lundi 31 août 2009

Ôde au basket

Je radote, oui, mais c'est la première fois que je ne reprends pas le chemin de l'école (enfin, là, ça remonte) ou du bureau et j'avoue que cela m'angoisse un rien. Depuis la semaine passée, les routes se sont remplies de gens tout-bronzés-tout-stressés, anxieux à l'idée de reprendre le taf et les habitudes. Et, alors que j'ai toujours tout fait pour éviter cette déprimante routine, je me surprends à écouter avec envie les témoignages de ceux qui ont retrouvé leur vie de tous les jours.

Voilà un an, j'avais une boule d'angoisse mais à vrai dire, le rythme, infernal, avait déjà démarré. C'était la course pour tout, la moindre minute était comptée, on parlait de rentabiliser le temps au maximum, quitte à s'épuiser très vite. Trop vite.

Cela faisait quatorze ans que je vivais les affres de la rentrée dans ce magazine. Beaucoup de stress, un tas de coups de fil à la dernière minute, des corrections à tire-larigot, quelques coups de gueule, d'immenses soupirs de soulagement à chaque fin de bouclage... L'année passée, pourtant, quelque chose s'était cassé. Nous avions été rachetés par nos concurrents et tout avait changé. L'impression de n'être plus qu'une vache à traire de l'info. La sensation d'avoir mis les pieds dans un engrenage infernal où l'idée de prendre UNE journée de répit équivaudrait à une quasi-démission. Des sandwiches avalés à la va-vite devant l'ordi, les miettes sur le coin du bureau et l'oeil hagard traduisant toute l'incongruité de la situation.

Je n'ai jamais voulu cette fin. Mais elle était inéluctable. En regardant l'équipe de France de basket se qualifier pour l'Euro, hier, j'ai songé à quel point j'avais pris le large par rapport à ce petit monde, malgré mon intérêt, sinon intact, au moins certain pour la balle orange. Je ne pensais pas que l'on pouvait s'éloigner ainsi de sa passion, laisser la vie reprendre ses droits sur les priorités d'hier.

Sans doute parce que je suis une femme, on doutait parfois de mes compétences dans le domaine, de mes connaissances réelles, sur le basket masculin, principalement. A vrai dire, j'avais fini par mettre cela de côté, pour m'épanouir dans ce que j'aimais faire. Ce qui m'intéressait, c'était d'en savoir davantage sur l'homme, derrière le basketteur. Sur la capacité, aussi, à se transcender ou à rebondir, lorsque le joueur perdait pied.

J'aimais aussi partir, un peu à l'aveuglette, rencontrer les hommes et les femmes qui aimaient ce sport, au point de lui sacrifier des vacances. J'en ai gardé des liens enrichissants, sincèrement. Je les admire aujourd'hui d'autant plus que, de mon côté, je me suis éloignée des terrains, en jetant simplement un oeil curieux, sans chercher, comme auparavant, à creuser côté coulisses.

Je ne regrette rien. Cela ne servirait pas, de toute façon. Simplement, l'envie d'écrire, le bonheur d'avoir ce lien privilégié avec de belles personnes, la possibilité d'aller à droite, à gauche, avec une liberté de mouvement inestimable, j'avoue, cela me manque.

J'ai tourné une page. Et, au moment d'en tourner, peut-être, une autre, je réalise à quel point le sentiment d'inachevé - que j'avais chassé lorsque j'ai quitté le magazine - me rattrape insidieusement.

Je croyais avoir fait le tour mais il y avait encore tellement de choses à découvrir, à ressentir, à raconter que je rends les armes: tel que je l'ai vécu, le basket me manque.

dimanche 30 août 2009

Comment avoir envie de faire quelque chose de sa vie?

Bon, ce soir, je pensais vous parler d'un article assez grotesque que j'ai lu dans ELLE, où Paris Hilton raconte que, malgré sa minceur, elle est très gourmande et que, lorsqu'elle est amoureuse, elle cuisine des lasagnes aux truffes. Pour une pintade, j'ai trouvé ça fort, mais globablement, j'ai eu envie d'appeler direct le magazine pour demander à quel degré de grelucherie sa rédaction placaient ses lectrices. Car, même un dimanche soir, dans un état semi-comateux - dû à l'imbibation massive de punch, la veille, et l'euphorie d'une qualification à l'Euro enfin arrachée - j'ai eu l'impression que l'on nous prenait vraiment pour des blondes.

