Des villes rayées de la carte. Un spectacle de désolation, des carcasses de voitures à l'abandon sur un sol jonché de cadavres, de bouts d'humanité, de néant. Des hommes en combinaison blanche, des survivants hagards qui avalent des capsules d'iode, prisonniers de ce champ morbide encerclé par la boue noire. Ils vont crever de faim ou de froid, de ne pas prendre leur traitement ou de ne pouvoir quitter ce cimetière à ciel ouvert. Ils vont crever d'avoir été irradiés.
Ils vont crever.
C'est le chaos. La fin du monde.
Je lis les témoignages mais, je l'admets volontiers, la force iconographique dépasse tout le reste. Je tourne les pages du journal lentement, très lentement, le regard littéralement scotché sur ces clichés japonais.
Je pense à ces BD que je lisais, gamine, déployant les fantasmes les plus fous sur la fin ultime. Je restais fascinée devant tant d'imagination, sans soupçonner la moindre allégorie, trop naïve. Des histoires futuristes où les survivants luttent, dans une sorte d'énergie du désespoir, conscients qu'il ne reste plus rien sur cette terre dévastée.
Je pense qu'on n'y peut rien, qu'on assiste, impuissants, à la dégénérescence de notre civilisation dite évoluée, de notre planète.
Je pense que, finalement, nous ne devrions pas être surpris d'en arriver là.
Je pense que la science-fiction a rattrapé notre quotidien.
Je pense que mes mots, là, sont juste d'un banal désespérant, traduisant la vacuité qui est la mienne, mais que je n'arrive pas à trouver autre chose pour exprimer ce bouleversement, ce sentiment qui m'étouffe.
La fronde des pays arabes, la montée de l'extrémisme en Europe, les séismes, le tsunami et la catastrophe nucléaire au Japon... Tout s'enchaîne dans une sorte de spirale infernale et nous, nous sommes là, à tenter de survivre dans nos petites existences, à nos échelles. Bien sûr qu'on a le droit de se plaindre, de s'indigner, de crier, de hurler. Contre la mauvaise foi et les dysfonctionnements d'une administration, contre le chauffard qui a manqué de renverser des gamins sur la route de l'école, contre cet idiot qui fait le malin sur son scooter, sur les prix qui flambent, sur ce débat abject visant à stigmatiser les musulmans...
Je pense qu'il ne faut jamais se résigner. Ne jamais accepter l'inacceptable.
On a le droit aux coups de blues, devant l'angoisse du lendemain, confrontés à une solitude soudain omniprésente ou à l'absence d'un être qui nous manque tant. Soumis à une cruelle panne d'inspiration, qui laisse la page vierge et la sensation d'un vide inouï en soi. Luttant contre soi-même pour retrouver ce sens à la vie qui nous fait cruellement défaut, brusquement, à la (dé)faveur d'événements récents et personnels.
Faveur ou défaveur parce que ces événements nous rendent finalement plus forts, nous apprennent, sur nous-mêmes, sur les autres, sur nos ressources insoupçonnées ou sur l'impossible contrôle des choses, des situations et des âmes - parfois aussi perdues que nous. Ils nous enjoignent à poursuivre la route parce que la vie réclame justement qu'on ne se laisse pas ensevelir sous l'émotion et qu'il y a tant, précisément, à espérer, croire et rêver.
C'est humain de craquer. C'est humain de pleurer, et de rire dans la foulée, parce que la vie continue. Tout cela est tellement banal.
Pourtant, nous sommes témoins de l'inconcevable. Des gens qui ont tout perdu, qui pleurent leurs morts et qui sont plongés dans le chaos. Ça ne vaccine pas contre la connerie ordinaire mais disons que ça remet certaines choses à leur place. Question de décence.
Question de relativité.
mercredi 16 mars 2011
lundi 14 mars 2011
Un peu de chlore dans le sel...
Si je ne me suis toujours pas résolue à entamer un crash-test sur internet, je ne perds pas de vue mon programme "sauvez la mouette, trouvez-lui un mec" (déjà, le fait que je parle de moi à la troisième personne laisse présager du pire... pour ma défense, j'évoquerais la distance qu'il convient de poser à ce type d'expérience). Donc, j'attends encore un peu avant de m'inscrire sous un pseudo ridicule (hara-kiri? belle des champs? jaimangé1clown? Et pourquoi pas cunégonde, c'est joli cunégonde... Ah, tiens, King-Kong, pas mal, je pense que je vais attirer du boulet avec ça), pour mener, je l'avoue, une sorte d'expérimentation, et alimenter l'eau de mon moulin sur les a priori que j'ai sur la méthode.
De toute façon, j'ai fait un test, l'autre nuit (saleté d'insomnie): eh bien, les gens, ils ont dit que je vivais très bien mon célibat, d'après mes réponses. "La douce étiquette de célibataire n'a pas l'air de vous gratter le dos", qu'ils ont écrit, concluant pour le plan d'action:" à faire: rien! puisque le célibat vous convient et que vous êtes heureuse comme ça". Et pan.
Bon, histoire, quand même, de pimenter ce quotidien palpitant quoiqu'étrange (parce que dans le test, j'ai quand même coché des cases d'une autre catégorie: "l'engagement, très peu pour moi" où les experts ont décrété que j'étais un petit animal blessé et que je devais donc baisser la garde), je suis passée au plan aquatique.
