A l'entrée de la médiathèque, j'appelle mon fils - qui patine, tel le Loup de Tex Avery, devant le distributeur de friandises - pour qu'il me rejoigne.
"Tu viens, Loulou?"
Surpris, il affiche un grand sourire. "C'est à moi que vous parlez?"
"..."
" J'adore lorsqu'on m'appelle Loulou."
Il est un monsieur d'une bonne soixantaine d'années. Avenant, certes, mais comment dire, ça va pas être possible.
Je me suis sentie seule, d'un coup, mais seule...
dimanche 11 avril 2010
vendredi 9 avril 2010
Un an
C'était un jeudi. Le même soleil illuminait la journée. Simplement, le printemps avait pointé le bout de son nez plus tôt. Peut-être, aussi, étais-je d'humeur primesautière. En tout cas, j'étais à la fois excitée et un rien inquiète de remplir le cadre.
Aujourd'hui, "lamouettecuisine" a un an.
L'idée de créer un blog m'avait séduite, pour avoir participé de façon très, très furtive, à un autre et avoir alimenté tout aussi brièvement le site de "Bip Bip magazine". Fallait-il pour autant raconter des pans entiers de sa vie, se rendre vulnérable en contant ses hauts et ses bas, en partageant des émotions somme toute très personnelles? Je n'ai pensé à rien de tout cela en cliquant sur "publier le message". J'avais juste envie.
Les premiers commentaires venaient de personnes que j'avais pu côtoyer dans ma vie d'avant, qui restaient des proches, pour la plupart, ou bien quelques âmes qui ne connaissaient de moi que ma signature à la fin des articles, m'encourageant à donner plus de moi-même.
Puis, à ma grande surprise, sont venus, régulièrement, très régulièrement, de nouveaux lecteurs dont les plus assidus, Anne et L'oiseau, continuent d'alimenter les commentaires - un immense merci pour leur soutien sans faille et leur fidélité, j'en reste bluffée.
En ouvrant ce blog le matin, j'ai parfois regretté de ne pas avoir plus d'échos extérieurs, mais je comprends aujourd'hui, à la lecture des posts, que les sujets ne donnent pas forcément matière à intervenir. Que tout ceci est très personnel. Que les lecteurs préfèrent en parler de vive voix, lorsque l'on se croise dans la vraie vie, plutôt que de laisser un p'tit mot ici. C'est comme ça.
Je l'ai déjà écrit mais je le répète: ce blog m'a permis de prêter plus d'attention à mon environnement. L'envie de partager la moindre anecdote, le petit hic du jour ou le grand bonheur d'un instant, tout ça m'a ouvert les yeux. Et l'appétit. Au fur et à mesure que les mois passaient, j'envisageais de plus en plus d'utiliser la matière de ce blog pour la mixer et écrire une nouvelle histoire, celle d'une création d'entreprise avortée.
C'est dans cette optique que j'avais entamé, depuis hier, la lecture complète de ce blog. J'avoue, je ne suis pas parvenue à tout reprendre - 298 posts, parfois décousus en outre, la tâche s'avérait trop lourde, à croire que je me fatigue moi-même - mais je suis heureuse, aujourd'hui, d'avoir gardé une trace de tous mes espoirs et désillusions. De ce parcours qui me semble si lointain, et pourtant si proche de ce que j'avais envisagé.
En relisant les lignes, je revoyais le dormeur, le maori, ma copine Blandine qui a réussi à ouvrir son commerce, la cafelière, Yvonic, Florence et les autres, la fronceuse de sourcils, le cuistot physiquement intelligent, le forçat toqué et tous ces personnages qui ont émaillé cette année.
J'ai repensé à toutes ces rencontres, aux opportunités incroyables que j'avais connues. J'ai pu passer du temps en cuisine, avec de vrais pros (oui, Pascale, je parle de toi, notamment), vivre grandeur nature mon rêve - de façon infime mais incroyable - au Café Clochette. Je me suis coupée, brûlée, j'ai ri, j'ai pleuré, j'ai été envahie par la colère et la joie. J'ai rêvé, je me suis effondrée, suis repartie au combat, j'ai trébuché de nouveau, j'ai découvert un univers qui m'était totalement étranger.
