Entre deux réjouissances rédactionnelles, j'essaie vaguement de démonter les meubles et de remettre l'appart à l'endroit (enfin, à peu près). C'est donc vêtue de ma magnifique tenue dominicale (vieux t-shirt pourri, pantalon en molleton trop large, eh non, nous ne sommes pas sur un blog glamour ici, mais dans la vraie vie - enfin, je crois) que je me suis attelée aux mille tâches qui m'attendaient: cache-misère à base de stickers nases (Valérie Damidot, sors de ce corps) pour masquer les talents artistiques de Loulou, et opération camouflage de trous en retapissant carrément des parties histoire de créer un bon gros décalage entre la tapisserie d'avant et celle juste posée. OK, l'ancienne est crade, mais bien calée. Elle.
Celle que je viens de mettre fait des bulles. Comprends pas.
Et au fur et à mesure que je désinvestis cet appart qui fut un vrai refuge, j'essaie de ne plus penser à l'appel d'une amie, hier.
La mairie du Mans cherche un journaliste.
La tuile.
Je suis allée voir l'annonce. Je n'ai même pas trouvé un impératif qui aurait pu blackbouler totalement ma candidature. Soyons réaliste (et un peu prétentieuse): ce poste est pour moi.
Je fais quoi, moi, avec mes cartons partout, ma tapisserie toute bullée et mes affaires rangées?
Je fais quoi, moi, avec le nouvel appart, la nouvelle école, la nouvelle vie, la promesse de beaux lendemains?
Je fais quoi, moi, avec mon loulou qui attend de rejoindre Nantes, après avoir longuement discuté avec lui?
En plus, cela me permettrait d'éviter quelques soucis d'intendance et de transports, vu que, si tout va bien, je serais amenée à être ici une fois par semaine. Je pourrais continuer, un peu, mes extras au restau, (presque) juste pour le fun.
J'imagine que c'est toujours comme ça. Que quelque chose, quelqu'un vous rattrape toujours au vol alors que le décollage est imminent.
Mais comme nous sommes dans la vraie vie, je me suis juste laissé le temps de la réflexion. Résultat: j'ai passé ma journée à préparer, plus que jamais, mon départ.
Si ça, c'est pas un signe...
dimanche 10 octobre 2010
vendredi 8 octobre 2010
Les rêves de môme
Je suis quasiment au pied du mur et pourtant, le ciel s'éclaircit chaque jour.
Hier, alors que je suais sang et eau sur une nouvelle réunion institutionnelle - avé l'accent tout pourri de ces messieurs-dames, l'enregistrement inaudible par passages et le brouillage intempestif par téléphone portable, un vrai bonheur - un coup de fil : la même boîte, qui me propose une mission, à Rennes, lundi, sur une journée complète. Si je peux? Et comment! Du coup, j'en ai profité pour évoquer mon déménagement à Nantes, qui va engendrer quelques frais kilométriques supplémentaires.
C'est là que j'ai songé : "Je suis en train de scier la branche sur laquelle je suis, ça se trouve. Jamais ils n'accepteront ces nouvelles conditions. Ils vont me remplacer et je vais me retrouver le bec dans l'eau."
Eh bien non, je pourrais continuer et mon positionnement sur la cité nantaise leur convient bien. A vrai dire, cela suppose même davantage de missions à venir. Autant vous dire que j'ai vu le gros nuage du "zéro revenu" s'éloigner et que j'ai un peu dansé toute seule dans mon salon, soulagée de la tournure des événements.
Oh, je sais, ça reste un revenu d'appoint mais je ne fais pas la fine bouche.
Mais, en vérité, ce qui me met véritablement en joie, aujourd'hui, c'est une rencontre que j'ai faite, ce matin, avec une personne hors du commun, assez formidable, une âme riche et cultivée comme je l'imaginais.
Je ne peux hélas pas vous en dire plus pour l'instant, car il s'agissait d'une première fois et que rien n'est conclu. Mais cette rencontre ressemble à une sacrée belle promesse pour l'avenir.
Et si jamais elle aboutit, elle répondrait à l'une de mes vieilles croyances, sur l'idée utopiste que la réalisation personnelle passe par l'épanouissement au travail. Cette conviction a résonné très fort en moi, faisant écho à mon ancienne vie, lorsque j'allais bosser avec le sourire, enthousiaste, ne sachant jamais vraiment à quoi m'attendre, entre rencontres multiples et découverte permanente. Et surtout avec cette idée que je réalisais un rêve de gosse.
