A la maison, j'ai un gros cahier où je note, trie, classe la liste de tâches à accomplir. Ce qui m'éclate, c'est de barrer les lignes, au fur et à mesure. Parfois, je raye un thème entier. D'autres fois, un minuscule mot, qui m'a pourtant fait cauchemarder, du genre "extraction", "prévisionnel", "recettes"... ce genre de petits parasites qu'il faut éradiquer à grands coups d'huile de coude et de cerveau qui gratte.
En ce moment, j'en suis à la page "fournisseurs". J'appelle, je prends les renseignements, je demande des devis. Il y a la partie "com", aussi, qui est prévue, mais là-dessus, j'ai déjà mon idée.
Et puis, dernièrement, il y a eu : "Nom?????"
Oui, l'identité du commerce. Ce qui va interpeller les clients, guider leurs pas vers mon 'ti resto, une vraie marque, en somme! Voilà quelques mois, mon choix était déjà arrêté. Un jeu de mots, original, un peu classy. Je me le suis répété. M'y suis habituée. Et puis paf, de nouvelles activités sont venues se greffer aux autres, une chargée de mission bancaire a trouvé l'appellation trop guindée, j'ai perçu quelques grimaces ou un silence perplexe après l'avoir citée... Ce nom me posait question.
Bref, je l'ai abandonné, là, tout petiot, ne lui laissant même pas une chance de vivre.
Je suis repartie dans mes recherches, avec la volonté d'un nom qui serait joyeux, ludique et attractif. Un jour, j'ai trouvé l'expression qui me convenait. Je l'ai murmurée à mes futurs associés, au départ, et les réactions se sont avérées positives. Allez, on barre la page...
Mais comme Pierre, Paul, Jacques aiment toujours donner leur opinion, j'ai régulièrement droit à des "si j'étais à ta place...", "moi je trouve que...", "ce serait bien que..." Attention, hein, j'aime écouter les autres, en prendre ou en laisser. Sauf que j'ai besoin, à un moment donné, de statuer sur certains points et de ne pas avoir à y revenir. De décider, de mon propre chef. Sinon, je n'avance pas.
Alors, forcément, lorsqu'une amie m'a fait part de sa perplexité quant au nom choisi, ce midi, ça m'a un peu titillée. C'était un peu comme si l'on m'avait suggéré d'appeler mon fils Jean-Paul, au lieu de Cassandre. Un truc très, très personnel. L'impression d'être un peu dépossédée, aussi.
Elle avait touché le point sensible, m'a-t-elle dit en riant. Perso, j'avais perdu tout sens de l'humour. Devient-on trop borné dès lors que l'on doit remettre en question une tâche que l'on avait rayée de sa liste? Un peu, sans doute.
Je me creuse donc de nouveau la tête pour ce foutu nom, si primordial. Finalement, je vais peut-être me laisser tenter par une expression que j'affectionne particulièrement, moi qui aimerait n'en faire qu'à ma tête. Un truc tout bête. Du genre "C'est qu'est-ce que j'veux".
Comment ça, rien à voir avec un resto?
Oh, si on peut plus rigoler...
vendredi 16 octobre 2009
C'est qu'est-ce que je veux!
jeudi 15 octobre 2009
Jusqu'au boutiste
Ses yeux clairs se sont légèrement embués. Un frisson, un silence et elle m'a raconté.
Une première vie, un mariage, trois enfants. Une cassure. Une deuxième vie, l'amour, un autre mariage, les balades romantiques à Montmartre et des messages tendres à n'en plus finir. Une lune de miel paradisiaque. Et puis, du jour au lendemain, le mari qui pète un plomb, qui dit ne plus pouvoir rentrer au domicile conjugal, qui coupe son portable et toute relation avec cette femme qu'il a adulée. Un homme perdu, qui disparaît comme il est venu.
Elle m'a montré son poignet. Cette cicatrice si fine, cette marque de rasoir, geste impulsif de désespoir. Mais ce n'est pas tout. Deux semaines plus tard, l'inimaginable se produisait : elle perdait l'un de ses fils.
"Tu vois, parfois, je me dis que tout ça est digne d'un mauvais roman". Elle a baissé les yeux, les a relevés et m'a fixée. " J'étais morte à l'intérieur." Elle s'isole, dans un lieu vierge de toute trace affective, laissant la maison familiale et ses souvenirs aux bons soins de son cadet. Elle ne peut plus rien. Même pas sortir dans le jardin.
Un jour, neuf mois après la terrible tragédie qu'elle a vécue, elle a décidé qu'il était temps pour elle de mettre le nez dehors. Elle est revenue dans sa maison. Elle est tombée sur la peluche qu'affectionnait son fils disparu, quand il n'était qu'un bout de chou. Son frère, éploré, dormait avec.
Aujourd'hui, elle sourit, timidement. Avec son cadet, elle évite soigneusement le sujet. L'un et l'autre ne se sentent pas capables d'aborder la terrible disparition. Elle ne masque ni ses émotions, ni ses failles. Paradoxalement, sa fragilité va de pair avec une incroyable force intérieure, comme si les événements n'avaient pas de prise sur elle. Elle ne s'embarrasse plus du superflu, de l'apparence. Elle est vraie.
Elle m'avait déjà fait cet effet voilà quelques mois, lorsque je l'avais rencontrée au fil de mes pérégrinations dans la création d'entreprise. Car aujourd'hui, elle veut aussi lancer sa propre activité, renaître.
J'avais la chair de poule, à l'écouter. Subitement, ses yeux se sont illuminés. "Quand tu as vécu le pire, tu n'as qu'une façon de t'en sortir, c'est de te projeter. " Je ne pouvais que l'approuver. "Va au bout", m'a-t-elle asséné. "Ça vaut le coup."
