lundi 10 mars 2014

Ma semaine avec Jésus (intermède avant l'épisode faïve)

Ben oui, alors, on est lundi, la semaine folle a cédé sa place à une nouvelle, et elle en est où, cette semaine avec Jésus, a-t-elle fini en eau de boudin? On la joue chronique jour par jour et on n'assure pas un kopek jusqu'au bout?
 
Mais non, mais non, je suis juste plus occupée que si je bossais, c'te blague. Les journées devraient durer dix bonnes heures de plus pour que j'arrive à honorer ma to-do list. En même temps, en émergeant péniblement à dix heures du mat du lit, ce matin, forcément, j'arrange pas mon cas, on est d'accord. Mais enfin, j'y peux rien si mes draps me susurraient : "reste, allez reste, on t'avait plus vue depuis un moment, tu viens plus aux soirées?"
 
Je résume: je suis une mouette, quiche à ses heures, qui entend des draps parler, et des draps eux-mêmes influencés par Omar & Fred.
 
On est d'accord, je suis bonne pour la maison des fous. Non, pas celle-là, l'autre avec les entonnoirs, toussa, toussa.
 
Bref, tout ça pour vous dire que demain, promis, je vous raconte l'épisode faïve de cette semaine trépidante qui s'est achevée. En attendant, buvez à ma santé, sortez, vivez, qui sait si demain, vous n'entendrez pas à votre tour votre armoire vous demander de la vider ou votre garage de le ranger.
 
Pff, faut que je prenne l'air, on dirait bien :)

samedi 8 mars 2014

Ma semaine avec Jésus (part fore)

Alors, aujourd'hui, y'avait bien radio, mais aussi télé. Non, je ne cherche pas à vous embrouiller, et ce n'est pas le rosé pamplemousse que j'ai ingurgité en intraveineuse qui me fait dérailler.
 
 
 
Aujourd'hui, il y avait FR3. Si, si, au marché des Capucins, les mamies et les papis l'ont bien dit, en montrant du doigt le cameraman.
 
"C'est FR3!"
"Si on nous demande, on sait rien"
"Mais tu sais pourquoi ils sont là?"
 
Ben nous, on savait, mais on n'avait aucun mérite. Une équipe de France 3 - na-tio-nal, s'il vous plaît- avait passé la semaine en Gironde pour tourner plusieurs sujets et finissait par la cerise sur le gâteau, un portrait de Jésus et de sa cuisine.
 
 
Le chef n'a pas eu l'air véritablement démonté et j'ai même envié le journaliste, à un moment, tant il avait là le client idéal, du genre à anticiper les demandes et à avoir fait les repérages à sa place. Le pied.
 
Et là, j'ai songé que je n'étais plus journaliste. Ah oui, c'est vrai.
 
Passé ce bref moment de brouillage de piste dans mon cerveau déjà bien embrumé (parfois, je me demande où je l'ai laissé traîner, tant il me fait défaut), j'ai resitué la scène et réalisé qu'après tout, il n'y avait pas grand bouleversement dans notre emploi du temps: départ de l'atelier en vélo, arrivée à France Bleu, chronique du Grand Miam, Capucins, retour à l'atelier. La routine.
 
C'est juste que cette fois, une caméra suivait le moindre de nos déplacements (je vous rassure, je n'ai pas viré mégalo, il suivait bien uniquement le chef, mais comme je fais un stage vis-ma-vie-de-Jésus, je ne le lâche plus du tout, le pauvre, et j'arrive pas à enlever le scotch).
 
Jésus prierait-il pour que je le lâche?
 
 
Forcément, pour la discrétion, c'est un peu raté, mais pour le reste, ben disons qu'il y a des stages plus difficiles. Après le tour des étals et quelques courses pour préparer la recette du midi, direction l'atelier pour un vrai faux cours, où j'ai tout naturellement fait ma quiche, en affirmant que je prenais là, comme les deux autres élèves présents, mon premier cours de cuisine.
 
