dimanche 7 juin 2009

Bonne fête, maman

Cet après-midi, loulou n'avait aucune envie d'aller se balader. L'une de mes amies, que j'avais invitées pour un pique-nique... pragmatique (à savoir, à la maison, vu les bourrasques...) lui suggère alors:

"Viens, on va prendre l'air".

Il la toise du regard.

"T'as qu'à ouvrir la fenêtre."

J'adore.

samedi 6 juin 2009

Supporter

Soirée basket à la maison. On entendrait une mouche voler. Jacques Monclar, le commentateur - pour les non-initiés- déplore que le Manceau David Bluthenthal rate un panier tout fait. Et là, d'un coup, mon fils part dans une envolée, révolté:

"Faut faire ci, faut faire ça, c'est facile à dire, hein. J'en ai marre d'entendre toujours qu'il y a juste à faire et pis c'est tout."

Je le regarde, un peu étonnée. Lui reprend, le plus sérieusement du monde:

"Mais le basket, c'est difficile."

Il fait ses gros yeux. Ouh, je serais Jacques Monclar, je filerais droit. D'ailleurs, la télé ne faisait pas la maligne à la fin du match, lorsque Le Mans a perdu d'un point contre Orléans. Loulou, toujours lui, s'est précipité vers elle en criant "y'a faute! y'a faute!", carrément outré. J'ai dû l'éloigner et lui expliquer qu'on prendrait notre revanche mardi prochain, lors du match retour.

Je ne sais pas ce qu'il fera plus tard, mon fiston. Mais à 5 ans et demi, il a déjà une bonne base de supporter.

vendredi 5 juin 2009

Le maori est un chef d'entreprise comme les autres

En préambule, je précise que ce message n'a aucun caractère discriminatoire, que je n'ai rien contre les Maoris et je vous conseille d'ailleurs l'excellent "L'âme des guerriers" de Lee Tamahori. Je suis juste impressionnée, c'est tout. Ceci étant dit, je m'explique.

Je ne vous ai pas tout raconté, sur ma journée passée à l'AFPA, hier. J'avoue que depuis ma rencontre avec le dormeur, j'ai compris que j'aurais du mal, désormais, à ouvrir mes yeux ébahis plus grands. Oui, il y a un avant et un après dormeur.

Hier, pourtant, on a franchi un nouveau cap dans le personnage étonnant. A vrai dire, nous étions tous là à dormir, pardon, à écouter religieusement l'experte ès-impôts-juridique lorsque le bruit a retenti depuis le sud-est de la salle. Énorme. Mon voisin a sursauté, comme subitement délivré d'un cauchemar. J'ai tressailli aussi.

Ce n'était pas un bruit, mais le son d'une voix, en fait.

"On fait une pause, là."

Pas "on fait une pause, là?" Non, "on fait une pause, LA." Maintenant. C'était autoritaire et brutal et ce son, comme sorti d'une caverne, provenait bien d'une personne humaine.

Limite inconsciente, je me suis tournée vers l'objet de mes soudains tourments. Un maori, là. Il avait dû rentrer dans la salle par derrière, discrètement, ce qui, à son allure, semble pourtant impossible. Le cou de taureau, les membres épais et larges, le torse solide, la boule rasée et les lunettes-de-surfeur-qui-font-trop-trop-Brice-de-Nice négligemment posées à l'envers. Le corps dessiné par des tatouages multiples. Les tongs, permettant de constater qu'un coup de talon de sa part m'enverrait direct aux urgences.

Je me suis retournée vers mon voisin. C'était trop tard, nous étions hilares. Un rire nerveux, bien sûr.

Le monsieur voulait sortir et personne ne l'en a dissuadé. Nous avions atteint les limites du courage individuel.

Comme la pause était pour le moins brève et que l'experte n'était pas découragée -cherchant visiblement à relever le challenge de nous tenir le plus longtemps concentrés - le cours a repris et la question sur les diplômes exigés, concernant certains corps de métiers, a été abordée. Mon voisin s'était doucement assoupi, de nouveau, après avoir quémandé sa madeleine, en vain. Et là, nouveau choc.

"Alors là, ça me concerne."

Genre, tout le foin d'avant, il s'en fichait comme de son premier tatouage. L'experte ne s'est pas découragée:

"Ah oui, vous voulez vous lancer dans quoi?"