Nous sommes sorties. J'étais un peu sonnée. Là, j'aperçois une amie à l'entrée d'une boutique. Je rentre, nous discutons, mon amie nous présente, avant de s'éclipser. La gérante est elle aussi une autodidacte et s'avère passionnante. La conversation s'éternise, elle me raconte les affres des commerçants, me prévient sur les horaires impossibles, l'exigence permanente des clients, la difficulté de la restauration... (tiens, tiens, j'ai déjà entendu ça...)
Et pourtant, elle m'encourage, elle aussi, à aller au bout de mon idée. Je lui évoque les bâtons dans les roues que les supposés soutiens me mettent, elle a sa théorie sur la question : "personne ne veut prendre la responsabilité, si ça ne marche pas."
Je sors de la boutique, la nuit est tombée. Je n'ai pas vu le temps passer mais je réalise à quel point il suffit parfois d'appuyer sur un tout petit bouton pour que les personnalités se révèlent.
Et j'adore cette idée.
Une première vie, un mariage, trois enfants. Une cassure. Une deuxième vie, l'amour, un autre mariage, les balades romantiques à Montmartre et des messages tendres à n'en plus finir. Une lune de miel paradisiaque. Et puis, du jour au lendemain, le mari qui pète un plomb, qui dit ne plus pouvoir rentrer au domicile conjugal, qui coupe son portable et toute relation avec cette femme qu'il a adulée. Un homme perdu, qui disparaît comme il est venu.
Elle m'a montré son poignet. Cette cicatrice si fine, cette marque de rasoir, geste impulsif de désespoir. Mais ce n'est pas tout. Deux semaines plus tard, l'inimaginable se produisait : elle perdait l'un de ses fils.
"Tu vois, parfois, je me dis que tout ça est digne d'un mauvais roman". Elle a baissé les yeux, les a relevés et m'a fixée. " J'étais morte à l'intérieur." Elle s'isole, dans un lieu vierge de toute trace affective, laissant la maison familiale et ses souvenirs aux bons soins de son cadet. Elle ne peut plus rien. Même pas sortir dans le jardin.
Un jour, neuf mois après la terrible tragédie qu'elle a vécue, elle a décidé qu'il était temps pour elle de mettre le nez dehors. Elle est revenue dans sa maison. Elle est tombée sur la peluche qu'affectionnait son fils disparu, quand il n'était qu'un bout de chou. Son frère, éploré, dormait avec.
Aujourd'hui, elle sourit, timidement. Avec son cadet, elle évite soigneusement le sujet. L'un et l'autre ne se sentent pas capables d'aborder la terrible disparition. Elle ne masque ni ses émotions, ni ses failles. Paradoxalement, sa fragilité va de pair avec une incroyable force intérieure, comme si les événements n'avaient pas de prise sur elle. Elle ne s'embarrasse plus du superflu, de l'apparence. Elle est vraie.
Elle m'avait déjà fait cet effet voilà quelques mois, lorsque je l'avais rencontrée au fil de mes pérégrinations dans la création d'entreprise. Car aujourd'hui, elle veut aussi lancer sa propre activité, renaître.
J'avais la chair de poule, à l'écouter. Subitement, ses yeux se sont illuminés. "Quand tu as vécu le pire, tu n'as qu'une façon de t'en sortir, c'est de te projeter. " Je ne pouvais que l'approuver. "Va au bout", m'a-t-elle asséné. "Ça vaut le coup."
Nous sommes sorties. J'étais un peu sonnée. Là, j'aperçois une amie à l'entrée d'une boutique. Je rentre, nous discutons, mon amie nous présente, avant de s'éclipser. La gérante est elle aussi une autodidacte et s'avère passionnante. La conversation s'éternise, elle me raconte les affres des commerçants, me prévient sur les horaires impossibles, l'exigence permanente des clients, la difficulté de la restauration... (tiens, tiens, j'ai déjà entendu ça...)
Et pourtant, elle m'encourage, elle aussi, à aller au bout de mon idée. Je lui évoque les bâtons dans les roues que les supposés soutiens me mettent, elle a sa théorie sur la question : "personne ne veut prendre la responsabilité, si ça ne marche pas."
Je sors de la boutique, la nuit est tombée. Je n'ai pas vu le temps passer mais je réalise à quel point il suffit parfois d'appuyer sur un tout petit bouton pour que les personnalités se révèlent.
Et j'adore cette idée.
mercredi 14 octobre 2009
Au secours, ils veulent tous m'aider!
J'en ai collé de telles tartines hier soir que je ne me voyais pas raconter TOUTE ma soirée. Ben oui, quand y'en a plus, y'en a encore!
J'avais en effet entouré la date du 13 octobre, car elle allait me donner l'occasion de tester, en live, l'une des animations prévues dans mon établissement. Comment ça, me direz-vous, ton truc, là, qui n'existe même pas?
Voilà quelques mois, j'ai eu l'occasion d'échanger longuement avec une jeune animatrice, pêchue et dynamique, créative et mûre - malgré ses 23 printemps - qui évoquait alors l'idée de créer une association, type loi 1901.
Ma petite entreprise sera finalement une SARL, mais l'idée de travailler avec elle ne m'avait pas quittée. La demoiselle, ludothécaire de son état, organise des soirées jeux, pour les adultes, permettant à un public de tout âge d'aller passer un moment autour d'une table, à jongler avec les dés, les règles et les mauvais joueurs (ou pas, d'ailleurs), dans trois bars de la ville. Et nous avons décidé qu'elle viendrait offrir ses prestations, les mardis et vendredis soirs, dans mon restau-qui-en-est-un-mais-pas-que.
J'avoue, je voulais en avoir le coeur net. Vous vous voyez, vous, jouer à "Pandémie" ou "Excape" le soir venu, plutôt que de rester au chaud chez vous? Eh bien, croyez-le ou non, il y a là un public d'habitués, des étudiants, des jeunes actifs, des quadras... Je me suis immiscée dans une partie et me suis prise au jeu (ah ah) d'emblée, entourée de trois fidèles. Lesquels m'ont dit combien ils étaient en attente de tels endroits.