Eh bien, la môme en moi est de retour.
Hier, alors que je suais sang et eau sur une nouvelle réunion institutionnelle - avé l'accent tout pourri de ces messieurs-dames, l'enregistrement inaudible par passages et le brouillage intempestif par téléphone portable, un vrai bonheur - un coup de fil : la même boîte, qui me propose une mission, à Rennes, lundi, sur une journée complète. Si je peux? Et comment! Du coup, j'en ai profité pour évoquer mon déménagement à Nantes, qui va engendrer quelques frais kilométriques supplémentaires.
C'est là que j'ai songé : "Je suis en train de scier la branche sur laquelle je suis, ça se trouve. Jamais ils n'accepteront ces nouvelles conditions. Ils vont me remplacer et je vais me retrouver le bec dans l'eau."
Eh bien non, je pourrais continuer et mon positionnement sur la cité nantaise leur convient bien. A vrai dire, cela suppose même davantage de missions à venir. Autant vous dire que j'ai vu le gros nuage du "zéro revenu" s'éloigner et que j'ai un peu dansé toute seule dans mon salon, soulagée de la tournure des événements.
Oh, je sais, ça reste un revenu d'appoint mais je ne fais pas la fine bouche.
Mais, en vérité, ce qui me met véritablement en joie, aujourd'hui, c'est une rencontre que j'ai faite, ce matin, avec une personne hors du commun, assez formidable, une âme riche et cultivée comme je l'imaginais.
Je ne peux hélas pas vous en dire plus pour l'instant, car il s'agissait d'une première fois et que rien n'est conclu. Mais cette rencontre ressemble à une sacrée belle promesse pour l'avenir.
Et si jamais elle aboutit, elle répondrait à l'une de mes vieilles croyances, sur l'idée utopiste que la réalisation personnelle passe par l'épanouissement au travail. Cette conviction a résonné très fort en moi, faisant écho à mon ancienne vie, lorsque j'allais bosser avec le sourire, enthousiaste, ne sachant jamais vraiment à quoi m'attendre, entre rencontres multiples et découverte permanente. Et surtout avec cette idée que je réalisais un rêve de gosse.
Eh bien, la môme en moi est de retour.
jeudi 7 octobre 2010
La boule de gomme et l'angoisse du croque-mort
Alors, c'est quoi la formule économique, me direz-vous? Bah, en gros, tu te tapes tout le sale boulot, démontage des meubles (et perte inhérente des vis, sinon c'est pas drôle) en sus, et des mecs avec de gros biscotos viennent sonner à ta porte, beaucoup trop tôt le jour J, pour dépoter le cumul de toute une vie - moins la tonne de souvenirs partis à la poubelle et les milliers de jouets et fringues vendus en braderie ou sur mon ami ebay - en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, balançant le petit carton où tu as inscrit un signal attention en gros, parce que, quand même, ça t'aurait bien fait plaisir de conserver ce joli et précieux plat à tajine...
Ensuite, en route, et vas-y que je te rebalance les cartons, d'façon, la petite dame, elle verra rien, tu trouves pas qu'elle a l'air à l'ouest? OK, je fabule, mais enfin, le banc d'essai des déménageurs s'est avéré assez instructif.
Le premier, par exemple, est arrivé les mains dans les poches, boule à zéro, treillis en fin de vie, mâchouillant négligemment son chewing gum. Un petit coup d'oeil sur tout, ouais ouais okay, bah écoutez, ce sera deux milliards de dollars, mais si vous voulez, je vous fais cadeau de la TVA, on s'arrange, hein. Le petit clin d'oeil finit de m'assommer. Je ne le sais pas encore, mais c'est le moins cher. Hum.
Le deuxième arrive, tiré à quatre épingles, très pro, très carré, prend des mesures, observe, rajoute quelques mètres cube par rapport au premier pronostic et me donne sa fourchette, deux jours plus tard, par téléphone. Ce sera quatre milliards de dollars. Ahem. Je crois que j'ai oublié de noter son portable.
La troisième rentre avec grâce et délicatesse dans mon appartement. Brushing et jupe bien comme il faut, maquillage nickel jusqu'au bout des ongles, l'élégante blonde a néanmoins du mal à contenir son effroi devant le fourbi. Elle note tout, mais absolument tout, y compris le petit meuble de 3 cm (oui, j'ai des meubles de 3 cm, j'ai la passion du petit meuble et des tiroirs). Je l'imagine déjà avec ses gants blancs, chez elle, à vérifier que les poussières ont été bien faites. Je la brusque plus encore en lui faisant mon petit numéro de Cosette, cas soc' moderne et bientôt en ASS (j'ai l'impression de jouer la comédie, mais en fait, je suis VRAIMENT un cas soc' et je vais vraiment toucher l'alloc de solidarité si rien ne change).