"Je veux être tatoueur"

Il m'aurait dit esthéticienne que j'aurais eu du mal à y croire mais là, tout semblait cohérent. Il n'a pas eu vraiment la réponse qu'il espérait, alors il s'est poussé contre le mur, assis sur une table, surplombant tout le groupe. A croisé ses gros biscotos. Tendance "je vous ai à l'oeil." C'était terminé, mon voisin ne pourrait plus fermer l'oeil, lui aussi était désormais aux aguets. Pas question de se prendre un nouveau coup d'adrénaline la prochaine fois.

Il était plus de midi, l'experte a juste dit:

"Voilà, c'est la fin"

Que le Maori a conclu par un vibrant:

"Enfin".

Vexant, j'imagine... Dehors, nous avons tous repris nos esprits, mes petits copains et moi, sans pouvoir retenir plus longtemps notre rire nerveux. Pourquoi imaginer qu'un créateur d'entreprise répond parfaitement à un profil-type? Le tatoueur nous a permis de balayer les derniers a-priori que l'on peut avoir - à l'insu de notre plein gré, comme diraient les Richard (drôle de coïncidence, d'ailleurs. Mais je m'égare).

Après déjeuner, je me faisais donc cette réflexion, tout en signant la feuille de présence, pensant que j'étais quand même débile de préjuger ainsi du caractère des uns et des autres et de ricaner bêtement. Quand soudain, j'ai vu une ombre et senti une présence oppressante au dessus de mon épaule. Il était là. Il s'était approché et n'était plus qu'à quelques centimètres de moi. Il avait repéré mon petit manège et il n'allait faire qu'une bouchée de ma petite personne trop moqueuse.

Sans un mot, il a tendu la main vers moi. Il voulait la feuille. Je m'en suis débarrassée comme si elle me brûlait.

Là, j'ai cru apercevoir un micro-sourire. Pas sûre, mais je n'ai pas osé lui demander quoi que ce soit. La limite du courage individuel, je vous dis.

jeudi 4 juin 2009

Madeleine afpaienne

Sans fausse modestie, je peux le dire: j'ai été populaire aujourd'hui. Enfin, je n'ai aucun mérite: j'avais soudoyé mes p'tits copains de l'AFPA, que je retrouvais après près de deux semaines de break. Soudoyé? Quelques tournées de madeleines et hop, c'est dans la poche!

Ben oui, mine de rien, c'est pas le tout de :
- rentrer dans les sphères inconnues de la compta, du FISC, du RSI et autre URSSAF
- poser plein de questions à des anonymes,
- se faire agresser,
- chercher des emplacements à douze kilomètres du centre à moins de 350.000 euros...

... Y'a un moment, comme dirait Pascale, où faut penser à cuisiner. Si, je vous jure, c'est même la base de ce que j'aimerais faire. Sauf qu'à créer son entreprise, puis à la gérer (simple projection...), on passe tellement de temps à se battre avec la paperasse que l'on en arriverait à oublier le principal. Donc, parfois, je reprends le chemin des fourneaux et j'ai besoin de cobayes. Facile ! Autant c'est compliqué de dégoter une baby-sitter les soirs où on aurait d'un coup besoin de prendre l'air, autant la mission s'avère aisée quand il s'agit juste de trouver des bouches indulgentes.

Non pas que je considère l'AFPA et ses fidèles disciples comme un labo géant, mais c'est bien pratique d'observer les us et coutumes de personnes n'appartenant pas, à la base, à mon cercle de proches forcément pas objectifs. L'expérience consiste à observer le comportement de ces prédateurs de mets, salés ou sucrés d'ailleurs.

Objectif n°1 : Mesurer l'intérêt des cobayes devant la nourriture
Constat n°1 : Les cobayes se distinguent par leur sexe :
Les hommes font genre, mouais, tiens, donne donc. L'objet de l'expérience est gobé illico.
Les femmes font les gros yeux ronds, la bouche en coeur. L'objet de l'expérience est grignoté consciencieusement ("dépiauté" s'avère un terme approprié). On a même vu des sujets snober l'objet sous prétexte "d'un régime".
Bilan n°1: Chercher dans le dico la signification de "régime"

Objectif n°2 : Observer la réaction des sujets à 10 minutes
Constat n°2 : Les cobayes se distinguent par leur sexe :
Les hommes ne se posent pas de question et avalent l'objet sans contester.
Les femmes se posent trop de questions et avalent l'objet en culpabilisant.
Bilan n°2 : Trouver une parade au "régime"