C'est marrant, ça, la fronceuse de sourcils, elle dit que je m'éparpille. Que mon truc, là, ça va pas marcher. Que je la supplierais de me recevoir, dans quelques mois, lorsque je serais aux abois.
Je crois qui, maintenant?
J'aurais tendance à écouter les clients, mais dois-je faire confiance à des personnes qui m'ont donné, à vue d'oeil, "la petite trentaine"?
Je ne vais pas mentir, j'ai oublié un instant ma ride du lion. Ah, il en faut peu pour être heureux, comme le chantait Baloo. Mais je m'égare.
Bref, entre mon post défouloir d'hier soir et cette soirée ludique et joyeuse, je me suis réveillée avec le sourire, ce matin. Le coup de fil que j'ai reçu ensuite n'a fait que conforter ma bonne humeur. Il provenait de l'une des personnes qui m'a le plus soutenue, depuis le début de ce projet.
Je vous en ai déjà parlé, mais de façon succincte. Christiane travaille pour une asso locale, dénigrée de façon régulière par les grands pontes de la CCI, entre autres. Depuis notre première rencontre, je sens chez elle beaucoup d'enthousiasme et d'investissement personnel. A tel point qu'elle avait repris mon dossier, sachant que sa "mission", commandée par Pôle Emploi, était terminée depuis bien longtemps et qu'elle ne me devait rien. Elle m'a donc inscrite pour le dispositif NACRE, qui offre des prêts d'honneur (oui, à 0% d'intérêt, ça aide) et souhaitait faire de même pour un autre fonds.
Sauf que la chargée de mission perplexe m'a fait comprendre que si je ne présentais pas mon projet (qu'elle juge très froidement, je vous le rappelle) avec SON asso, je serais un peu saquée au moment de passer devant le comité. Christiane l'a eu un peu mauvaise, de devoir ainsi se résigner, mais elle a accepté, dans mon intérêt.
J'ai bien conscience que tout cela est politique et qu'il s'agit de considérations qui me dépassent complètement. On est là dans une lutte de pouvoir pour déterminer quel réseau, dans cette ville, s'avère le plus performant quand on évoque la création d'entreprise.
Cela a surtout renforcé mon idée que certains veulent absolument nous coller dans un moule, alors qu'il n'y a pas de vérité et qu'une entreprise est unique, quel qu'en soit le domaine. Formatés dans cet idéal de restaurant stéréotypé, ces bornés ne peuvent tout simplement pas adhérer à un projet qui se veut ouvert et polyvalent. J'entends déjà les alertes sur l'idée de ne pas trop se disperser. Que je ne me rends pas compte, blablabla.
J'ai eu le temps de structurer les différents pôles. Dont les soirées jeux, qui seront donc l'un des temps forts de ce restau-qui-n'en-est-pas-un.
A moins que... Oui, à moins que l'animatrice ne me lâche. C'est ce que m'a suggéré la chargée de mission, en avalant son tartare de saumon, hier soir. Je peux aussi me casser une jambe, mourir écrasée par le tram ou perdre mon chat.
Finalement, ce qu'elle propose n'est rien d'autre que le risque zéro. Et ça, ça ne fait pas partie de mon vocabulaire.
J'avais en effet entouré la date du 13 octobre, car elle allait me donner l'occasion de tester, en live, l'une des animations prévues dans mon établissement. Comment ça, me direz-vous, ton truc, là, qui n'existe même pas?
Voilà quelques mois, j'ai eu l'occasion d'échanger longuement avec une jeune animatrice, pêchue et dynamique, créative et mûre - malgré ses 23 printemps - qui évoquait alors l'idée de créer une association, type loi 1901.
Ma petite entreprise sera finalement une SARL, mais l'idée de travailler avec elle ne m'avait pas quittée. La demoiselle, ludothécaire de son état, organise des soirées jeux, pour les adultes, permettant à un public de tout âge d'aller passer un moment autour d'une table, à jongler avec les dés, les règles et les mauvais joueurs (ou pas, d'ailleurs), dans trois bars de la ville. Et nous avons décidé qu'elle viendrait offrir ses prestations, les mardis et vendredis soirs, dans mon restau-qui-en-est-un-mais-pas-que.
J'avoue, je voulais en avoir le coeur net. Vous vous voyez, vous, jouer à "Pandémie" ou "Excape" le soir venu, plutôt que de rester au chaud chez vous? Eh bien, croyez-le ou non, il y a là un public d'habitués, des étudiants, des jeunes actifs, des quadras... Je me suis immiscée dans une partie et me suis prise au jeu (ah ah) d'emblée, entourée de trois fidèles. Lesquels m'ont dit combien ils étaient en attente de tels endroits.
C'est marrant, ça, la fronceuse de sourcils, elle dit que je m'éparpille. Que mon truc, là, ça va pas marcher. Que je la supplierais de me recevoir, dans quelques mois, lorsque je serais aux abois.
Je crois qui, maintenant?
J'aurais tendance à écouter les clients, mais dois-je faire confiance à des personnes qui m'ont donné, à vue d'oeil, "la petite trentaine"?
Je ne vais pas mentir, j'ai oublié un instant ma ride du lion. Ah, il en faut peu pour être heureux, comme le chantait Baloo. Mais je m'égare.
Bref, entre mon post défouloir d'hier soir et cette soirée ludique et joyeuse, je me suis réveillée avec le sourire, ce matin. Le coup de fil que j'ai reçu ensuite n'a fait que conforter ma bonne humeur. Il provenait de l'une des personnes qui m'a le plus soutenue, depuis le début de ce projet.
