Ah, la vie et ses coïncidences...
J'ai volontairement passé sous silence la seule ombre au tableau de mes dernières vacances, estimant que tout cela ne concernait que les intéressés et que cela n'enlevait rien au bonheur ressenti jusque-là. Pourtant, au sortir d'une salle de ciné, voilà que tout ça me fait écho. Et résonne d'autant plus que j'évoquais aujourd'hui, avec une amie, la fugacité de l'enfance et l'importance de chérir ces précieux instants.
Sans rentrer dans les détails, mon instinct maternel s'est manifesté, la semaine passée, lorsque j'ai senti que mon loulou, certes pas toujours angélique, a été un rien bousculé. Une tierce personne, informée de la situation voilà quelques jours - sans en avoir été témoin - m'a "gentiment" fait remarquer que, quoi qu'il arrive, je défendrai toujours mon fils.
Comment ça, je placerais en priorité la chair de ma chair? Comme une louve avec ses petits, des trucs du genre?
Ben oui. Je n'y vois rien que de très logique.
Je tiens néanmoins à nuancer. Je ne lui donne pas raison à tous les coups. Une chose est sûre, néanmoins (attention, guimauve et violons de sortie) : aussi remuant soit-il, il sera toujours l'être que j'aime le plus au monde. C'est comme ça.
Pourquoi je vous parle de tout ça? Parce que je sors d'une séance bouleversante, celle de "L'Arbre", magnifique oeuvre contant le deuil d'un père, le deuil d'un mari, où une maman, remarquablement jouée par Charlotte Gainsbourg, tente de s'en sortir comme elle le peut, en laissant à chacun de ses enfants le temps et les ressources pour exprimer leurs émotions, sans forcer. Alors que l'amour lui tombe de nouveau dessus, elle sacrifie cet espoir de vie pour donner raison à sa fille, têtue et déterminée.
Elle défend la chair de sa chair. Contre vents et marées.
Elle dit qu'elle se demande comment elle faisait, avant, quand ses enfants n'étaient pas là. Et ajoute qu'elle n'envisage pas sa vie sans eux. Alors même qu'elle les avait menacés de partir sans eux, dans un moment d'épuisement total, en colère contre eux et surtout contre l'injustice de leur sort. Elle ne l'aurait jamais fait. C'est toute l'ambivalence d'être mère.
Comment faisait-elle, avant. Comment ferait-elle, sans eux, maintenant. Au delà de la fiction, telles sont les questions qui m'animent, parfois. Qui animent, j'imagine, n'importe quelle maman. En donnant naissance à son enfant, on rentre dans cette nouvelle dimension où le nouveau né devient l'ultime priorité. Au fur et à mesure des années, la vie reprend ses droits, on s'octroie, ça et là, quelques moments pour soi, pour son couple aussi - quand celui-ci a eu la chance de survivre.
Mais l'enfant passera toujours avant tout. Ce n'est peut-être pas ainsi que toutes les mamans le vivent mais c'est en tout cas ainsi que je l'ai vécu, que je le vis.
La plupart des amis célibataires, qui n'ont à assumer que leur propre peau, ne peuvent pas comprendre. Ils nous trouvent gnangnan, chiantes et trop protectrices avec notre môme. On les voit égoïstes, intolérants et peu conscients de la responsabilité qui nous anime. Voilà, c'est ainsi que le gouffre naît. C'est ainsi que l'on renonce à des amitiés, que l'on croyait fortes, à des bons moments, à ces instants fugaces où l'on ressent la même complicité qui nourrissait nos relations enfantines.
On peut s'accommoder d'un clash. Ou considérer qu'en touchant à un cheveu de notre enfant, l'autre a dépassé la limite. C'est purement instinctif. Je ne suis pas particulièrement rancunière, il me semble, mais oublier des propos désobligeants à l'égard de Loulou - qui, je le répète, n'est pas toujours irréprochable, mais, circonstance atténuante, n'a même pas atteint l'âge de raison - est au delà de mes forces.
