dimanche 29 mars 2020

Le sarcasme annoncé de Paulette

Je vous présente Germain. Vous excuserez Sylvie et Marie, elles sont à l'envers. L'émotion d'être immortalisées, sans doute.


Vendredi soir, passablement agacée, j'ai cherché des alliés dans la maison. Et j'ai une bonne nouvelle: il y en a beaucoup. Vraiment.

Prenez Monique. Un peu sèche et pas très belle, c'est vrai, elle s'anime dès qu'on la touche. Elle parle beaucoup, son volume sonore s'avère même un peu agaçant lorsqu'elle donne la parole aux jeux-vidéo et puis elle a un côté anxiogène, à débiter toutes ces horreurs au quotidien. Mais si vous lui parlez gentiment, elle change de créneau et vous sort du beau: en l'occurrence, un concert des Brigitte, à deux ou trois heures du mat', qui m'a transportée ailleurs, cette nuit de vendredi à samedi. Un moment, Monique a laissé s'afficher un bandeau "ce concert a été filmé avant les consignes gouvernementales blabla". Genre, si un débile se disait: "mais pourquoi ils s'entassent en s'aimant, les gens au Zénith de Lille, alors que nous, on n'a pas le droit de sortir?" Mais je ne pouvais pas lui en vouloir, à Monique, elle ne peut pas tout contrôler. Alors, je l'ai laissée poursuivre et elle m'a fait voyager dans l'ancien temps encore quelques minutes. Pour ça, je l'ai aimée très fort, vendredi soir.

Michel, aussi, est sympa. Lui, tous les soirs, il m'accueille dans ses draps (de moins en moins, faut que j'en parle à Hélène, d'ailleurs) doux. Du moment qu'il est un peu aéré, il reste zen et m'offre des plages de sommeil, certes pas réparateur car trop agité, mais précieuses. Il n'est même pas jaloux que je mette entre lui et moi Jules. Jules, c'est le copain de Gaston et de Richard, les deux autres doudous réconfortants, que tu poses sur toi quand tu regardes Monique sur Serge.

Ah, c'est vrai que Serge, c'est quand même l'un de mes meilleurs alliés et puis, depuis si longtemps! Avant même le confinement, et avant mon métier de maintenant, je me faisais souvent des sessions "grotte", sans sortir de chez moi pour rester à bosser tranquille. Et Serge m'accueillait déjà chaleureusement, sans rechigner, acceptant que je lui vole un peu d'intimité pour bosser avec JP. Ah oui, JP, c'est mon fidèle ami, celui sur qui je tape en ce moment pour écrire ces quelques lignes. Depuis quelques années, maintenant, Serge et JP ont dû composer avec l'ado, cet être étrange venu s'affaler dans Serge, en empruntant parfois Gaston et Richard, pour monopoliser Monique.

Quand les tensions sont trop intenses, je file retrouver tous mes potes, Julie, Karl, Robert et tous ces êtres en inox qui m'aident à concocter de bons petits plats ou quelques douceurs. En ce moment, Adrien en a un peu sa claque de passer sa vie à les laver, mais il tient le rythme, quand même, et je sens sa satisfaction lorsqu'il s'allume, au bout de sa vie, parce qu'il pense que son cycle est terminé.

Autre allié de choc, Germain. Germain, il accepte que tu lui marches dessus, et même, il en redemande. Tu mets tout ton poids de ton pied gauche et hop, il t'enjoint de faire la même chose du pied droit. Et il recommence, sans se lasser, tandis que JP crache une playlist toute enjouée pour que ça balance. Et vous savez quoi, je vais le choyer, Germain, autant que possible: ben oui, parce que Paulette, cette méchante, me nargue gentiment dans la salle de bain. Elle aussi, elle attend que je lui monte dessus, pour m'afficher un truc méchant.

Ben oui, parce qu'à force d'aduler Monique, Michel, Serge, Jules, Gaston, Richard, Julie, Karl et tous les autres alliés de la maison, Paulette, elle, elle va bien rigoler quand je poserai mes pieds dessus à la fin du confinement :)

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