Je vous en ai déjà parlé, mais de façon succincte. Christiane travaille pour une asso locale, dénigrée de façon régulière par les grands pontes de la CCI, entre autres. Depuis notre première rencontre, je sens chez elle beaucoup d'enthousiasme et d'investissement personnel. A tel point qu'elle avait repris mon dossier, sachant que sa "mission", commandée par Pôle Emploi, était terminée depuis bien longtemps et qu'elle ne me devait rien. Elle m'a donc inscrite pour le dispositif NACRE, qui offre des prêts d'honneur (oui, à 0% d'intérêt, ça aide) et souhaitait faire de même pour un autre fonds.
Sauf que la chargée de mission perplexe m'a fait comprendre que si je ne présentais pas mon projet (qu'elle juge très froidement, je vous le rappelle) avec SON asso, je serais un peu saquée au moment de passer devant le comité. Christiane l'a eu un peu mauvaise, de devoir ainsi se résigner, mais elle a accepté, dans mon intérêt.
J'ai bien conscience que tout cela est politique et qu'il s'agit de considérations qui me dépassent complètement. On est là dans une lutte de pouvoir pour déterminer quel réseau, dans cette ville, s'avère le plus performant quand on évoque la création d'entreprise.
Cela a surtout renforcé mon idée que certains veulent absolument nous coller dans un moule, alors qu'il n'y a pas de vérité et qu'une entreprise est unique, quel qu'en soit le domaine. Formatés dans cet idéal de restaurant stéréotypé, ces bornés ne peuvent tout simplement pas adhérer à un projet qui se veut ouvert et polyvalent. J'entends déjà les alertes sur l'idée de ne pas trop se disperser. Que je ne me rends pas compte, blablabla.
J'ai eu le temps de structurer les différents pôles. Dont les soirées jeux, qui seront donc l'un des temps forts de ce restau-qui-n'en-est-pas-un.
A moins que... Oui, à moins que l'animatrice ne me lâche. C'est ce que m'a suggéré la chargée de mission, en avalant son tartare de saumon, hier soir. Je peux aussi me casser une jambe, mourir écrasée par le tram ou perdre mon chat.
Finalement, ce qu'elle propose n'est rien d'autre que le risque zéro. Et ça, ça ne fait pas partie de mon vocabulaire.
mardi 13 octobre 2009
Le designer du miam miam et la dame aux sourcils froncés
Une asperge virevoltant sur une nage de chèvre? Un gaspacho de betteraves-gingembre côtoyant un verre tordu de lait-huile-sucre ? C'est cela, le design culinaire et la question du soir, c'était de savoir si ce nouvel art éveille nos sens. Loin de moi l'idée de vous présenter mes futurs plats, j'avoue que le dressage n'est pas mon premier atout - même s'il va bien falloir assurer le minimum, hum.
Non, des amis m'avaient offert une invitation pour une conférence sur le design culinaire et c'est ainsi que j'ai dû choisir entre m'asseoir dans un amphi ou les tribunes d'une salle de basket. Tout un symbole entre l'ancienne et la nouvelle vie ? Je n'en sais rien, mais enfin, ma curiosité a fait pencher la balance vers mes aspirations du moment.
En arrivant, premier choc. J'avais oublié de répondre de façon écrite à l'invitation et je n'étais donc pas sur la liste des invités. Je parviens, la bouche en coeur, devant la table de réception improvisée. Et là, je tombe nez à nez sur l'une de mes interlocutrices les plus perplexes, avec qui j'avais conversé le matin même au téléphone! Bon, on discute quelques minutes, avant que je parte, prendre place dans cet amphi tout en bois et béton ciré, antre de l'école supérieure des Géomètres, s'il vous plaît.
Moi qui n'ai jamais fréquenté la fac, ça m'a fait tout drôle. Mais enfin, mon voisin était plutôt sympathique, le siège confortable, alors je suis restée.
C'est Marc Brétillot qui a lancé les débats. Comment, vous ne connaissez pas cet enseignant de l'art et du design? Euh, moi non plus. Je voulais vous mettre son site en lien, mais mon ordi s'est mis à hurler qu'un cheval de Troie arrivait au galop, donc j'ai renoncé à la connexion et je vous conseille juste de lire cette chronique à la place.
Bref. Cet esthète nous a proposé un condensé de son travail et j'avoue qu'il m'a bluffée. En même temps, pour un type qui aime le beau, il aurait pu choisir autre chose qu'un pull camionneur vert et le polo rouge pour aller en dessous - mais tout ceci est très subjectif, je vous l'accorde.
Le monsieur, il fait des nuages dans des verres, il suspend du parmesan au plafond et s'amuse à faire des millefeuilles en chocolat verticaux, c'est drôlement chouette. Tel un architecte de la pasta ou du fruit de mer, il dresse aussi des tables mortuaires avec des aubergines un peu brûlées et des spaghetti noires étalées de tout leur long autour. Y'a des moules dessus. Mais cuites, les moules, hein, c'est important de le préciser.
Allez, je le concède : ça m'a semblé un peu bizarre. C'est conceptuel, j'imagine. J'ai un peu de mal avec l'art contemporain. Et d'autant plus lorsque l'auteur explique que le goût du cramé, c'est vachement intéressant, esthétiquement parlant. Surtout le pain carbonisé, a-t-il précisé.
J'étais assez loin de lui mais je crois pouvoir affirmer qu'il n'avait pris aucune drogue. Même pas un pet'. Non, le gars, il parlait normalement et je le trouvais plutôt brillant. Un peu barré, mais brillant.
Il était spirituel, aussi. Nature, surtout. A une personne l'interrogeant sur les dégâts supposés que la cuisine moléculaire pouvait engendrer sur nos petits organismes, il a simplement observé qu'on ne goûtait pas tous les jours à ce type de concept et qu'il fallait seulement envisager cela comme un événement. "Et tant pis si on a la chiasse en rentrant!"