Je fais bien la quiche, et pas que la lorraine, je suis confondante de naturel, même, dans ce domaine, quand j'y pense.
 
On a donc suivi ce cours, une nouvelle façon, aussi, d'observer comment mener un cours de cuisine, avec toutes ces petites astuces, ces trucs qui changent la vie, que j'aimerais moi aussi, un jour, partager avec des marmitons. Bon, pas sûr qu'ils auront les yeux écarquillés et la bave aux lèvres comme on l'a eu, lorsque Chef Jésus a dressé son tartare aux deux poissons et noix de St-Jacques au noilly prat.
 
Carpaccio à tomber par terre. Ou comment me faire manger du saumon sans souffrance.
 
 
Mais qu'importe, je ne suis pas là pour me comparer à quelqu'un qui a de la bouteille et pour qui la popotte est aussi naturelle que de se brosser les dents le matin.
 
J'espère juste que les rencontres, comme celles que j'ai pu avoir avec les autres vrais faux élèves, pourront conserver cette spontanéité et ce petit côté magique. Les jours passent et, plus que jamais, je mesure ma soif de partage et de simplicité. Et pour ça, mille voies existent.
 
Reste à choisir la plus pertinente...
 

vendredi 7 mars 2014

Ma semaine avec Jésus (part friiiiiii)

 
Jeudi, 23h59... Ah, au secours, je suis attaquée par le syndrome Cendrillon, il est minuit et... je n'ai pas eu une minute pour poster! Et pourtant, il y avait matière, une fois encore, aujourd'hui. Depuis deux jours, sous un soleil retrouvé et des airs printaniers, nous arpentons en vélo le bitume bordelais avec bonne humeur... en oubliant, léger bémol, les gaz d'échappement et les klaxons plus nombreux que les bars à cannelés dans la ville de M. Juppé - et c'est dire.
 
Parfois, après la radio, on passe au marché des Capucins, haut-lieu que j'ai toujours adoré, avec ses étals colorés et pleins de promesse.
 
Il y a Abdel qui me raconte qu'il adore Jésus, "un homme propre", et qui me dit s'éclater dans sa poissonnerie, lui qui avait commencé par l'éducation nationale. "Que veux-tu, les gamins, tu peux même pas les toucher s'ils ont fait une bêtise, sinon, t'es convoqué directement!" Et il se marre, heureux qu'il semble être de bosser à son compte. Il y a tous ces marchands à qui l'on fait juste un sourire, et qui y répondent, simplement. Il y a cette ambiance bon enfant, ces odeurs, mélange étonnant et détonant d'encens, de cumin, de poulet cuit et d'herbes... On revient le vélo plein d'ail, de poivrons, de persil plat et de deux-trois autres courgettes et gigot d'agneau.
 
D'autres fois, on prend un vélo uniquement pour transporter de la grosse came. Genre, un meuble à casiers qui pèse un âne mort, dégoté dans un lieu improbable (avec Jésus, j'ai l'impression de découvrir des cavernes d'Ali Baba à tous les coins de rue, en fait, quand j'y pense). Et là, le sourire du Chef n'est pas feint, on s'est bien amusé à ramener la trouvaille à l'atelier.
 
Mais au delà de toutes ces victuailles et autres trésors, je ne me lasse pas de toutes ces rencontres, à droite, à gauche, à l'occasion d'un passage chez un fournisseur, d'un galeriste qui, du coup, prendrait bien de nouveaux cours de cuisine... Et même dans des instants plus graves - je ne crois plus aux Bisounours, on est d'accord, tout n'est pas si joyeux et chaleureux, évidemment - je me réjouis de découvrir certaines personnalités.
 