Et ça n'a (presque) rien à voir avec le fait que, privée de baignoire (pour cause de travaux), j'avais besoin d'aller prendre une douche (non, je ne suis pas cracra, je suis pragmatique) (sans compter que je devrais repeindre plus souvent mon intérieur, ça me fait faire du sport tous les jours). Donc, fidèle à mon programme, voici le tout beau:
Programme Karcher-détox n°3
Chercher dans l'eau ce que tu ne trouves pas sur terre
Constat
Dans la plénitude du bassin intérieur et d'une eau chauffée à 28°C, tu frôles des corps inconnus et musclés.
En vrai
L'eau caille un peu. Avec tes palmes, à force, tu te fais des ampoules aux orteils. Et avec leurs plaquettes, les inconnus manquent de te coller une baffe à chacune de leurs longueurs.
Action
Quitte à être dans l'eau, autant nager pour de vrai. Et c'est le piège. Eh oui, concentrée par le nombre de longueurs déjà réalisées et restantes, j'en oublie mon objectif de base. Je remarque bien le maître-nageur et sa charmante houpette, en notant néanmoins un sourire narquois qui en dit long sur son potentiel popeyesque (cf les Bronzés et le moniteur qui pèse ses proies). Mais en fait, au retour sous la douche, celui qui me reluque a des faux airs de Jésus. Mais si vous savez, le Jésus des Démons de Jésus avec son paquet de cloques dans le maillot de bain. Grosse classe. Mais comme tu as les yeux rougis par le chlore, la marque des lunettes et les cheveux plaqués tout secos, tu te dis que c'est pas trop le moment d'être exigeante.
Verdict
Le vendredi soir, y'a pas mal de Jésus pour qui la flotte, c'est que dans le Ricard. Et entre midi et deux, y'a beaucoup plus de nageuses que de nageurs. Bon, je vais changer de créneau et je reviens.
De toute façon, j'ai fait un test, l'autre nuit (saleté d'insomnie): eh bien, les gens, ils ont dit que je vivais très bien mon célibat, d'après mes réponses. "La douce étiquette de célibataire n'a pas l'air de vous gratter le dos", qu'ils ont écrit, concluant pour le plan d'action:" à faire: rien! puisque le célibat vous convient et que vous êtes heureuse comme ça". Et pan.
Bon, histoire, quand même, de pimenter ce quotidien palpitant quoiqu'étrange (parce que dans le test, j'ai quand même coché des cases d'une autre catégorie: "l'engagement, très peu pour moi" où les experts ont décrété que j'étais un petit animal blessé et que je devais donc baisser la garde), je suis passée au plan aquatique.
Et ça n'a (presque) rien à voir avec le fait que, privée de baignoire (pour cause de travaux), j'avais besoin d'aller prendre une douche (non, je ne suis pas cracra, je suis pragmatique) (sans compter que je devrais repeindre plus souvent mon intérieur, ça me fait faire du sport tous les jours). Donc, fidèle à mon programme, voici le tout beau:
Programme Karcher-détox n°3
Chercher dans l'eau ce que tu ne trouves pas sur terre
Constat
Dans la plénitude du bassin intérieur et d'une eau chauffée à 28°C, tu frôles des corps inconnus et musclés.
En vrai
L'eau caille un peu. Avec tes palmes, à force, tu te fais des ampoules aux orteils. Et avec leurs plaquettes, les inconnus manquent de te coller une baffe à chacune de leurs longueurs.
Action
Quitte à être dans l'eau, autant nager pour de vrai. Et c'est le piège. Eh oui, concentrée par le nombre de longueurs déjà réalisées et restantes, j'en oublie mon objectif de base. Je remarque bien le maître-nageur et sa charmante houpette, en notant néanmoins un sourire narquois qui en dit long sur son potentiel popeyesque (cf les Bronzés et le moniteur qui pèse ses proies). Mais en fait, au retour sous la douche, celui qui me reluque a des faux airs de Jésus. Mais si vous savez, le Jésus des Démons de Jésus avec son paquet de cloques dans le maillot de bain. Grosse classe. Mais comme tu as les yeux rougis par le chlore, la marque des lunettes et les cheveux plaqués tout secos, tu te dis que c'est pas trop le moment d'être exigeante.
Verdict
Le vendredi soir, y'a pas mal de Jésus pour qui la flotte, c'est que dans le Ricard. Et entre midi et deux, y'a beaucoup plus de nageuses que de nageurs. Bon, je vais changer de créneau et je reviens.
vendredi 11 mars 2011
Haut-le-coeur et coeur léger
Une furie. La fille d'à côté se débat, la bave aux lèvres, crie, vitupère, multiplie les gestes brusques et semble à deux doigts de frapper la première âme qui aura le malheur de s'approcher d'elle.
La scène est pourtant d'une banalité confondante. Nous sommes dans le tram, avec Loulou, le soleil frappe les vitres et la vie nous semble douce ce matin. Mais les contrôleurs sont arrivés et la demoiselle est dans une situation délicate. Elle n'a pas renouvelé son titre gratuit et en appelle à l'indulgence des employés, leur expliquant vainement que, de toute façon, vu sa situation, elle y a droit, à cette gratuité. Au lieu de ça, ils vont "l'enfoncer", comme elle dit, "lui mettre la tête dans le seau".
Elle tente tout. Jusqu'à la nausée. "Mais vous voyez pas ce que je suis qu'une serveuse de merde!" hurle-t-elle, en insistant sur le "merde". "Je suis allée à la CAF il y a deux jours chercher ce justificatif du RSA, je voulais ensuite aller à la mairie mais j'en pouvais plus, j'habite loin, vous savez, j'avais bossé toute la journée à porter des assiettes de merde car je suis une serveuse de meeeeeerde! J'ai pas eu le courage d'aller plus loin et je me suis dit que j'irai plus tard chercher mon titre. Et vous, vous allez me coller une amende, vous voulez juste me mettre encore plus dans la merde!!