Objectif n°3 : Constater l'addiction ou non des sujets
Constat n°3 : Mon voisin se tourne vers moi et chuchote, un rien implorant : "t'as une madeleine?" Là, c'est le drame. Le sac contenant tous les objets a été dérobé par l'assistante, qui n'a ni besoin de régime, ni de culpabiliser. Les sujets font grise mine.
Bilan n°3: Chercher un moyen d'apaisement. Lancer l'invitation: "allez, tous à la cafet". tentative d'autant plus concluante que nos estomacs crient famine après trois heures de cours juridiques et fiscaux.

Objectif n°4 : Mesurer l'effet à moyen terme des sujets
Constat n°4: Plus de différenciation dans les sexes, étrangement. Hommes et femmes sortent de l'inoubliable cafet de l'AFPA (et sa compote à 0,34 euros) en rêvant de l'objet désormais convoité. "J'ai encore faim", peut-on même entendre.
Bilan n°4: En période de pénurie, la notion même de "régime" a disparu. L'objet n'est plus considéré comme un péché, mais comme un manque.

Objectif n°5: Relancer la consommation de l'objet
Constat n°5: Après négociation d'avec l'assistante, qui vient de finir sa douzième madeleine, le sac repasse entre les mains des sujets principaux.
Bilan n°5: Prévoir davantage d'objets la prochaine fois. Les sujets m'ont gentiment déposé le sac presque vide sur mon bureau : il restait une madeleine. Ils sont attentionnés, non?

mercredi 3 juin 2009

Juste en passant...

Juste un petit message pour rassurer les éventuels inquiets (ils sont au moins, allez, à vue de nez... deux) : non, je n'ai pas mangé de vache enragée, non je ne règle pas de comptes*, non je n'en veux pas à la terre entière, lorsque j'étale mes colères sur ce petit blog. Je sais aussi relativiser et j'aime quand même mon papa (et ma maman aussi!), c'est juste que voilà, si je ne peux plus écrire ce que je pense, autant arrêter tout de suite ce journal de bord!

Je pourrais aussi parler d'autre chose que de mon projet. Certes. Mais c'est un peu ma vie en ce moment, alors comprenez que je n'ai que peu de recul sur les "vraies" choses environnantes et je n'ai même pas encouragé Monfils contre Federer. A peine si je savais qu'on jouait Roland-Garros, tiens. Je n'ai plus de repères: habituellement, la terre battue sonnait le compte à rebours avant les grandes vacances. Désormais, ça ne veut plus rien dire.

Je pourrais aussi vous raconter que j'ai vu Etreintes brisées, que je suis toujours sur l'excellent thriller de Jean-Christophe Rufin, que j'ai repris deux fois du cidre et que j'aime bien les madeleines. Mais bon, je préfère râler, ça me défoule!

* Le premier qui cafte, j'lui casse la gueule à la récré...

mardi 2 juin 2009

Décrocher la lune en ULM

Ce matin, l'oiseau m'a envoyé ce message (et il ne m'en voudra pas de reprendre ses propos):
"J'ai lu ton dernier billet sur ton blog et j'ai senti derrière le ton volontairement humoristique un fond d'amertume. On le serait à moins, je te comprends. Mais mets-toi un instant à la place de tes parents : comment réagirais-tu si c'était ton fils qui tentait l'aventure dans les mêmes conditions ? Ne serais-tu pas inquiète ? Ne chercherais-tu pas à le protéger ? Bien sûr, les parents d'aujourd'hui ne sont plus comme les parents d'hier mais tu te ferais du mouron quand même, j'en suis persuadé."

Bien sûr que si mon fils se mettait en tête d'épouser la fille d'Angelina Jolie ou de partir tenter sa chance à Hollywood, je serais inquiète. Bien sûr que s'il voulait simplement se mettre "à son compte", je serais inquiète. S'il décidait de partir à l'autre bout de la planète, ou même tout simplement à quelques centaines de kilomètres de chez moi, je serais inquiète.

Mais dois-je lui dire tout de suite de ne rien faire? De se tirer une balle, comme ça, ce sera fait?

Non, je ne chercherais pas à le freiner, mais je l'inciterais simplement, pourquoi pas, à réfléchir à ce qui l'attend. A peser le pour et le contre. Qu'il comprenne, tout seul. Et qu'il décide ensuite, en son âme et conscience. Lui seul saurait s'il a les épaules assez solides.