Ainsi, dans un hôpital où Jésus avait rendez-vous aujourd'hui pour évoquer des projets autour de la cuisine, on a rencontré des personnes qui s'investissent pour que ce monde dans lequel nous vivons soit le plus supportable, à la fois, bien sûr, pour ces malades atteints du cancer, mais tout simplement pour chacun d'entre nous. Sans angélisme, mais plutôt comme une évidence. En me tendant une bouteille de coca gélifiée, Laura, chargée de développer les activités de cet institut bordelais, m'a fait un sourire. "Hey, il faut bien rigoler un peu, hein? Surtout dans un tel contexte."
 
Un contexte effectivement moins drôle que l'on pourrait l'imaginer, au vu de ce cliché. Le soleil, trompeur, masque la réalité des faits, celle d'une vraie rencontre de travail entre une directrice artistique, la sémillante Laura, donc, et Jésus.
 
 
Sans refaire le monde, ils ont simplement échangé sur leur projet, confrontés à des réponses négatives du corps médical pour qui l'imagination n'a que peu à faire dans les protocoles.

Pour un chef d'entreprise, ces tranches de vie sont autant de graines que l'on plante et qui, un moment ou un autre, vont germer, si l'on n'oublie pas de les arroser. Jésus, lui, reste en alerte, jamais à court d'idées, ayant compris depuis bien longtemps que son activité ne s'arrêtait pas à la fin d'un cours de cuisine.
 
Anne me demandait, dans son commentaire du post précédent, si j'apprenais des choses utiles pendant ce stage. Sans doute s'interrogeait-elle sur le fait que je n'étais pas la main dans la pâte, à cuisiner.
 
Mais je crois qu'il ne s'agit pas, cette fois, de faire, mais bien d'être. Et je prends une bonne leçon, là.

mercredi 5 mars 2014

Ma semaine avec Jésus (part tou... tou?)

Oui, toutou, je fais le toutou, je ne lâche plus Jésus d'une semelle, le pauvre...
 
Et qui dit vis-ma-vie-de-Chef-Jésus, dit beaucoup, beaucoup d'énergie, beaucoup de rire, aussi, beaucoup de vie, tout court.
 
Hier, on a de nouveau enchaîné, avec ces multiples riens qui animent la journée en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire.
 
Nous étions encore à la porte de l'atelier qu'un agent municipal de Bordeaux, chargé de nettoyer les trottoirs, nous reluque et, s'adressant à Jésus:
 
"Alors, Chef Jésus, c'est pour quand la télé?
 
- Jamais!" lui a répondu le dit chef.
 
En tout cas, c'était pas l'heure de la télé, y'avait radio. Direction France Bleu Gironde, sous les giboulées, et voilà Jésus parti à parler de mardi gras sur les ondes locales, avec allant et générosité.
Ensuite, nous voilà partis pour quelques emplettes pour le coaching du soir. A la caisse, la demoiselle fait un grand sourire à Jésus: "Hey, Chef, je vous ai entendu, hier, j'étais de repos!"
 
Personnage public ou pas, Jésus sait bien que ce statut, ces chroniques quotidiennes à la radio, constituent une sorte de parenthèse finalement, dans cette vie où chaque coup de téléphone, chaque mail peut prendre une importance démesurée, tant une entreprise peut - ou pas, si l'on manque de vigilance - se développer par de multiples moyens, des entrées si diverses qu'elles semblent parfois improbables.
 
On a donc traité les "affaires courantes" et je me suis donc transformée en secrétaire particulière. Pour le look, on repassera, puisque, sans virer dans le pilou-pilou, je n'étais pas non plus dans le triptyque chignon strict-lunettes noires et talons hauts (comment ça, on est en plein cliché?). Cela étant, au téléphone, personne n'était censé le savoir, hein.
 
Et la cuisine, me direz-vous? Ah, très belle, si si.
 
 
 
 
Ah, cuisiner, vous voulez dire? Patience, patience...
 