Pour revenir à "L'Arbre", la petite fille qui parle à cet immense figuier trouve les ressources pour vivre son deuil; pour vivre tout court. Lorsque sa copine lui demande comment elle fait pour rire alors que son papa est mort, elle lui explique qu'on a deux options : être heureux ou triste. Et qu'elle a choisi d'être heureuse.
C'est ce choix, cette attitude souriante qui vont redonner de la couleur à la vie familiale, du baume au coeur à la maman. Cet hiver, lorsque j'étais mal en point, il m'est arrivé d'observer tranquillement mon loulou, jouant nez au vent, courant en zigzaguant, malicieux, mutin, tellement innocent.
Tout ça est tellement fugace.
Un jour arrivera où le ton deviendra plus grave, où il me demandera d'arrêter de le regarder bêtement, où sa candeur laissera place à de la désinvolture. Comme lorsque, dans "L'Arbre", le fils aîné, déjà grand adolescent, stoppe sa mère, alors qu'elle vient lui masser tendrement les pieds, au bord du lit.
Et moi, je me souviendrai combien Loulou me suppliait, le soir, de lui prodiguer ce même massage des pieds, ses rires dès que j'effleurais le talon. J'aurai toujours en mémoire sa bouille, son énergie, sa collectionnite aigüe et sa passion pour les glaces et le foot. Je saurai pourquoi j'ai pu le défendre, le laisser s'exprimer, quitte à encaisser les regards lourds de reproches, les avis tranchés, les "tu devrais faire ci, tu devrais faire ça."
En attendant, je profite de ces belles années où la chair de ma chair me fait parfois bondir, me met en colère, m'insupporte. Et me fait craquer, tout simplement, d'un simple sourire ou d'une horrible grimace.
Allez voir "L'Arbre" et dites-moi si l'émotion vous a submergé comme elle a pu me submerger.
Quant à faire des enfants, là, c'est vous qui voyez.
samedi 28 août 2010
La chair de ma chair
vendredi 27 août 2010
La mue
Les crayons à pointe fine et ceux à pointe moyenne sont dans la trousse. J'ai fini par dégoter le protège-cahier qui manquait à la collection requise. J'ai pu fermer le cartable, complet. La coupe de Loulou est rafraîchie, les photomatons sont réussis, le rendez-vous pour le certificat médical est pris...
Maman parfaite, sors de ce corps... Euh, non, c'est vrai, j'oubliais, j'ai beau en endosser la panoplie, je suis loin de ressembler au modèle maternel exempt de tous reproches. Un exemple? Eh bien, nous allons démarrer la rentrée ici et, si tout va bien, nous rejoindrons de nouveaux cieux en novembre. Je visite lundi l'appartement, potentiel nouveau nid, et l'acceptation ou non du bail déterminera la suite des événements.
Alors, oui, Loulou devra changer d'école en cours d'année. J'ai connu exactement la même situation à son âge, en CE1. Je n'en ai pas gardé de traumatisme.
Oui, Loulou va devoir se faire de nouveaux copains. On a vu pire.
Oui, je vais devoir prendre de nouveaux repères dans une ville où j'ai grandi, mais qui a changé de dimension depuis que je l'ai quittée. Mouais.
J'écris cela alors même que rien n'est encore acquis. Si j'étais superstitieuse, j'effacerais dans la foulée ces propos. Mais je vais laisser cela tel quel parce que, enfin, la décision est prise dans ma tête. Oh, bien sûr, lorsque ma "boss" m'a demandé de venir la dépanner un dimanche de septembre, je me suis dit que j'allais devoir renoncer à ces petites récrés. Quand elle m'a parlé des tartes au citron et autres douceurs que j'aime confectionner pour le restau, ça m'a fait un petit pincement au coeur.