Sauf qu'en fait, je m'aperçois que mon post va sonner creux, car là, j'ai deux de tension et l'énergie me manque. L'imbibation de la veille, entre autres.

Comme je ne veux pas vous laisser (totalement) en plan, je suis allée consulter les expressions-clé que les internautes avaient utilisées pour arriver jusqu'à ce blog, comme je l'avais fait récemment. Après tout, y'a moyen de rigoler. Je m'aperçois de la curiosité de mes contemporains qui demandent ainsi:

- "Comment créer des larves dans apprentis dieu ?"
Je sais pas, peut-être en faisant boire des nonnes ?

- Avec quoi peut-on manger le creton ?"
Avec du thon? C'est plus joli qu'avec de la mouette, phonétiquement parlant.

- Comment se débarrasser des mouettes?
QUI ose poser une telle question?

Sinon, j'ai un potentiel Dita Von Teese que j'ignorais, si j'en crois certaines requêtes:

"Une fille qui fait le striptise " (je laisse les fautes, c'est plus drôle)
"Blog de femme cochon de Tourcoing ou Roubaix"
"Elle fait la cuisine à poil"

Cela dit, il semble que je sois la solution lorsqu'on s'interroge sur la façon de "gérer sereinement une double vie", qui laisserait supposer que je suis une fille qui cuisine en tenue d'Eve, mais qui peut aussi se transformer en "bourgeoise à collier de perles" ou en "marchande de blouses en nylon sur le marché". C'est nettement moins glamour, j'en ai conscience, mais il en faut pour tous les goûts. Et comme j'aime cuisiner de drôles de mets (des mouettes ou des crétons, donc) et dans des tenues variées et (parfois) légères, je pourrais mettre sur ma carte "l'avc de mon ex" que je cuisine fort bien, semble-t-il. Cherchez pas, il n'y a rien à comprendre.

J'ai également démasqué Julien Lepers, qui pose ses charades sur Google:

"On a besoin de moi en cuisine,
on me connaît si on est sportif
Je suis aussi un oiseau, qui suis-je?"

Vachement intello, mine de rien.

Et voici la meilleure, pour la fin:
"- Comment avoir envie de faire quelque chose de sa vie?"

Ben oui, comment?

Et, surtout, pourquoi?

samedi 29 août 2009

Coup de pouce

Je suis descendue de mon vélo, l'air décontracté. Pourtant, je n'en menais pas large. Le noeud dans mon estomac s'est resserré en le rencontrant. Petite mine, les yeux brillants de fatigue, la nervosité palpable, il m'a écoutée.

Puis, il a esquissé une petite moue.

J'y étais allée un peu la fleur au fusil, comme pour tromper la fatigue qui m'envahissait et dont je n'arrivais pas à me défaire, au fil des heures qui s'égrenaient. Le vendredi matin, j'avais visité un local, avec une dame très, très bavarde qui me racontait être aux abois, travaillant toute seule dans son p'tit restau. A vrai dire, son accent très prononcé m'avait empêché de tout saisir mais j'avais bien compris l'essentiel : si elle pouvait vite fait se débarrasser de l'affaire, elle n'hésiterait pas. Malgré mon a-priori du départ, j'étais finalement plutôt séduite par le lieu, moins par l'emplacement. En sortant de ce rendez-vous, je pensais seulement à me reposer, décidément toujours dans les vapes.

Et puis, je ne sais pas, un sursaut, l'envie, aussi, de suivre mon programme. J'avais dit que je foncerai, alors j'ai changé de top, histoire d'être présentable, enfourché mon vélo et suis partie dans ce restaurant aux assiettes créatives, au joli cadre et aux affaires - je le savais- en déclin.

Lui n'a guère détaillé ma tenue, pour tout dire. Je l'ai senti soucieux. Soucieux et sceptique, donc. Il avait peur, en acceptant ma proposition, que je lui pique ses recettes. Attitude tout à fait logique, à laquelle j'ai préféré répondre par la transparence. Je lui donnerai une liste des mets que je souhaite cuisiner. Et je lui ai décrit un peu vaguement l'idée du salon de thé-ateliers pour les enfants, afin de le rassurer. Pas question pour moi de faire un copier-coller.

Je ne sais pas pourquoi, avant qu'il accepte, je sentais que ça allait le faire. Il n'a pas suffi de beaucoup pour le convaincre. Il m'a regardée, sans sourire et m'a dit:

"- C'est d'accord. Je vous prends pour deux semaines."

"- Yiiiiiiiiipeeeeeeeee! ai-je pensé intérieurement.