Pas classe, certes. Spontané et inattendu, plutôt.
Après, les deux autres intervenants ont vendu leur soupe, et c'était un peu plus pénible. D'ailleurs, Marc Brétillot n'adhérait pas, lui. Surtout quand le chef de marketing d'une grande chaîne de cafétérias (j'ai souvent vomi dedans, à chaque départ de vacances, pour tout dire. Et pas parce que j'étais contente) a évoqué les grands concepts de sa chaîne, avec un joli décor, des serveuses souriantes, de bonnes chaises et plein de trucs avec des "ing" et des "flow" à la fin. Avec un "fast-good" - en référence au fast-food - cerise sur le gâteau d'un discours bien rôdé.
Marc, il l'a cassé, quand le marketeur en chef (ben quoi?), il a parlé de "naturalité". Comme quoi, tout ça c'était pipeau. Intérieurement, j'applaudissais.
La naturalité, c'est donc le retour à la nature. Oui, oui. Avec ses sandwiches emballés dans du plastique et son CA à 280 millions d'euros annuels, le monsieur en costard-cravate veut nous faire croire que sa boîte, elle a la green attitude.
Y'en a qui doutent de rien.
Enfin, presque. Parce que le Marc, là, plus il en rajoutait une couche, plus le marketeur, il baissait la tête, avec la sensation (légitime) de n'avoir rien à faire là. Entre les deux, il y avait le "globe-foodeur", un type qui a inventé une agence d'innovation culinaire, oui, rien que ça. Bon, je vais pas trop cracher sur lui, ses macarons à la rose étaient plutôt réussis.
Ah oui, parce que, comme à chaque fin de conférence, un cocktail nous attendait. Mon voisin semblait vouloir entamer la conversation mais là, mon regard a été arrêté par la vision d'une chemise pourpre, bariolée: le cuistot courageux!! Il était là, à se sacrifier, vérifiant que ses services traiteur étaient bien supérieurs à ceux proposés (et ils le sont, je confirme). Un peu pris en flagrant délit de pique-assiette, il s'est montré convivial.
Chic, j'allais pouvoir poser mon verre d'eau, pris timidement, et aller trinquer à la santé de tous les amoureux culinaires, naturalistes, designers, globe-foodeurs ou simples apprentis!
C'est là qu'intervient la chargée de mission perplexe. Qui connaît bien le cuistot, son asso d'entrepreneurs continuant de le parrainer. S'engage une conversation sur les dangers de monter son restau, les angoisses du chef, plus cerné que jamais, les façons de s'en sortir dans le marasme... Enfin, le refrain classique, hein, je ne vous fais pas un dessin. La dame, fronçant avec application ses sourcils, en profite pour me souligner la difficulté de la tâche, "parce qu'avec des gens comme vous, il faut bien expliquer le contexte. Que vous compreniez ce qui vous attend."
J'aime bien cette réflexion. "Des gens comme vous". Un vrai bonheur.
Sans me départir de mon sourire de faux-derche, je lui rappelle alors que ma réflexion m'a poussé à me poser déjà quelques questions, depuis le temps, que je ne suis certes pas "de la partie", mais que je me suis familiarisée avec des aspects qui m'étaient étrangers il y a encore peu, que j'engage avant tout ma responsabilité et pas la sienne, finalement. Bref, que je ne débarque pas dans le pays de Oui-Oui.
Là, ses yeux pétillent, elle regarde le cuistot, tourne son visage amusé vers moi et me dit: "ah oui, hein, quand j'ai lu votre premier projet, je me suis dit que c'était un conte de fées!"
Ah, ah.
N'ayant aucune accointance avec la Belle au bois Dormant ou Cendrillon (encore que, je serai amenée à faire le ménage), je ne m'étais pas projetée dans le monde merveilleux de Walt Disney. Je l'ai un peu mouchée, reprenant la méthode tout juste testée de Marc Brétillot - une petite réflexion de biais, balancée tranquillement - et je l'ai laissée penser ce qu'elle avait bien envie de penser.
Je peux comprendre ce discours alarmiste à la première rencontre. Je peux aussi accepter le fait qu'elle me donne le numéro d'un type qui s'est planté récemment (!), lui qui avait monté un salon de thé sur Le Mans. Mais bon, il arrive un moment où on a juste envie de prouver. Tout en restant enthousiaste, quoi qu'en pensent les oiseaux de mauvais augure.
Je suis d'accord avec Marc. La naturalité, je connais pas. Non, moi, j'ai juste envie de rester nature. Je ne vais pas commencer à dire amen à tous les perplexes, oh!
Non, des amis m'avaient offert une invitation pour une conférence sur le design culinaire et c'est ainsi que j'ai dû choisir entre m'asseoir dans un amphi ou les tribunes d'une salle de basket. Tout un symbole entre l'ancienne et la nouvelle vie ? Je n'en sais rien, mais enfin, ma curiosité a fait pencher la balance vers mes aspirations du moment.
En arrivant, premier choc. J'avais oublié de répondre de façon écrite à l'invitation et je n'étais donc pas sur la liste des invités. Je parviens, la bouche en coeur, devant la table de réception improvisée. Et là, je tombe nez à nez sur l'une de mes interlocutrices les plus perplexes, avec qui j'avais conversé le matin même au téléphone! Bon, on discute quelques minutes, avant que je parte, prendre place dans cet amphi tout en bois et béton ciré, antre de l'école supérieure des Géomètres, s'il vous plaît.
Moi qui n'ai jamais fréquenté la fac, ça m'a fait tout drôle. Mais enfin, mon voisin était plutôt sympathique, le siège confortable, alors je suis restée.
C'est Marc Brétillot qui a lancé les débats. Comment, vous ne connaissez pas cet enseignant de l'art et du design? Euh, moi non plus. Je voulais vous mettre son site en lien, mais mon ordi s'est mis à hurler qu'un cheval de Troie arrivait au galop, donc j'ai renoncé à la connexion et je vous conseille juste de lire cette chronique à la place.