Je me suis parfois sentie une autre.
Oui, j'ai vécu la vie d'une autre et je bénis ce jour où je me suis enfin lancée dans l'écriture de ce blog, si modeste soit-il. Car si je me demande avec quelle matière je vais bien pouvoir l'alimenter, désormais, maintenant que tout ça est derrière moi (ou presque, j'en ai une dernière pour la route, je vous raconterai), au moins mon bébé témoigne-t-il de ce que j'ai vécu.
C'était pour de vrai.
Sincèrement, en le parcourant, j'y ai perçu pas mal de naïveté, notamment dans les premiers mois. Des tas de croyances se sont écroulées, depuis, mais je ne veux pas être blasée. Je vais tracer ma route, je ne sais comment, mais j'entends bien garder cette envie d'apprendre, d'observer.
Et de raconter.
Aujourd'hui, "lamouettecuisine" a un an.
L'idée de créer un blog m'avait séduite, pour avoir participé de façon très, très furtive, à un autre et avoir alimenté tout aussi brièvement le site de "Bip Bip magazine". Fallait-il pour autant raconter des pans entiers de sa vie, se rendre vulnérable en contant ses hauts et ses bas, en partageant des émotions somme toute très personnelles? Je n'ai pensé à rien de tout cela en cliquant sur "publier le message". J'avais juste envie.
Les premiers commentaires venaient de personnes que j'avais pu côtoyer dans ma vie d'avant, qui restaient des proches, pour la plupart, ou bien quelques âmes qui ne connaissaient de moi que ma signature à la fin des articles, m'encourageant à donner plus de moi-même.
Puis, à ma grande surprise, sont venus, régulièrement, très régulièrement, de nouveaux lecteurs dont les plus assidus, Anne et L'oiseau, continuent d'alimenter les commentaires - un immense merci pour leur soutien sans faille et leur fidélité, j'en reste bluffée.
En ouvrant ce blog le matin, j'ai parfois regretté de ne pas avoir plus d'échos extérieurs, mais je comprends aujourd'hui, à la lecture des posts, que les sujets ne donnent pas forcément matière à intervenir. Que tout ceci est très personnel. Que les lecteurs préfèrent en parler de vive voix, lorsque l'on se croise dans la vraie vie, plutôt que de laisser un p'tit mot ici. C'est comme ça.
Je l'ai déjà écrit mais je le répète: ce blog m'a permis de prêter plus d'attention à mon environnement. L'envie de partager la moindre anecdote, le petit hic du jour ou le grand bonheur d'un instant, tout ça m'a ouvert les yeux. Et l'appétit. Au fur et à mesure que les mois passaient, j'envisageais de plus en plus d'utiliser la matière de ce blog pour la mixer et écrire une nouvelle histoire, celle d'une création d'entreprise avortée.
C'est dans cette optique que j'avais entamé, depuis hier, la lecture complète de ce blog. J'avoue, je ne suis pas parvenue à tout reprendre - 298 posts, parfois décousus en outre, la tâche s'avérait trop lourde, à croire que je me fatigue moi-même - mais je suis heureuse, aujourd'hui, d'avoir gardé une trace de tous mes espoirs et désillusions. De ce parcours qui me semble si lointain, et pourtant si proche de ce que j'avais envisagé.
En relisant les lignes, je revoyais le dormeur, le maori, ma copine Blandine qui a réussi à ouvrir son commerce, la cafelière, Yvonic, Florence et les autres, la fronceuse de sourcils, le cuistot physiquement intelligent, le forçat toqué et tous ces personnages qui ont émaillé cette année.