C'est cette façon d'être toujours négatif qui me rend amère, évidemment, car je comprends très bien que des parents se posent des questions - qui plus est quand ils se sont toujours demandé si je n'étais pas un peu tordue. Mais un petit signe d'encouragement, une oreille attentive, ça ne demande quand même pas beaucoup d'efforts et ça peut faire tellement de bien... Comment peut-on montrer aussi peu de confiance envers ses propres enfants ? Ce n'est pas comme si j'allais décrocher la lune en ULM, pas vrai?

Au moment où je vous écris ça, mon fiston tripote le ballon, devant le match de basket, et m'annonce la couleur: "je veux être footballeur. Et jouer dans l'équipe du MUC". Vous dire que ça m'enchante serait mentir, mais pourquoi lui casser ses rêves?

lundi 1 juin 2009

Papa, le cheval blanc et autres recommandations d'usage

En triant mes papiers - histoire de mettre les choses un peu au clair dans mon esprit un peu embrouillé, mais surtout pour tenter d'accéder à la partie nord-ouest de mon salon - j'ai relu des documents que les organismes de création d'entreprise vous remettent volontiers dès lors que l'on annonce la couleur. Du genre: "Allez-y... mais attention, sens interdit. Et là, interdit de tourner. Euh, là non plus..." En fait, on vous encourage à vous lancer mais on vous prévient que la partie va être rude. Naaaaaan, vraiment?

Dans les recommandations d'usage, on vous suggère donc, avant de vous lancer :

- De connaître le métier dans lequel vous allez exercer et d'avoir un maximum d'expérience;
- D'être assez solide financièrement, et si vous êtes propriétaire, c'est bien le minimum;
- D'être bien entouré et de bénéficier du soutien familial.

Tout mon portrait, en somme...

- Je n'ai absolument aucune expérience en restauration, même pas des extras à Notre-Dame-de-Monts ou à Canet-Plage. Je peux juste me vanter de gaver mes invités qui n'osent pas me dire qu'ils n'en peuvent plus. Et je soudoie régulièrement mes proches avec des p'tits cannelés.
- Je n'ai aucun bien, ma titine date du siècle précédent et je suis locataire. Dans un HLM qui plus est. Booooouuuh.
- Des amis, ça, j'en ai. Du soutien familial, comment dire... Je ne parlerai que de mes parents (j'ose croire que my sister est derrière moi, hein Isa) et là, non seulement on ne peut pas parler d'appui, mais carrément de travail de sape.

Hier soir, par exemple. Je leur explique, au téléphone, comment s'est passée la formation, en revenant sur les dangers que l'on nous avait exposés en long et en large, pour montrer combien j'en étais consciente et que donc, moi, je serai une bonne élève, je provisionnerai bien mes charges, blablabla. En fond sonore, j'entends mon père, toujours optimiste, grommeler:

"- Pff, en ce moment, y'a six restos qui ferment par jour."

Une variante de "tu n'y arriveras jamais" (novembre 2008); "ouais, en gros, tu veux faire un bar, quoi" (Noël 2008); "de toute façon, les gens, y vont plus au resto" (janvier 2009); "c'est impossible, ton truc" (février 2009)...

Et après, je ne sais plus.

Je me suis mise en pilotage automatique et je n'ai plus entendu ces réflexions tellement encourageantes qui me rappellent à chaque fois combien mon propre père a confiance en moi et en mes capacités. Ah, si, parfois, mon tympan perçoit "mais pourquoi ne postules-tu pas à Ouest-France ?" mais le message ne parvient jamais jusqu'à mon cerveau, va savoir pour quelle raison...

Cher papa, et je l'écris d'autant plus librement que tu ne le verras pas (!), je suis têtue, tu devrais le savoir - c'est de famille. Je ne demande pas d'aide financière, pas même un coaching démesuré pour arriver à mes fins. J'aurais juste aimé une oreille compatissante, simplement teintée d'amour, un petit signe d'encouragement. Je sais que c'est trop demander.

Donc, vous êtes gentils, vous les grands théoriciens : je n'ai pas de soutien familial. Et ne me parlez pas de conjoint, il n'a toujours pas frappé à ma porte. Faut dire qu'avec la circulation dans le centre-ville, le créneau avec un cheval blanc, c'est pas simple.