Un rien apitoyée, elle me propose de baisser le tarif. En gros, elle est à 3 milliards de dollars, et peut même baisser à 2 sur une journée bâtarde (genre le 18 du mois, c'est bien pour déménager le 18 du mois, quand t'as un bail au 1er). Une condition: que DEUX personnes viennent aider à porter les affaires, au départ et à l'arrivée. Euh, le principe de payer un déménageur, c'est pas, justement, pour s'éviter cette corvée ?
Le quatrième est un grand type, genre 2 mètres, tout sec, au costard un rien étriqué, qui doit rire lorsqu'il se pince. Un peu croque-mort sur les bords. Comme j'ai mangé un clown le jour de sa visite, j'essaie de le dérider. Pourtant, lorsque je lui fais part de l'éventail des prix proposés, à ce jour, je fais un bide : il tombe des nues et me demande de répéter le tarif du gars qui mâchouille et qui fait du black.
J'ai l'impression de lui avoir annoncé le décès de sa mère. En fait, c'est un peu ça. Une telle chute des prix, ça tue le marché, à ses yeux. Lui en est persuadé, un type qui baisse autant ne peut être qu'un escroc, "c'est pas possible autrement" m'assure-t-il. Un type qui écrit sur son devis, comme il va le faire quelques jours plus tard, que la valeur totale de mon mobilier équivaut à... 36 euros, j'ai aussi matière à penser qu'il se pose là, en terme de foutage de tronche. En attendant, je ravale mon clown. Il m'a un peu mis le doute.
Et pourtant, je suis à 70% partie pour le plan foireux.
Quand je rappelle mon mâchouilleur, après lui avoir réclamé à peu près quinze fois mon devis par mail, et qu'il me demande si, quand même, quelqu'un pourra aider au déchargement, je me dis que finalement, quitte à faire les cartons, je vais aller me faire un bon lumbago, mais je vais me charger moi-même de tout déménager.
Et c'est là que le "miracle" survient. Une dame m'appelle, suite à "ma demande de devis sur internet". J'en ai tellement rempli, de formulaires, que je suis presque étonnée d'avoir une réponse. Ni une, ni deux, je lui expose la situation. Elle va, peu ou prou, s'aligner sur la proposition la moins onéreuse, TVA en sus, cette fois, mais j'ai envie de crier alléluia quand elle m'assure que je n'aurai rien à faire ce jour-là : "vous nous regarderez travailler."
Je sais pas vous, mais moi, ça me parle, ce genre de discours. Une vérification sur societe.com pour m'assurer que la boîte n'est pas bidon et hop, l'affaire est pliée.
Quelques jours plus tard, le croque-mort me rappelle pour s'enquérir de ma décision. Je lui annonce mon choix. Il soupire et lâche: "Hum. J'espère pour vous qu'ils sont sérieux et que ça se passera bien, mais à ce prix-là, avec votre dossier (quoi mon dossier, qu'est-ce qu'il a, mon dossier?), permettez-moi de douter." Grosse classe du mauvais joueur, je vous l'accorde.
Mais léger doute, de nouveau. De quoi je me mêle? Il le sait pas, lui, le pro du déménagement, que vivre au milieu des cartons rend déjà un rien dingo? En fait, je crois que le croque-mort est un rabat-joie. Et les rabats-joie, décidément, je n'en ai pas besoin.
La vie me remet déjà suffisamment les pieds sur terre pour que je n'aie pas à subir un enfouissement plus profond, six pieds sous terre.
Ensuite, en route, et vas-y que je te rebalance les cartons, d'façon, la petite dame, elle verra rien, tu trouves pas qu'elle a l'air à l'ouest? OK, je fabule, mais enfin, le banc d'essai des déménageurs s'est avéré assez instructif.
Le premier, par exemple, est arrivé les mains dans les poches, boule à zéro, treillis en fin de vie, mâchouillant négligemment son chewing gum. Un petit coup d'oeil sur tout, ouais ouais okay, bah écoutez, ce sera deux milliards de dollars, mais si vous voulez, je vous fais cadeau de la TVA, on s'arrange, hein. Le petit clin d'oeil finit de m'assommer. Je ne le sais pas encore, mais c'est le moins cher. Hum.