Lorsque je croise une amie de longue date, j'imagine bien que nos rencontres ne seront plus fréquentes ensuite. Lorsque je vais me ravitailler en thés dans l'une de mes petites boutiques fétiches de la cité, je songe que ces petites habitudes vont être atomisées. Lorsque j'enfourche mon vélo pour faire une course, je n'ignore pas que la vie sera peut-être parfois moins confortable.
Moins pépère, aussi.
J'ai pesé le pour et le contre. J'ai fait du tri, aujourd'hui. Dans mes affaires, dans mon ordinateur. En revoyant certains clichés pris cet hiver, je me suis fait peur. Je ne veux plus voir cette mine triste que j'ai aperçue. Je veux me libérer de cette carapace, faire ma mue, quitte à me sentir plus vulnérable.
C'est le prix à payer pour devenir ce que je suis, au fond.
Maman parfaite, sors de ce corps... Euh, non, c'est vrai, j'oubliais, j'ai beau en endosser la panoplie, je suis loin de ressembler au modèle maternel exempt de tous reproches. Un exemple? Eh bien, nous allons démarrer la rentrée ici et, si tout va bien, nous rejoindrons de nouveaux cieux en novembre. Je visite lundi l'appartement, potentiel nouveau nid, et l'acceptation ou non du bail déterminera la suite des événements.
Alors, oui, Loulou devra changer d'école en cours d'année. J'ai connu exactement la même situation à son âge, en CE1. Je n'en ai pas gardé de traumatisme.
Oui, Loulou va devoir se faire de nouveaux copains. On a vu pire.
Oui, je vais devoir prendre de nouveaux repères dans une ville où j'ai grandi, mais qui a changé de dimension depuis que je l'ai quittée. Mouais.
J'écris cela alors même que rien n'est encore acquis. Si j'étais superstitieuse, j'effacerais dans la foulée ces propos. Mais je vais laisser cela tel quel parce que, enfin, la décision est prise dans ma tête. Oh, bien sûr, lorsque ma "boss" m'a demandé de venir la dépanner un dimanche de septembre, je me suis dit que j'allais devoir renoncer à ces petites récrés. Quand elle m'a parlé des tartes au citron et autres douceurs que j'aime confectionner pour le restau, ça m'a fait un petit pincement au coeur.
Lorsque je croise une amie de longue date, j'imagine bien que nos rencontres ne seront plus fréquentes ensuite. Lorsque je vais me ravitailler en thés dans l'une de mes petites boutiques fétiches de la cité, je songe que ces petites habitudes vont être atomisées. Lorsque j'enfourche mon vélo pour faire une course, je n'ignore pas que la vie sera peut-être parfois moins confortable.
Moins pépère, aussi.
J'ai pesé le pour et le contre. J'ai fait du tri, aujourd'hui. Dans mes affaires, dans mon ordinateur. En revoyant certains clichés pris cet hiver, je me suis fait peur. Je ne veux plus voir cette mine triste que j'ai aperçue. Je veux me libérer de cette carapace, faire ma mue, quitte à me sentir plus vulnérable.
C'est le prix à payer pour devenir ce que je suis, au fond.
jeudi 26 août 2010
Une herbe plus verte
Avant de partir en vacances, j'ai eu le plaisir d'accueillir la cafelière et son miniloup à la maison. Nous avons pu converser à loisir, entre deux péripéties - un petit aperçu ici - et évoquer nos rêves d'hier et d'aujourd'hui. Je croyais le mien enfoui au plus profond, contrainte et forcée, mais l'envie persiste, l'utopie de monter mon p'tit bazar n'en finit plus d'envahir ma caboche.