"- C'est parfait!" lui répondais-je, l'air satisfait mais pas triomphant.

Il a tenu à me prévenir de tous les obstacles qui allaient se présenter à moi. Comment gérer la cuisine et les règlements, la salle et les ateliers, aller faire ses achats tout en restant au maximum présent dans l'établissement... Il m'a assuré travailler 18 heures par jour. Ses joues creusées et son air las en témoignent, sans qu'il ait à en rajouter. Il m'a évoqué ses propres difficultés, le pragmatisme dont on devait faire preuve face à la crise, aux clients qui finissent par bouder le lieu, les charges et les coûts de revient. Une sorte de révision en condensé de tout ce que j'avais appris ces derniers mots, mais en vrai, cette fois.

Peut-être pensait-il me décourager. Et je sais qu'il ne me fera pas de cadeaux. Pourtant, je lui aurais sauté dans les bras, tellement j'étais heureuse d'obtenir ce ticket pour le monde réel. Une immersion indispensable, qui va renforcer ma crédibilité auprès des banques et me montrer dans quelle galère je me suis mise... L'heure n'est pas aux doutes, pourtant, je suis impatiente. C'est sûr, il n'a pas mangé de clown, mais je le sens consciencieux et intègre.

Rendez-vous a donc été pris pour le 7 septembre prochain. Avec une tenue et des chaussures "qui ne craignent pas", m'a-t-il précisé, évoquant le champ de bataille que j'allais intégrer.

Le 7 septembre. Dans dix jours, donc? Pôle Emploi m'avait prévenue qu'il fallait un peu de temps pour mettre en place une EMT (évaluation en milieu du travail). Un coup d'oeil à ma montre. 15h30. Mon employeur actuel ferme ses portes tôt le vendredi, il me semble (peut-être tous les jours, d'ailleurs, je n'y ai jamais prêté garde), je suis en vélo, et ce n'est pas vraiment le même chemin. Tant pis, je tente le coup, je vais repasser chez moi chercher ma voiture.

Arrivée devant le garage: les quais sont bouchés, impossible d'avancer. Pragmatisme, qu'il a dit, le monsieur. Je décide de poursuivre ma route en vélo, quitte à rouler sur les trottoirs dans cette course contre la montre. Et que vaut un sens interdit lorsque son avenir est en jeu?

J'arrive dans un état assez lamentable à Pôle Emploi, suintante, le coeur battant. C'est ouvert, je suis arrivée à temps. A vrai dire, je n'ai pas souvenir d'avoir pédalé aussi vite de ma vie. Le formulaire en poche, re-belote, retour au restaurant pour que le gérant signe les papiers et appose son cachet... avant de pédaler de nouveau pour aller déposer la précieuse enveloppe dans la boîte de mon cher employeur, que j'ai l'immense avantage de partager avec plus de 3 millions de Français.

Jusqu'au bout, je me suis dit que c'était trop beau, qu'il allait changer d'avis- et après tout, j'aurais compris. Mais non, la chance m'a souri et d'ici dix jours, ce sera donc "cauchemar en cuisine".

J'ai hâte.

vendredi 28 août 2009

Donnez-moi cette toque que je me cache

L'horreur totale, ce jeudi matin. Je rêvais que j'étais en retard, mais que des intrus squattaient mon garage et que je devais donc les déloger, avant d'aller défendre mon bifteck à l'entrevue du jour... Coup d'oeil au réveil. Effectivement, j'étais bien partie pour manquer un rendez-vous majeur, dans cette fantastique épopée qu'est la création d'entreprise: la recherche de garantie bancaire avec, dans le cas présent, un appui particulier aux femmes.

J'ai déjà lu des choses qui m'ont révoltée sur les créatrices. On les prévient que "se lancer à son compte" engendre un investissement majeur, limite insurmontable pour la ménagère qu'il y a en chacune de nous. Si, je vous assure, ces conseillers insistent bien lourdement sur ce facteur, beaucoup plus qu'on ne le ferait pour des hommes qui, on le sait, se mettent TOUS les pieds sous la table en arrivant, harassés par leur dur labeur, le journal dans une main, le whisky dans l'autre...

Pourquoi j'ai l'impression d'être dans un épisode américain des années 50, là? Ah, oui, j'ai lu dernièrement qu'une femme qui envisageait de créer sa boîte, devait "parler avec sa famille de son entreprise". Au cas où un taliban se cacherait derrière le doux visage de votre tendre et cher.

Ne riez pas, pour en avoir été témoin, je sais que ça existe.