Bref. Cet esthète nous a proposé un condensé de son travail et j'avoue qu'il m'a bluffée. En même temps, pour un type qui aime le beau, il aurait pu choisir autre chose qu'un pull camionneur vert et le polo rouge pour aller en dessous - mais tout ceci est très subjectif, je vous l'accorde.
Le monsieur, il fait des nuages dans des verres, il suspend du parmesan au plafond et s'amuse à faire des millefeuilles en chocolat verticaux, c'est drôlement chouette. Tel un architecte de la pasta ou du fruit de mer, il dresse aussi des tables mortuaires avec des aubergines un peu brûlées et des spaghetti noires étalées de tout leur long autour. Y'a des moules dessus. Mais cuites, les moules, hein, c'est important de le préciser.
Allez, je le concède : ça m'a semblé un peu bizarre. C'est conceptuel, j'imagine. J'ai un peu de mal avec l'art contemporain. Et d'autant plus lorsque l'auteur explique que le goût du cramé, c'est vachement intéressant, esthétiquement parlant. Surtout le pain carbonisé, a-t-il précisé.
J'étais assez loin de lui mais je crois pouvoir affirmer qu'il n'avait pris aucune drogue. Même pas un pet'. Non, le gars, il parlait normalement et je le trouvais plutôt brillant. Un peu barré, mais brillant.
Il était spirituel, aussi. Nature, surtout. A une personne l'interrogeant sur les dégâts supposés que la cuisine moléculaire pouvait engendrer sur nos petits organismes, il a simplement observé qu'on ne goûtait pas tous les jours à ce type de concept et qu'il fallait seulement envisager cela comme un événement. "Et tant pis si on a la chiasse en rentrant!"
Pas classe, certes. Spontané et inattendu, plutôt.
Après, les deux autres intervenants ont vendu leur soupe, et c'était un peu plus pénible. D'ailleurs, Marc Brétillot n'adhérait pas, lui. Surtout quand le chef de marketing d'une grande chaîne de cafétérias (j'ai souvent vomi dedans, à chaque départ de vacances, pour tout dire. Et pas parce que j'étais contente) a évoqué les grands concepts de sa chaîne, avec un joli décor, des serveuses souriantes, de bonnes chaises et plein de trucs avec des "ing" et des "flow" à la fin. Avec un "fast-good" - en référence au fast-food - cerise sur le gâteau d'un discours bien rôdé.
Marc, il l'a cassé, quand le marketeur en chef (ben quoi?), il a parlé de "naturalité". Comme quoi, tout ça c'était pipeau. Intérieurement, j'applaudissais.
La naturalité, c'est donc le retour à la nature. Oui, oui. Avec ses sandwiches emballés dans du plastique et son CA à 280 millions d'euros annuels, le monsieur en costard-cravate veut nous faire croire que sa boîte, elle a la green attitude.
Y'en a qui doutent de rien.
Enfin, presque. Parce que le Marc, là, plus il en rajoutait une couche, plus le marketeur, il baissait la tête, avec la sensation (légitime) de n'avoir rien à faire là. Entre les deux, il y avait le "globe-foodeur", un type qui a inventé une agence d'innovation culinaire, oui, rien que ça. Bon, je vais pas trop cracher sur lui, ses macarons à la rose étaient plutôt réussis.
Ah oui, parce que, comme à chaque fin de conférence, un cocktail nous attendait. Mon voisin semblait vouloir entamer la conversation mais là, mon regard a été arrêté par la vision d'une chemise pourpre, bariolée: le cuistot courageux!! Il était là, à se sacrifier, vérifiant que ses services traiteur étaient bien supérieurs à ceux proposés (et ils le sont, je confirme). Un peu pris en flagrant délit de pique-assiette, il s'est montré convivial.
Chic, j'allais pouvoir poser mon verre d'eau, pris timidement, et aller trinquer à la santé de tous les amoureux culinaires, naturalistes, designers, globe-foodeurs ou simples apprentis!
C'est là qu'intervient la chargée de mission perplexe. Qui connaît bien le cuistot, son asso d'entrepreneurs continuant de le parrainer. S'engage une conversation sur les dangers de monter son restau, les angoisses du chef, plus cerné que jamais, les façons de s'en sortir dans le marasme... Enfin, le refrain classique, hein, je ne vous fais pas un dessin. La dame, fronçant avec application ses sourcils, en profite pour me souligner la difficulté de la tâche, "parce qu'avec des gens comme vous, il faut bien expliquer le contexte. Que vous compreniez ce qui vous attend."
J'aime bien cette réflexion. "Des gens comme vous". Un vrai bonheur.
Sans me départir de mon sourire de faux-derche, je lui rappelle alors que ma réflexion m'a poussé à me poser déjà quelques questions, depuis le temps, que je ne suis certes pas "de la partie", mais que je me suis familiarisée avec des aspects qui m'étaient étrangers il y a encore peu, que j'engage avant tout ma responsabilité et pas la sienne, finalement. Bref, que je ne débarque pas dans le pays de Oui-Oui.
Là, ses yeux pétillent, elle regarde le cuistot, tourne son visage amusé vers moi et me dit: "ah oui, hein, quand j'ai lu votre premier projet, je me suis dit que c'était un conte de fées!"
Ah, ah.
N'ayant aucune accointance avec la Belle au bois Dormant ou Cendrillon (encore que, je serai amenée à faire le ménage), je ne m'étais pas projetée dans le monde merveilleux de Walt Disney. Je l'ai un peu mouchée, reprenant la méthode tout juste testée de Marc Brétillot - une petite réflexion de biais, balancée tranquillement - et je l'ai laissée penser ce qu'elle avait bien envie de penser.