Le soir, Jésus avait donc un cours de coaching pour deux personnes, déjà habituées des lieux. Trois heures pour un repas complet, à tomber par terre, et l'impression, en fin de soirée, d'avoir dîné avec des amis, autour d'un bon verre. Ambiance franche camaraderie et dîner plus que parfait, ça, c'est la touche du Chef.
 
 Fayotte? Le pire, c'est que, eh bien, même pas (en plus, je voudrais pas dire, même si c'est un peu une private joke qui ne peut concerner que nous quatre, mais le fayot, c'était bien Eddy, le parfait élève qui avait bien réussi son tartare de magret de canard, LUI, alors qu'on était deux à avoir trop tassé l'affaire. Pff.).
 
La clé du succès, ici, c'est bien, me semble-t-il, ce goût pour la cuisine bien faite et simple, sans esbroufe. Forcément, quand on voit ça:
 
Salade japonaise et son bœuf au cajou. Je ne vous dis que ça...
 
Ou ça:
 
Un mandaro (copyright Jésus) qui tue sa mère (au moins)
 
 
... On se dit que, ouais, la Mouette, elle a pété un câble, que c'est aussi simple qu'une Parisienne du 16e aux Tuileries (comment ça, encore un cliché? Ah ben oui, je suis bourrée de clichés ce soir). Et pourtant, je vous assure que tout ça était réellement simple, on peut même le faire sous de fortes doses de Monbazillac... Parole de stagiaire vis-ma-vie-de-Chef-Jésus.
 

lundi 3 mars 2014

Ma semaine avec Jésus (part ouane)

A l'heure où j'écris, Jésus checke ses mails... profitant de la pause pub. Ben oui, je suis en pleine immersion, que voulez-vous: on rigole devant... Top chef.
 
Il aura fallu que je côtoie un chef pour mater des cuistots à la télé, un comble. N'empêche, c'est bien de cuisine dont nous avons parlé toute la journée, pour mon plus grand bonheur. Alors que la tempête menaçait, dehors, j'ai senti d'emblée toute la chaleur de Chef Jésus, à mon arrivée. Son atelier, au cœur de Bordeaux, est exactement comme je l'imaginais, avec un immense îlot au milieu de la cuisine, des placards immenses et bourrés d'astuce, du bois, de l'inox, du verre, et autant de promesses pour les papilles.
 
Pourtant, je n'aurais pas touché à un couteau, aujourd'hui, sinon celui de Yannick, commercial avenant venu présenter son matériel culinaire. Un aperçu de la relation qu'on peut entretenir avec les fournisseurs, entre bluff commercial et enthousiasme sincère pour des assiettes sublimes ou un wok en inox qui coûte sans doute un bras, mais qui donnerait presque envie de se faire amputer, pour le plaisir de cuisiner comme un chef.
 
Je n'aurais touché à aucun cul de poule, à la fois concentrée et fascinée par les multiples tâches qu'accomplit Chef Jésus au quotidien. Telle Shiva, il passe d'un devis pour onze collègues corporate à celui d'un cours pour quatorze jeunes filles - peut-être pas en fleur - qui enterrent la vie de leur copine avant le passage de la corde au cou. Sans transition, il jette un œil à sa page Facebook, histoire de répondre mais aussi de contrôler la com. La minute d'après, Jésus rebondit sur une demande d'un client, s'attachant ensuite à la compta, à l'élaboration d'un cours de bourguignon dans un créneau limité, reprenant sa calculette, la lâchant pour répondre au téléphone...
 
Je n'aurais massacré aucune poche à douille aujourd'hui, scotchée à l'écran, avide d'écouter, d'observer, de sentir... Il y a parfois tant à faire, loin des fourneaux, pour mieux développer son affaire que passer la journée sans toucher à aucun brin de persil, ni allumer le four, m'a semblé très naturel.
 