Cela dit, à 9h39, après une trop courte nuit (toujours ce jet lag. Quitte à être un zombie, j'aurais mieux fait de sortir), je ne me sentais pas d'humeur rebelle.

Non, j'étais épuisée, point. Je n'avais qu'une envie : profiter plus encore du moelleux de ma couette.

Et puis, j'ai repensé à cette phrase très juste que j'ai lue dans "L'homme qui voulait être heureux" (dont je vous parlais hier) :

"L'être humain se complaît dans le laisser-aller, mais s'épanouit dans l'exigence de soi".

Ce type est un génie. Illico presto, j'étais sous la douche, et en moins de deux, la théière bruissait, j'avais un pied dans le pantalon, le top coincé aux épaules, le bandeau dans les cheveux pour masquer la coupe-j'en-ai-marre-de vivre. En fait, je tentais juste de synchroniser mes gestes, histoire de m'éviter une cascade dans le tapis, qui m'aurait définitivement retardée.

La tendance laisser-aller m'aurait guidée vers un petit déj gargantuesque. L'exigence de soi m'a orientée vers une option plus light. D'autant plus encourageante que le passage sur la balance m'avait indiqué le délestage de ces deux kilos super-superflus que j'avais ramenés des Caraïbes(merci le all inclusive...). Finalement, je crois savoir qui étaient les intrus de mon rêve...

Sur ces considérations débiles, et le réveil dans la douleur d'un loulou aussi zombie que moi, j'avais donc récupéré suffisamment d'énergie pour répéter, une fois de plus:

- que je n'étais pas folle
- que oui, je savais que la crise n'épargnait personne, et surtout pas la restauration
- et que ce milieu demande un temps de travail faramineux
- et que si tu veux, madame, je te fais des cannelés pour te convaincre.

Au lieu de cela, je suis tombée sur une personne très à l'écoute, qui n'a pas cherché à me piéger, simplement à vérifier un minimum la part d'incongruité dans tout cela.

Limite si je n'étais pas déçue de ne pas être attaquée.

Serais-je devenue tellement exigeante envers moi-même ? Ou ne se laisserait-elle pas aller, elle ? Envisageant très sérieusement d'aller prendre mes gouttes (et de retourner sous la couette finir mon rêve et chasser mes intrus), je suis plutôt partie pour un marathon, avec une liste de choses à faire ABSOLUMENT aujourd'hui. Je me connais trop: si je me laisse aller, c'est mort. Du coup, je décuple mon énergie pour accomplir des tâches aussi dingues qu'aller déposer des prévisionnels dans des boîtes à lettre, poster mes impôts, passer chez le cordonnier récupérer des bottines qui poireautent depuis trop longtemps, faire deux-trois courses pour le dîner du soir, prévoir quinze amuse-gueules alors que nous sommes trois et trier, enfin, des photos pour les développer.

Évidemment, j'ai oublié l'essentiel: aller voir un restaurant qu'une de mes "accompagnatrices" m'a suggéré de contacter, afin de tester mes compétences avé la toque sur la tronche.

Laquelle toque me permettrait certainement de masquer ces petits yeux que je traîne. C'est sûr, ce vendredi, je fonce.

jeudi 27 août 2009

Jet lag, kamikaze et knaki balls

J'avoue, j'affectionne ce moment de la soirée, lorsque je me cale bien sur le canapé, l'ordi sur les genoux, à entamer une nouvelle feuille blanche. Plus ça va, plus je me réserve ce petit plaisir assez tard, après avoir passé les quinze coups de fil en retard, trié mon courrier, photocopié pour la cinquantième fois un prévisionnel, fait le tour de mes sites favoris ou complété une fiche de renseignements quelconque.

Après avoir couché mon loulou, aussi.

Le souci, c'est que le p'tit bonhomme en question découvre les effets du jet lag et a fini par rendre les armes à près de 2h du mat'. L'heure où je décide habituellement de me coucher, en somme.

Ayant moi-même autant envie de dormir que de bosser dans une fromagerie (cherchez pas, c'est une private joke), je vous donne vite fait le topo de la journée: un rendez-vous à la banque, troisième conseillère à m'écouter blablater et au final, une oreille attentive, enthousiaste mais à ce point prévenante qu'elle souhaiterait me voir gagner plus d'argent lors de ma première année d'activité.

Moi aussi, ça me plairait, hein, mais chaque chose en son temps.