Le deuxième arrive, tiré à quatre épingles, très pro, très carré, prend des mesures, observe, rajoute quelques mètres cube par rapport au premier pronostic et me donne sa fourchette, deux jours plus tard, par téléphone. Ce sera quatre milliards de dollars. Ahem. Je crois que j'ai oublié de noter son portable.
La troisième rentre avec grâce et délicatesse dans mon appartement. Brushing et jupe bien comme il faut, maquillage nickel jusqu'au bout des ongles, l'élégante blonde a néanmoins du mal à contenir son effroi devant le fourbi. Elle note tout, mais absolument tout, y compris le petit meuble de 3 cm (oui, j'ai des meubles de 3 cm, j'ai la passion du petit meuble et des tiroirs). Je l'imagine déjà avec ses gants blancs, chez elle, à vérifier que les poussières ont été bien faites. Je la brusque plus encore en lui faisant mon petit numéro de Cosette, cas soc' moderne et bientôt en ASS (j'ai l'impression de jouer la comédie, mais en fait, je suis VRAIMENT un cas soc' et je vais vraiment toucher l'alloc de solidarité si rien ne change).
Un rien apitoyée, elle me propose de baisser le tarif. En gros, elle est à 3 milliards de dollars, et peut même baisser à 2 sur une journée bâtarde (genre le 18 du mois, c'est bien pour déménager le 18 du mois, quand t'as un bail au 1er). Une condition: que DEUX personnes viennent aider à porter les affaires, au départ et à l'arrivée. Euh, le principe de payer un déménageur, c'est pas, justement, pour s'éviter cette corvée ?
Le quatrième est un grand type, genre 2 mètres, tout sec, au costard un rien étriqué, qui doit rire lorsqu'il se pince. Un peu croque-mort sur les bords. Comme j'ai mangé un clown le jour de sa visite, j'essaie de le dérider. Pourtant, lorsque je lui fais part de l'éventail des prix proposés, à ce jour, je fais un bide : il tombe des nues et me demande de répéter le tarif du gars qui mâchouille et qui fait du black.
J'ai l'impression de lui avoir annoncé le décès de sa mère. En fait, c'est un peu ça. Une telle chute des prix, ça tue le marché, à ses yeux. Lui en est persuadé, un type qui baisse autant ne peut être qu'un escroc, "c'est pas possible autrement" m'assure-t-il. Un type qui écrit sur son devis, comme il va le faire quelques jours plus tard, que la valeur totale de mon mobilier équivaut à... 36 euros, j'ai aussi matière à penser qu'il se pose là, en terme de foutage de tronche. En attendant, je ravale mon clown. Il m'a un peu mis le doute.
Et pourtant, je suis à 70% partie pour le plan foireux.
Quand je rappelle mon mâchouilleur, après lui avoir réclamé à peu près quinze fois mon devis par mail, et qu'il me demande si, quand même, quelqu'un pourra aider au déchargement, je me dis que finalement, quitte à faire les cartons, je vais aller me faire un bon lumbago, mais je vais me charger moi-même de tout déménager.
Et c'est là que le "miracle" survient. Une dame m'appelle, suite à "ma demande de devis sur internet". J'en ai tellement rempli, de formulaires, que je suis presque étonnée d'avoir une réponse. Ni une, ni deux, je lui expose la situation. Elle va, peu ou prou, s'aligner sur la proposition la moins onéreuse, TVA en sus, cette fois, mais j'ai envie de crier alléluia quand elle m'assure que je n'aurai rien à faire ce jour-là : "vous nous regarderez travailler."
Je sais pas vous, mais moi, ça me parle, ce genre de discours. Une vérification sur societe.com pour m'assurer que la boîte n'est pas bidon et hop, l'affaire est pliée.
Quelques jours plus tard, le croque-mort me rappelle pour s'enquérir de ma décision. Je lui annonce mon choix. Il soupire et lâche: "Hum. J'espère pour vous qu'ils sont sérieux et que ça se passera bien, mais à ce prix-là, avec votre dossier (quoi mon dossier, qu'est-ce qu'il a, mon dossier?), permettez-moi de douter." Grosse classe du mauvais joueur, je vous l'accorde.
Mais léger doute, de nouveau. De quoi je me mêle? Il le sait pas, lui, le pro du déménagement, que vivre au milieu des cartons rend déjà un rien dingo? En fait, je crois que le croque-mort est un rabat-joie. Et les rabats-joie, décidément, je n'en ai pas besoin.