J'ai repensé à toutes ces rencontres, aux opportunités incroyables que j'avais connues. J'ai pu passer du temps en cuisine, avec de vrais pros (oui, Pascale, je parle de toi, notamment), vivre grandeur nature mon rêve - de façon infime mais incroyable - au Café Clochette. Je me suis coupée, brûlée, j'ai ri, j'ai pleuré, j'ai été envahie par la colère et la joie. J'ai rêvé, je me suis effondrée, suis repartie au combat, j'ai trébuché de nouveau, j'ai découvert un univers qui m'était totalement étranger.
Je me suis parfois sentie une autre.
Oui, j'ai vécu la vie d'une autre et je bénis ce jour où je me suis enfin lancée dans l'écriture de ce blog, si modeste soit-il. Car si je me demande avec quelle matière je vais bien pouvoir l'alimenter, désormais, maintenant que tout ça est derrière moi (ou presque, j'en ai une dernière pour la route, je vous raconterai), au moins mon bébé témoigne-t-il de ce que j'ai vécu.
C'était pour de vrai.
Sincèrement, en le parcourant, j'y ai perçu pas mal de naïveté, notamment dans les premiers mois. Des tas de croyances se sont écroulées, depuis, mais je ne veux pas être blasée. Je vais tracer ma route, je ne sais comment, mais j'entends bien garder cette envie d'apprendre, d'observer.
Et de raconter.
jeudi 8 avril 2010
L'autruche a-t-elle les yeux plus gros que le cerveau?
Désespéré devant l'assiette à moitié remplie, mon papi me disait toujours, en soupirant : "tu as les yeux plus gros que le ventre".
Il n'avait pas tort. Et je ne parle pas là uniquement de gourmandise culinaire. Pleine d'entrain, j'entreprends toujours dix mille choses mais je finis par m'essouffler. Et je me demande si parfois, je ne me vois pas plus capable que je ne le suis (esprit masochiste, sors de ce corps).
Prenez aujourd'hui, par exemple. J'avais prévu d'aller courir. Et puis d'écrire quelques lettres de motivation, mais aussi d'écrire tout court. Bon, les lettres sont bel et bien rédigées, mais de là à les envoyer, voyez, j'ai d'autres choses sur le feu, je peux pas tout faire. Quant à courir, cette histoire de me mettre derrière l'ordi m'en a ôté l'envie (mais pas le besoin, allez comprendre).
Écrire tout court? Oui, d'autant que j'avais une idée derrière la tête, dans l'optique du post de demain (vous comprendrez pourquoi en le lisant). Sauf que j'ai songé que, bêtement, à ce rythme, je n'aurais toujours pas actualisé ce blog aujourd'hui si je ne m'y attelais pas rapidement. Vous me direz, rien ne m'oblige à écrire un laïus quotidien. Certes. Mais comme j'ai les yeux plus gros...
Donc, n'ayant rien d'extraordinaire à vous raconter (les journées à la maison, l'ordi sur les genoux et les quinze litres de thé ingurgités, ce n'est pas franchement inspirant), je suis allée piocher dans les requêtes des internautes, un désormais classique de cet espace.
Autant vous le dire, y'a du maniaque sur la toile. Beaucoup cherchent en effet "l'éponge magique" (serait-ce pour effacer les "taches au cerveau de la mouette"?) et s'interrogent sur le "métier de poubellier", sachant que "le poubellier du Havre" réalise une belle progression dans les requêtes mensuelles, cités à trois reprises, tandis que celui de Paris enregistre son entrée.
Sans doute est-ce la recrudescence de sales bêtes dans les rues ; certains en font même des cauchemars. "Signification d'un rêve où il y a beaucoup de cafards", demande une personne, sans doute influencée par l'odeur nauséabonde qui envahit imperceptiblement notre beau pays, ces derniers temps.