Pourtant, lorsque la cafelière m'a demandé - après un passage devant le fonds de commerce que j'ai touché du doigt - si je n'avais pas envie de remettre le nez dedans, j'ai été plutôt catégorique. Non, non, non, plus de création d'entreprise. Plus tard, lorsque l'amie qui nous recevait pour cette dizaine de jours dans son antre - et qui m'a offert la cuisine clés en main, le bonheur - m'a demandé si je n'avais pas envie de me lancer dans l'aventure de "chef à domicile", j'ai de nouveau repoussé l'idée.
Lorsque je passe découvrir un nouveau salon de thé dans la ville et que je vois la facilité apparente de l'affaire, je tente d'oublier aussitôt que, pour certains, le rêve s'est concrétisé.
Ne pas se faire d'illusion. Ne pas se mettre martel en tête. Être sage. Reprendre le chemin tracé. Oublier cette sensation d'apaisement et d'accomplissement, les deux mains dans la pâte, derrière le comptoir. Penser à construire, chasser les vieilles chimères.
N'empêche. En décembre, je n'ai plus de droits et j'ignore toujours comment je vais me dépatouiller avec moi-même. Lorsque la cafelière m'a demandé quels étaient mes projets pour septembre, j'ai été incapable de lui répondre correctement. Je ne sais pas, tout simplement. Je fourmille d'envies mais rien ne se concrétise. Une telle situation devrait générer de l'angoisse mais ma sérénité passagère me permet de simplement poser les choses.
Je pourrais continuer à vivoter ici, dans cette ville où je vis depuis maintenant seize ans (!), prendre tout ce qui passe, un peu de rédaction, un peu d'extra, un peu de cuisine. Je préfère partir vivoter ailleurs, où l'air me semble moins vicié. Je lutte sans cesse contre moi-même, contre ces gens bien pensants qui me conseillent d'oublier l'idée, et je me fous d'idéaliser cette ville que je veux rejoindre, pour, enfin, tourner une page.
L'herbe est toujours plus verte ailleurs, bien sûr. Celle sur laquelle je suis assise me chatouille trop pour que je continue de rester là, bras ballants, sans rien faire.
Pourtant, lorsque la cafelière m'a demandé - après un passage devant le fonds de commerce que j'ai touché du doigt - si je n'avais pas envie de remettre le nez dedans, j'ai été plutôt catégorique. Non, non, non, plus de création d'entreprise. Plus tard, lorsque l'amie qui nous recevait pour cette dizaine de jours dans son antre - et qui m'a offert la cuisine clés en main, le bonheur - m'a demandé si je n'avais pas envie de me lancer dans l'aventure de "chef à domicile", j'ai de nouveau repoussé l'idée.
Lorsque je passe découvrir un nouveau salon de thé dans la ville et que je vois la facilité apparente de l'affaire, je tente d'oublier aussitôt que, pour certains, le rêve s'est concrétisé.
Ne pas se faire d'illusion. Ne pas se mettre martel en tête. Être sage. Reprendre le chemin tracé. Oublier cette sensation d'apaisement et d'accomplissement, les deux mains dans la pâte, derrière le comptoir. Penser à construire, chasser les vieilles chimères.
N'empêche. En décembre, je n'ai plus de droits et j'ignore toujours comment je vais me dépatouiller avec moi-même. Lorsque la cafelière m'a demandé quels étaient mes projets pour septembre, j'ai été incapable de lui répondre correctement. Je ne sais pas, tout simplement. Je fourmille d'envies mais rien ne se concrétise. Une telle situation devrait générer de l'angoisse mais ma sérénité passagère me permet de simplement poser les choses.
Je pourrais continuer à vivoter ici, dans cette ville où je vis depuis maintenant seize ans (!), prendre tout ce qui passe, un peu de rédaction, un peu d'extra, un peu de cuisine. Je préfère partir vivoter ailleurs, où l'air me semble moins vicié. Je lutte sans cesse contre moi-même, contre ces gens bien pensants qui me conseillent d'oublier l'idée, et je me fous d'idéaliser cette ville que je veux rejoindre, pour, enfin, tourner une page.