La vie me remet déjà suffisamment les pieds sur terre pour que je n'aie pas à subir un enfouissement plus profond, six pieds sous terre.
mercredi 6 octobre 2010
Un bonheur en carton pâte
Séduisant, fiable, solide. Une bonne tête. Une jolie couleur caramel. L'envie de le prendre dans mes bras.
Depuis quelques jours, quelques semaines même, je me suis lancée dans la quête du modèle parfait. Le... carton parfait.
...
Non, non, ne le niez pas, votre déception se lit sur votre mine dépitée. Comment? Tout ça pour ça? Il ne s'agissait donc pas d'un Apollon, physiquement intelligent, qui se serait perdu et que j'aurais, de façon ô combien serviable et purement désintéressée, recueilli dans mon humble demeure?
Eh non. Je suis en quête de cartons et la vue d'un spécimen me met quasiment en transe.
Je vous jure.
Tenez, prenez encore ce soir. Je rentrais et paf, j'aperçois un tas marron, au loin. Mais oui, le jeudi, c'est le ramassage municipal. Toute excitée, j'ai mis mes warning et fais le plein de cartons, comme une grosse clocharde à faire les poubelles. Même pas honte.
Loulou, enseveli par ces drôles de bêtes, a haussé les épaules. Je suppose que, parfois, il l'échangerait bien, sa maman. Contre une maman normale, je veux dire.
Oui, je sais. Je pourrais bêtement aller en acheter. Trop facile. La quête du carton me poursuit et lorsque je parviens à en dégoter, autant vous le dire, ma journée est sauvée.
On a la vie que l'on peut, hein. Les mauvaises langues diraient "que l'on mérite", mais bon, je ne peux pas leur en vouloir sur ce coup-là (madame Parano, sors de ce corps), ils ont raison, je suis totalement pathétique.
Mais que voulez-vous, lorsque j'enchaîne deux supermarchés et qu'à chaque fois, c'est bingo, je ne parviens même pas à contrôler ma joie intérieure. Je veux dire qu'elle s'extériorise. Si vous avez entendu parler d'une drôle de nana, sur Le Mans, avec des manières de clocharde et un sourire niais sur le visage, ne cherchez plus; bibi est passée par là.
J'aurais aussi pu, autre possibilité, demander à la société de déménagement qui va se cogner mon barda, de m'en fournir. Mais là, je ne suis pas suicidaire. Des beaux cartons, ça coûte un bras, voire deux. Si je voulais éviter de mendier, pour de vrai, une fois arrivée à Nantes, j'avais intérêt à opter pour la formule économique...
La suite, c'est pour demain. Là, je m'attaque à une autre denrée rare, dont chaque nouvelle apparition me met également, de façon pathétique, en transe : une mission de rédaction. Le bonheur.
A suivre...
Depuis quelques jours, quelques semaines même, je me suis lancée dans la quête du modèle parfait. Le... carton parfait.
...
Non, non, ne le niez pas, votre déception se lit sur votre mine dépitée. Comment? Tout ça pour ça? Il ne s'agissait donc pas d'un Apollon, physiquement intelligent, qui se serait perdu et que j'aurais, de façon ô combien serviable et purement désintéressée, recueilli dans mon humble demeure?
Eh non. Je suis en quête de cartons et la vue d'un spécimen me met quasiment en transe.
Je vous jure.
Tenez, prenez encore ce soir. Je rentrais et paf, j'aperçois un tas marron, au loin. Mais oui, le jeudi, c'est le ramassage municipal. Toute excitée, j'ai mis mes warning et fais le plein de cartons, comme une grosse clocharde à faire les poubelles. Même pas honte.
Loulou, enseveli par ces drôles de bêtes, a haussé les épaules. Je suppose que, parfois, il l'échangerait bien, sa maman. Contre une maman normale, je veux dire.
Oui, je sais. Je pourrais bêtement aller en acheter. Trop facile. La quête du carton me poursuit et lorsque je parviens à en dégoter, autant vous le dire, ma journée est sauvée.
On a la vie que l'on peut, hein. Les mauvaises langues diraient "que l'on mérite", mais bon, je ne peux pas leur en vouloir sur ce coup-là (madame Parano, sors de ce corps), ils ont raison, je suis totalement pathétique.
Mais que voulez-vous, lorsque j'enchaîne deux supermarchés et qu'à chaque fois, c'est bingo, je ne parviens même pas à contrôler ma joie intérieure. Je veux dire qu'elle s'extériorise. Si vous avez entendu parler d'une drôle de nana, sur Le Mans, avec des manières de clocharde et un sourire niais sur le visage, ne cherchez plus; bibi est passée par là.