Je ne sais pas ce qui est pire. Son agressivité effrayante. Le fait qu'elle implore à ce point leur pitié, en se dévalorisant ainsi, en hurlant son désespoir. Ou cette indifférence apparente - je sais qu'au fond, ils ont mal, forcément, ou du moins, j'ose l'espérer - des contrôleurs qui lui répondent simplement qu'elle n'est plus en règle depuis le 23 février, invoquant le règlement... Qui lui demandent juste de signer l'amende alors même qu'elle tente un dernier coup de poker, qu'elle évoque son fils, pour qui elle est "obligée de payer un titre de transport, alors qu'elle-même est déjà sacrément dans la merde, qu'elle bosse pour payer des amendes et que c'est vraiment la merde."
Au fond, je sais qu'elle s'y prend mal et j'imagine qu'en tant que contrôleur, je n'aurais pas vacillé, j'aurais continué ma tournée avec, peut-être, quand même, un haut-le-coeur. Elle n'est qu'une boule de haine, d'ailleurs, elle rend l'amende signée en frappant un peu le contrôleur, un collègue vient en renfort, ils l'encerclent brièvement et comprennent qu'elle ne sera pas dangereuse. Ils lui demandent juste de se calmer.
Comme si c'était possible.
A côté, Loulou est impassible. Je sais qu'il a regardé, mais il se tait, ne pose pas de questions. Les contrôleurs quittent la rame, la demoiselle referme son sac brusquement, qu'elle a malmené à force de fouiller son intérieur à la recherche d'une preuve imaginaire qu'elle a droit à la bienséance, à ce tout petit morceau d'humanité.
Elle se révolte tout haut, crie sa colère contre cette société de merde, cette vie de merde, son boulot de merde...
Je pourrais me taire. L'ignorer, voire la mépriser, qui sait, pour le barouf qu'elle a fait, parce qu'on savait tous comment ça allait finir et que, après tout, si elle a droit à la gratuité, qu'elle aille chercher ce titre et puis basta. Mais c'est plus fort que moi.
"Excusez-moi", je lui souffle.
Elle se tourne vers moi. Ses yeux sont injectés de sang, elle a de l'écume au bord des lèvres. Sans rire.
"Faites un recours par écrit. Là, forcément, ils n'allaient pas vous laisser partir sans amende, mais écrivez votre histoire, racontez votre situation. On ne sait jamais, vous savez."
Elle me regarde, un peu incrédule. Ça se trouve, elle va me dire de m'occuper de mes oignons, me frapper, qui sait. Tant pis, je continue. Je lui raconte un recours que j'ai fait récemment, pour réparer ce que je considérais comme une injustice. Contre toute attente, j'ai obtenu gain de cause. La mauvaise foi est allée se rhabiller et j'ai pensé alors qu'il restait un rai de lumière, du moment qu'on y croyait.
"Parfois, le fait de poser la situation par écrit peut aider les gens à comprendre. De toute façon, essayez, ça ne vous coûtera pas grand-chose."
Là, son regard change, sa mine s'adoucit. Je crois percevoir une esquisse de sourire. "C'est vrai, qui ne tente rien n'a rien", me dit-elle la voix apaisée. Elle me raconte brièvement les contours de son quotidien, son fils de neuf ans qui reste tout seul pendant qu'elle va bosser, "heureusement, maintenant, il est grand et autonome", les mois aux heures de travail sans fin et les autres où les fins sont plus qu'ardues, sa mère infirmière qui touche l'ASS "malgré tous ses diplômes"... Elle a juste besoin de parler, finalement, et de toute façon, il n'y a rien d'autre à dire alors je me tais et je l'écoute.
Elle rassemble ses affaires, se lève. Ses lèvres sont sèches, l'écume a disparu. "Vous m'avez calmée, merci", lâche-t-elle en descendant du tram. Un rai de lumière passe entre les portes qui se referment.
J'ai le coeur léger.
La scène est pourtant d'une banalité confondante. Nous sommes dans le tram, avec Loulou, le soleil frappe les vitres et la vie nous semble douce ce matin. Mais les contrôleurs sont arrivés et la demoiselle est dans une situation délicate. Elle n'a pas renouvelé son titre gratuit et en appelle à l'indulgence des employés, leur expliquant vainement que, de toute façon, vu sa situation, elle y a droit, à cette gratuité. Au lieu de ça, ils vont "l'enfoncer", comme elle dit, "lui mettre la tête dans le seau".
Elle tente tout. Jusqu'à la nausée. "Mais vous voyez pas ce que je suis qu'une serveuse de merde!" hurle-t-elle, en insistant sur le "merde". "Je suis allée à la CAF il y a deux jours chercher ce justificatif du RSA, je voulais ensuite aller à la mairie mais j'en pouvais plus, j'habite loin, vous savez, j'avais bossé toute la journée à porter des assiettes de merde car je suis une serveuse de meeeeeerde! J'ai pas eu le courage d'aller plus loin et je me suis dit que j'irai plus tard chercher mon titre. Et vous, vous allez me coller une amende, vous voulez juste me mettre encore plus dans la merde!!
