-la-casquette de ce qu'elle accomplissait, toujours est-il qu'elle m'a fait signe: "Venez", m'a-t-elle murmuré, "vous avez de la chance, j'ai cinq minutes pour vous."

Le gros coup de bol.

Donc, je lui explique que maintenant, non seulement je vais bientôt sortir des chiffres des demandeurs d'emploi (premier sourire), mais en outre, je vais passer dans l'autre bord, si tout va bien. Employeur (là, le sourire est carrément limite décent en cette période de crise, madame, mais enfin, passons).

Bon, elle me donne tous les formulaires à remplir, les p'tits trucs et astuces pour bénéficier des aides de l'Etat. En gros, si tu es borgne, que tu as moins de 26 ans ou plus de 55 ans, que tu n'as plus bossé depuis l'âge de 12 ans et que tu veux être exploité rapidement, écris-moi, j'ai peut-être un poste pour toi.

Je lui donne l'identité de mon employée potentielle. Elle part sur son profil. Hélas, ma future salariée-collègue n'est ni borgne, ni sous-qualifiée, mais bientôt trentenaire, jolie, intelligente avec en outre, la vicieuse, trop d'heures de travail au compteur pour m'exonérer de certaines charges. Mais bon, je sais pas pourquoi, je préfère. La conseillère rentre en un clic dans le détail de sa vie d'employée. Je suis sciée de voir à quel point le moindre de nos mouvements est répertorié. Je sais que nous sommes fichés, mais là, ça dépasse l'entendement.

Ensuite, elle va sur mon compte. Elle tape un courrier, qu'elle va me remettre, où l'on peut lire que je recherche un poste de... journaliste, à 100km à la ronde, précisant: "vous commencerez votre activité en janvier avec une SARL." Blablabla, je la vois s'emballer, elle part me chercher d'autres papiers, elle clique sur des boutons, rentre des codes. Retourne sur mon profil...

Je suis soufflée.

Il paraît que mon employeur manque de zèle, mais là, je ne peux pas me plaindre. D'ailleurs, lorsqu'elle m'annonce qu'elle mute dans une autre agence, je suis presque déçue. Avant de me rappeler que mon idée, c'est de ne pas remettre les pieds ici. Ouf.

Évidemment, les cinq minutes du départ deviennent trente, elle me raconte la nouvelle organisation de travail, les ex-ANPE qui vont se mélanger avec les ex-ASSEDIC et, à la façon qu'elle a de me détailler tout ça, je sens le carnage imminent. Elle fronce les yeux et baisse les épaules. Elle aussi, visiblement.

Avant de partir, elle me conseille deux, trois autres tuyaux. Me regarde et chuchote: "enfin, évidemment, je ne vous ai rien dit, hein."

Non, moi j'ai rien entendu. Sauf sa dernière phrase. "Ça m'a fait plaisir d'avoir des nouvelles de votre projet."

Ce n'était donc pas ma tête de cocker.

Au fait, comme la journée n'est pas finie, il se peut que j'en rajoute une couche ultérieurement. Stay tuned...

samedi 17 octobre 2009

Les enfants sont formidables*

"Maman, tu sais, t'es un cordon bleu!"

Il baisse les yeux et sourit, content de son effet.

"Merci mon chéri mais, euh, tu sais ce que ça veut dire?

"Oui, c'est quand quelqu'un, y cuisine bien" (il va avoir 6 ans, je vous le rappelle)

Un ange passe. Mon fils aime mon minestrone, mes lasagnes aux courgettes et mon riz au lait. Alleluia.

...

C'est louche.

"Mais, euh, t'as appris ça tout seul ou quelqu'un te l'a soufflé?"

"Ben, c'est la maîtresse, elle nous a conseillé de dire ça à nos parents, pour leur faire plaisir."

...

"Mais tu sais, maman, pour toi, c'est vrai, hein!"

Vas-y, rame.

* copyright Jacques Martin. On a les références que l'on peut.