J'aurais aussi pu, autre possibilité, demander à la société de déménagement qui va se cogner mon barda, de m'en fournir. Mais là, je ne suis pas suicidaire. Des beaux cartons, ça coûte un bras, voire deux. Si je voulais éviter de mendier, pour de vrai, une fois arrivée à Nantes, j'avais intérêt à opter pour la formule économique...
La suite, c'est pour demain. Là, je m'attaque à une autre denrée rare, dont chaque nouvelle apparition me met également, de façon pathétique, en transe : une mission de rédaction. Le bonheur.
A suivre...
mardi 5 octobre 2010
Cet obscur objet du désir
"Je vous parlerai demain d'un modèle séduisant et fiable", vous disais-je... Sauf que l'objet de mon désir se montre envahissant et qu'il a sapé toutes mes tentatives de venir ici vous parler de lui aujourd'hui (bon, OK, j'avais deux, trois autres trucs à régler, un déjeuner sympa, un joli, quoique perdu, match de basket à voir... Mais quand même).
Donc, demain, j'espère, j'évoquerai le tourment et le feu de la passion lorsque je sens son contact proche, que je l'aperçois, au loin, m'enjoignant de le prendre dans ses bras...
Demain.
Donc, demain, j'espère, j'évoquerai le tourment et le feu de la passion lorsque je sens son contact proche, que je l'aperçois, au loin, m'enjoignant de le prendre dans ses bras...
Demain.
lundi 4 octobre 2010
La boulette et l'éradication
Un rien lente à la détente, je me suis (enfin) décidée: je vais faire appel à une société de portage. Rapport à un projet dont j'espère pouvoir vous parler prochainement. Donc, je remplis les papiers que m'avait gentiment envoyé un lecteur (momentané?) de ce blog, en constatant un peu tristement que j'ai mis six mois à me lancer. Je vérifie, j'ai tout... Ah non, il me manque une attestation ASSEDIC.
Ok, je vais sur mon espace et là, stupeur: j'ai RDV à Pôle Emploi le... 4 octobre (oui, c'est bien aujourd'hui, ouf) à 14h05. Il est 15h35.
Tout va bien.
Je vais être éradiquée. Pulvérisée. Atomisée, la mouette. Pfffffui.
La boulette.
Je file à l'agence à l'arrache, craignant sa fermeture. Forte affluence ce jour, y'a pas de promos, mais une forte attente. Le monsieur derrière moi en profite pour converser avec sa douce au téléphone (enfin, j'imagine, je ne comprends pas un traite mot de ce qu'il raconte, ô frustration de la vilaine curieuse que je suis). Plus ça va, plus je le trouve malpoli et au bout de dix minutes, j'ai juste envie de lui enfoncer son portable dans l'oreille. Ou de lui montrer la sortie, là, juste derrière lui.
Comment ça, je suis intolérante? C'est que je suis stressée, moi, je vais être éradiquée, quand même, si ça continue.
Toujours une personne devant moi... J'observe. Une conseillère explique le fonctionnement à deux personnes, que je prends pour une mère et sa fille. Enfin, la mère est grand-mère dans ce cas puisque la fille est venue avec son bambin, bien calé dans la poussette. Je suis toujours surprise de voir ces jeunes mamans à Pôle Emploi avec leur môme, j'imagine que ça évite des frais de garde, mais enfin, comment dire, ça ne présage rien de très ambitieux, en terme de recherche active. Enfin, je juge, je juge, mais je vais être éradiquée parce que je n'ai pas daigné me présenter à un rendez-vous dont j'ignorais tout voilà une heure, alors... Je ferai bien de pas faire ma maligne. N'empêche que je la trouve un peu culottée, la mère-grand, de répondre au téléphone, alors même que la conseillère est en train de lui expliquer un truc. Oh, elle est polie, hein, elle va s'isoler pour répondre.
Mouais. Pôle Emploi ne peut être tenu responsable de ce genre d'attitudes, on est d'accord. Limite, elle mériterait l'éradication.
Mais moi, qui ai bavé sur les quelques déficiences du système, va-t-on me passer à l'échafaud?