Si cela la perturbe trop, j'aurais envie de lui suggérer de prendre du Lexomyl, requête redondante. "Le lexomyl m'a fait du bien", témoigne d'ailleurs un ancien angoissé. Même ordonnance pour cette femme face à l'épreuve du temps, qui a tapé: "ride du lion et pleurs." A moins que ce ne soit le mari, cherchant à rassurer sa tendre et chère, qui ait cherché une réponse sur la toile. Un romantique qui, loin d'espérer que sa douce lui fasse un "stritise" ou lui raconte une "istoir débil", l'assure: "en français, je saurai toujours attendre cette belle nuit à deux." "Tu manques à ma peau", poursuit-il.
D'autres s'avèrent moins... poétiques et réclament toujours de la "fille gothique nue", voire de la "femme a poil a linsep" (toujours plus savoureux avec les fautes). Est-ce du "bonhomme rouge méchant rond" qui souhaiterait, à corps et à cris, de la "soupe de veau" - ça existe donc, ce truc? Et qui peut bien s'enquérir des "fesses de Cosette"? D'ailleurs, s'interroge un autre, "comment est-elle, Cosette, physiquement?"
Physiquement intelligente?
Devant tant de questions n'ayant aucun rapport avec la choucroute, je serais tentée de rire, simplement, et d'ignorer que la majorité de mes nouveaux lecteurs (de passage, j'ose supposer) sont un rien détraqués. Oui, je pourrais faire l'autruche. Mais, même ça, ça risque de me jouer des tours. En témoigne cette question hautement existentielle: "L'autruche a-t-elle les yeux plus gros que le cerveau?"
S'il parle de moi, celui-là, j'aimerais autant pouvoir affirmer que non. Après tout, mon papi le disait bien : J'ai les yeux plus gros que le ventre. Point.
Il n'avait pas tort. Et je ne parle pas là uniquement de gourmandise culinaire. Pleine d'entrain, j'entreprends toujours dix mille choses mais je finis par m'essouffler. Et je me demande si parfois, je ne me vois pas plus capable que je ne le suis (esprit masochiste, sors de ce corps).
Prenez aujourd'hui, par exemple. J'avais prévu d'aller courir. Et puis d'écrire quelques lettres de motivation, mais aussi d'écrire tout court. Bon, les lettres sont bel et bien rédigées, mais de là à les envoyer, voyez, j'ai d'autres choses sur le feu, je peux pas tout faire. Quant à courir, cette histoire de me mettre derrière l'ordi m'en a ôté l'envie (mais pas le besoin, allez comprendre).
Écrire tout court? Oui, d'autant que j'avais une idée derrière la tête, dans l'optique du post de demain (vous comprendrez pourquoi en le lisant). Sauf que j'ai songé que, bêtement, à ce rythme, je n'aurais toujours pas actualisé ce blog aujourd'hui si je ne m'y attelais pas rapidement. Vous me direz, rien ne m'oblige à écrire un laïus quotidien. Certes. Mais comme j'ai les yeux plus gros...
Donc, n'ayant rien d'extraordinaire à vous raconter (les journées à la maison, l'ordi sur les genoux et les quinze litres de thé ingurgités, ce n'est pas franchement inspirant), je suis allée piocher dans les requêtes des internautes, un désormais classique de cet espace.
Autant vous le dire, y'a du maniaque sur la toile. Beaucoup cherchent en effet "l'éponge magique" (serait-ce pour effacer les "taches au cerveau de la mouette"?) et s'interrogent sur le "métier de poubellier", sachant que "le poubellier du Havre" réalise une belle progression dans les requêtes mensuelles, cités à trois reprises, tandis que celui de Paris enregistre son entrée.
Sans doute est-ce la recrudescence de sales bêtes dans les rues ; certains en font même des cauchemars. "Signification d'un rêve où il y a beaucoup de cafards", demande une personne, sans doute influencée par l'odeur nauséabonde qui envahit imperceptiblement notre beau pays, ces derniers temps.