J'ai donc développé l'idée que je n'étais pas une kamikaze, que je n'allais pas m'enfermer dans une situation inextricable et que je lâcherais le morceau si jamais je sentais que mon affaire n'était pas viable. Mais enfin, j'aime bien l'idée de pouvoir choisir de me faire hara-kiri ou non. J'ai le sabre, c'est moi qui décide.

Enfin, j'ai fini ce matin un bouquin que deux amis m'avaient conseillé: "l'homme qui voulait être heureux", de Laurent Gounelle. Sincèrement, à la lecture des premiers chapitres, je trouvais cela fort naïf. Quelques réflexions bien senties m'ont un peu fait revoir mon jugement et conforter dans l'idée que tout n'est qu'histoire de croyances. Et c'est en fonction de ces croyances que l'on guide nos décisions, que l'on ose ou pas, que l'on s'épanouit ou que l'on choisit de rester dans une forme de résignation - et de médiocrité, souvent. Si, si.

J'en ai eu l'illustration quelques heures plus tard, lorsque j'ai reçu un message, d'une agence de com' qui m'invitait à la conf' de presse de LeBron James, star NBA de passage à Paris la semaine prochaine. Bon, avant tout, je me suis abstenue de lui suggérer une petite actualisation de ses fichiers. C'est vrai, ça ne fait jamais qu'une dizaine de mois que j'ai quitté le magazine pour lequel j'écrivais...

Mais cet appel m'a néanmoins remis les pendules à l'heure: c'est la première fois de... ma vie - incroyable, non? - que je ne vais pas "faire la rentrée". Les rues se remplissent de tous ces travailleurs qui ont repris le chemin du taf, la ville sort enfin de sa léthargie et moi, je reste à quai. En temps normal, je suis convaincue que cela m'aurait angoissée. Là, je me dis simplement que le temps est mon allié, que je dois rester zen et patiente. Sans doute l'effet des vacances.

Vous voyez de quoi je parle?


Le premier qui se moque des knaki balls que j'ai en guise de pieds, j'lui casse la gueule à la récré.

mercredi 26 août 2009

L'âme en paix

Ah la la, ces quelques jours loin de tout ont décuplé ma faculté à me laisser vivre et me voilà même à traînasser avant de revenir sur ce blog - pourtant mon petit espace - un comble! Il faut dire que ces vacances en République Dominicaine, cela ressemblait un peu à cela:



Vous voyez le genre.

Alors, forcément, je suis limite à me taper la tête lorsque j'ouvre mon agenda et que je constate, avec désarroi, que j'ai pris deux rendez-vous TRÈS importants cette semaine. Oui, là, en plein jet lag, je m'amuse à négocier sec. Toujours aussi fine, en somme...

Bon, avant de m'auto-flageller totalement, je vais rester un peu la tête dans les nuages. S'agirait pas de perdre tout le bénéfice de ces vacances. Et puis, je vous avais promis de tout vous raconter (ou presque - mais en fait, nulle honte ne s'est véritablement abattue sur moi et je ne me suis pas offert de cuite au rhum, malgré l'usage intensif - intempestif? - de cette "vitamine" comme l'appellent les Dominicains).

Alors, en gros, j'ai eu la judicieuse idée de partir pour une destination "lune de miel". Oui, avec de jeunes mariés ayant seulement enlevé les casseroles bruyantes de leur voiture pour rejoindre l'aéroport, roucoulant comme aux premiers jours (car justement, ils sont encore dans la phase idyllique, c'te blague), la bague bien en vue et les regards de braise, les petites attentions pour sa moitié et l'impression de vivre dans une bulle.

Forcément, avec mon loulou, je faisais un peu... tache.

Comme ils sont néanmoins en transe et dans cette fameuse bulle, ces jeunes couples n'ont heureusement pas témoigné le moindre agacement à l'égard d'un petit bonhomme de 6 ans que je surnomme affectueusement mon ver de terre. Avaient-ils d'ailleurs remarqué sa présence ? Même pas sûre.

Parmi eux, le couple Ken & Barbie, aux mensurations impeccables, lui adorable, elle un rien pimbêche; a contrario, les complexés, qui ne se baignent pas, gardant leurs vêtements pour tenter de cacher des formes trop pleines; les coincés, les sportifs, les discrets, les classe, les vulgaires... Un échantillon de la vie, en somme.

Il y avait aussi les Ricoré, avec le bon père de famille qui prend soin de ses femmes (la sienne, et ses deux filles) et la famille recomposée avec les parents - très démonstratifs, question postures langoureuses - et les deux enfants, dont l'aînée, visiblement traumatisée, répétant dix fois qu'elle a une autre soeur, mais pas de la même mère...