L'herbe est toujours plus verte ailleurs, bien sûr. Celle sur laquelle je suis assise me chatouille trop pour que je continue de rester là, bras ballants, sans rien faire.
mercredi 25 août 2010
Sweet
Je n'ai qu'une hâte, habituellement, lorsque je reviens d'un break. Me reconnecter, rattraper le retard et, depuis près d'un an et demi maintenant, revenir sur le blog pour raconter, partager et retrouver mes trois (ou quatre, allez) lecteurs.
Cette fois, je prends mon temps. Je retourne doucement à mes petites habitudes, sans pression, et reviens lentement vers l'ordi.
J'ai l'impression d'être partie voilà six mois et, dans le même temps, je retrouve ma petite vie comme si de rien n'était. Enfin, presque.
Liberté, convivialité, hédonisme, spontanéité, le vent qui a soufflé ces derniers jours m'a transportée dans un ailleurs que je n'espérais même plus. Nous devions partir une semaine, avec Loulou et des amis, et le séjour s'est prolongé, traduisant ce bien-être qui nous animait, cette envie de faire durer le plaisir.
Je ne pensais pas, sincèrement, parvenir à décompresser à ce point, à vivre pleinement ses vacances, à savourer la moindre minute, à rire ainsi, à m'attabler sans culpabiliser et multiplier apéros et bonnes bouffes comme si de rien n'était, comme si j'étais vraiment en pause.
Les dommages collatéraux ont été immédiats, évidemment, avec deux bons kilos de gras direct dans les cuisses, un vrai bonheur, mais enfin, mon moral n'en est pas affecté, une bonne détox et il n'y paraîtra plus.
...
Je suis positive et optimiste? Ah oui, vous aussi, ça vous fait bizarre?
L'effet des vacances, j'imagine. J'en suis même à m'interroger sur la pertinence de sacrifier ma coupe j'en-ai-marre-de-vivre, tant la zen attitude coule dans mon sang. Comme si l'envie de naturel surpassait la nécessité de retrouver une tête à peu près décente.
Je sais, ça ne va pas durer, la routine va reprendre ses droits, l'école, la rentrée, la quête de sens (et toi, tu fais quoi en septembre? Euuuuuuuuuuuh... Sais pas?) et son lot d'angoisses inhérentes. En attendant, je profite des petits riens, et je me dis que cet été, finalement, aura parfois été souriant et réjouissant.
Pour un cas soc' comme moi, sincèrement, c'était pas gagné d'avance.
Cette fois, je prends mon temps. Je retourne doucement à mes petites habitudes, sans pression, et reviens lentement vers l'ordi.
J'ai l'impression d'être partie voilà six mois et, dans le même temps, je retrouve ma petite vie comme si de rien n'était. Enfin, presque.
Liberté, convivialité, hédonisme, spontanéité, le vent qui a soufflé ces derniers jours m'a transportée dans un ailleurs que je n'espérais même plus. Nous devions partir une semaine, avec Loulou et des amis, et le séjour s'est prolongé, traduisant ce bien-être qui nous animait, cette envie de faire durer le plaisir.
Je ne pensais pas, sincèrement, parvenir à décompresser à ce point, à vivre pleinement ses vacances, à savourer la moindre minute, à rire ainsi, à m'attabler sans culpabiliser et multiplier apéros et bonnes bouffes comme si de rien n'était, comme si j'étais vraiment en pause.
Les dommages collatéraux ont été immédiats, évidemment, avec deux bons kilos de gras direct dans les cuisses, un vrai bonheur, mais enfin, mon moral n'en est pas affecté, une bonne détox et il n'y paraîtra plus.
...
Je suis positive et optimiste? Ah oui, vous aussi, ça vous fait bizarre?