Si cela la perturbe trop, j'aurais envie de lui suggérer de prendre du Lexomyl, requête redondante. "Le lexomyl m'a fait du bien", témoigne d'ailleurs un ancien angoissé. Même ordonnance pour cette femme face à l'épreuve du temps, qui a tapé: "ride du lion et pleurs." A moins que ce ne soit le mari, cherchant à rassurer sa tendre et chère, qui ait cherché une réponse sur la toile. Un romantique qui, loin d'espérer que sa douce lui fasse un "stritise" ou lui raconte une "istoir débil", l'assure: "en français, je saurai toujours attendre cette belle nuit à deux." "Tu manques à ma peau", poursuit-il.
D'autres s'avèrent moins... poétiques et réclament toujours de la "fille gothique nue", voire de la "femme a poil a linsep" (toujours plus savoureux avec les fautes). Est-ce du "bonhomme rouge méchant rond" qui souhaiterait, à corps et à cris, de la "soupe de veau" - ça existe donc, ce truc? Et qui peut bien s'enquérir des "fesses de Cosette"? D'ailleurs, s'interroge un autre, "comment est-elle, Cosette, physiquement?"
Physiquement intelligente?
Devant tant de questions n'ayant aucun rapport avec la choucroute, je serais tentée de rire, simplement, et d'ignorer que la majorité de mes nouveaux lecteurs (de passage, j'ose supposer) sont un rien détraqués. Oui, je pourrais faire l'autruche. Mais, même ça, ça risque de me jouer des tours. En témoigne cette question hautement existentielle: "L'autruche a-t-elle les yeux plus gros que le cerveau?"
S'il parle de moi, celui-là, j'aimerais autant pouvoir affirmer que non. Après tout, mon papi le disait bien : J'ai les yeux plus gros que le ventre. Point.
mercredi 7 avril 2010
Dangereux pour les adultes
Je parlais hier de ma stupeur devant le spectacle de ces trois enfants sortant d'une séance de "Tête de Turc". Je dois vous avouer un truc: j'ai peut-être outrepassé leur capacité d'imagination. Peut-être que tout ça va glisser sur eux instantanément. Peut-être ont-ils la chance de ne pas laisser leur cerveau se troubler pour "si peu".
Eux.
Non, parce qu'après avoir vu "Dragons" avec loulou, la semaine passée, où l'un des protagonistes perd une jambe, j'ai rêvé que mon loulou avait été... amputé. Des deux jambes.
Affreux.
Faut que j'arrête de regarder les dessins animés, moi.
Eux.
Non, parce qu'après avoir vu "Dragons" avec loulou, la semaine passée, où l'un des protagonistes perd une jambe, j'ai rêvé que mon loulou avait été... amputé. Des deux jambes.
Affreux.
Faut que j'arrête de regarder les dessins animés, moi.
mardi 6 avril 2010
Têtes blondes pour une tête de Turc
La femme se bat, vaille que vaille, pour sauver sa peau et celle de sa famille.
Le garçon, qui a quand même fait une sacrée boulette, se laisse envahir par la culpabilité mais ne parvient pas à se dénoncer.
La victime, douce et circonspecte (ah, Pascal Elbé, un acteur/réalisateur plutôt physiquement intelligent, tiens), n'arrive pas à en vouloir à son bourreau.
Le flic, teigneux, n'en finit plus de courir après le même bourreau, sentant là qu'il tient l'occasion de prendre une revanche sur le passé.
"Tête de turc" est un film cash, sans concession. C'est un choc. Au début, j'en ai eu la tête qui tournait- la caméra à l'épaule, je suppose. Et puis, je me suis sentie oppressée, n'osant envisager le final. Oui, c'était violent, prenant, réaliste, dur.
C'est là que j'ai entendu une toux. Enfantine, la toux.
Mon imagination, bien sûr.
Quand la lumière est revenue dans la salle, nous avons vu, au premier rang, trois têtes blondes. Entre six et neuf ans, tout au plus.