Je ne sais pas ce qui est pire. Son agressivité effrayante. Le fait qu'elle implore à ce point leur pitié, en se dévalorisant ainsi, en hurlant son désespoir. Ou cette indifférence apparente - je sais qu'au fond, ils ont mal, forcément, ou du moins, j'ose l'espérer - des contrôleurs qui lui répondent simplement qu'elle n'est plus en règle depuis le 23 février, invoquant le règlement... Qui lui demandent juste de signer l'amende alors même qu'elle tente un dernier coup de poker, qu'elle évoque son fils, pour qui elle est "obligée de payer un titre de transport, alors qu'elle-même est déjà sacrément dans la merde, qu'elle bosse pour payer des amendes et que c'est vraiment la merde."
Au fond, je sais qu'elle s'y prend mal et j'imagine qu'en tant que contrôleur, je n'aurais pas vacillé, j'aurais continué ma tournée avec, peut-être, quand même, un haut-le-coeur. Elle n'est qu'une boule de haine, d'ailleurs, elle rend l'amende signée en frappant un peu le contrôleur, un collègue vient en renfort, ils l'encerclent brièvement et comprennent qu'elle ne sera pas dangereuse. Ils lui demandent juste de se calmer.
Comme si c'était possible.
A côté, Loulou est impassible. Je sais qu'il a regardé, mais il se tait, ne pose pas de questions. Les contrôleurs quittent la rame, la demoiselle referme son sac brusquement, qu'elle a malmené à force de fouiller son intérieur à la recherche d'une preuve imaginaire qu'elle a droit à la bienséance, à ce tout petit morceau d'humanité.
Elle se révolte tout haut, crie sa colère contre cette société de merde, cette vie de merde, son boulot de merde...
Je pourrais me taire. L'ignorer, voire la mépriser, qui sait, pour le barouf qu'elle a fait, parce qu'on savait tous comment ça allait finir et que, après tout, si elle a droit à la gratuité, qu'elle aille chercher ce titre et puis basta. Mais c'est plus fort que moi.
"Excusez-moi", je lui souffle.
Elle se tourne vers moi. Ses yeux sont injectés de sang, elle a de l'écume au bord des lèvres. Sans rire.
"Faites un recours par écrit. Là, forcément, ils n'allaient pas vous laisser partir sans amende, mais écrivez votre histoire, racontez votre situation. On ne sait jamais, vous savez."
Elle me regarde, un peu incrédule. Ça se trouve, elle va me dire de m'occuper de mes oignons, me frapper, qui sait. Tant pis, je continue. Je lui raconte un recours que j'ai fait récemment, pour réparer ce que je considérais comme une injustice. Contre toute attente, j'ai obtenu gain de cause. La mauvaise foi est allée se rhabiller et j'ai pensé alors qu'il restait un rai de lumière, du moment qu'on y croyait.
"Parfois, le fait de poser la situation par écrit peut aider les gens à comprendre. De toute façon, essayez, ça ne vous coûtera pas grand-chose."
Là, son regard change, sa mine s'adoucit. Je crois percevoir une esquisse de sourire. "C'est vrai, qui ne tente rien n'a rien", me dit-elle la voix apaisée. Elle me raconte brièvement les contours de son quotidien, son fils de neuf ans qui reste tout seul pendant qu'elle va bosser, "heureusement, maintenant, il est grand et autonome", les mois aux heures de travail sans fin et les autres où les fins sont plus qu'ardues, sa mère infirmière qui touche l'ASS "malgré tous ses diplômes"... Elle a juste besoin de parler, finalement, et de toute façon, il n'y a rien d'autre à dire alors je me tais et je l'écoute.
Elle rassemble ses affaires, se lève. Ses lèvres sont sèches, l'écume a disparu. "Vous m'avez calmée, merci", lâche-t-elle en descendant du tram. Un rai de lumière passe entre les portes qui se referment.
J'ai le coeur léger.
mardi 8 mars 2011
In bed with mum
Après dix jours sans Loulou, la maison a repris des couleurs (et ma voix quelques notes un peu aiguës, logiquement). Un rien épuisée par un marathon dont j'ai enfin vu le bout, je me suis payé le luxe de refuser une nouvelle mission pour passer, enfin, un peu de temps avec la chair de ma chair et respirer. Dormir aussi, et tenter de retrouver un cycle de sommeil à peu près normal (au lieu d'être réveillée à 2h du mat', prête à aller yogger... mais trop poilée de la main pour faire autre chose que fixer le plafond ou lire des magazines de quiche).
Vivre, en gros.
J'avoue, le dilemme était posé: mettre un peu de beurre dans les épinards ou souffler. Tant pis pour l'état de santé de mon compte, je préférais privilégier ma petite santé, justement. Et, donc, me souvenir que j'avais un fils.
En même temps, pour l'oublier, il faudrait que je sois sourde, aveugle et insensible, vu le barouf qu'il fait. Je crois qu'on peut parler d'hyperactivité mais bon, les chiens ne font pas des chats, pas vrai...
En fait, hier soir, je me suis sentie un peu désoeuvrée de ne pas avoir bossé de la journée, de n'avoir pas collé mon nez sur l'ordi et tapé ou écouté quoi que ce soit. Mais pleine de bonnes (?) résolutions, je me suis offert une petite séance de ciné (à domicile, oh, étape par étape, quand même) avec une oeuvre qui m'a remuée plus que de raison, une histoire de retrouvailles vouées à l'échec entre deux vieux amants, ce genre de mélo qui me parle, allez savoir pourquoi... Mais l'essentiel était là, j'étais dans les starting-blocks pour démarrer mon programme sommeil (oui, je sais, c'est moins excitant que le programme sauvez-la-mouette-trouvez-lui-un-mec, mais comme je vous disais, étape par étape, ok) et avant minuit, morphée avait eu la bienséance de m'accueillir.