L'effet des vacances, j'imagine. J'en suis même à m'interroger sur la pertinence de sacrifier ma coupe j'en-ai-marre-de-vivre, tant la zen attitude coule dans mon sang. Comme si l'envie de naturel surpassait la nécessité de retrouver une tête à peu près décente.
Je sais, ça ne va pas durer, la routine va reprendre ses droits, l'école, la rentrée, la quête de sens (et toi, tu fais quoi en septembre? Euuuuuuuuuuuh... Sais pas?) et son lot d'angoisses inhérentes. En attendant, je profite des petits riens, et je me dis que cet été, finalement, aura parfois été souriant et réjouissant.
Pour un cas soc' comme moi, sincèrement, c'était pas gagné d'avance.
samedi 14 août 2010
Holidays
Quand t'es au chômage...
Tu dors jusqu'à midi;
Tu n'es jamais fatigué;
Tu peux aller à la dernière séance parce que t'as pas école demain;
Tu as bien le temps de tout: d'aller chez le coiffeur, prendre un café, faire le pied de grue à Pôle emploi; oui, tu as le temps de prendre du bon temps;
Tu es en vacances tout le temps...
Eh bien non, justement. Quand t'es au chômage, tu te lèves tôt en songeant à tout ce qui t'attend; rien que d'y penser, ça te fatigue; tu t'endors à la dernière séance, harassé par la journée à chercher l'introuvable -un job - et finalement, si tu as parfois le temps pour des extras, tu n'en as pas forcément les moyens. Alors, les vacances, comme pour tout le monde, c'est une bulle, une sorte d'extra avant le retour à la vraie vie. Eh oui, comme pour tous les travailleurs.
Et quoi de plus jouissif que de s'offrir cette bulle au moment où les vrais travailleurs reprennent le chemin de l'école?
Finalement, ça a du bon, d'être dans la marge.
Je file prendre du bon temps, sans aucun scrupule. Je vous dis à très vite! Bonne semaine à vous...
Tu dors jusqu'à midi;
Tu n'es jamais fatigué;
Tu peux aller à la dernière séance parce que t'as pas école demain;
Tu as bien le temps de tout: d'aller chez le coiffeur, prendre un café, faire le pied de grue à Pôle emploi; oui, tu as le temps de prendre du bon temps;
Tu es en vacances tout le temps...
Eh bien non, justement. Quand t'es au chômage, tu te lèves tôt en songeant à tout ce qui t'attend; rien que d'y penser, ça te fatigue; tu t'endors à la dernière séance, harassé par la journée à chercher l'introuvable -un job - et finalement, si tu as parfois le temps pour des extras, tu n'en as pas forcément les moyens. Alors, les vacances, comme pour tout le monde, c'est une bulle, une sorte d'extra avant le retour à la vraie vie. Eh oui, comme pour tous les travailleurs.
Et quoi de plus jouissif que de s'offrir cette bulle au moment où les vrais travailleurs reprennent le chemin de l'école?
Finalement, ça a du bon, d'être dans la marge.
Je file prendre du bon temps, sans aucun scrupule. Je vous dis à très vite! Bonne semaine à vous...
vendredi 13 août 2010
Roulades dans la Lune

OK, c'est illisible. Je vous la refais:
"Bonjoure* maman (*Ceci n'est pas une faute d'orthographe, c'est le bonjour appuyé, motivé par les quinze jours sans se voir l'un l'autre.)
je m'amuse ici à Oléron
J'ai fait du surf et des roulade(s) dans la dune.
Bisoux (oui, avec un x, bah pourquoi pas, on écrit bien xxx en anglais. Oui, mon fils de 6 ans et demi est bilingue, quoi, comment ça c'est pas crédible?)"
Comme quoi une simple carte peut vous donner le sourire pour la journée.
J'avais lu "des roulades dans la Lune", au départ et, en toute objectivité, j'ai immédiatement pensé que mon fils était le nouveau Verlaine.
Avant de relire, correctement, cette fois (je vous dis pas, il va se coltiner des lignes d'écriture à son retour, non mais).