J'ai regardé les parents. Le pire, c'est qu'ils semblaient tout ce qu'il y a de plus "normal". Ils ont juste eu l'idée d'amener leur progéniture voir une oeuvre noire, une tragédie banlieusarde, sans doute parce que... c'était mardi soir et que demain, y'a pas école ? Qu'ils avaient déjà vu tous les dessins animés à l'affiche? Qu'ils voulaient les empêcher de voir la Nouvelle Star?
Pff, je suis à cours d'idées, pour le coup.
Je sais, c'est pas beau de juger. N'empêche. Je me dis qu'il y a des gens vraiment dingues, parfois.
Comme si l'absurdité n'épargnait personne...
Le garçon, qui a quand même fait une sacrée boulette, se laisse envahir par la culpabilité mais ne parvient pas à se dénoncer.
La victime, douce et circonspecte (ah, Pascal Elbé, un acteur/réalisateur plutôt physiquement intelligent, tiens), n'arrive pas à en vouloir à son bourreau.
Le flic, teigneux, n'en finit plus de courir après le même bourreau, sentant là qu'il tient l'occasion de prendre une revanche sur le passé.
"Tête de turc" est un film cash, sans concession. C'est un choc. Au début, j'en ai eu la tête qui tournait- la caméra à l'épaule, je suppose. Et puis, je me suis sentie oppressée, n'osant envisager le final. Oui, c'était violent, prenant, réaliste, dur.
C'est là que j'ai entendu une toux. Enfantine, la toux.
Mon imagination, bien sûr.
Quand la lumière est revenue dans la salle, nous avons vu, au premier rang, trois têtes blondes. Entre six et neuf ans, tout au plus.
J'ai regardé les parents. Le pire, c'est qu'ils semblaient tout ce qu'il y a de plus "normal". Ils ont juste eu l'idée d'amener leur progéniture voir une oeuvre noire, une tragédie banlieusarde, sans doute parce que... c'était mardi soir et que demain, y'a pas école ? Qu'ils avaient déjà vu tous les dessins animés à l'affiche? Qu'ils voulaient les empêcher de voir la Nouvelle Star?
Pff, je suis à cours d'idées, pour le coup.
Je sais, c'est pas beau de juger. N'empêche. Je me dis qu'il y a des gens vraiment dingues, parfois.
Comme si l'absurdité n'épargnait personne...
lundi 5 avril 2010
Retour aux affaires
Bon, c'est bien beau de déprimer, de se sentir noyée et de perdre pied, mais il faut bien remonter, un moment donné, histoire de respirer, vivre, tout ça.
J'ai donc donné un grand coup de pied au fond - parce que là, je le sentais bien, que j'avais atteint une sorte de fond - et tout naturellement, je suis remontée.
Comment j'ai fait? Ben, j'ai pas fait, justement. J'ai seulement procédé à une sorte de black-out total sur ma situation actuelle, limite l'autruche-qui-finit-par-y-croire-que-le-trou-c'est-vraiment-THE-solution.
Je me suis laissée vivre et dorloter.
J'ai essayé de ne pas trop réfléchir, d'anesthésier ma voix interne à coup de retour sur les lieux de l'enfance, lorsque les souvenirs d'antan, soudain idéalisés, vous font oublier temporairement la cruauté de l'existence et les questions à trois balles sur l'intérêt de vivre, justement.
Appelez ça comme vous voulez: une envie puérile de régression, ou la faiblesse de croire qu'en retournant dans les jupes de môman, on va retrouver cette sérénité qui manque tant.
Autant vous le dire: ça marche. Rien n'a changé et pourtant, comme ressourcée, je sens cette bouffée en moi, cette envie de repartir au combat. Je ne me suis pas réveillée l'optimisme chevillé au corps, ce matin, mais enfin, les lourds nuages s'estompent doucement et laissent entrevoir une discrète éclaircie.
Cyclothymique, moi ? Naaaaan, pensez donc.