Bon, sinon, il y avait une autre maman célibataire, mais d'un grand garçon de 16 ans. Une sorte de couple qui m'a donné envie de trouver rapidement l'âme soeur, histoire de ne pas finir ainsi. Quelle tristesse, je vous assure, chez ces deux personnes, charmantes au demeurant... La mine basse, résignée, cette femme au teint pâle m'a demandé:

"- Et vous non plus, vous n'avez pas refait votre vie?

" - Euh, non"

Mais j'y coooooooooouuuuuuurs, au secoooooooooooouuuuuuuurs!

Comme dans tout groupe qui se respecte, il y avait les grandes gueules, représentées ici par deux quadra, rejointes par leurs aînés quinqua-sexagénaires aux cheveux blancs. Des Sudistes qui aimaient prendre l'apéro, rire très fort et faire passer les p'tits jeunes pour des coincés. Mission accomplie.

Et puis, évidemment, un voyage ne serait pas ce qu'il est sans le guide dragueur. D'ailleurs, mon statut de "single" m'a attiré les faveurs de quelques désespérés, sans doute en quête de papiers et d'un avenir plus prospère en Europe. Il me fallait "un homme pour s'occuper de ton fils et de toi-même", comme ils me l'ont conseillée. A la fin, lorsqu'un de ces kamikazes me demandaient où était mon mari, je tournais la tête en montrant qu'il était dans les parages, pas loin.

Ils ne le voyaient pas, mais j'avais le temps de filer. Quelle maligne, ah ah ah.

Je me suis amusée à noter deux, trois choses lorsque j'étais là-bas. En relisant ces lignes, je m'aperçois que le tableau qui pourrait se dégager de la République Dominicaine ne s'avère guère flatteur. Rues cabossées, maisons délabrées, gamins non scolarisés qui survivent en cirant des chaussures ou en portant des sacs dans les supermarchés, chiens errants sur la plage ou le bitume, fouillant dans les poubelles de St-Domingue quelque aliment oublié, vendeurs envahissants, circulation démentielle...

Et pourtant. Au son de la merengue, danse nationale, une douceur et une envie de vivre intense s'insinuent dans nos esprits occidentaux. Il y a, ça et là, des relents de culture américaine, notamment dans les architectures de certains bâtiments - commerciaux, surtout- et les voies de circulation. Pour le reste, le rythme des Caraïbes berce le quotidien, ralentissant nos velléités d'en faire (toujours) trop.

Les façades multicolores, la végétation luxuriante, près de la montagne, les senteurs - celles du café, du cacao, de la vanille..., le goût exquis des mangues et de la papaye, les cocotiers qui bordent les rues et les plages, les îles désertes paradisiaques, la mer turquoise, la gentillesse des autochtones donnent des couleurs à cette terre où, pourtant, la misère des habitants ne peut être voilée.

La moiteur de l'air est un autre facteur, bien sûr, mais il y a cette désinvolture incroyable qui apaise nos cerveaux surexcités. A quoi bon? semblent penser les Dominicains. Soudain, on a l'impression que tout sera possible, mais sans se triturer l'esprit. Y compris rouler à trois en moto, sans casque ni permis, ouvrir le parapluie en cas d'averse tropicale sur cette même moto, rester debout à quinze sur une camionnette à plus de cent kilomètres à l'heure, s'arrêter en plein milieu de l'autoroute, juste pour trinquer (!)....

Mais aussi vendre des poissons en les enfilant sur un guidon de mobylette (miam...) ou exposer des têtes de cochon à l'air libre - mais que dirait la DSV?

Allez je vous montre:




Je sais, ça n'a pas l'air ragoûtant. Mais nous n'avons même pas été malades - je n'ai pas testé ce boucher-charcutier, cela dit... D'ailleurs, moi qui parlais de catastrophes, rien à signaler de ce côté-là. Cela a bien failli, avec la menace d'un cyclone prévue en fin de séjour. Finalement, Bill a passé son chemin. Au final, me voilà bredouille de péripéties (une perte de lunettes de vue dans des chutes, y'a pas mort d'homme et ce n'est guère passionnant, n'est-ce pas), mais la tranquillité, ça a du bon, parfois.

mardi 25 août 2009

Comment dire...












Le paradis existe. J'en reviens.
Et non, mon loulou n'a pas passé son temps à siroter du jus d'ananas.