Bon, Loulou n'est peut-être pas un poète mais sa carte a fait sur mon p'tit coeur de maman l'effet d'une jolie caresse. Ça vaut toutes les proses du monde.
jeudi 12 août 2010
En vrac
"En vrac". Typique du titre fourre-tout, dont j'ai souvent abusé lorsque j'écrivais des news qui ne méritaient ni qu'on les zappe, ni un développement majeur. En l'occurrence, ce que je veux vous raconter rentre à peu près dans ces cases, même si l'intérêt de ces micro-historiettes (ça va, vous avez compris le dérisoire de la chose, ou je vous fais un dessin?) reste pour le moins mineur, on est d'accord. Mais que voulez-vous, je vais bientôt laisser en friche cet espace (une semaine), alors un petit 3615mavie s'impose avant le break, pas vrai?
En vrac, donc:
- Hier, un passage à Pôle Emploi m'a confirmé que la mauvaise foi et la bêtise peuvent faire très vite des ravages. Demandant une précision à l'accueil, je me suis fait envoyer bouler par la collègue de mon interlocutrice, tapie derrière son poteau et qui écoutait la conversation. A vrai dire, j'ai eu l'impression d'entendre aboyer un chien. En me penchant légèrement, j'ai aperçu une grosse dame dont la frange avait de fait un vague rapport avec les poils d'un labrador. Sauf qu'un labrador, c'est gentil, en général. Elle, c'était une toute-vilaine. Finalement, j'ai appris que ma suspension d'allocation ce mois-ci était sans doute due "à une panne informatique". Oh les vilains ordinateurs...
- J'ai également eu la bonne surprise de voir mes revenus augmenter. D'habitude, quand je bosse, je touche la même chose que si je glandais, logique imparable de Pôle Emploi. Ce mois-ci, jackpot, travailler m'a fait gagner de l'argent. Comment ça, c'est normal ?
- Parce que tout bouge en même temps, je suis à deux doigts de prendre un appartement, près de Nantes... Enfin, j'ai eu l'annonce à peu près cinq minutes après avoir postulé à un job... au Mans. Je sais, c'est toujours comme ça.
- Dans le même temps, alors que l'on m'annonçait un délai d'attente de un à trois ans pour obtenir un logement social dans la cité nantaise, j'ai reçu une offre hier. J'ai chargé mes parents d'aller le visiter. Verdict: riquiqui et surtout à la limite de l'insalubrité. Devant la perplexité visible de mes parents, la dame a osé : "vous savez, il y a une énorme liste d'attente, et puis, elle est au chômage, votre fille, elle n'aura rien de mieux." Un appart glauque de 50 m2 avec une douche en guise de salle de bains, des murs et des sols sales, des plafonds noirs et des fils qui traînent partout, je n'aurais pas mieux? Il aurait aussi fallu que je me prosterne à ses pieds pour m'avoir proposé ce taudis?
- A propos de pied, j'ignore toujours la nature de ma douleur, mais enfin, je marche de nouveau sans trop ressembler à Quasimodo. Le médecin n'a pas l'air d'être plus au courant, mais enfin, ça l'importe peu, visiblement : "Vous savez, les douleurs, y'en a plein, hein!" m'a-t-il répondu, ce soir. Vu comme ça... Voilà qui me donne plus envie encore de me plonger dans un projet sur le corps médical, mais j'aurai sans doute l'occasion de vous en reparler.
- Ce médecin m'a demandé quel était mon métier, dans la vie. Toute désarçonnée, je me suis emmêlé les pinceaux. Je ne sais plus me définir! Néanmoins, je me demande si au lieu de chercher à tout prix un boulot salarié, je ne ferais pas mieux d'accepter l'incertitude, cette forme de précarité que je vis depuis quelques mois mais qui, au moins, m'oblige à déployer de l'énergie, me donne du grain à moudre et de la matière pour entrevoir un récit, disons, plus long que ces posts.