J'ai donc donné un grand coup de pied au fond - parce que là, je le sentais bien, que j'avais atteint une sorte de fond - et tout naturellement, je suis remontée.
Comment j'ai fait? Ben, j'ai pas fait, justement. J'ai seulement procédé à une sorte de black-out total sur ma situation actuelle, limite l'autruche-qui-finit-par-y-croire-que-le-trou-c'est-vraiment-THE-solution.
Je me suis laissée vivre et dorloter.
J'ai essayé de ne pas trop réfléchir, d'anesthésier ma voix interne à coup de retour sur les lieux de l'enfance, lorsque les souvenirs d'antan, soudain idéalisés, vous font oublier temporairement la cruauté de l'existence et les questions à trois balles sur l'intérêt de vivre, justement.
Appelez ça comme vous voulez: une envie puérile de régression, ou la faiblesse de croire qu'en retournant dans les jupes de môman, on va retrouver cette sérénité qui manque tant.
Autant vous le dire: ça marche. Rien n'a changé et pourtant, comme ressourcée, je sens cette bouffée en moi, cette envie de repartir au combat. Je ne me suis pas réveillée l'optimisme chevillé au corps, ce matin, mais enfin, les lourds nuages s'estompent doucement et laissent entrevoir une discrète éclaircie.
Cyclothymique, moi ? Naaaaan, pensez donc.
jeudi 1 avril 2010
Un drôle d'encouragement
Je savais combien la politique du retour à l'emploi pouvait s'avérer un rien particulière en France, parcourant des chemins parfois tortueux. Lorsque je me suis déclarée auto-entrepreneur, je me doutais bien que je ne mettrais pas vraiment de beurre dans les épinards, mais enfin, je pensais au moins maintenir le même "pouvoir d'achat" (un terme très tendance, il y a encore peu). En général, travail = un peu de sous.
Sauf que mon chiffre d'affaires n'est pas mon bénéfice. Et la totalité de ma facture, qui n'a pas couvert mes frais généraux (quand on démarre une entreprise, si petite soit-elle, il y a toujours l'obligation d'investir avant d'envisager un retour) - à laquelle je devrais également déduire quelques menues charges - la totalité de ma facture, disais-je, a donc constitué un "salaire". Lequel s'ajoute au complément ASSEDIC.
Je vous épargne les chiffres mais en gros, non seulement je n'ai touché aucun centime supplémentaire pour avoir travaillé - et pas qu'un peu - mais ça m'a juste coûté de l'argent.
Si j'étais restée avachie sur mon canapé, mon compte serait plus florissant. Et ma facture de gaz, à venir, moins douloureuse.
Vous me direz, j'ai repoussé de trois jours la fin de mes droits. Et, surtout, je n'ose imaginer l'état de mon moral si je m'étais abaissée à tant de procrastination. Au moins, j'aurais essayé.
Mais enfin, quand même. Il y a là quelque chose d'absurde.
Sauf que mon chiffre d'affaires n'est pas mon bénéfice. Et la totalité de ma facture, qui n'a pas couvert mes frais généraux (quand on démarre une entreprise, si petite soit-elle, il y a toujours l'obligation d'investir avant d'envisager un retour) - à laquelle je devrais également déduire quelques menues charges - la totalité de ma facture, disais-je, a donc constitué un "salaire". Lequel s'ajoute au complément ASSEDIC.
Je vous épargne les chiffres mais en gros, non seulement je n'ai touché aucun centime supplémentaire pour avoir travaillé - et pas qu'un peu - mais ça m'a juste coûté de l'argent.
Si j'étais restée avachie sur mon canapé, mon compte serait plus florissant. Et ma facture de gaz, à venir, moins douloureuse.
Vous me direz, j'ai repoussé de trois jours la fin de mes droits. Et, surtout, je n'ose imaginer l'état de mon moral si je m'étais abaissée à tant de procrastination. Au moins, j'aurais essayé.
Mais enfin, quand même. Il y a là quelque chose d'absurde.
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