Hurlements. Deux heures du mat'. Ce n'était pas la dame décapitée de mon cauchemar (elle pouvait plus crier, elle était toute mourue), ni moi-même devant ce sanglant pestacle (limite blasée de mes visions nocturnes un peu gore). Non, les cris venaient de la chambre d'à côté. Ah oui, c'est vrai, Loulou is back. Évidemment, persuadée qu'il était victime d'une méningite (comment ça, je dramatise?) alors qu'il se tenait la tête d'un air éploré, j'ai eu un peu de mal à trouver le sommeil, une fois la séance de réconfort-médoc-çavaallermonchéri.
Pour le programme sommeil, c'était donc mort, mais alors, la caboche de Loulou? La douleur était telle qu'il a fini in bed with me, me réveillant dès lors que j'avais l'infinie inconscience de sombrer dans un monde parallèle. La seule différence entre lui et moi, au lever, finalement, c'est qu'il pétait le feu là où je n'étais qu'une épave.
C'est là que j'ai failli balancer mon réveil, qui crachait qu'aujourd'hui, c'était la journée de la femme et que, quand même, quand même, le sexe faible avait profité de quelques avancées dans cette société de brutes. Que le combat n'était pas gagné, certes, mais que les femmes prenaient peu à peu une place nouvelle au milieu de ces hommes, ces héros.
Pourquoi donc me suis-je sentie un rien hors du coup, dans l'histoire? Non, vraiment, il est de ces luttes dont on s'exclue tout seul, parfois.
La bonne nouvelle, c'est que le traitement de loulou m'a logiquement conduite jusqu'à la pharmacie où le monsieur-de-l'officine est décidément très, très gentil. Ben quoi, faut savoir flairer les opportunités, non?
Vivre, en gros.
J'avoue, le dilemme était posé: mettre un peu de beurre dans les épinards ou souffler. Tant pis pour l'état de santé de mon compte, je préférais privilégier ma petite santé, justement. Et, donc, me souvenir que j'avais un fils.
En même temps, pour l'oublier, il faudrait que je sois sourde, aveugle et insensible, vu le barouf qu'il fait. Je crois qu'on peut parler d'hyperactivité mais bon, les chiens ne font pas des chats, pas vrai...
En fait, hier soir, je me suis sentie un peu désoeuvrée de ne pas avoir bossé de la journée, de n'avoir pas collé mon nez sur l'ordi et tapé ou écouté quoi que ce soit. Mais pleine de bonnes (?) résolutions, je me suis offert une petite séance de ciné (à domicile, oh, étape par étape, quand même) avec une oeuvre qui m'a remuée plus que de raison, une histoire de retrouvailles vouées à l'échec entre deux vieux amants, ce genre de mélo qui me parle, allez savoir pourquoi... Mais l'essentiel était là, j'étais dans les starting-blocks pour démarrer mon programme sommeil (oui, je sais, c'est moins excitant que le programme sauvez-la-mouette-trouvez-lui-un-mec, mais comme je vous disais, étape par étape, ok) et avant minuit, morphée avait eu la bienséance de m'accueillir.
Hurlements. Deux heures du mat'. Ce n'était pas la dame décapitée de mon cauchemar (elle pouvait plus crier, elle était toute mourue), ni moi-même devant ce sanglant pestacle (limite blasée de mes visions nocturnes un peu gore). Non, les cris venaient de la chambre d'à côté. Ah oui, c'est vrai, Loulou is back. Évidemment, persuadée qu'il était victime d'une méningite (comment ça, je dramatise?) alors qu'il se tenait la tête d'un air éploré, j'ai eu un peu de mal à trouver le sommeil, une fois la séance de réconfort-médoc-çavaallermonchéri.
Pour le programme sommeil, c'était donc mort, mais alors, la caboche de Loulou? La douleur était telle qu'il a fini in bed with me, me réveillant dès lors que j'avais l'infinie inconscience de sombrer dans un monde parallèle. La seule différence entre lui et moi, au lever, finalement, c'est qu'il pétait le feu là où je n'étais qu'une épave.
C'est là que j'ai failli balancer mon réveil, qui crachait qu'aujourd'hui, c'était la journée de la femme et que, quand même, quand même, le sexe faible avait profité de quelques avancées dans cette société de brutes. Que le combat n'était pas gagné, certes, mais que les femmes prenaient peu à peu une place nouvelle au milieu de ces hommes, ces héros.
Pourquoi donc me suis-je sentie un rien hors du coup, dans l'histoire? Non, vraiment, il est de ces luttes dont on s'exclue tout seul, parfois.
La bonne nouvelle, c'est que le traitement de loulou m'a logiquement conduite jusqu'à la pharmacie où le monsieur-de-l'officine est décidément très, très gentil. Ben quoi, faut savoir flairer les opportunités, non?
samedi 5 mars 2011
Isa
J'avais quoi? 4 ans? 5 ans? J'ai pris ma poupée, aux cheveux blonds. La sienne était l'exacte copie, mais avec les cheveux noirs.
Ce n'était pas son anniversaire, mais le sien. Pour ne pas attiser ma jalousie, mes parents avaient décidé de m'offrir, à moi aussi, cette poupée que ma soeur convoitait.
Je me souviens du bonheur que j'ai ressenti à ce moment. Ce sentiment de toute-puissance, je pense, aussi, des années après. Ce souci de partage équitable a guidé notre enfance, à la maison. Si l'une avait, l'autre aussi. Mais au lieu de calmer les élans de chacune, ce processus insidieux a développé un autre sentiment, celui de la rivalité.