Je revis les sensations de l'époque du Café Clochette, avec cette effervescence, cette émulation et le sentiment de vivre un moment à part, privilégié, au côté d'un passionné, déterminé, qui, comme je vous le racontais la semaine passée, a su ajouter à sa toque de cuisinier celle d'un personnage public, chroniqueur radio (on en reparlera) qui place ses pions à droite, à gauche, mais sans concession.
 
Et promis, je ne vous dis pas ça juste parce qu'il m'a régalé ce soir, à table.
 
...
 
Miam!

jeudi 27 février 2014

Quand Jésus dit banco, je dis bingo

Je sens la pression monter. La semaine prochaine, il va falloir que je range ma polio des mains, que je demande à Gaston Lagaffe de quitter mon corps (m'enfin!) et que j'ouvre grand mes yeux.
 
La semaine prochaine, je rencontre Jésus. Pour de vrai.
 
Jésus, c'est un chef que j'ai connu... sur la toile, tout simplement. On a échangé, il m'a encouragée, j'ai été admirative de ce qu'il était en train de créer... A l'époque, j'avais rédigé un petit papier pour présenter Cuisin'Ateliers. Je ne savais pas, alors, le chemin qu'il parcourrait.
 
Jésus, il a bien sa formation initiale pour exercer derrière les fourneaux, ce qu'il a fait quinze ans durant, mais il n'a rien d'un cuisinier à poches. Jésus, c'est un créatif, un curieux, une personne qui a choisi de se dessiner un destin où il côtoierait des mondes différents, sans complexe mais toujours avec cœur.
 
Au fil du temps, j'ai continué de suivre son actu sur face de bouc et je le voyais, un jour à animer un atelier dans une grande enseigne, le lendemain passer derrière le micro de Radio France Bordeaux Gironde pour une chronique culinaire! Un touche-à-tout, oui, qui a bien compris la nécessité de faire parler de soi, dans un monde si concurrentiel, pour que survive sa petite entreprise...
 
Lors de mon retour de St-Nazaire, l'autre jour, je pensais à lui. Je me disais que j'adorerais le voir travailler, au sein de son atelier de cuisine qu'il a créé à Bordeaux. Deux jours plus tard, Jésus me laisse un message sur la page Facebook du blog. Bingo, si ça, c'est pas un signe du destin! Allez, j'ose l'incruste en évoquant un stage et le chef dit banco... du moment que je ne casse rien (j'ai une pensée pour la plaque vitrocéramique de Café Clochette, d'un coup).
 
Je pars donc dimanche à Bordeaux, pour un "vis ma vie de cuistot-gérant d'atelier cuisine-chroniqueur radio"! Vous dire que j'ai hâte serait un doux euphémisme...

mardi 25 février 2014

Où ça mijote dans ma caboche

 
Non, non, je ne me suis pas teint les cheveux. Si les plus observateurs d'entre vous reconnaîtront le tablier de mes années pleines d'espoir (otarillette, ça te rappelle quelque chose?), ce n'est pas moi, mais ma nièce, 11 ans, qui a mis la main à la pâte, ce matin, pour nous régaler d'une succulente tarte aux légumes.
 
Entre-temps, je lui avais demandé d'émincer le persil, de couper les champignons, de ratiboiser l'oignon et l'échalote... Comment ça, elle avait les yeux qui piquent à cause de moi ?
 
Que voulez-vous, y'a pas d'âge pour exploiter les enfants.
 
En plus, ma nièce, adorable (en toute objectivité, bien sûr), en avait redemandé. Hier, nous nous étions déjà lancées dans un atelier pâtisserie, avec petits sablés noisette-orange et rochers coco. Une façon de partager un moment toutes les deux, de réfléchir, de mon côté, à la façon dont on peut apprendre aux enfants les gestes de la cuisine, ou tout du moins les bases.
 
Avec ma toque -12, c'est une gageure, d'accord, mais en même temps, elle avait déjà quelques acquis.
 
"Première chose à faire quand on cuisine?
 
- On se lave les mains!"
 
