Après une nuit un rien difficile et une jolie migraine, je n'avais qu'une hâte ce matin, quitter ce drôle de gîte, dont il émanait une énergie étrange.
Le fait que deux millimètres aient suffi à changer le cours de la soirée a dû y jouer aussi, j'imagine.
Nous sommes donc parties de bon pas à Vers, 16km au sud, sans rien savoir du chemin. Et la surprise fut donc encore plus grande face à cette majestueuse et intrigante forêt, peuplée d'arbres étranges. Dans la pénombre, nous avons en effet découvert ces formes incroyables, telles des colonnes de bois et de mousses, ressemblant à s'y méprendre à mille personnages.
Nous étions au milieu de ces impressionnantes causses, dans lesquelles certaines grottes s'étaient façonnées et je n'aurais pas été étonnée plus que ça d'en voir sortir des elfes. La lumière s'avérait saisissante par moment, entre deux, arbres ou dans une prairie, le décor changeant parfois de façon soudaine, entre terrain glissant et humide et pierre sèche.
Un parfum de surréalisme se diffusait au fur et à mesure des kilomètres. Jusqu'à ce que ma comparse me broie le bras, après avoir entendu un sacré bruit d'une bête, sans doute plus affolée que nous, dans le sous-bois. Une façon un rien brutale, certes, mais bien concrète de nous remettre les pieds sur terre.
La marche s'est écoulée sur la matinée, dans une curieuse atmosphère, marquée par un silence quasi parfait, seulement interrompu par quelques croassements ou le souffle du vent dans les feuilles.
Un silence propice pour ressentir les choses autrement, qui m'a donné l'impression de croiser beaucoup d'âmes et d'énergies. Sans doute le fruit de mon imagination ou de mes fantasmes, me direz-vous. Et pourtant, la magie du chemin est telle que l'on se sent parfois transporté entre deux rives, avec l'envie de rester dans ce flottement, un peu conscient du monde qui nous entoure, mais surtout embarqué dans son esprit et ses rêves, sans réelle volonté de s'en extirper.
Et en échangeant ce soir avec les autres pèlerins du gîte, on ne peut qu'être conforté par cette sensation, celle de savourer un cocon que l'on s'est choisi et qui nous apporte aujourd'hui beaucoup de sérénité et de liberté.








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