Ah, c'est compliqué d'être soeur. On aimerait tout partager avec cet autre nous et on réalise qu'elle est en fait notre antithèse. Qu'elle dit noir quand vous dites blanc. Qu'elle joue les rabat-joie devant votre impulsivité. Qu'elle est sage, réfléchie, posée, quand vous n'êtes qu'une boule de nerfs irréfléchie.
Ma soeur et moi avons grandi avec les mêmes valeurs, mais notre interprétation en a été diamétralement opposée. Lorsque j'ai plongé dans cette nuit sombre de l'anorexie, elle a versé dans la boulimie, ses bonnes joues contrastant avec la sécheresse de mes os. Lorsqu'elle s'est libéré de ses rondeurs, j'ai à mon tour voulu remplir le vide. Jamais synchro. Mais toujours rivales. Pas toujours consciemment, bien sûr.
Je me souviens aussi des posters qui couvraient les murs de sa chambre, sa passion pour Simple Minds, U2 et Indochine, allant même jusqu'à adopter la coiffure de Nicolas Sirkis. Je l'admirais d'en connaître autant sur cette musique alors que j'étais néophyte. Je prenais ses OK, ses Podium et j'essayais de rattraper mon retard, je crois. Elle était beaucoup plus secrète que moi, plus mature. Elle avait aussi souffert de violence verbale, de ces mots qui jamais ne s'effacent. En tant qu'aînée, elle essuyait les plâtres et moi, la cadette, je jouissais des bénéfices de cette première expérience. Je n'en avais pas vraiment conscience, je crois, à l'époque, c'était normal à mes yeux.
Je ne savais pas encore qu'on pouvait souffrir à ce point de ces deux statuts. Le poids de la responsabilité et du scepticisme parental pour l'aînée, la permissivité plus large et les reproches inhérents de l'aînée pour la cadette. Je ne comprenais pas cette gravité qui l'accablait trop souvent à mes yeux. Je voulais juste être heureuse, je crois, souriante et insouciante et j'aurais voulu qu'elle soit ainsi, elle aussi.
Je l'ai vue s'affranchir de ces carcans familiaux, prendre son envol, par la grâce d'études la menant hors de nos frontières et d'un jardin secret qu'elle a su cultiver, quand je ne pouvais m'empêcher de tout raconter. Mais au retour, rien ne changeait, j'étais toujours l'écervelée, à ses yeux. Un peu dingue.
Et puis, les chemins de la vie lui ont permis de libérer sa personnalité, ses envies, d'assouvir ses coups de tête et ses coups de coeur. Elle aussi avait le droit d'exister. Elle a pu construire sa vie personnelle. Et pourtant. Nous étions adultes, les chamailleries auraient dû n'être qu'un lointain et douloureux souvenir mais rien à faire, la rivalité nous opposait toujours, cet élan puéril pourrissait nos relations.
Il aura fallu des blessures des deux côtés, des ruptures, des retrouvailles, des naissances, des accidents de la vie pour que finalement, nos chemins se croisent et que nous apprenions à accepter nos différences. A nous affranchir de cette rivalité en posant les choses. A tolérer la différence.
A admettre que nous ne seront jamais pareilles. Tout en nous reconnaissant vivement, parfois, dans les réactions de l'autre. Une question de sang, j'imagine. D'amour qui ne dit pas son nom, englué dans la pudeur et des histoires qui n'ont plus lieu d'être.
Tout ceci nous appartient. Mais j'avais juste envie, aujourd'hui, de l'écrire.
Bon anniversaire, Isa.
Ce n'était pas son anniversaire, mais le sien. Pour ne pas attiser ma jalousie, mes parents avaient décidé de m'offrir, à moi aussi, cette poupée que ma soeur convoitait.
Je me souviens du bonheur que j'ai ressenti à ce moment. Ce sentiment de toute-puissance, je pense, aussi, des années après. Ce souci de partage équitable a guidé notre enfance, à la maison. Si l'une avait, l'autre aussi. Mais au lieu de calmer les élans de chacune, ce processus insidieux a développé un autre sentiment, celui de la rivalité.
Ah, c'est compliqué d'être soeur. On aimerait tout partager avec cet autre nous et on réalise qu'elle est en fait notre antithèse. Qu'elle dit noir quand vous dites blanc. Qu'elle joue les rabat-joie devant votre impulsivité. Qu'elle est sage, réfléchie, posée, quand vous n'êtes qu'une boule de nerfs irréfléchie.
Ma soeur et moi avons grandi avec les mêmes valeurs, mais notre interprétation en a été diamétralement opposée. Lorsque j'ai plongé dans cette nuit sombre de l'anorexie, elle a versé dans la boulimie, ses bonnes joues contrastant avec la sécheresse de mes os. Lorsqu'elle s'est libéré de ses rondeurs, j'ai à mon tour voulu remplir le vide. Jamais synchro. Mais toujours rivales. Pas toujours consciemment, bien sûr.
Je me souviens aussi des posters qui couvraient les murs de sa chambre, sa passion pour Simple Minds, U2 et Indochine, allant même jusqu'à adopter la coiffure de Nicolas Sirkis. Je l'admirais d'en connaître autant sur cette musique alors que j'étais néophyte. Je prenais ses OK, ses Podium et j'essayais de rattraper mon retard, je crois. Elle était beaucoup plus secrète que moi, plus mature. Elle avait aussi souffert de violence verbale, de ces mots qui jamais ne s'effacent. En tant qu'aînée, elle essuyait les plâtres et moi, la cadette, je jouissais des bénéfices de cette première expérience. Je n'en avais pas vraiment conscience, je crois, à l'époque, c'était normal à mes yeux.