Je peux comprendre ce discours alarmiste à la première rencontre. Je peux aussi accepter le fait qu'elle me donne le numéro d'un type qui s'est planté récemment (!), lui qui avait monté un salon de thé sur Le Mans. Mais bon, il arrive un moment où on a juste envie de prouver. Tout en restant enthousiaste, quoi qu'en pensent les oiseaux de mauvais augure.
Je suis d'accord avec Marc. La naturalité, je connais pas. Non, moi, j'ai juste envie de rester nature. Je ne vais pas commencer à dire amen à tous les perplexes, oh!
lundi 12 octobre 2009
Un indice se cache dans ce post idiot
"Maman, comment il est arrivé, le premier homme sur la Terre?"
" Euh..."
"Et pourquoi au début, y'avait que des poissons?"
"Bah, euh..."
Allez, va jouer aux billes mon chéri, maman cuisine...
" Euh..."
"Et pourquoi au début, y'avait que des poissons?"
"Bah, euh..."
Allez, va jouer aux billes mon chéri, maman cuisine...
dimanche 11 octobre 2009
De l'air
Week-end studieux? Ah, ah, laissez-moi rire. Bon, en fait, c'était bien parti mais j'ai pris quelques libertés avec mon programme.
L'idée d'improviser s'est avérée plus forte.
Alors je me suis laissée porter. J'ai donc traîné à la bibliothèque, feuilletant ça et là quelques nouvelles recettes, ai jeté un oeil sur le magazine pour lequel j'ai travaillé - sans nostalgie aucune, croyez-le ou non - et j'ai pris l'air, avec des amis.
Bon, c'était de l'air un peu alcoolisé, au bout d'un moment.
Du coup, ce matin, après avoir ingurgité dix litres d'eau (quelle merveilleuse invention...), je suis partie acheter de jolis tabliers (comment ça, on est dimanche ? Oui, je sais, c'est pas bien), ai cuisiné en prévision du soir, où des cobayes allaient tester quelques trucs. Finalement, c'était pour le bien de ma future entreprise, tout ça...
Bref, vous l'aurez déduit de vous-même, rien de croustillant à vous raconter, je l'avoue, même si j'ai passé un très bon week-end. Ah oui, j'ai commencé à ranger les posts de ce blog par rubriques mais, outre le fait que c'est très long, ça m'oblige à me relire. Et ce n'est pas toujours reluisant. Pour tout dire, j'ai résisté à l'envie de supprimer quelques passages.
Trop mélancoliques, trop personnels, parfois. Trop naïfs, aussi.
Mais c'est toujours plus facile de juger, a posteriori, et ça me permet d'observer le chemin parcouru depuis la création de ce journal de bord. Alors, désormais (enfin, dès que j'aurai fini ce tri), je pourrai aller cliquer sur les diverses rubriques pour voir si je ne radote pas trop et, en cas de blues, retourner sur mes premiers atermoiements.
Et je continuerai à raconter ma vie et à aller frénétiquement sur vos commentaires, certes peu nombreux (allez, mes six lecteurs, on se bouge!), mais précieux.
D'ailleurs, un petit sondage s'impose: qu'est-ce qui vous intéresse le plus, et le moins, ici? Le 3615mavie ? La création d'entreprise? Ma vie d'avant? Les portraits? Les tranches de vie? Ce serait marrant de connaître votre ressenti...
C'est dingue, cette histoire : je ne me savais pas aussi narcissique, finalement!
L'idée d'improviser s'est avérée plus forte.
Alors je me suis laissée porter. J'ai donc traîné à la bibliothèque, feuilletant ça et là quelques nouvelles recettes, ai jeté un oeil sur le magazine pour lequel j'ai travaillé - sans nostalgie aucune, croyez-le ou non - et j'ai pris l'air, avec des amis.
Bon, c'était de l'air un peu alcoolisé, au bout d'un moment.
Du coup, ce matin, après avoir ingurgité dix litres d'eau (quelle merveilleuse invention...), je suis partie acheter de jolis tabliers (comment ça, on est dimanche ? Oui, je sais, c'est pas bien), ai cuisiné en prévision du soir, où des cobayes allaient tester quelques trucs. Finalement, c'était pour le bien de ma future entreprise, tout ça...
Bref, vous l'aurez déduit de vous-même, rien de croustillant à vous raconter, je l'avoue, même si j'ai passé un très bon week-end. Ah oui, j'ai commencé à ranger les posts de ce blog par rubriques mais, outre le fait que c'est très long, ça m'oblige à me relire. Et ce n'est pas toujours reluisant. Pour tout dire, j'ai résisté à l'envie de supprimer quelques passages.
Trop mélancoliques, trop personnels, parfois. Trop naïfs, aussi.
Mais c'est toujours plus facile de juger, a posteriori, et ça me permet d'observer le chemin parcouru depuis la création de ce journal de bord. Alors, désormais (enfin, dès que j'aurai fini ce tri), je pourrai aller cliquer sur les diverses rubriques pour voir si je ne radote pas trop et, en cas de blues, retourner sur mes premiers atermoiements.
Et je continuerai à raconter ma vie et à aller frénétiquement sur vos commentaires, certes peu nombreux (allez, mes six lecteurs, on se bouge!), mais précieux.
D'ailleurs, un petit sondage s'impose: qu'est-ce qui vous intéresse le plus, et le moins, ici? Le 3615mavie ? La création d'entreprise? Ma vie d'avant? Les portraits? Les tranches de vie? Ce serait marrant de connaître votre ressenti...
C'est dingue, cette histoire : je ne me savais pas aussi narcissique, finalement!
vendredi 9 octobre 2009
Faire comme si
Avant d'entamer un week-end studieux, je me voyais bien sortir un peu et souffler. Résultat, me voilà à 19h30 à grignoter des tomates cerise devant le Grand Journal. Super.