Vient mon tour. J'explique, tout ça, la convoc vue au hasard sur le site mais pas dans ma boîte mail et la réponse imparable de la conseillère, à l'accueil: "ça, ça doit être un problème d'informatique". C'est souvent, les problèmes d'informatique dans la maison, j'ai remarqué. J'ajoute, pour ma défense, que je n'ai jamais été suivie et n'ai pas prêté attention à l'agenda dont mon espace est doté. "Ah, mais c'est nouveau, ce système de convocation, même nous, on s'y perd." Ah, forcément.
Mes craintes d'éradication s'estompent doucement. Puisque je suis là, j'en profite. J'ai reçu un formulaire un rien effrayant, la semaine passée (j'ai passé sous silence le choc, mais quand même, ça fait tout drôle): ma demande d'ASS. Pour allocation de solidarité, si vous préférez. La demoiselle aperçoit le document, va sur mon dossier et se veut rassurante: "oh, mais, attendez, avant de passer en ASS, il vous reste encore 82 jours d'indemnités journalières!"
Oh bah alors, tout va bien.
Dans 82 jours, je bascule dans la précarité. Ou pas.
Demain, je vous raconterai la quête exaltante du modèle parfait, séduisant, fiable, résistant. Et surtout sa prise.
Ok, je vais sur mon espace et là, stupeur: j'ai RDV à Pôle Emploi le... 4 octobre (oui, c'est bien aujourd'hui, ouf) à 14h05. Il est 15h35.
Tout va bien.
Je vais être éradiquée. Pulvérisée. Atomisée, la mouette. Pfffffui.
La boulette.
Je file à l'agence à l'arrache, craignant sa fermeture. Forte affluence ce jour, y'a pas de promos, mais une forte attente. Le monsieur derrière moi en profite pour converser avec sa douce au téléphone (enfin, j'imagine, je ne comprends pas un traite mot de ce qu'il raconte, ô frustration de la vilaine curieuse que je suis). Plus ça va, plus je le trouve malpoli et au bout de dix minutes, j'ai juste envie de lui enfoncer son portable dans l'oreille. Ou de lui montrer la sortie, là, juste derrière lui.
Comment ça, je suis intolérante? C'est que je suis stressée, moi, je vais être éradiquée, quand même, si ça continue.
Toujours une personne devant moi... J'observe. Une conseillère explique le fonctionnement à deux personnes, que je prends pour une mère et sa fille. Enfin, la mère est grand-mère dans ce cas puisque la fille est venue avec son bambin, bien calé dans la poussette. Je suis toujours surprise de voir ces jeunes mamans à Pôle Emploi avec leur môme, j'imagine que ça évite des frais de garde, mais enfin, comment dire, ça ne présage rien de très ambitieux, en terme de recherche active. Enfin, je juge, je juge, mais je vais être éradiquée parce que je n'ai pas daigné me présenter à un rendez-vous dont j'ignorais tout voilà une heure, alors... Je ferai bien de pas faire ma maligne. N'empêche que je la trouve un peu culottée, la mère-grand, de répondre au téléphone, alors même que la conseillère est en train de lui expliquer un truc. Oh, elle est polie, hein, elle va s'isoler pour répondre.
Mouais. Pôle Emploi ne peut être tenu responsable de ce genre d'attitudes, on est d'accord. Limite, elle mériterait l'éradication.
Mais moi, qui ai bavé sur les quelques déficiences du système, va-t-on me passer à l'échafaud?
Vient mon tour. J'explique, tout ça, la convoc vue au hasard sur le site mais pas dans ma boîte mail et la réponse imparable de la conseillère, à l'accueil: "ça, ça doit être un problème d'informatique". C'est souvent, les problèmes d'informatique dans la maison, j'ai remarqué. J'ajoute, pour ma défense, que je n'ai jamais été suivie et n'ai pas prêté attention à l'agenda dont mon espace est doté. "Ah, mais c'est nouveau, ce système de convocation, même nous, on s'y perd." Ah, forcément.
Mes craintes d'éradication s'estompent doucement. Puisque je suis là, j'en profite. J'ai reçu un formulaire un rien effrayant, la semaine passée (j'ai passé sous silence le choc, mais quand même, ça fait tout drôle): ma demande d'ASS. Pour allocation de solidarité, si vous préférez. La demoiselle aperçoit le document, va sur mon dossier et se veut rassurante: "oh, mais, attendez, avant de passer en ASS, il vous reste encore 82 jours d'indemnités journalières!"
Oh bah alors, tout va bien.
Dans 82 jours, je bascule dans la précarité. Ou pas.