Je ne savais pas encore qu'on pouvait souffrir à ce point de ces deux statuts. Le poids de la responsabilité et du scepticisme parental pour l'aînée, la permissivité plus large et les reproches inhérents de l'aînée pour la cadette. Je ne comprenais pas cette gravité qui l'accablait trop souvent à mes yeux. Je voulais juste être heureuse, je crois, souriante et insouciante et j'aurais voulu qu'elle soit ainsi, elle aussi.
Je l'ai vue s'affranchir de ces carcans familiaux, prendre son envol, par la grâce d'études la menant hors de nos frontières et d'un jardin secret qu'elle a su cultiver, quand je ne pouvais m'empêcher de tout raconter. Mais au retour, rien ne changeait, j'étais toujours l'écervelée, à ses yeux. Un peu dingue.
Et puis, les chemins de la vie lui ont permis de libérer sa personnalité, ses envies, d'assouvir ses coups de tête et ses coups de coeur. Elle aussi avait le droit d'exister. Elle a pu construire sa vie personnelle. Et pourtant. Nous étions adultes, les chamailleries auraient dû n'être qu'un lointain et douloureux souvenir mais rien à faire, la rivalité nous opposait toujours, cet élan puéril pourrissait nos relations.
Il aura fallu des blessures des deux côtés, des ruptures, des retrouvailles, des naissances, des accidents de la vie pour que finalement, nos chemins se croisent et que nous apprenions à accepter nos différences. A nous affranchir de cette rivalité en posant les choses. A tolérer la différence.
A admettre que nous ne seront jamais pareilles. Tout en nous reconnaissant vivement, parfois, dans les réactions de l'autre. Une question de sang, j'imagine. D'amour qui ne dit pas son nom, englué dans la pudeur et des histoires qui n'ont plus lieu d'être.
Tout ceci nous appartient. Mais j'avais juste envie, aujourd'hui, de l'écrire.
Bon anniversaire, Isa.
vendredi 4 mars 2011
Bouffées de frugalité
Je pourrais vous raconter que, pour mener à bien mon (crash) test sur la meilleure façon de pécho du mâle (oh, ça va, hein, on est en fin de semaine), j'ai tenté une nouvelle expérience aujourd'hui, en allant direct fouiner dans un gros vivier: le train.
Ah parce que là, y'a du mouvement, y'a du regard, de l'attouchement (rapport aux allées toute exiguës)... Bon, OK, y'a aussi de l'empressement, l'envie d'arriver frais à son rendez-vous le matin et tôt chez soi le soir (ou pas trop tard, en tout cas) et finalement, les gares reflètent bien la triste réalité de notre société: consumérisme, individualisme et manque criant de civilité. Comme cette grognasse qui s'est collée juste à côté de moi sur le quai pour tirer sa bouffée de cigarette. Ses bouffées de cigarette. J'aime (eh, y'a pas de raison que je sois plus tolérante, je fais partie de cette société, je crois).
C'est bon de râler.
...
Mais à vrai dire, je manque à tous mes devoirs, je ne sais pas rester focus sur mon programme "sauvez une mouette, trouvez-lui un mec" (quoi, c'est pathétique? Oui, mais ça me fait rire) et j'ai juste emprunté les rails pour voir Poney, que j'avais dû délaisser bien malgré moi ces derniers temps. Je craignais un peu ce rendez-vous, soyons honnête: elle m'avait appelée quelques semaines plus tôt, affolée, pour me dire que plein de trucs n'allaient pas. Je l'avais (un peu) rassurée au bout du fil, puis résisté à prendre une corde, parce que bon, j'ai quand même un fils et un minimum de curiosité pour ce que cette chienne de vie me réserve encore, nous réserve encore.. Mais enfin, je n'en menais pas large.
On a donc corrigé le tir aujourd'hui. Et je découvre au final que Poney est juste perfectionniste et exigeante comme il faut. Et que tous ces trucs qui n'allaient pas ne sont pas si méchants.
C'est donc dans cet esprit apaisé que j'ai repris le train. En oubliant, du coup, que je devais donner un nouveau tour à ma vie, et arrêter de me contenter de ce que j'ai...
... Et puis alors? Et si le peu que j'avais me convenait, finalement? Et si je commençais à goûter sérieusement à cette saveur toute particulière, celle de la frugalité?
Faut que je dorme, je crois. J'ai pas les idées claires, là.
Ah parce que là, y'a du mouvement, y'a du regard, de l'attouchement (rapport aux allées toute exiguës)... Bon, OK, y'a aussi de l'empressement, l'envie d'arriver frais à son rendez-vous le matin et tôt chez soi le soir (ou pas trop tard, en tout cas) et finalement, les gares reflètent bien la triste réalité de notre société: consumérisme, individualisme et manque criant de civilité. Comme cette grognasse qui s'est collée juste à côté de moi sur le quai pour tirer sa bouffée de cigarette. Ses bouffées de cigarette. J'aime (eh, y'a pas de raison que je sois plus tolérante, je fais partie de cette société, je crois).
C'est bon de râler.
...
Mais à vrai dire, je manque à tous mes devoirs, je ne sais pas rester focus sur mon programme "sauvez une mouette, trouvez-lui un mec" (quoi, c'est pathétique? Oui, mais ça me fait rire) et j'ai juste emprunté les rails pour voir Poney, que j'avais dû délaisser bien malgré moi ces derniers temps. Je craignais un peu ce rendez-vous, soyons honnête: elle m'avait appelée quelques semaines plus tôt, affolée, pour me dire que plein de trucs n'allaient pas. Je l'avais (un peu) rassurée au bout du fil, puis résisté à prendre une corde, parce que bon, j'ai quand même un fils et un minimum de curiosité pour ce que cette chienne de vie me réserve encore, nous réserve encore.. Mais enfin, je n'en menais pas large.