Je n'ai jamais été très patiente - doux euphémisme - et le fait de me trouver dans l'attente finit par me mettre du plomb dans l'aile. J'ai besoin de me trouver au pied du mur - c'était déjà le cas dans mon ancienne vie - et là j'ai presque trop de journées à peaufiner un business plan qui n'en peut plus d'être retouché, tailladé, embelli de tout plein de chiffres et enlaidi par un interlignage resserré.
J'ai envie d'aller chercher les fournisseurs, demander tous les devis nécessaires, partir chasser mes théières, assiettes, couverts, mon four supersonique et ma hotte super magique. J'ai envie de collectionner les tabliers, de définir mon plan de salle en vrai. De faire comme si. D'être sur le point de.
A la place, je passe mes journées au téléphone, avec une avocate de plus en plus énervée, un vendeur résigné qui a fait le nécessaire et qui tente de réfréner les pétages de plomb de sa compagne et, parfois, une amie désemparée qui cherche des réponses pour tout autre chose. En l'écoutant, je culpabilise. J'ai la sensation de laisser s'égrener quelques précieuses minutes et, dans le même temps, j'ai envie d'être là pour elle. Dilemme.
Pour ne rien vous cacher, la date de signature a de nouveau été fixée. A lundi prochain, vers 16h43. Au lundi suivant, à 17h02, après une nouvelle tractation. L'avocate a envie de nous étrangler, je crois.
En attendant, je m'affaire devant mon ordi à évoquer des réalités virtuelles, des assiettes tapas à tel prix, des smoothies moins chers que le bar d'à côté, un nombre de couverts et un panier moyens qui m'apparaissent aujourd'hui pessimistes, mais qu'importe... Je réalise de jolis tableaux de bord, pour conduire mon entreprise tout aussi virtuelle. Oui, je fais comme si, encore.
Je lis mes mails, qui m'apprennent que le collectif bio va probablement devenir voisin et, ironie du sort, c'est moi qui leur ai relayé l'annonce, via Scarlett! D'ailleurs, l'instigateur de ce projet m'a écrit pour me demander s'il était gênant que l'on se retrouve à quelques mètres l'un de l'autre, sachant que "ça lui faisait peur d'être à côté de moi".
Peur de moi? C'est drôle, non? Je ne me savais pas une menace, c'est plutôt flatteur, et trompeur, car je n'ai encore rien prouvé.
Je m'arrête là dans ma phase d'autoflagellation. Ah oui, sinon, j'ai rêvé que j'allais être publiée. Un ami (mais qui donc?) avait subtilisé mon manuscrit pour l'adresser à un éditeur, lequel avait dit banco.
J'aimerais juste savoir où il est, ce texte, parce que, personnellement, je n'ai pas le souvenir d'avoir écrit quoi que ce soit d'assez long (et d'assez bon! J'ai dit stop à l'autoflagellation, pas au réalisme...) pour réaliser un rêve pareil. Bah, la vie est pleine de surprises!
Je n'ai jamais été très patiente - doux euphémisme - et le fait de me trouver dans l'attente finit par me mettre du plomb dans l'aile. J'ai besoin de me trouver au pied du mur - c'était déjà le cas dans mon ancienne vie - et là j'ai presque trop de journées à peaufiner un business plan qui n'en peut plus d'être retouché, tailladé, embelli de tout plein de chiffres et enlaidi par un interlignage resserré.
J'ai envie d'aller chercher les fournisseurs, demander tous les devis nécessaires, partir chasser mes théières, assiettes, couverts, mon four supersonique et ma hotte super magique. J'ai envie de collectionner les tabliers, de définir mon plan de salle en vrai. De faire comme si. D'être sur le point de.
A la place, je passe mes journées au téléphone, avec une avocate de plus en plus énervée, un vendeur résigné qui a fait le nécessaire et qui tente de réfréner les pétages de plomb de sa compagne et, parfois, une amie désemparée qui cherche des réponses pour tout autre chose. En l'écoutant, je culpabilise. J'ai la sensation de laisser s'égrener quelques précieuses minutes et, dans le même temps, j'ai envie d'être là pour elle. Dilemme.
Pour ne rien vous cacher, la date de signature a de nouveau été fixée. A lundi prochain, vers 16h43. Au lundi suivant, à 17h02, après une nouvelle tractation. L'avocate a envie de nous étrangler, je crois.
En attendant, je m'affaire devant mon ordi à évoquer des réalités virtuelles, des assiettes tapas à tel prix, des smoothies moins chers que le bar d'à côté, un nombre de couverts et un panier moyens qui m'apparaissent aujourd'hui pessimistes, mais qu'importe... Je réalise de jolis tableaux de bord, pour conduire mon entreprise tout aussi virtuelle. Oui, je fais comme si, encore.
Je lis mes mails, qui m'apprennent que le collectif bio va probablement devenir voisin et, ironie du sort, c'est moi qui leur ai relayé l'annonce, via Scarlett! D'ailleurs, l'instigateur de ce projet m'a écrit pour me demander s'il était gênant que l'on se retrouve à quelques mètres l'un de l'autre, sachant que "ça lui faisait peur d'être à côté de moi".
Peur de moi? C'est drôle, non? Je ne me savais pas une menace, c'est plutôt flatteur, et trompeur, car je n'ai encore rien prouvé.
Je m'arrête là dans ma phase d'autoflagellation. Ah oui, sinon, j'ai rêvé que j'allais être publiée. Un ami (mais qui donc?) avait subtilisé mon manuscrit pour l'adresser à un éditeur, lequel avait dit banco.
J'aimerais juste savoir où il est, ce texte, parce que, personnellement, je n'ai pas le souvenir d'avoir écrit quoi que ce soit d'assez long (et d'assez bon! J'ai dit stop à l'autoflagellation, pas au réalisme...) pour réaliser un rêve pareil. Bah, la vie est pleine de surprises!
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