Et un bon point pour elle.
 
Le soir, une fois les enfants couchés (Loulou était rentré dans l'intervalle, retrouvant sa cousine chérie), et parce qu'il était trop tard pour démarrer un film, j'ai joué la carte cocooning, profitant également de mon statut actuel de célibataire (monsieur est en voyage d'affaires, toussa). J'allume la télé, je zappe et je tombe sur Top Chef.
 
Croyez-le ou non, mais je n'avais jamais vu ce programme. J'en avais entendu parler, oh oui, et je crois bien, même, que ce genre d'émissions dessert la cause de gens comme moi, passionnés de cuisine et qui rêvent depuis très longtemps de passer derrière les fourneaux.
 
L'autre jour, par exemple, je suis tombée au téléphone sur madame pasaimablemaisalorspasdutout. Alors que je lui expliquais l'objet de mon appel (suivre une formation en cuisine pour valider mon projet de reconversion), elle a rétorqué:
 
"Non, mais j'en déjà une comme vous qui m'a appelée hier, laissez tomber."
 
Et en raccrochant, pleine de mansuétude, elle a conclu d'un très sec "Bon courage".
 
Depuis, j'ai revu mon discours et j'explique que non, ma passion de la cuisine n'est pas née en me curant le nez devant "un dîner presque parfait". Que ça fait un petit moment que, justement, ça mijote dans ma caboche.
 
Bref, tout ça pour dire que je n'avais jamais vu "Top chef" et que j'ai un peu halluciné. On m'avait déjà suggéré de participer à ce genre d'émission et j'ai toujours rejeté l'idée en bloc parce que telle n'est pas ma conception de la cuisine (et que, soyons honnête, je ne maîtrise absolument pas un tas de gestes techniques et même la douille continue de me regarder de son air narquois, genre "tu ne m'auras pas, ah ah).
 
Moi, j'étais restée sur l'idée qu'ils concoctaient des plats de ouf en deux temps trois mouvements. Bon, ça, je l'ai vu un peu hier soir, malgré quelques ratages (quand l'espuma explose sur les fraises et fait ressembler le dessert à une scène de crime de Jack L'Eventreur ou de Dexter, tu es pris entre la gêne pour le cuistot et le rire méchant).
 
Mais y'a un truc qui m'a... dégoûtée, en fait. J'étais restée sur l'idée que la cuisine, l'hygiène, toussa, c'était fondamental. J'ai des souvenirs de passer le jet d'eau dans toute la cuisine du grand toqué une fois le service fini, quitte à transformer la salle en véritable crue de la Loire. Même du temps de Ma P'tite Madeleine, j'enfilais ma charlotte sur les cheveux (ce qui, en outre, donne une bonne excuse, pour justifier la coiffure-j'en-ai-marre-de-vivre) pour travailler dans ma cuisine perso.
 
J'ai bloqué, disais-je, découvrant en outre que les candidats en question étaient de vrais pros, dans la vie. Des gars avec des gilets à poche, des chefs sachants ou même un chef étoilé. Et eux, ils goûtent avec leurs doigts gras leur plat, et vas-y que j'y retourne, et que je m'essuie les mains en me grattant les cheveux... Alors, ce matin, quand j'ai découvert le statut de mon ami Jésus sur sa page face de bouc, j'ai respiré. En substance, il était aussi choqué de voir de supposés chefs travailler comme "des petits cochons", comme il les a justement baptisés. Non, je ne suis pas une psychopathe de la propreté, lui aussi les a bien identifiés, ces drôles de toqués crados!
 
Moi, j'ai envie de dire: merci Jésus, pour cette bonne parole (ok, elle est facile, j'ai encore bouffé un clown aujourd'hui, faut dire). Et entre les cours de cuisine et la confirmation qu'il reste encore des chefs dignes de ce nom, je peux déjà vous annoncer que l'on va bientôt entendre parler de nouveau de Jésus, ici...