On a donc corrigé le tir aujourd'hui. Et je découvre au final que Poney est juste perfectionniste et exigeante comme il faut. Et que tous ces trucs qui n'allaient pas ne sont pas si méchants.
C'est donc dans cet esprit apaisé que j'ai repris le train. En oubliant, du coup, que je devais donner un nouveau tour à ma vie, et arrêter de me contenter de ce que j'ai...
... Et puis alors? Et si le peu que j'avais me convenait, finalement? Et si je commençais à goûter sérieusement à cette saveur toute particulière, celle de la frugalité?
Faut que je dorme, je crois. J'ai pas les idées claires, là.
mardi 1 mars 2011
Chabadabada...
Alors, qu'est-ce que je disais, déjà, sur cette dizaine de jours sans mon loulou, en mode célibataire?
Ah ouais, c'est ça, que j'allais explorer des pistes, retrouver la femme qui est en moi, au fond, chabadabada, sous les couches d'auto-médisance et d'auto-dérision... Chabadabada... Trouver une épaule; ou plutôt trouver le moyen de trouver une épaule (et aller sonner chez mon voisin).
La réalité?
Truc de ouf aujourd'hui. J'ai changé de...
Pyjama.
Au bout de deux jours et demi porté quasi-non stop (une histoire de toilette de chat, tout ça), il tenait presque tout seul, l'animal. Ça donne envie, hein? Y'a encore des gens amoureux de moi, ici? (on me signale que personne n'était amoureux de moi ici. Au temps pour moi).
Et quitte à prendre une douche pour une raison valable, je suis allée courir. Ouais, parce que laver mes cheveux juste pour les laver, sans passer par la case sport, je sais pas, j'ai du mal.
Vous imaginez donc ma dégaine, en yogging, à courir le long de l'Erdre (on ne change pas une équipe qui gagne). Un moment, sur "billy jean" un rien customisé, j'ai glissé dans la gadoue. J'ai évité la chute, mais d'un rien. Grosse classe. La solitude, j'en connais maintenant un rayon, après ce doux moment assorti d'un pouffement de rire du couple qui me suivait, main dans la main (chabadabada).
Pff.
Alors, oui, mes résolutions ne tiennent pas, bien sûr. Mais j'ai une bonne excuse: un taf de dingue, dont je vois doucement le jour, qui m'impose des choix: fringues ou boulot? Courses ou boulot? Dodo ou boulot?Vous l'aurez compris, c'est 3-0 pour le boulot. Jamais mangé autant de soupe miso en sachet et de yaourts. Jamais si peu dormi. Jamais mis autant de grandes chemises d'homme (ouais, quitte à se coller en pyjama, autant la jouer modasse à trois balles, sait-on jamais, George "what else" qui débarque, je serais au taquet).(Je sais, je triche un peu).
Bref, quitte à ressembler à une zombie, autant ne mettre le nez dehors que pour le nécessaire. Pas sûre d'être à mon avantage, pour le reste, dans la vraie vie!
J'évite les déconvenues? Je suis une petite joueuse? Sans doute. Chabadabada...
Ah ouais, c'est ça, que j'allais explorer des pistes, retrouver la femme qui est en moi, au fond, chabadabada, sous les couches d'auto-médisance et d'auto-dérision... Chabadabada... Trouver une épaule; ou plutôt trouver le moyen de trouver une épaule (et aller sonner chez mon voisin).
La réalité?
Truc de ouf aujourd'hui. J'ai changé de...
Pyjama.
Au bout de deux jours et demi porté quasi-non stop (une histoire de toilette de chat, tout ça), il tenait presque tout seul, l'animal. Ça donne envie, hein? Y'a encore des gens amoureux de moi, ici? (on me signale que personne n'était amoureux de moi ici. Au temps pour moi).
Et quitte à prendre une douche pour une raison valable, je suis allée courir. Ouais, parce que laver mes cheveux juste pour les laver, sans passer par la case sport, je sais pas, j'ai du mal.
Vous imaginez donc ma dégaine, en yogging, à courir le long de l'Erdre (on ne change pas une équipe qui gagne). Un moment, sur "billy jean" un rien customisé, j'ai glissé dans la gadoue. J'ai évité la chute, mais d'un rien. Grosse classe. La solitude, j'en connais maintenant un rayon, après ce doux moment assorti d'un pouffement de rire du couple qui me suivait, main dans la main (chabadabada).
Pff.
Alors, oui, mes résolutions ne tiennent pas, bien sûr. Mais j'ai une bonne excuse: un taf de dingue, dont je vois doucement le jour, qui m'impose des choix: fringues ou boulot? Courses ou boulot? Dodo ou boulot?Vous l'aurez compris, c'est 3-0 pour le boulot. Jamais mangé autant de soupe miso en sachet et de yaourts. Jamais si peu dormi. Jamais mis autant de grandes chemises d'homme (ouais, quitte à se coller en pyjama, autant la jouer modasse à trois balles, sait-on jamais, George "what else" qui débarque, je serais au taquet).(Je sais, je triche un peu).
Bref, quitte à ressembler à une zombie, autant ne mettre le nez dehors que pour le nécessaire. Pas sûre d'être à mon avantage, pour le reste, dans la vraie vie!
J'évite les déconvenues? Je suis une petite joueuse? Sans doute. Chabadabada...
Inscription à :
Articles (Atom)