Demain, je vous raconterai la quête exaltante du modèle parfait, séduisant, fiable, résistant. Et surtout sa prise.
vendredi 1 octobre 2010
Le diable et l'avorton
J'y ai sacrifié quelques heures de sommeil, (en même temps, vu les cauchemars, avec un chat qui tombe du 20e étage pour s'exploser dans la cour devant une meute de chiens affamés ou un sale gosse - qui n'est pas le mien, précision qui a son importance - qui me griffe jusqu'au sang, à quoi bon, hein?), je n'ai quasiment pas vu Loulou (ouh la vilaine) de la semaine, mais enfin, j'ai donné un sérieux coup de collier à ma retranscription et hop, c'est fini. Comme dirait PPD le guignol, je vais pouvoir retrouver une vie normale.
Ah oui, c'est vrai, ma vie n'est pas normale. Juste bizarre.
Pas normale dans le sens classique du terme, je veux dire. Avec une entrée, un plat de résistance et un dessert. Non, je prends tout en même temps, je mixe et je vois ce que ça donne. Bon, OK, en ce moment, c'est un peu du gloubi boulga. Par exemple, je m'enferme chez moi pour m'acoquiner avec le clavier et sors pour livrer des tartes, comme si c'était... normal.
Mais enfin, j'ai bon espoir que ma petite cuisine interne repose au calme et que je passe à l'échelon supérieur. Pour l'instant, je penche encore entre cuisine et rédaction.
Cuisine et rédaction?
Rédaction ou cuisine?
Un esprit malin ayant visiblement intégré mon cortex me souffle de concilier les deux. L'autre avorton, chaudement installé à l'opposé, hausse les épaules et me conseille de cibler juste. D'oublier les doux rêves et d'aller au charbon.
Mais c'est quoi cibler juste? S'il s'agit de quitter les eaux troubles de Pôle Emploi, mieux vaut remiser au placard ses envies d'autrement. J'ai bien compris le message, oui oui, le travail n'est pas forcément source d'épanouissement. la réalisation de soi-même peut passer par d'autres voies. Bien.
Donc je me retrousse les manches. Et je songe à ces opportunités qui pointent, alors même que je file ailleurs. J'ai dû décliner l'une d'elles, venue trop tard, option marmiton.
Oh, inutile de regretter, ce n'est pas ainsi que j'aurais pu faire bouillir la marmite, à quelques semaines de la menace ASS. En revanche, j'aimerais ne pas passer à côté d'une autre, très excitante, option scribouillard, et j'espère pouvoir vous en parler bientôt.
J'aime ce goût d'inconnu, de surprises. Et puis, la vie normale, c'est pas un peu ennuyeux?
Ah oui, c'est vrai, ma vie n'est pas normale. Juste bizarre.
Pas normale dans le sens classique du terme, je veux dire. Avec une entrée, un plat de résistance et un dessert. Non, je prends tout en même temps, je mixe et je vois ce que ça donne. Bon, OK, en ce moment, c'est un peu du gloubi boulga. Par exemple, je m'enferme chez moi pour m'acoquiner avec le clavier et sors pour livrer des tartes, comme si c'était... normal.
Mais enfin, j'ai bon espoir que ma petite cuisine interne repose au calme et que je passe à l'échelon supérieur. Pour l'instant, je penche encore entre cuisine et rédaction.
Cuisine et rédaction?
Rédaction ou cuisine?
Un esprit malin ayant visiblement intégré mon cortex me souffle de concilier les deux. L'autre avorton, chaudement installé à l'opposé, hausse les épaules et me conseille de cibler juste. D'oublier les doux rêves et d'aller au charbon.
Mais c'est quoi cibler juste? S'il s'agit de quitter les eaux troubles de Pôle Emploi, mieux vaut remiser au placard ses envies d'autrement. J'ai bien compris le message, oui oui, le travail n'est pas forcément source d'épanouissement. la réalisation de soi-même peut passer par d'autres voies. Bien.
Donc je me retrousse les manches. Et je songe à ces opportunités qui pointent, alors même que je file ailleurs. J'ai dû décliner l'une d'elles, venue trop tard, option marmiton.
Oh, inutile de regretter, ce n'est pas ainsi que j'aurais pu faire bouillir la marmite, à quelques semaines de la menace ASS. En revanche, j'aimerais ne pas passer à côté d'une autre, très excitante, option scribouillard, et j'espère pouvoir vous en parler bientôt.
J'aime ce goût d'inconnu, de surprises. Et puis, la vie normale, c'est pas un peu ennuyeux?
Inscription à :
Articles (Atom)