Et si c'était ça, le chemin de ma vie, après tout? Cette prise de conscience me laisse entrevoir des horizons plus larges et l'envie de colorer ma vie se fait de plus en plus pressante. En attendant, je m'offre des maillots de bain orangés et pop, parce que, c'est pas tout ça, mais les vacances arrivent à grand pas, eh eh eh...
En vrac, donc:
- Hier, un passage à Pôle Emploi m'a confirmé que la mauvaise foi et la bêtise peuvent faire très vite des ravages. Demandant une précision à l'accueil, je me suis fait envoyer bouler par la collègue de mon interlocutrice, tapie derrière son poteau et qui écoutait la conversation. A vrai dire, j'ai eu l'impression d'entendre aboyer un chien. En me penchant légèrement, j'ai aperçu une grosse dame dont la frange avait de fait un vague rapport avec les poils d'un labrador. Sauf qu'un labrador, c'est gentil, en général. Elle, c'était une toute-vilaine. Finalement, j'ai appris que ma suspension d'allocation ce mois-ci était sans doute due "à une panne informatique". Oh les vilains ordinateurs...
- J'ai également eu la bonne surprise de voir mes revenus augmenter. D'habitude, quand je bosse, je touche la même chose que si je glandais, logique imparable de Pôle Emploi. Ce mois-ci, jackpot, travailler m'a fait gagner de l'argent. Comment ça, c'est normal ?
- Parce que tout bouge en même temps, je suis à deux doigts de prendre un appartement, près de Nantes... Enfin, j'ai eu l'annonce à peu près cinq minutes après avoir postulé à un job... au Mans. Je sais, c'est toujours comme ça.
- Dans le même temps, alors que l'on m'annonçait un délai d'attente de un à trois ans pour obtenir un logement social dans la cité nantaise, j'ai reçu une offre hier. J'ai chargé mes parents d'aller le visiter. Verdict: riquiqui et surtout à la limite de l'insalubrité. Devant la perplexité visible de mes parents, la dame a osé : "vous savez, il y a une énorme liste d'attente, et puis, elle est au chômage, votre fille, elle n'aura rien de mieux." Un appart glauque de 50 m2 avec une douche en guise de salle de bains, des murs et des sols sales, des plafonds noirs et des fils qui traînent partout, je n'aurais pas mieux? Il aurait aussi fallu que je me prosterne à ses pieds pour m'avoir proposé ce taudis?
- A propos de pied, j'ignore toujours la nature de ma douleur, mais enfin, je marche de nouveau sans trop ressembler à Quasimodo. Le médecin n'a pas l'air d'être plus au courant, mais enfin, ça l'importe peu, visiblement : "Vous savez, les douleurs, y'en a plein, hein!" m'a-t-il répondu, ce soir. Vu comme ça... Voilà qui me donne plus envie encore de me plonger dans un projet sur le corps médical, mais j'aurai sans doute l'occasion de vous en reparler.
- Ce médecin m'a demandé quel était mon métier, dans la vie. Toute désarçonnée, je me suis emmêlé les pinceaux. Je ne sais plus me définir! Néanmoins, je me demande si au lieu de chercher à tout prix un boulot salarié, je ne ferais pas mieux d'accepter l'incertitude, cette forme de précarité que je vis depuis quelques mois mais qui, au moins, m'oblige à déployer de l'énergie, me donne du grain à moudre et de la matière pour entrevoir un récit, disons, plus long que ces posts.
Et si c'était ça, le chemin de ma vie, après tout? Cette prise de conscience me laisse entrevoir des horizons plus larges et l'envie de colorer ma vie se fait de plus en plus pressante. En attendant, je m'offre des maillots de bain orangés et pop, parce que, c'est pas tout ça, mais les vacances arrivent à grand pas, eh eh eh...
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